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Marcus Junius Silanus (consul en 109 av. jc)

jeudi 1er octobre 2020, par ljallamion

Marcus Junius Silanus (consul en 109 av. jc)

Homme politique-Général de la République romaine-Consul en 109 av. jc

Emblème de la République romaine.Il est vaincu par les Cimbres [1] en Gaule narbonnaise [2]. Il est membre de la famille plébéienne des Iunii Silani [3].   Marcus Junius Silianus a deux fils d’une épouse inconnue, Decimus Junius Silanus , consul en 62 av. jc et un Caius. Par ses deux fils, il est grand-père de consuls du début du règne d’Auguste, qui en fait des patriciens [4] au début de l’Empire romain.   En 124 ou 123 av. jc, il est peut-être tribun [5] de la plèbe, et introduit une “lex Iunia” contre l’exploitation des provinces par les gouverneurs romains. Ce plébiscite n’est que citée dans une loi et n’est pas datée, elle est peut-être bien antérieure.   En 113 ou 112 av. jc, il est peut-être préteur [6] en Hispanie [7].   Marcus devient consul en 109 av. jc avec Quintus Caecilius Metellus Numidicus, grâce, selon Cicéron, à la qualité de son éloquence politique.   Durant son consulat, une loi transforme définitivement les locations du domaine public en propriétés privées. La plus grande partie de l’ager publicus [8] se trouve définitivement privée. Il n’y a plus de loi agraire de grande envergure possible. Cela met fin aux dispositions prises par les Gracques [9]. Il met aussi fin aux dispositifs mis en place par Tiberius Gracchus d’exemption ou réduction de la durée du service militaire.   Alors que son collègue reçoit le commandement de la guerre contre Jugurtha, il doit faire face aux Cimbres en Gaule narbonnaise qui reviennent d’Hispanie. Il reçoit leurs ambassadeurs et les envoie au Sénat où ils demandent des terres pour s’installer paisiblement. À l’instar de Cnaeus Papirius Carbo 4 années plus tôt, Silanus espère un triomphe rapide et attaque par surprise ses ennemis alors que les négociations ne sont pas closes.   Silanus est battu par les Cimbres et doit abandonner son camp, perdant toute son armée dans la région de Lyon. Cette défaite date peut-être de 108 av. jc. Le résumé de “l’histoire romaine” de Tite-Live inverse la défaite romaine et la demande de terres où s’établiront les Cimbres.   Fin 104 ou 103 av. jc, il est par deux fois attaqué en justice par le tribun de la plèbe Cnaeus Domitius Ahenobarbus. Une première fois, Ahenobarbus lui reproche d’avoir mené sa bataille de sa propre initiative sans mandat du peuple et sans ordre du Sénat, mais Silanus est acquitté par les comices tributes [10], seules 2 tribus sur 35 ayant voté contre lui.   La seconde fois pour venger les injustices faites à un de ses amis en Gaule, et une nouvelle fois, Silanus est acquitté.

Domitius cherche à profiter d’une nouvelle loi pour attaquer aussi le princeps senatus [11] Marcus Aemilius Scaurus, pour non respect de certains rites, le but étant probablement de faire exclure du Sénat les deux consulaires par le biais de cette “lex Cassia” qui exclut du Sénat les condamnés, mais c’est un double échec

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de François Hinard (dir.), Histoire romaine des origines à Auguste, Fayard, 2000 (ISBN 978-2-213-03194-1)

Notes

[1] Les Cimbres sont un peuple germanique issu du Jutland dans le Danemark actuel d’après Pline l’Ancien. Ils ont menacé Rome à la fin du deuxième siècle av. jc.

[2] L’expression Gaule narbonnaise désigne, chez certains historiens du 19ème siècle, une province romaine ainsi nommée dès 118 av. jc après la fondation de la colonie romaine de Narbonne. En réalité, la province a été successivement nommée : « Gaule transalpine » après sa conquête par Rome ; « Gaule romaine » après la conquête du reste de la Gaule par Jules César, pour la distinguer de la Gaule chevelue (mais l’expression « Gaule transalpine » a continué d’être utilisée) ; « Narbonnaise » après la réorganisation des Gaules par l’empereur Auguste, en même temps que sont créées les provinces de Gaule belgique, de Gaule lyonnaise et d’Aquitaine. À la suite de la réorganisation de l’Empire par Dioclétien (vers 300), sont créées les provinces de Narbonnaise première, de Narbonnaise seconde et de Viennoise.

[3] Les Iunii Silani sont des nobles plébéiens romains membres d’une branche de la gens des Iunii. Auguste en fait des patriciens au début de l’Empire. La famille Junia (ou Iunia) était une des plus anciennes et des plus illustres de Rome, et la branche des Silanus remontait aux guerres puniques. À l’époque du mariage de Julie cette branche était représentée à Rome par plusieurs personnages illustres.

