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Alypius de Thagaste

mardi 12 novembre 2019 (Date de rédaction antérieure : 19 août 2011).

Alypius de Thagaste (vers 360-vers 430)

Évêque de Thagaste de 395 jusqu’à sa mort

Né à Thagaste [1] dans une famille aisée en Numidie [2]. Contemporain de saint Augustin, il a aussi été l’un de ses plus proches amis.

Il suit, dans sa jeunesse, les cours de rhétorique [3] donnés par Augustin à Thagaste.

Trouvant qu’Augustin est un professeur bon et savant, il le suit lorsqu’il s’en va enseigner à Carthage [4]. A cette époque, Alypius comme son maître et ami Augustin est attiré par le manichéisme [5]. Au début 383, il part à Rome afin d’y étudier le droit. En 384, il accompagne Augustin à Milan [6]. Il devient catéchumène [7] comme Augustin et reçoit, en même temps que lui, le baptême des mains d’Ambroise de Milan à Pâques 387.

L’année suivante, il rentre avec Augustin en Afrique à Targaste où il l’aide à établir le premier monastère d’Afrique du Nord. Il lui aide notamment à en mettre au point la règle de vie connue aujourd’hui sous le nom de Règle de saint Augustin [8].

Quelques années plus tard, en 395, il devient évêque de Tagaste, sa ville natale. Pendant son épiscopat, il prend part à la lutte contre le donatisme [9], puis contre le pélagianisme [10]. Présent à la Conférence de Carthage en 411 [11], il y joue un rôle important, veillant en particulier à la régularité du déroulement de la confrontation.

Seul, ou avec Augustin, il, se déplace en Afrique pour aider ses confrères évêques à résoudre des problèmes délicats, ainsi que pour maintenir le contact entre les différentes communautés locales. Il entretient aussi, dans les même conditions de collégialité, des relations régulière avec le Siège apostolique, notamment à propos de la lutte antipélagienne menée par l’épiscopat africain, avec les pape Innocent et Zosime puis le futur pape Sixte III.

Toujours dans le cadre de la lutte contre le pélagianisme, il fait un voyage à Ravenne [12], puis en Italie. Il fut canonisé en 1584 par le pape Grégoire XIII.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Alypius de Thagaste/ Portail de l’Algérie/ Portail des Aurès/ Catégories : Évêque en Numidie/ Histoire du christianisme en Afrique

Notes

[1] aujourd’hui Souk-Ahras en Algérie

[2] La Numidie est d’abord un ancien royaume berbère, qui alterna ensuite entre le statut de province et d’état vassal de l’Empire romain. Elle est située sur la bordure nord de l’Algérie moderne, bordé par la province romaine de Maurétanie, de nos jours l’Algérie et le Maroc, à l’ouest, la province romaine d’Afrique, la Tunisie, à l’est, la mer Méditerranée vers le nord , et le désert du Sahara vers le sud. Ses habitants étaient les Numides.

[3] La rhétorique est d’abord l’art de l’éloquence. Elle a d’abord concerné la communication orale. La rhétorique traditionnelle comportait cinq parties : l’inventio (invention ; art de trouver des arguments et des procédés pour convaincre), la dispositio (disposition ; art d’exposer des arguments de manière ordonnée et efficace), l’elocutio (élocution ; art de trouver des mots qui mettent en valeur les arguments → style), l’actio (diction, gestes de l’orateur, etc.) et la memoria (procédés pour mémoriser le discours).

[4] Carthage est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis. L’ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d’Afrique proconsulaire, est aujourd’hui l’une des municipalités les plus huppées du Grand Tunis, résidence officielle du président de la République, regroupant de nombreuses résidences d’ambassadeurs ou de richissimes fortunes tunisiennes et expatriées. La ville possède encore de nombreux sites archéologiques, romains pour la plupart avec quelques éléments puniques,

[5] Le manichéisme est une religion, désormais très rare, dont le fondateur fut le perse Mani au 3ème siècle. C’est un syncrétisme du zoroastrisme, du bouddhisme et du christianisme ; les partisans de ce dernier le combattirent avec véhémence

[6] Milan est une ville d’Italie située au nord de la péninsule, à proximité des Alpes. Chef-lieu de la région Lombardie, située au milieu de la plaine du Pô.

[7] Un catéchumène est dans la tradition chrétienne une personne qui n’est pas encore baptisée, mais qui s’instruit pour le devenir. Le catéchuménat désigne cette période d’instruction et d’attente.

[8] Les chanoines réguliers de saint Augustin [CRSA] sont des clercs vivant en communauté dans un monastère, sous l’autorité d’un prévôt ou d’un abbé, pour célébrer la liturgie et rendre des services pastoraux dans les paroisses avoisinantes, selon le modèle de vie de la première communauté chrétienne et sous la Règle de saint Augustin. Tous les chanoines réguliers ne suivent pas la Règle de saint Augustin. L’application concrète des préceptes généraux de la Règle de saint Augustin, autrement dit les modalités concrètes de la vie des chanoines de saint Augustin, sont déterminées par des constitutions ou statuts particuliers, propres à chaque communauté ou fédération de communautés.

[9] Le donatisme désigne une doctrine chrétienne schismatique puis hérétique qui prit son essor dans le diocèse d’Afrique romaine aux 4ème et 5ème siècles. Il tire son nom de Donatus évêque de Cellae Nigrae (Cases-Noires) en Numidie. Le principal point d’achoppement des donatistes avec l’Église officielle concernait le refus de validité des sacrements délivrés par les évêques qui avaient failli lors des persécutions de Dioclétien (303-305). Cette position fut condamnée en 313 au concile de Rome.

[10] Le pélagianisme est le courant considéré comme hérétique par l’Église catholique, issu de la doctrine du moine Pélage. Pélage minimisait le rôle de la grâce et exaltait la primauté et l’efficacité de l’effort personnel dans la pratique de la vertu. Il soutenait que l’homme pouvait, par son seul libre arbitre, s’abstenir du péché, niait la nécessité de la grâce, le péché originel, les limbes pour les enfants morts sans baptême. En effet, pour le moine breton les hommes ne doivent pas supporter le péché originel d’Adam dans leurs actions et ne doivent donc pas se rédimer à jamais. Trois conciles s’étaient opposés à cette doctrine : ceux de Carthage, 415 et 417, et celui d’Antioche en 424. Le Concile oecuménique d’Éphèse, en 431, condamna cette hérésie en dépit des correctifs que Pélage inséra dans ses apologies. Le pélagianisme subsista jusqu’au 6ème siècle. Il fut surtout combattu par saint Augustin qui a tout fait pour que Pélage soit excommunié car il le considérait comme un disciple du manichéisme. En 426, l’Église catholique romaine excommunie Pélage.

[11] En mai 411, près de 600 évêques, pour moitié catholiques, pour moitié donatistes, s’affrontèrent à la Conférence de Carthage sous la présidence d’un représentant impérial. Les actes de 411 sont une mosaïque de pièces d’origines diverses qui furent jointes aux procès-verbaux sténographiés. La crise donatiste est un moment bien connu de l’histoire de l’Église ancienne en Occident et la conférence tenue à Carthage en 411 qui mit, au moins officiellement, un terme à l’affaire, est aussi un événement connu dont on possède les Actes transmis par deux manuscrits qui n’ont jamais été traduits.

[12] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.