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Parthénios de Nicée

samedi 27 juin 2020, par ljallamion

Parthénios de Nicée (entre 95 av. jc et 85 av. jc- ?)

Poète élégiaque grec du 1er siècle av. jc

Il est considéré comme un précurseur du roman grec. Né à Nicée [1] ou Myrléa en Bithynie [2], il est fait prisonnier par Cinna au cours de la deuxième guerre mithridatique [3], mais sa vie est épargnée en vertu de ses qualités d’enseignant.

En 73 av. jc ou 65 av. jc, il est amené à Rome où il demeure une fois libéré. Il fait la connaissance de Virgile, dont il fut peut être un des inspirateurs, et de Cornelius Gallus , un poète élégiaque [4]. Il vécut jusque sous le règne de Tibère selon la Souda [5], mais en réalité, sa mort survint avant le règne du successeur d’Auguste.

Il composa des élégies, un Épicédion d’Arété [6].

Parthénios de Nicée est l’auteur des “Passions amoureuses”, un recueil de 36 histoires d’amour malheureuses en prose.

Ce recueil se compose d’histoires courtes, historico-mythologiques, écrites dans un style sec, et sans grande recherche stylistique. L’ouvrage rédigé à partir de l’œuvre de poètes et auteurs hellénistiques. Il est probable que ce recueil devait servir d’inspiration à Cornelius Gallus à qui l’œuvre est dédiée pour ses élégies ainsi qu’à Ovide pour ses “Métamorphoses”.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Parthénios de Nicée, Hellenistic collection : Philitas, Alexander of Aetolia, Hermesianax, Euphorion, Parthenios, texte édité traduit et commenté par J.-L. Lightfood, Cambridge-Massachusetts, Harvard University Press, 2009 (Loeb classical Library).

Notes

[1] Nicée est une cité fondée vers 300 av. jc, tour à tour hellénistique, byzantine et ottomane du Nord-Ouest de l’Anatolie. Elle est surtout connue comme ayant été le siège des premier et deuxième conciles de Nicée en, respectivement, 325 et 787, le lieu où fut rédigé le symbole de Nicée (datant du premier concile) et la capitale de l’empire de Nicée après la conquête de Constantinople par les croisés en 1204 jusqu’à ce que cette dernière soit reprise par les Byzantins en 1261. La ville ancienne est située dans le périmètre de la nouvelle ville turque d’Iznik (dont le nom dérive de Nicée) à l’extrémité est du lac Ascanion (aujourd’hui lac d’İznik), entouré de collines au nord et au sud.

[2] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.

[3] guerres qui opposent Mithridate VI, roi du Pont, à l’Empire romain

[4] L’élégie fut une forme de poème dans l’Antiquité, avant de devenir un genre poétique à partir de la Renaissance. Dans l’Antiquité, était appelé « élégie » tout poème alternant hexamètres et pentamètres en distiques : ce sont les vers élégiaques. De nos jours, l’élégie est considérée comme un genre au sein de la poésie lyrique, en tant que poème de longueur et de forme variables caractérisé par un ton plaintif particulièrement adapté à l’évocation d’un mort ou à l’expression d’une souffrance amoureuse due à un abandon ou à une absence.

[5] La Souda ou Suidas est une encyclopédie grecque de la fin du 9ème siècle. C’est un ouvrage de référence, en particulier pour les citations, très souvent utilisé dans les travaux portant sur l’Antiquité.

[6] recueil en mémoire de sa femme, des Métamorphoses, et quelques petits poèmes mythologiques