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Sunifred 1er de Barcelone

vendredi 20 novembre 2020, par ljallamion

Sunifred 1er de Barcelone (805-848)

Seigneur catalan de la famille des Bellonides

Il devient d’abord comte d’Urgell [1] et de Cerdagne [2] en 834, avant d’être nommé en 844 marquis de Gothie [3] par Charles le Chauve, obtenant ainsi les comtés de Barcelone [4], de Gérone [5], d’Ausone [6], de Besalú [7], de Narbonne [8], de Béziers [9], de Nîmes [10], et de Lodève [11].   Né à Gérone [12]. Il est probablement le fils de Borrell 1er d’Osona. En 840, il épouse Ermisenda de Carcassonne, fille de Bello de Carcassonne .   En 834, l’empereur Louis le Pieux lui confie les comtés d’Urgell et de Cerdagne, jusqu’alors possession de Galindo Aznarez , qui est allié au général musulman Musa ibn Musa .   Dans les luttes dynastiques qui ont suivi la mort de Louis le Pieux en 840, Sunifred et le reste des Bellonides [13] font allégeance à Charles le Chauve, alors que la plupart des grands seigneurs catalans et languedociens, et en particulier le puissant Bernard de Septimanie, lui préfèrent Pépin II d’Aquitaine.   Après la bataille de Fontenoy-en-Puisaye en 841 [14], les partisans de Charles prennent l’avantage et ce dernier obtient définitivement la Francie occidentale [15] au traité de Verdun en 843, permettant à Sunifred d’affirmer sa position en Gothie et en Septimanie [16].   En 842, une expédition musulmane, commandée par l’émir Abd al-Rahman II et dirigée notamment par Musa ibn Musa, envahit le comté de Barcelone. Les Arabes menacent les autres comtés catalans et pénètrent dans les terres, jusqu’à Bages [17], Lluçanès [18] ou Ausone ; ils se dirigent clairement vers Narbonne. Sunifred lance une contre-offensive et les arrête dans la vallée de Ribes [19], avant la Cerdagne.   Ce succès, comme la fidélité dont à fait preuve Sunifred, ont probablement influencé sa nomination en tant que marquis de Gothie par le roi Charles le Chauve, à la suite de l’exécution pour trahison de Bernard de Septimanie en 844. Bien qu’il n’obtienne pas le titre de duc comme son prédécesseur, il ne fait aucun doute qu’il exerce une autorité similaire. Son hégémonie s’étend sur la Gothie et la Septimanie. En décembre 847, c’est vers lui que l’émir Abd al-Rahman II se tourne pour demander la signature d’un traité de paix.   Sunifred meurt en 848. Il n’est pas certain que cette mort soit naturelle, puisque immédiatement après, Guillaume de Septimanie, fils de Bernard, s’empare des comtés de Barcelone et d’Empúries [20], avant même que Charles le Chauve ne désigne un successeur. Finalement, le nouveau marquis de Gothie, Aleran de Troyes est envoyé pour punir Guillaume et reprendre les comtés catalans.   Les enfants de Sunifred et leurs héritiers domineront la majeure partie des comtés catalans pendant plusieurs siècles.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Sunifred Ier de Barcelone/ Portail de la Catalogne/ Catégories : Histoire de la Catalogne/ Comte de Barcelone

Notes

[1] Le comté d’Urgell est un ancien comté catalan de la marche hispanique du royaume franc carolingien, qui se forme entre 785 et 790 pour lutter contre les musulmans qui avaient conquis l’Espagne et les Pyrénées. La région est alors rattachée au comté de Toulouse. Le comté d’Urgell fut créé, à l’époque carolingienne, au sein du Royaume franc. Sa capitale était initialement Castellciutat puis, à compter de 1105, Balaguer. Le noyau de ce comté était La Seu d’Urgell. Les comtes d’Urgell sont mentionnés pour la première fois en 981.

