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Simon-Joseph Pellegrin ou L’abbé Simon-Joseph Pellegrin

vendredi 28 août 2020, par ljallamion

Simon-Joseph Pellegrin ou L’abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663-1745)

Poète-Librettiste et dramaturge français

Né à Marseille, fils d’un conseiller au Présidial de Marseille [1], il semble que Pellegrin, dans un premier temps, se destinait à la carrière ecclésiastique, d’où son titre d’abbé qu’il garda néanmoins.

Religieux dans l’Ordre des Servites [2] à Moustiers [3] il embarqua bien vite sur un navire en qualité d’aumônier [4]. De retour en France en 1703, il gagna Paris et y composa ses premiers poèmes. L’un d’eux fut le point de départ d’une reconnaissance officielle puisque son “Epître” à Louis XIV, louant les prouesses guerrières du roi, remporta le prix de l’Académie française [5] en 1704.

Grâce à Madame de Maintenon semble-t-il, Pellegrin réussit à échapper aux sollicitations de ses supérieurs religieux, désireux qu’il réintègre au plus vite et définitivement son ordre.

Nanti d’une dispense papale, il intégra l’ordre de Cluny [6]. Dès lors, il se mit au service des diverses écoles, telles que La Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr [7], pour lesquelles il fournit quantité de poèmes, psaumes et cantiques. Cette pieuse inspiration ne l’empêcha pas de monnayer ses talents auprès des théâtres de la foire [8], ce qui fit dire au poète Rémy : Le matin catholique et le soir idolâtre. Il dînait de l’Église et soupait du théâtre.

Il fut parmi les participants aux salons littéraires et aux fêtes des Grandes Nuits de Sceaux [9], donnés par la duchesse du Maine, dans le cercle des Chevaliers de la Mouche à Miel [10], au Château de Sceaux [11].

Avant de collaborer avec Jean-Philippe Rameau , Pellegrin fit ses armes avec Michel Pignolet de Montéclair. En 1732, le succès remporté par le “Jephté” de ce dernier permit au librettiste de répondre à la sollicitation de Rameau pour la composition des paroles d’“Hippolyte et Aricie”, sa première pièce pour l’opéra, écrite après avoir entendu le prologue de Jephté. L’anecdote veut que Pellegrin aurait demandé le versement préalable de 500 livres mais, entendant les premières notes, il aurait déchiré le billet en arguant qu’un tel génie n’avait pas besoin qu’on exigeât de lui une telle garantie.

"Hippolyte et Aricie" est une tragédie en musique de Jean-Philippe Rameau représentée pour la première fois en 1733 sur un livret de l’abbé Simon-Joseph Pelegrin publié en 1757.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Simon-Joseph Pellegrin/ Portail de la musique classique/ Portail du théâtre/ Portail de la musique/ Catégories : Religieux français/ Dramaturge français du XVIIIe siècle/ Librettiste français d’opéra

Notes

[1] Le présidial est un tribunal de justice de l’Ancien Régime créé au 16ème siècle. C’est en janvier 1551 (ancien style), c’est-à-dire en 1552 de notre calendrier actuel, que le roi Henri II de France, désireux de renforcer son système judiciaire, notamment d’alléger les parlements d’affaires en appel issues des bailliages, a institué par édit royal les présidiaux. Il en créait un dans les plus grands bailliages et sénéchaussées. 60 présidiaux étaient créés, dont 32 du ressort du Parlement de Paris. En fonction des besoins et des nécessités (ressources du Trésor, annexion de nouveau territoire, etc.), le nombre des présidiaux a atteint le nombre de 101 en 1764.

[2] L’Ordre des servites de Marie est un ordre mendiant de droit pontifical. L’Ordre des Servites de Marie est fondé en 1233 par sept riches marchands florentins laïcs quittant le monde du commerce pour s’adonner à la vie religieuse. D’abord installés extra muros (près de ce qui est aujourd’hui la Piazza della Santissima Annunziata de Florence), ils partent ensuite sur le Mont Senario. Ils multiplient les communautés dans le nord et le centre de l’Italie. Leur piété est centrée sur le culte de la Vierge Marie et particulièrement les douleurs qu’elle a éprouvées. L’ordre est supprimé du Royaume de France par la Commission des réguliers à partir de 1772.

[3] Moustiers-Sainte-Marie est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence. Le bourg connaît une grande renommée aux 17ème et 18ème siècles grâce à la « faïence de Moustiers ». Selon la tradition, un religieux, venu de Faênza (Italie), aurait appris à un potier de la ville le secret du bel émail blanc laiteux qui devait assurer avec le bleu dit « de Moustiers » la réputation des faïences locales. À la fin du 18ème siècle 12 ateliers fonctionnaient.

[4] L’aumônier est un personnage ecclésiastique, chargé, d’une part, de distribuer l’aumône aux pauvres, et d’autre part, d’assurer les services liturgiques.

