Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Bonagrazia de Bergame

lundi 4 mai 2020, par ljallamion

Bonagrazia de Bergame (mort en 1340)

Théologien franciscain italien

Il étudie le droit et pratique le métier d’avocat sous le nom séculier de Boncortèse. Il entre dans l’Ordre des frères mineurs [1] en 1310 et met son savoir juridique au service des franciscains. Il est d’abord assigné auprès du procureur de l’ordre Raymond de Fronsac. Sa tâche est alors de défendre à Avignon les attaques contre l’unité spirituelle de l’ordre.

Il écrit notamment contre Ubertin de Casale et Raymond Geoffroy . Le 10 mars 1311, au cours d’un consistoire public, Bonagrazia émet une violente protestation contre les faveurs accordées par le pape Clément V aux franciscains [2] spirituels. Déployant son énergie pour défendre la communauté, Bonagrazia s’attire la colère du pape qui le relègue en 1312 au couvent de Valcabrère [3] dans les Pyrénées. Après la mort de Clément V en 1314, Bonagrazia quitte le couvent et se rend à Toulouse.

En 1322, un chapitre général réuni à Pérouse [4] provoque la querelle sur la pauvreté de l’Église. En tant que procureur de l’ordre, Bonagrazia écrit le “De paupertate Christi et Apostolorum”, dans lequel il défend la doctrine de la pauvreté absolue. Lorsque le 8 décembre 1322, le pape Jean XXII condamne la thèse du chapitre général de Pérouse par la bulle “Ad conditorem canonum, Bonagrazia” soulève une protestation lors du consistoire public du 14 janvier 1323. Le pape révise alors le texte de la bulle mais décide de jeter Bonagrazia en prison, d’où il est libéré à la fin de l’année. Il reste cependant à Avignon [5] et reprend ses fonctions de procureur de l’ordre.

En 1328, il défend Michel de Césène contre le pape Jean XXII et est de nouveau mis en détention.

Bonagrazia parvient à s’échapper dans la nuit du 26 mai, accompagné de Michel de Césène et Guillaume d’Occam. Ils embarquent à Aigues-Mortes [6] sur un bateau qui les mènent à Pise [7]. Le pape excommunie Bonagrazia et ses compagnons le 6 juin 1328, après avoir tenté de les arrêter.

Dès leur arrivée à Pise, les franciscains inaugurent une campagne de propagande contre le pape à l’aide de sermons, lettres et traités. Ils se rassemblent autour de l’empereur Louis IV de Bavière à son arrivée à Pise le 21 septembre 1328.

Bonagrazia entre alors dans le cercle des conseillers juridiques de la cour impériale. Les franciscains suivent l’empereur à Parme[Parme, est une ville italienne de la province de Parme, dans la région d’Emilie Romagne. Située entre la chaîne des Apennins et la plaine du Pô, la ville est divisée en deux par la rivière Parma, affluent du Pô. En 1545, le pape Paul III Farnèse crée le duché de Parme et Plaisance et l’octroie à son fils Pierre Louis. Le nouvel État surgi du néant suscite l’hostilité des seigneuries voisines, la famille d’Este de Ferrare et Modène, la famille Gonzague de Mantoue, du pouvoir impérial lui-même et surtout de la noblesse locale. Les Farnèse le gouvernent jusqu’en 1731.]], Crémone [8], Trente [9], puis à Munich [10] où ils se réfugient en février 1330.

Bonagrazia meurt le 19 juin 1340 à Munich et est enterré dans l’abside de l’ancienne église des franciscains.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Bonagrazia de Bergame/ Portail du Moyen Âge tardif/ Franciscain italien

Notes

[1] Moines de l’ordre mineur de frères laïcs mendiants fondé par saint François d’Assise en 1209, sur les principes rigoureux de l’humilité totale et de la pauvreté extrême. Les franciscains ont une mission de prédication itinérante. Au 13ème siècle, l’ordre se divise, malgré les tentatives de conciliation de saint Bonaventure, entre les adeptes de la règle de pauvreté originelle et les spirituels, qui jugent la mission d’enseignement incompatible avec la misère matérielle. Malgré ces dissensions, et les diverses branches qui en découlent, les franciscains poursuivent une lutte active contre les hérésies et se répandent rapidement au travers de la chrétienté. Les franciscains portent une robe brune avec une corde pour ceinture (ce qui leur a valu le nom de cordeliers), habit des pauvres de leur temps. A la fin du 13ème siècle, il existe déjà 1500 maisons de franciscains. L’ordre franciscain s’est diversifié en trois courants : les frères mineurs, les frères mineurs conventuels et les frères mineurs capucins. Il existe aussi un tiers ordre de laïcs. Les franciscains sont partis en mission dans le monde entier.