[2] Le comté de Cerdagne est un ancien fief féodal situé dans la partie orientale des Pyrénées. Le comté de Cerdagne fut constitué au début du 9ème siècle. À l’origine charge temporaire, la fonction de comte devint héréditaire à la fin du même siècle. Guifred le Velu fut le premier comte héréditaire de Cerdagne ; de lui sont issus les comtes de Barcelone, futurs rois d’Aragon.

[3] Partie de l’ancien Royaume wisigoth de Toulouse, le marquisat appelé Gothie (« pays des Goths »), installé par les Francs après 759, occupait au moins le territoire correspondant actuellement aux départements de l’Aude, de l’Hérault et du Gard.

[4] Le comté de Barcelone est à l’origine une subdivision du royaume wisigoth en Hispanie. Conquis par les Maures à la fin du 8ème siècle, reconquis par Charlemagne en 801, il est intégré à la marche d’Espagne, province frontière face aux musulmans d’Al-Andalus. Des comtes nommés par les souverains carolingiens se succèdent à la tête de ce comté, considéré comme le plus important de la marche. À l’extinction de la dynastie carolingienne, les comtes se succèdent de façon héréditaire dans la descendance du comte Guifred, dit le Velu. Cette dynastie domine également les comtés de Girone et de Ausone, et rassemble peu à peu sous son autorité directe ou indirecte tous les comtés formant l’actuelle Catalogne : Besalú, Cerdagne, Empuries, Pallars, Roussillon et Urgell.

[5] Le comté de Gérone est une circonscription du royaume franc née au 8ème siècle dans la marche d’Espagne. Le comté se situait dans l’actuelle province de Gérone dans l’autonomie de Catalogne, en Espagne. Le comté de Gérone a été constitué après le ralliement de la ville de Gérone au royaume carolingien, dans les dernières années de la décennie 780. Le roi Charles 1er (futur Charlemagne) nomma comte un aristocrate goth du nom de Rostany. Le comté de Gérone s’étend alors de la Méditerranée à la région de Vic et aux Pyrénées. Il comprend les pagi (pays) de Besalú et d’Empúries. Au début des années 810, le pagus d’Empúries se détache de Gérone pour former un comté indépendant. En 812, le comté de Gérone est confié au comte Berà de Barcelone. Les deux comtés restent administrés par le même comte jusqu’en 849. Ces comtes sont souvent de grands aristocrates francs possédant des domaines importants et administrant de larges ensembles comtaux, comme Bernard de Septimanie, marquis de Septimanie ou Gothie et comte de Barcelone, Lodève, Uzès, Carcassonne, Toulouse, Narbonne, Ausone, Béziers, Agde, Mauguio et Nîmes. Le comté de Gérone retrouve une indépendance locale entre 849 et 870, année où Charles le Chauve investit comte Bernard de Gothie, marquis de Gothie et comte de Barcelone, Narbonne et de Roussillon. En 878, Louis le Bègue destitue Bernard pour trahison et confie les comtés de Barcelone et de Gérone à Guifred le Velu, fondateur de la dynastie de Barcelone, à l’origine de l’État catalan. Le comté de Gérone est désormais uni à celui de Barcelone.

[6] Le comté d’Ausone ou d’Ausona (Osona en catalan) a été un comté vassal du royaume franc à la fin du 9ème siècle. Il était situé au nord-ouest du comté de Barcelone et à l’ouest du comté de Gérone. Le comté a existé à partir de la fin du 9ème siècle. Il forme une union de lois communes avec d’autres comtés indépendants voisins au 12ème siècle, c’est la Principauté de Catalogne.