[5] L’Académie française, fondée en 1634 et officialisée le 29 janvier 1635, sous le règne de Louis XIII par le cardinal de Richelieu, est une institution française dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. Intégrée à l’Institut de France lors de la création de celui-ci le 25 octobre 1795, elle est la première de ses cinq académies. La mission qui lui est assignée dès l’origine, et qui sera précisée le 29 janvier 1635 par lettres patentes de Louis XIII, est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous, donc d’uniformiser cette dernière. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire : la première édition du Dictionnaire de l’Académie française est publiée en 1694 et la neuvième est en cours d’élaboration. L’Académie française rassemble des personnalités marquantes de la vie culturelle : poètes, romanciers, dramaturges, critiques littéraires, philosophes, historiens et des scientifiques qui ont illustré la langue française, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.

[6] L’ordre de Cluny (ou ordre clunisien) est un ordre monastique de l’Église catholique créé au 10ème siècle et supprimé à la fin du 18ème siècle, suivant la règle de saint Benoît. Au début du 10ème siècle naît au sein de l’Église catholique la volonté de réformer le monachisme. Cette restauration s’appuie sur la règle de saint Benoît qui régit dans ses moindres détails la vie monastique. Cette règle créée par saint Benoît de Nursie au 6ème siècle connaît un important développement, notamment grâce à l’action de Benoît d’Aniane 3 siècles plus tard. Elle est cependant limitée dans son application par les traditions qui s’établissent dans les abbayes, ainsi que par la méconnaissance de la règle. L’abbaye de Cluny s’impose alors, avec le soutien de la papauté, de la noblesse et du Saint Empire romain germanique, en groupant sous sa direction un nombre croissant de prieurés ou d’abbayes, devenant ainsi le centre du plus important ordre monastique du Moyen Âge, rayonnant sur une partie de l’Europe de l’Ouest.

[7] La Maison royale de Saint-Louis est un pensionnat pour jeunes filles créé en 1686 à Saint-Cyr, actuelle commune de Saint-Cyr-l’École (Yvelines), par le roi Louis XIV à la demande de Madame de Maintenon qui souhaitait la création d’une école destinée aux jeunes filles de la noblesse pauvre. Cet établissement, bien qu’il perdît sa place de premier rang à la suite de la disparition de Louis XIV puis de sa fondatrice, marqua une évolution certaine de l’éducation des jeunes filles sous l’Ancien régime. L’établissement fut maintenu pendant les premières années de la Révolution française, mais ferma définitivement ses portes en mars 1793. Napoléon 1er s’inspira de la Maison royale de Saint-Louis pour créer la Maison des demoiselles de la Légion d’honneur, qui existe encore aujourd’hui sous le nom de Maison d’éducation de la Légion d’honneur.

[8] L’expression « théâtre de la Foire » désigne l’ensemble des spectacles donnés à Paris à l’occasion des foires annuelles de Saint-Germain et de Saint-Laurent et, plus tard, de Saint-Ovide, qui sont à l’origine de l’opéra-comique] et de l’Opéra[[L’Opéra national de Paris, ou simplement Opéra de Paris dans sa forme courte, est la compagnie française d’opéra et de ballet ayant succédé à celles réunies dès 1669 au sein de l’Académie royale de musique

[9] Les Grandes Nuits de Sceaux ensemble de fêtes et divertissements donnés par Louise Bénédicte de Bourbon en son château de Sceaux entre 1705 et 1753.

[10] L’ordre de la Mouche à miel est une parodie1 d’ordre de chevalerie créé en 1703 par Louise Bénédicte de Bourbon, duchesse du Maine pour attacher à sa personne la Cour qu’elle avait rassemblée au château de Sceaux. C’est pour récompenser les personnes de sa Cour et les attacher à sa personne qu’Anne Louise Bénédicte de Bourbon, duchesse du Maine, eut la fantaisie de créer en juin 1703 un ordre de chevalerie dit « ordre de la Mouche à miel ». Cette « ingénieuse plaisanterie », devise que la duchesse avait adoptée lors de son mariage, lui donna l’idée de la création de cet ordre. Cette devise trouve sa source dans l’Aminte du Tasse. La petite taille de la duchesse la faisait comparer à une mouche à miel (c’est-à-dire une abeille), ainsi que son caractère emporté. Il n’était pas recommandé de perdre cette médaille. L’ordre était ouvert aux femmes et aux hommes, au nombre d’une quarantaine

[11] Au début du 17ème siècle, les Potier de Gesvres, seigneurs de Sceaux depuis 1597, font construire un château de style Henri IV ou Louis XIII. C’est une famille de bourgeois qui finiront par devenir ducs : ducs de Tresmes et ensuite ducs de Gesvres. Sceaux est érigée en châtellenie en 1612 et en baronnie en 1619-1624 pour le fils cadet de Louis, Antoine Potier de Sceaux, greffier des ordres du Roi. En 1670, Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des finances de Louis XIV, qui souhaite disposer d’un domaine près de Paris et non loin de Versailles, pour y établir sa maison de campagne, achète la terre de Sceaux aux trois héritiers de René Potier, marquis de Gesvres, duc de Tresmes.