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Marcus Calpurnius Bibulus

mercredi 15 avril 2020, par ljallamion

Marcus Calpurnius Bibulus (?-48 av. jc)

Homme politique de la Rome antique

Membre du parti conservateur des optimates [1]. Il épousa Porcia, fille de Caton, qui lui donna un fils.

Il fut édile [2] en 65 av. jc, en même temps que Jules César, qui l’éclipsa complètement par la magnificence des jeux qu’il organisa.

Il fut consul en 59 av. jc, et partagea de nouveau son mandat avec Jules César. Chaque jour, un des consuls exerçait le pouvoir, à tour de rôle, selon l’usage.

Il s’opposa d’abord de tout son pouvoir aux mesures d’attributions de terres aux vétérans de Pompée et aux nécessiteux de Rome, proposées par son collègue Jules César, par diverses mesures d’obstruction telles que empêcher le déroulement des réunions du peuple présidées par Jules César en tirant des auspices [3] défavorables, tenter de faire annuler par le Sénat les mesures prises par Jules César le jour précédent, proclamer jours fériés les jours où Jules César exerçait le pouvoir.

Les partisans de César finirent par le bousculer ainsi que ses licteurs et le chasser du forum. Voyant toute résistance inutile, il s’enferma dans sa maison et y passa les 8 derniers mois de son consulat sans prendre aucune part aux affaires : ainsi son consulat fut de fait entièrement nul. Les plaisantins de Rome désignèrent cette année sous le nom des consuls Jules et César, faisant allusion aux deux noms de César.

En 50 av. jc, il fut proconsul [4], charge qu’il n’avait pas encore reçue à la fin de son consulat. Sa province, la Syrie [5], était menacée par les Parthes [6] après le désastre de Crassus. Il envoya ses deux fils récupérer les troupes auxiliaires [7] de cavalerie que les Romains avaient laissées en Égypte pour rétablir Ptolémée Aulète.

Peu désireux d’être enrôlés, les anciens soldats assassinèrent les deux fils. Cléopâtre VII fit arrêter les meurtriers et les envoya à Bibulus. Bibulus refusa d’exercer une vengeance personnelle et renvoya les prisonniers à Cléopâtre, disant que c’était au sénat romain qu’il appartenait de faire justice.

Bibulus participa à la guerre civile au côté de Pompée, et commanda en 49 av. jc la flotte qui transféra Pompée et ses partisans de Brindisi [8] à la Macédoine [9].

Il continua à verrouiller l’Adriatique durant l’année 49, mais pendant l’hiver 49/48, César parvint à tromper une surveillance relâchée en raison de la mauvaise saison et faire traverser un premier contingent.

Bibulus intervint et put capturer plusieurs navires qui revenaient vers Brindisi, empêchant ainsi le transfert des renforts de Marc Antoine stationnés à Brindisi. Mais épuisé par les fatigues de la guerre, Bibulus décéda peu après, laissant la voie libre aux renforts que César attendait

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Marcus Calpurnius Bibulus/ Portail de la Rome antique/Catégories : Consul de la République romaine

Notes

[1] Optimates, tendance politique aristocratique et conservatrice qui marqua le dernier siècle de la République romaine, par son opposition aux populares. Ce ne fut pas un parti politique au sens moderne, mais un clivage majeur dans les luttes politiques et sociales romaines, permettant aux acteurs politiques de se situer face au réformisme et au populisme des populares au sein d’alliances personnelles souvent mouvantes.

[2] Les édiles étaient des magistrats de la Rome antique. Leur fonction primitive était liée à l’administration urbaine de Rome. L’édilité est intégrée au cursus honorum. En 365 av.jc, le Sénat crée deux nouveaux édiles, les édiles curules, qui sont eux recrutés parmi les patriciens. Ils furent mis en place parce que les deux édiles plébéiens refusaient d’étendre les ludi maximi à quatre jours au lieu de trois. L’édilité curule fut néanmoins ouverte rapidement aux plébéiens. Les deux édiles curules sont supérieurs aux deux édiles plébéiens : ils disposent de la chaise curule (les édiles plébéiens doivent se contenter du subsellium), de la toge prétexte, ils ont le ius edicendi, c’est-à-dire le pouvoir de publier des édits dans leurs domaines d’action. Au Sénat ils ont la préséance sur leurs collègues plébéiens.

[3] L‘augure est, dans la religion romaine, un prêtre chargé d’interpréter les phénomènes naturels considérés comme des présages. Les augures étaient les interprètes des volontés de Jupiter, maître des signes ; il était hors de question de partir à la guerre, de choisir l’emplacement d’un temple, de désigner un homme pour une fonction politique, sans consulter les augures. Par exemple, en 63 av. jc, Marcus Calpurnius Bibulus tenta de s’opposer à l’une des actions de Jules César en affirmant que les augures étaient défavorables.