[7] Le comté de Besalú est un des comtés catalans du Moyen Âge créé sans doute en 988. Il recouvrait un territoire dont les limites recoupaient approximativement le territoire de l’ancien pagus de Besalú et faisait partie à l’origine de la Marche d’Espagne. Il s’organisait autour de la ville de Besalú et s’étendait alors sur la Garrotxa et une partie du Ripollès, jusqu’à Agullana et Figueres, et l’Alt Empordà, le Banyoles et le Gironès. En 1111, à la suite de la disparition du dernier représentant de la dynastie comtale de Besalú, le comté est intégré dans les domaines du comte de Barcelone, Raimond Bérenger III, s’intégrant au territoire de la principauté de Catalogne

[8] Narbonne est une commune française située dans le département de l’Aude, en Occitanie. Au début du 6ème siècle, Narbonne fut brièvement la capitale des Wisigoths vaincus à la bataille de Vouillé en 507 par les Francs de Clovis, conquérant du royaume de Toulouse. Grâce à l’aide militaire des Ostrogoths d’Italie, les Wisigoths du jeune roi Amalaric conserveront la Septimanie et Narbonne. Amalaric y sera assassiné en 531. Sous le règne du roi Theudis, Narbonne cessera d’être la capitale des Wisigoths mais reste une capitale provinciale. Elle accueille plusieurs souverains tels Liuva 1er couronné roi à Narbonne, et est le siège de plusieurs révoltes "séparatistes" jusqu’à la fin du 7ème siècle. Les deux derniers rois wisigoths Agila II et Ardo auraient régné sur la cité au moment de l’invasion musulmane.

[9] Béziers est une commune française située dans le département de l’Hérault , traversée par l’Orb et entourée de vignobles et de la Méditerranée toute proche. Il pourrait s’agir de la plus ancienne ville de France, avant Marseille : de multiples fouilles archéologiques entreprises depuis les années 1980 ont révélé que Béziers fut construite par les Grecs au 7ème siècle av. jc. Les invasions barbares touchent de plein fouet Béziers, au centre d’une Narbonnaise très disputée : d’abord aux mains des Wisigoths au 6ème siècle, elle est bientôt conquise par les musulmans au début du 8ème siècle, puis par les Francs qui, sous la bannière de Charles Martel s’en emparent en 737.

[10] Nîmes est une commune du sud de la France, préfecture du département du Gard en région Occitanie. Située à quelques kilomètres de la mer Méditerranée et des montagnes des Cévennes, la ville se trouve sur l’axe très fréquenté reliant la basse vallée du Rhône à la plaine languedocienne et sur l’arc méditerranéen entre Marseille et Barcelone. En 472, aux Vandales succédèrent les Wisigoths. Aux Wisigoths succédèrent les Arabo-musulmans du califat omeyyade (appelés "Sarrasins" par les occidentaux de ce temps) qui, après avoir franchi les Pyrénées en 719, prennent Nîmes en 725. Ceux-ci s’installèrent jusqu’à la reconquête de la région par Charles Martel en 737, les divers combats de ces rudes époques entraînant de très grands dommages à la cité. De Nîmes, partit un raid musulman en direction de la ville d’Autun, qui fut ravagée le 22 août 725. C

[11] Lodève est une commune française située dans le département de l’Hérault. Lodève était la capitale d’une tribu Volque (les Lutevani), puis devint la cité romaine Luteva. L’oppidum de Luteva constitue un des centres de peuplement de la Celtique méditerranéenne. La cité est élevée au rang de colonie latine. Comme tous les chef lieux des cités gauloises, elle devient le siège d’un diocèse.

[12] Gérone est une ville située dans le nord-est de l’Espagne en Catalogne. Elle est la capitale de la province de Gérone ainsi que de la comarque du Gironès.

[13] La dynastie des Bellonides était une dynastie occitane et catalane : les descendants du Goth Belló ou Bello, qui fut comte à Carcassonne, Urgell, Cerdagne, Conflent, Barcelone… Il est la souche de nombreuses autres dynasties dans les comtés de la Septimanie, à partir du 9ème siècle et dont le plus célèbre fils fut Wilfred 1er Velu, qui fonda la dynastie régnante de Barcelone qui a duré jusqu’en 1410.

