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Gaucelme de Roussillon dit Gaucelme de Gothie

lundi 18 novembre 2019

Gaucelme de Roussillon dit Gaucelme de Gothie (mort en 834)

Comte du Roussillon de 812 à 832-Comte d’Empúries de 817 à 832-Comte de Conflent et de Razès de 828 à 832

Domaines de Bera de Barcelone et de Gaucelme de Roussillon en 820Fils de Guillaume de Gellone et de sa seconde épouse, une dame franque, Guibourg, membre de la famille des Guilhelmides [1], apparentés à la famille impériale, il fut un membre important de la cour impériale de Louis le Pieux. Frère du puissant Bernard de Septimanie, il était possessionné dans la même région que lui, la Septimanie [2] et la Marche d’Espagne carolingiennes [3]. Il entra en conflit avec les élites gothes [4] et assura la suprématie de la noblesse franque dans la région. Mais ayant pris part aux conflits qui opposèrent l’empereur à ses fils à partir de 830, il en fut la victime en 834.

Il évolue dans des milieux proches de l’empereur Charlemagne, cousin de son père, puisqu’il est identifié à un Gaucelme, missi dominici [5] en 807. En 812, il reçoit de l’empereur la charge du comté de Roussillon [6], qui avait été tenu par son père Guillaume.

Gaucelme rentre en conflit avec Berà , le puissant comte de Gérone [7], de Besalú [8], de Barcelone [9], du Razès [10] et du Conflent [11], car celui-ci semble avoir pris la tête des partisans d’une paix avec les musulmans, tendance qui devait être majoritaire parmi les Goths de Barcelone.

Gaucelme met donc à profit les difficultés que rencontre Bera, après 817, dans sa lutte contre l’Aragonais García Galíndez , allié aux musulmans Banu Qasi [12] de la vallée de l’Èbre [13] et aux Basques de Pampelune [14], eux-mêmes hostiles aux Francs. En février 820, une assemblée générale est convoquée à Aix-la-Chapelle [15] par l’empereur, Louis le Pieux, à laquelle se rendent Bera et le lieutenant de Gaucelme, Sanila, qui accuse le comte de Barcelone de trahison. Le litige se règle par un duel judiciaire.

Bera, battu par Sanila, est exilé à Rouen tandis que ses domaines sont divisés : Barcelone, Gérone, Osona [16] et Besalú, sont confiés au Franc Rampon, qui n’est lié à aucun des deux partis qui viennent de s’affronter, mais le Razès et le Conflent restent aux mains du fils de Bera, Guillemond.

Gaucelme reste proche de son frère, Bernard de Septimanie, et l’épaule quand celui-ci devient comte de Barcelone et de Gérone à la mort de Rampon en 826. Il lui vient en aide cette année-là, car Bernard, à peine investi de ses comtés, doit affronter une importante révolte de la noblesse gothe de la Marche d’Espagne, menée par Aisso, contre les représentants du pouvoir impérial franc. Ils repoussent ensemble une attaque de l’émir de Cordoue contre Barcelone, ce qui permet aux deux frères de devenir des personnages importants de la cour impériale.

En 828, Gaucelme est présent à Aix-la-Chapelle pour assister à une assemblée convoquée par Louis le Pieux. Lors de cette assemblée, il obtient les comtés de Razès et de Conflent qui étaient tenus par son rival, Guillemond.

Lorsque en 829, Bernard de Septimanie est convoqué à la cour de Louis le Pieux afin d’assumer la charge de chambrier [17] et d’assurer la garde du dernier fils de l’empereur,Charles, c’est Gaucelme qui se charge de l’administration des comtés de son frère. Mais au printemps 830, les premiers fils de Louis le Pieux, Lothaire, Louis et Pépin se révoltent contre leur père, et le détrônent. Bernard, qui est tombé en disgrâce, rentre à Barcelone, tandis que Lothaire exile loin de la cour le frère de Gaucelme et de Bernard, Héribert , et leur cousin, Eudes d’Orléans. La situation se renverse cependant en faveur de Louis le Pieux qui, à l’assemblée tenue à Nimègue [18] en octobre, reprend le pouvoir et se réconcilie avec ses fils.