[2] Moines de l’ordre mineur de frères laïcs mendiants fondé par saint François d’Assise en 1209, sur les principes rigoureux de l’humilité totale et de la pauvreté extrême. Les franciscains ont une mission de prédication itinérante. Au 13ème siècle, l’ordre se divise, malgré les tentatives de conciliation de saint Bonaventure, entre les adeptes de la règle de pauvreté originelle et les spirituels, qui jugent la mission d’enseignement incompatible avec la misère matérielle. Malgré ces dissensions, et les diverses branches qui en découlent, les franciscains poursuivent une lutte active contre les hérésies et se répandent rapidement au travers de la chrétienté. Les franciscains portent une robe brune avec une corde pour ceinture (ce qui leur a valu le nom de cordeliers), habit des pauvres de leur temps. A la fin du 13ème siècle, il existe déjà 1500 maisons de franciscains. L’ordre franciscain s’est diversifié en trois courants : les frères mineurs, les frères mineurs conventuels et les frères mineurs capucins. Il existe aussi un tiers ordre de laïcs. Les franciscains sont partis en mission dans le monde entier.

[3] Valcabrère est une commune française située dans le département de la Haute-Garonne

[4] Pérouse, en italien Perugia, est une ville italienne, chef-lieu de la province de même nom et capitale de la Région Ombrie. Pérouse se situe sur une acropole collinaire d’une altitude moyenne de 493 m autour de laquelle se développe le centre historique qui est en grande partie entourée par les murs étrusques et médiévaux. Au 9ème siècle elle devient une propriété des papes avec l’accord de Charlemagne et de Louis le Pieux. La cité continue toutefois pendant des siècles à mener une vie indépendante, guerroyant contre les cités et territoires voisins de Foligno, Assise, Spolète, Todi, Montepulciano... Les papes ont parfois trouvé asile dans les murs de Pérouse. L’administration papale y a aussi organisé les conclaves qui ont élu Honorius III en 1216, Honorius IV en 1285, Célestin V en 1294 et Clément V en 1305. Cependant Pérouse se montra toujours réticent à l’égard des papes. Ainsi, lors de la rébellion de Rienzo en 1347, la cité ombrienne envoya dix ambassadeurs au tribun romain et résista vigoureusement aux légats du pape venus la soumettre.

[5] La Papauté d’Avignon désigne la résidence du pape en Avignon (France). Cette résidence, qui déroge à la résidence historique de Rome (Italie) depuis saint Pierre, se divise en deux grandes périodes consécutives : La première, de 1309 à 1378, celle de la papauté d’Avignon proprement dite, correspond à une époque où le pape, toujours reconnu unique chef de l’Église catholique, et sa cour se trouvent installés dans la ville d’Avignon au lieu de Rome. La seconde, de 1378 à 1418, coïncide avec le Grand schisme d’Occident où deux papes rivaux (et même trois si l’on considère l’éphémère pape de Pise) prétendent régner sur la chrétienté, l’un installé à Rome et l’autre en Avignon.

[6] Aigues-Mortes, est une commune française située dans la pointe sud du département du Gard. Au début du 14ème siècle, Philippe le Bel utilisa le site fortifié pour y incarcérer les Templiers. Entre le 8 et le 11 novembre 1307, 45 d’entre eux furent mis à la question, reconnus coupables et retenus prisonniers dans la Tour de Constance.

[7] Pise est une ville italienne chef-lieu de la province de même nom en Toscane. Elle est célèbre dans le monde principalement pour sa tour penchée. Elle est traversée par le fleuve Arno et située sur la via Aurelia.

[8] Crémone est une ville italienne, chef-lieu de la province de même nom en Lombardie, dans la région de la plaine du Pô, dans le nord de l’Italie. Fortifiée par les romains en 218 av.jc, Crémone faisait partie de la 10ème région romaine, En 1093, la ville de Crémone rejoignit l’alliance de Mathilde de Toscane contre le Saint Empire romain germanique, En 1214, prise de Crémone par Frédéric II du Saint-Empire.

[9] Trente est une ville italienne, chef-lieu de la province autonome de Trente et de la région du Trentin-Haut-Adige, dans les Alpes, au nord-est de l’Italie.

[10] Munich est une ville du sud de l’Allemagne et la capitale du Land de Bavière. En 1632, durant la guerre de Trente Ans, la ville tombe aux mains de Gustave II Adolphe de Suède. Et en 1634, la peste lui fait perdre les deux tiers de sa population. Entre 1651 et 1679, sous le règne de l’électeur Ferdinand-Marie de Bavière et grâce à sa femme Henriette-Adélaïde de Savoie, Munich s’enrichit de monuments de style baroque italien (Église des Théatins, château de Nymphenburg...) En 1705, pendant la guerre de Succession d’Espagne, l’électeur Maximilien II ayant pris parti pour les Bourbons, la ville retourne sous le patronage des Habsbourgs. L’Académie bavaroise des sciences est créée en 1759.