[14] La bataille de Fontenoy-en-Puisaye eut lieu le 25 juin 841 sur le territoire de l’actuelle commune de Fontenoy (Yonne), "au cœur" de la Puisaye. Elle opposa Lothaire Ier, le fils aîné de Louis Ierle Pieux, à ses deux frères, Louis le Germanique et Charles le Chauve. Leur neveu, le roi Pépin II d’Aquitaine, fils de feu Pépin Ier, se rangea du côté de Lothaire.

[15] La Francie occidentale est le royaume que reçut le carolingien Charles le Chauve lors du partage de Verdun, en 843. Il s’agit des anciennes régions de Neustrie et d’Aquitaine, avec la partie ouest de l’Austrasie et le nord de la Bourgogne, autrement dit, la France des quatre fleuves.

[16] Le mot Septimanie apparaît au 5ème siècle dans une lettre de Sidoine Apollinaire pour désigner une partie du sud de la Gaule, correspondant peut-être plus ou moins aux 7 provinces du diocèse de Vienne : Aquitaine première, Aquitaine seconde, Novempopulanie, Narbonnaise, Viennoise, Alpes-Maritimes, par opposition aux 10 provinces constituant le diocèse des Gaules. Par la suite, après la conquête de l’Aquitaine par Clovis, le mot est utilisé, en particulier à l’époque carolingienne, pour désigner la partie de la Gaule restée jusqu’au début du 8ème siècle aux mains des Wisigoths, occupée par les Musulmans Omeyyades d’Al-Andalus avant d’être reconquise par les Francs en 759. Elle correspond approximativement à la partie occidentale de l’ancienne province romaine de Gaule narbonnaise. Elle est alors aussi appelée "Gothie".

[17] Le Bages est une comarque catalane d’Espagne, située dans la province de Barcelone. Son chef-lieu est Manresa.

[18] Prats de Lluçanès est une commune de la province de Barcelone, en Catalogne, en Espagne, de la comarque d’Osona

[19] La vallée de Ribes est un pays traditionnel de Catalogne qui couvre le nord-ouest du Ripollès. Elle comprend Ribes de Freser, Queralbs, Toses, Planoles, Pardines et Campelles ainsi que le sanctuaire de Núria.

[20] Le comté d’Empúries, en espagnol Ampurias, était une principauté catalane du Moyen Âge. Son territoire recouvrait une partie de l’actuel Empordà. Le comté d’Empúries, qui tire son nom de la ville antique d’Empôrion, a été créé vers le début du 9ème siècle par démembrement du comté de Gérone. Le comté était alors divisé en deux pagi ou territoires, celui de Peralada au nord et celui d’Empúries propre au sud. Ces deux pagi devinrent par la suite des comtés distincts, mais furent toujours dirigés par les mêmes comtes. Pendant tout le 9ème siècle, le comté fut administré par des comtes voisins, comtes de Barcelone ou de Roussillon. À partir de 862 le comte Sunyer II unifia sous sa tutelle les comtés d’Empúries-Peralada et de Roussillon. Il fonda une dynastie comtale appelée à durer, la maison d’Empúries. Jusqu’en 991, mort du comte Gausfred 1er, le comté fut uni à celui de Roussillon. À cette date néanmoins les deux fils du comte se partagèrent les comtés : à Hug revint Empúries et à Guislabert le Roussillon. Les deux frères conservèrent toutefois des possessions dans le comté voisin, afin sans doute de garantir la paix entre les deux dynasties. Cet arrangement semble avoir garanti une certaine paix tout au long du 11ème siècle. La situation évolua au début du 12ème siècle avec l’accroissement de la puissance des comtes de Barcelone ; en 1118 le comte Raimond-Bérenger III de Barcelone hérita des comtés de Besalú et de Cerdagne et doubla ainsi la taille de ses possessions. Il força le comte d’Empúries Pons II Hug d’Empúries à lui prêter serment de fidélité et à rompre l’alliance avec le Roussillon.