En 831, Pépin, qui a reçu le royaume d’Aquitaine [19], se révolte à nouveau contre son père, malgré l’avis de son conseiller, le comte de Toulouse [20], de Pallars [21] et de Ribagorce [22], Bérenger de Toulouse , mais avec le soutien de Bernard de Septimanie et de Gaucelme.

Bérenger entre dans les domaines de Bernard et de Gaucelme, et s’empare du Roussillon, du Razès et du Conflent. Le 2 février 832, il est à Elne [23], où il tient un plaid [24] et rend la justice. Au mois d’octobre, les victoires des armées de Louis le Pieux forcent Pépin et les deux frères, Bernard et Gaucelme, à comparaître devant l’empereur à la diète de Joac : Pépin est dépouillé de son royaume et exilé à Trèves [25], tandis que les deux comtes sont dépossédés de leurs domaines, donnés à Bérenger. Gaucelme cherche d’abord à résister et se retranche à Empúries [26], avant que la médiation d’ Anségise , l’abbé de Fontenelle [27], ne le pousse à céder. Il se retire alors avec ses fidèles en Bourgogne.

En juin 833, Louis le Pieux est à nouveau vaincu par ses trois fils aînés révoltés et est déposé. Au début de l’année suivante, la situation change complètement, les deux frères Louis et Pépin se retournant contre Lothaire.

Louis le Pieux, avec le soutien de Bernard de Septimanie, marche sur Chalon-sur-Saône [28], où est réfugié Lothaire. C’est là que, ayant mis la main sur Gaucelme, il ordonne qu’il soit décapité, tandis que sa sœur, Gerberge, est enfermée dans un tonneau et noyée dans la Saône.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du livre de Christian Settipani, La Noblesse du Midi Carolingien, Oxford, Linacre College, Unit for Prosopographical Research, coll. « Occasional Publications / 5 », 2004, 388 p. (ISBN 1-900934-04-3)

Notes

[1] La famille des Guilhelmides ou Wilhelmides est un lignage de la noblesse franque du 8ème et 10ème siècles proche de la famille carolingienne. Initialement implantée dans la région d’Autun, elle s’étend ensuite en Septimanie (Aquitaine et Languedoc). Cette famille tient son nom de Guillaume de Gellone, son représentant le plus célèbre, mais les prénoms de Thierry et Bernard sont les plus fréquents dans cette famille.

[2] Le mot Septimanie apparaît au 5ème siècle dans une lettre de Sidoine Apollinaire pour désigner une partie du sud de la Gaule, correspondant peut-être plus ou moins aux 7 provinces du diocèse de Vienne : Aquitaine première, Aquitaine seconde, Novempopulanie, Narbonnaise, Viennoise, Alpes-Maritimes, par opposition aux 10 provinces constituant le diocèse des Gaules. Par la suite, après la conquête de l’Aquitaine par Clovis, le mot est utilisé, en particulier à l’époque carolingienne, pour désigner la partie de la Gaule restée jusqu’au début du 8ème siècle aux mains des Wisigoths, occupée par les Musulmans Omeyyades d’Al-Andalus avant d’être reconquise par les Francs en 759. Elle correspond approximativement à la partie occidentale de l’ancienne province romaine de Gaule narbonnaise. Elle est alors aussi appelée "Gothie".

[3] La marche d’Espagne ou la Marche hispanique fut la frontière politico-militaire de l’Empire carolingien dans la partie orientale des Pyrénées. Après la conquête musulmane de la péninsule Ibérique, ce territoire fut dominé par l’intermédiaire de garnisons militaires établies en des lieux comme Barcelone, Gérone ou Lérida. Cependant, à la fin du 8ème siècle, les Carolingiens intervinrent dans le Nord-Est péninsulaire avec l’appui de la population autochtone des montagnes. La domination franque devint effective après la conquête de Gérone en 785 et de Barcelone en 801. Le territoire gagné sur les musulmans devint la marche d’Espagne, composée par des comtés dépendants des monarques carolingiens. Parmi eux, celui qui joua le plus grand rôle fut le comté de Barcelone.