[4] La fonction de proconsul dans la Rome antique correspond à la notion actuelle de gouverneur. Étymologiquement, ce terme vient du préfixe latin pro, à la place de, et consul. Le premier cas de proconsulat historiquement cité par Denys d’Halicarnasse date de 464 av. jc, lorsque Titus Quinctius Capitolinus Barbatus reçut le pouvoir de diriger une armée (imperium) pour aller au secours d’un consul assiégé. Il s’agit alors d’une solution improvisée sous la pression des événements. La fonction réapparaît avec l’agrandissement de la République romaine au 4ème siècle av. jc, lorsqu’un consul doit finir une campagne militaire ou doit gouverner un territoire au-delà de la durée normale de son mandat de consul (un an). Son pouvoir (imperium consulaire) est alors prolongé, en général pour une durée d’un an et toujours sur un territoire précis, le plus souvent une province. Le terme « proconsul » tient au fait que son titulaire exerçait un pouvoir consulaire ; cependant, tous les proconsuls n’étaient pas forcément d’anciens consuls.

[5] La Syrie est l’une des provinces les plus importantes de l’Empire romain, tant par sa richesse que sur le plan militaire. Étendue de la Méditerranée à l’Euphrate, elle constitue un riche creuset de civilisations, composées entre autres de Juifs, de Phéniciens, ou de Nabatéens, hellénisés pour la plupart d’entre eux. La Syrie est conquise par Pompée en 64 av. jc. En 63 av. jc, après avoir vaincu le roi Mithridate VI, il transforme le royaume de Syrie en province romaine, mettant ainsi fin à la dynastie séleucide. L’acquisition du territoire n’est cependant pas sa mission originelle. Le gouvernement de cette riche région constitue rapidement un enjeu majeur à Rome. Crassus, qui l’a obtenu, y trouve la mort en tentant une expédition militaire contre les Parthes en 53 av. jc, à Carrhes. Sous Auguste, la province est placée sous l’autorité d’un légat d’Auguste propréteur de rang consulaire, résidant à Antioche, la capitale. Les frontières de la province connaissent à plusieurs reprises des modifications. Le royaume de Judée, devenu province de Judée, est renommé Syrie-Palestine durant le règne de l’empereur Hadrien, mais n’appartient pas à la province de Syrie proprement dite. Les frontières varient aussi avec l’Arabie nabatéenne. La Syrie englobe l’Iturée et le territoire de Palmyre. Si les conquêtes de Trajan sont éphémères, la frontière sur l’Euphrate est durablement déplacée jusqu’à Doura Europos, lors de la guerre parthique de Lucius Verus, entre 161 et 166. À partir de la seconde moitié du 2ème siècle, le sénat romain comprend un nombre important de Syriens, comme Claudius Pompeianus ou Avidius Cassius sous Marc Aurèle. Dans la première moitié du 3ème siècle, des Syriens accèdent au pouvoir impérial, avec la dynastie des Sévères.

[6] La Parthie est une région historique située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides et berceau de l’Empire parthe qui domine le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av. jc. et 224 ap. jc. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord (aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan) et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[7] Les troupes auxiliaires étaient des unités de l’armée romaine, à l’origine composée de soldats qui n’étaient pas des citoyens romains. Leur but principal était de soutenir les légions romaines dans la bataille, composées exclusivement, en principe, de citoyens romains. Ils se sont battus principalement au cours du Principat de 30 av. jc jusqu’en 284. Leur nombre a fluctué au cours de la période impériale, en augmentant progressivement.

[8] Brindisi est une ville de la province de Brindisi dans les Pouilles en Italie. C’est une ville importante de la côte adriatique, célèbre depuis l’antiquité. Son port en branches de cerf, le seul vraiment protégé de la côte adriatique, en a fait une porte vers l’Orient dès l’époque romaine. Cité grecque à l’origine et capitales des Salentins, Brindisium est conquise par le consul Marcus Atilius Regulus en 267 av., achevant la conquête romaine du sud de l’Italie. Transformée en colonie romaine en -244, elle fut rapidement reliée à Rome par la via Appia, puis par la Via Trajana.

[9] La province romaine de Macédoine s’étendait sur le nord de la Grèce actuelle. Elle englobait l’Albanie et la République de Macédoine actuelles. La province fut fondée en 146 av. jc. Elle succédait au royaume de Macédoine dont le dernier souverain, Andriscus, avait été défait en 148 av. jc par le général Q. Cæcilius Metellus. Cette province était sénatoriale gouvernée par un ancien préteur.