[4] Un patricien est durant la période romaine un citoyen qui appartient, par sa naissance, à la classe supérieure ancienne et traditionnelle, et par ce rang détient diverses prérogatives politiques et religieuses. La classe des patriciens se distingue à Rome du reste de la population dite plébéienne.

[5] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe, élus pour une durée d’un an par le concile plébéien.

[6] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[7] L’Hispanie est le nom donné par les Romains à la péninsule Ibérique. Depuis le 15ème siècle l’Hispanie est l’hôte des États modernes espagnol et portugais. Au début les Carthaginois installent des comptoirs commerciaux sur la côte, sans pousser plus profondément à l’intérieur de l’Hispanie. En 501 av.jc, ils s’emparent de Gadès (Cadix), une ancienne colonie phénicienne. Après la première Guerre punique, les Carthaginois s’étendent rapidement dans le Sud, sous la conduite des Barcides. Ils y exploitent des mines d’or et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale. En 230, ils fondent Carthagène, la nouvelle Carthage (Cartago Nova). En 218 av.jc, Hannibal forme une puissante armée qui comprend un contingent d’Ibères, et commence la deuxième Guerre punique en prenant Sagonte, puis en marchant vers l’Italie. Les Romains ne peuvent l’intercepter en Gaule, et dirigent une partie des leurs forces sur l’Hispanie, qui devient un théâtre d’opération de cette guerre. Après divers affrontements, Scipion l’Africain prend Carthagène en 209, et en 207, Hasdrubal mène les dernières forces carthaginoises de l’Hispanie vers l’Italie. En 202, la capitulation de Carthage livre officiellement l’Hispanie carthaginoise à Rome. En 197 av.jc, les Romains divisent l’Hispanie en deux provinces : Hispanie citérieure, donnant sur la Méditerranée, et Hispanie ultérieure (car plus éloignée de Rome), comprenant le Sud et tournée vers l’océan.

[8] L’ager publicus doit être différencié de l’ager romanus. Littéralement, c’est le territoire qui appartient au peuple romain contrairement à l’ager romanus qui appartient à Rome. Le Decemviri Agris Dandis Adsignandis était le collège de magistrats spécialisé dans le contrôle et la distribution de l’ager publicus. La tradition romaine légendaire fait remonter la création de l’ager publicus à Romulus. L’ager publicus s’est enrichi des territoires confisqués par Rome après conquête surtout à partir des guerres samnites. En théorie, lorsque Rome conquiert un royaume ou une cité, elle lui confisque environ 50 à 60 % de ses terres qui deviennent de l’ager publicus. S’ajoutent aussi à l’ager publicus les mines et les salines, dont les productions sont stratégiques pour l’État romain.

[9] Les frères Tiberius Sempronius Gracchus et Caius Sempronius Gracchus, surnommés les Gracques, sont deux hommes d’État romains. Issus de la nobilitas plébéienne, fils du consul Tiberius Sempronius et de Cornelia Africana, petits-fils de Scipion l’Africain, ils sont renommés pour leur tentative infructueuse de réformer le système social romain.

[10] Les comices tributes sont, dans la Rome antique, comme le concile plébéien, une assemblée du peuple basée sur le cadre des tribus romaines. À la différence du concile plébéien qui exclut les patriciens, il s’agit d’une assemblée de tout le populus (populus : l’ensemble des citoyens) romain, convoqué (donc avec un caractère impératif) par un magistrat. On utilise beaucoup les comices tributes après les années 350 av. jc, la procédure de vote étant plus simple que celle des comices centuriates, dont le rôle s’efface conjointement, pour devenir symbolique sur l’essentiel de la période républicaine.

[11] Le « princeps senatus » est le premier membre par préséance du sénat romain. Cette fonction entrée en existence autour de 275 av. jc était, à l’origine, honorifique. Il s’agissait du plus ancien des ex-magistrats présents au Sénat. Sous la République romaine, le princeps senatus n’était pas nommé à vie, mais sélectionné par chaque nouveau tandem de censeurs, c’est-à-dire tous les 5 ans et pouvait toutefois être confirmé pour une période supplémentaire de 5 ans. Sélectionné parmi les sénateurs patriciens jouissant du rang consulaire, généralement d’anciens censeurs, le candidat devait être un patricien respecté de ses collègues sénateurs au passé politique irréprochable. Cette dignité qui conférait un grand prestige et une autorité morale à celui qui en disposait : le privilège de parler le premier au sénat lors des délibérations dont il disposait lui permettait de donner le ton du débat et son avis influait généralement celui des sénateurs qui parlaient après lui et son nom était, à ce titre, inscrit en tête de l’album sénatorial.