[4] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.

[5] Les missi dominici, sont un organe et une charge institués en 789 et renouvelés en 802 par le pouvoir carolingien. Les missi sont des envoyés spéciaux des souverains carolingiens qui contrôlent les représentants du pouvoir royal au niveau local. Ils permettent au souverain de hiérarchiser son administration, de centraliser le pouvoir et sont l’expression d’une idéologie proprement impériale. Envoyés en collège de deux ou trois - et souvent plus -, comptant en général au moins un comte et un évêque, ils sont dans un premier temps étrangers au district - missatica - qu’ils administrent. Des missi extraordinaires représentent l’empereur dans des circonstances spéciales et, éventuellement, en dehors de leur région d’exercice habituel.

[6] Le comté de Roussillon est une ancienne principauté féodale située dans les Pyrénées orientales. Le comté de Roussillon serait né à l’époque wisigothique comme une subdivision administrative du royaume wisigoth. Ses limites correspondaient à la civitas Ruscinonensis antique (d’où il tient son nom), c’est-à-dire l’actuel département des Pyrénées-Orientales sans la Cerdagne ni le Capcir. Probablement détruit par l’invasion arabe de 721, le comté renaquit au moment de la reconquête carolingienne, et fut intégré à la Marche d’Espagne, puis au marquisat de Gothie. Le Roussillon est alors aux mains de comtes nommés ou reconnus par le pouvoir impérial, mais cette tutelle se fait moins forte au cours du 9ème siècle, et après la fin de la dynastie carolingienne, il est considéré comme un bien patrimonial qui passe au tout début du 10ème siècle aux mains de la dynastie d’Empuries. À ce moment, son territoire se réduit à la partie orientale de l’actuel département des Pyrénées-Orientales. La capitale de ce comté est d’abord Château-Roussillon, puis la ville de Perpignan. Le comté reste dans les mains de cette dynastie jusqu’en 1172, à la mort du comte Girard II de Roussillon, qui lègue son comté à son parent et suzerain le roi Alphonse II d’Aragon.

[7] Le comté de Gérone est une circonscription du royaume franc née au 8ème siècle dans la marche d’Espagne. Le comté se situait dans l’actuelle province de Gérone dans l’autonomie de Catalogne, en Espagne. Le comté de Gérone a été constitué après le ralliement de la ville de Gérone au royaume carolingien, dans les dernières années de la décennie 780. Le roi Charles 1er (futur Charlemagne) nomma comte un aristocrate goth du nom de Rostany. Le comté de Gérone s’étend alors de la Méditerranée à la région de Vic et aux Pyrénées. Il comprend les pagi (pays) de Besalú et d’Empúries. Au début des années 810, le pagus d’Empúries se détache de Gérone pour former un comté indépendant. En 812, le comté de Gérone est confié au comte Berà de Barcelone. Les deux comtés restent administrés par le même comte jusqu’en 849. Ces comtes sont souvent de grands aristocrates francs possédant des domaines importants et administrant de larges ensembles comtaux, comme Bernard de Septimanie, marquis de Septimanie ou Gothie et comte de Barcelone, Lodève, Uzès, Carcassonne, Toulouse, Narbonne, Ausone, Béziers, Agde, Mauguio et Nîmes. Le comté de Gérone retrouve une indépendance locale entre 849 et 870, année où Charles le Chauve investit comte Bernard de Gothie, marquis de Gothie et comte de Barcelone, Narbonne et de Roussillon. En 878, Louis le Bègue destitue Bernard pour trahison et confie les comtés de Barcelone et de Gérone à Guifred le Velu, fondateur de la dynastie de Barcelone, à l’origine de l’État catalan. Le comté de Gérone est désormais uni à celui de Barcelone.

[8] Le comté de Besalú est un des comtés catalans du Moyen Âge créé sans doute en 988. Il recouvrait un territoire dont les limites recoupaient approximativement le territoire de l’ancien pagus de Besalú et faisait partie à l’origine de la Marche d’Espagne. Il s’organisait autour de la ville de Besalú et s’étendait alors sur la Garrotxa et une partie du Ripollès, jusqu’à Agullana et Figueres, et l’Alt Empordà, le Banyoles et le Gironès. En 1111, à la suite de la disparition du dernier représentant de la dynastie comtale de Besalú, le comté est intégré dans les domaines du comte de Barcelone, Raimond Bérenger III, s’intégrant au territoire de la principauté de Catalogne

[9] Le comté de Barcelone est à l’origine une subdivision du royaume wisigoth en Hispanie. Conquis par les Maures à la fin du 8ème siècle, reconquis par Charlemagne en 801, il est intégré à la marche d’Espagne, province frontière face aux musulmans d’Al-Andalus. Des comtes nommés par les souverains carolingiens se succèdent à la tête de ce comté, considéré comme le plus important de la marche. À l’extinction de la dynastie carolingienne, les comtes se succèdent de façon héréditaire dans la descendance du comte Guifred, dit le Velu. Cette dynastie domine également les comtés de Girone et de Ausone, et rassemble peu à peu sous son autorité directe ou indirecte tous les comtés formant l’actuelle Catalogne : Besalú, Cerdagne, Empuries, Pallars, Roussillon et Urgell.

[10] Le Razès désigne historiquement un ancien pagus ou comté carolingien portant le nom de sa capitale historique : l’oppidum ou cité de Redae (l’actuelle Rennes-le-Château au sud-ouest du département de l’Aude). Le comté du Razès fut absorbé par la province du Languedoc en 1240,

[11] Le comté de Conflent était un comté catalan du Moyen Âge faisant partie de la Marche d’Espagne. Il est situé dans l’actuel Roussillon. Il correspond historiquement à la vallée de la Têt (Tet en catalan) et ses alentours entre Rodès et Mont-Louis (Montlluís). En amont, c’est la Cerdagne (Haute Cerdagne), en aval, le Ribéral (Riberal). Sa capitale est Prades (Prada). Le Conflent est dominé par le Canigou (Canigó).

[12] Les Banu Qasi ou Banu Kazi ou Banū Qāsī, fils du seigneur Cassius, sont une importante famille d’origine vasconne et wisigothique. Devenue muladí, elle joua un rôle politique et militaire de premier plan dans la Marche supérieure d’Al-Andalus, pendant les premières guerres de la Reconquista et lors des nombreux soulèvements que connut l’émirat de Cordoue, entre les 8ème et 10ème siècles. Cette famille, originaire de Tudela, dans le sud de la Navarre, étendit son autorité sur la région de Tarazona, Ejea de los Caballeros et Nájera. La famille donna également des gouverneurs à Pampelune, du fait de leurs alliances avec les rois de Navarre. Musa ibn Musa, dans la première moitié du 10ème siècle, fut, par sa mère, le demi-frère d’Eneko Arista, roi de Pampelune.

[13] L’Èbre est le plus puissant des fleuves espagnols. Sa longueur est de 928 km et son bassin versant a 85 550 km² de superficie.

[14] Le royaume de Pampelune, constitué en 905, fut le noyau de celui de Navarre.

[15] Le palais d’Aix-la-Chapelle était un ensemble de bâtiments résidentiels, politiques et religieux choisi par Charlemagne pour être le centre du pouvoir carolingien. Le palais était situé dans la ville actuelle d’Aix-la-Chapelle qui se trouve à l’ouest de l’Allemagne, dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. On sait que le gros œuvre était terminé en 798 et que la chapelle fut consacrée en 805, mais les travaux continuèrent jusqu’à la mort de Charlemagne en 814. C’est Eudes de Metz qui dessina les plans du palais qui s’inscrivait dans le programme de rénovation du royaume voulue par le souverain. La majeure partie du palais a été détruite, mais il subsiste la chapelle palatiale qui est considérée comme l’un des trésors de l’architecture carolingienne et un beau témoin de la Renaissance carolingienne.

[16] Le comté d’Ausone ou d’Ausona (Osona en catalan) a été un comté vassal du royaume franc à la fin du 9ème siècle. Il était situé au nord-ouest du comté de Barcelone et à l’ouest du comté de Gérone. Le comté a existé à partir de la fin du 9ème siècle. Il forme une union de lois communes avec d’autres comtés indépendants voisins au 12ème siècle, c’est la Principauté de Catalogne.

[17] Un chambellan ou chambrier est un gentilhomme chargé du service de la chambre d’un monarque ou d’un prince, à la cour duquel il vit.

[18] Nimègue est une ville située dans l’est des Pays-Bas, près de la frontière allemande. Nimègue se situe au sud-est de la province de Gueldre, dont elle fait partie, et est proche de la frontière avec les provinces de Brabant-Septentrional et Limbourg. C’est la plus ancienne ville des Pays-Bas, ancien camp romain.

[19] Le royaume d’Aquitaine ou royaume de Toulouse, était un état féodal mérovingiens qui a existé brièvement de 629 à 632 puis carolingien de 781 à 877. A la suite de la révolte vasconne, les territoires a sud des Pyrénées (qui composaient une partie de la Marche d’Espagne) deviennent indépendants en 824. Après le traité de Verdun de 843 l’Aquitaine est intégrée dans la Francie occidentale.

[20] Le comté de Toulouse est un ancien comté du sud de la France, dont le titulaire était l’un des six pairs laïcs primitifs. Le comté de Toulouse est créé en 778 par Charlemagne, au lendemain de la défaite de Roncevaux, afin de coordonner la défense et la lutte contre les Vascons et intégré dans le royaume d’Aquitaine, lorsque celui-ci est créé trois ans plus tard.

[21] Le comté de Pallars était un territoire que certains chroniqueurs de la cour carolingienne appelèrent Marche d’Espagne, pendant la première moitié du 11ème siècle. Ce comté est situé dans le bassin supérieur de la Noguera Pallaresa, entre la crête des Pyrénées et la ville de Tremp, comprenant notamment le val d’Àneu, celui de Cardós et celui de Ferrera ainsi que la rive gauche de la Noguera Ribagorzana et le val de Flamicell.

[22] Le comté de Ribagorce était l’un des anciens comtés pyrénéens formés au Moyen Âge au début de la Reconquista. Il était limité par la haute vallée de l’Ésera à l’ouest, son principal affluent l’Isabena, et par la Noguera Ribagorzana à l’est. Son histoire est liée au comté, puis royaume d’Aragon, auquel il fut définitivement rattaché à partir du 11ème siècle. Les limites de ce comté correspondent aujourd’hui à l’actuelle comarque aragonaise de Ribagorce.

[23] Elne Écouter est une commune française située dans le département des Pyrénées-Orientales. Elne est située dans la plaine du Roussillon, à 12 km au sud-est de Perpignan. La ville est à cinq kilomètres de la mer, juste au nord du Tech.

[24] Aux époques mérovingienne et carolingienne, un plaid est une cour publique ou une assemblée, où un souverain ou un comte le représentant, prend conseil de ses barons ou vassaux sur les affaires de son état ou de son domaine. Le plaid organisé par le roi ou l’empereur disparaît après Charles II le Chauve, mais le terme continue d’être employé à la fin du Moyen Âge et à l’époque moderne.

[25] Trèves est une ville et un arrondissement d’Allemagne, dans le Land de Rhénanie-Palatinat. La ville est située sur la Moselle. Cette ville, ancienne colonie romaine, est fondée à l’époque romaine, en l’an 16 av. jc sous le nom d’Augusta Treverorum, sur le site du chef-lieu d’un peuple gaulois, les Trévires. Le pont romain en pierre qui franchit la Moselle est édifié en 45 ap. jc, en remplacement d’un premier pont de bois : c’est le plus ancien pont d’Allemagne encore debout. Colonie romaine et place forte très importante dans la défense contre les « Barbares », elle est dotée d’une enceinte abritant la plus grande surface urbaine de Gaule. Grande métropole marchande à partir du 2ème siècle, devenue l’une des capitales de la Tétrarchie à la fin du 3ème siècle et siège d’un atelier monétaire impérial à partir de 294, Trèves est alors qualifiée de « seconde Rome » ou Roma Secunda. De l’époque romaine subsistent la Porta Nigra (porte noire), le plus grand édifice romain sur le sol allemand, une basilique, où siège un tétrarque (aujourd’hui une église protestante), les restes d’un amphithéâtre, ainsi que des ruines de thermes romains. Au début du 5ème siècle, au cours des invasions germaniques, Trèves est attaquée et pillée plusieurs fois par les Francs. Peu auparavant, la préfecture des Gaules est transférée de Trèves à Arles

[26] Le comté d’Empúries, en espagnol Ampurias, était une principauté catalane du Moyen Âge. Son territoire recouvrait une partie de l’actuel Empordà. Le comté d’Empúries, qui tire son nom de la ville antique d’Empôrion, a été créé vers le début du 9ème siècle par démembrement du comté de Gérone. Le comté était alors divisé en deux pagi ou territoires, celui de Peralada au nord et celui d’Empúries propre au sud. Ces deux pagi devinrent par la suite des comtés distincts, mais furent toujours dirigés par les mêmes comtes. Pendant tout le 9ème siècle, le comté fut administré par des comtes voisins, comtes de Barcelone ou de Roussillon. À partir de 862 le comte Sunyer II unifia sous sa tutelle les comtés d’Empúries-Peralada et de Roussillon. Il fonda une dynastie comtale appelée à durer, la maison d’Empúries. Jusqu’en 991, mort du comte Gausfred 1er, le comté fut uni à celui de Roussillon. À cette date néanmoins les deux fils du comte se partagèrent les comtés : à Hug revint Empúries et à Guislabert le Roussillon. Les deux frères conservèrent toutefois des possessions dans le comté voisin, afin sans doute de garantir la paix entre les deux dynasties. Cet arrangement semble avoir garanti une certaine paix tout au long du 11ème siècle. La situation évolua au début du 12ème siècle avec l’accroissement de la puissance des comtes de Barcelone ; en 1118 le comte Raimond-Bérenger III de Barcelone hérita des comtés de Besalú et de Cerdagne et doubla ainsi la taille de ses possessions. Il força le comte d’Empúries Pons II Hug d’Empúries à lui prêter serment de fidélité et à rompre l’alliance avec le Roussillon.

[27] L’abbaye Saint-Wandrille, anciennement abbaye de Fontenelle, est une abbaye bénédictine de la congrégation de Solesmes située sur la commune de Rives-en-Seine, ancienne commune de Saint-Wandrille-Rançon, dans le département de la Seine-Maritime, en Normandie. Fondée en 649, l’abbaye a connu une longue histoire marquée par trois grandes périodes de saccages et de destructions : celles liées aux incursions des Vikings, puis celles engendrées par les guerres de religion, et enfin celles consécutives à la Révolution française. C’est encore aujourd’hui une abbaye de moines bénédictins.

[28] Chalon-sur-Saône est une commune française, sous-préfecture du département de Saône-et-Loire. Chalon est une capitale du royaume durant l’indépendance du royaume des Burgondes, elle garde toute son importance en revenant dans les royaumes francs. Chalon est, du 5ème au 8ème siècle, le théâtre de douze conciles, de 470 à 1073. La ville est détruite par les Sarrasins en 732, rebâtie par Charlemagne un demi-siècle plus tard, incendiée en 834 par Lothaire ; prise d’assaut par les Hongrois en 937 et de nouveau en 1168 par Louis VII, irrité contre le comte Guillaume. Jean 1er de Chalon, dit Jean l’Antique ou Jean le Sage, en 1237, échange avec Hugues IV le Pacifique, duc de Bourgogne, les comtés de Chalon et d’Auxonne contre les seigneuries de Salins, de Bracon, de Vuillafans et d’Ornans, et conserve jusqu’à sa mort le titre de comte de Chalon qu’il transmet à ses descendants. Au milieu du 12ème siècle, Chalon obtient une charte communale