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Ernest II de Souabe

mercredi 20 novembre 2019

Ernest II de Souabe (1010/1013-1030)

Duc de Souabe de 1015 à 1030

Membre de la maison de Babenberg [1], son père était Ernest 1er et sa mère Gisèle de Souabe.

Ernest en tant qu’aîné hérita du duché à la mort de son père en 1015. La régence fut assurée par sa mère puis en raison du mariage de celle-ci avec Conrad l’Ancien, par Poppon de Trèves , l’archevêque de Trèves [2], son oncle.

En 1024, le mari de Gisèle, Conrad II, qui l’épousa en 1016, fut élu roi des Romains. L’influence que le roi exerçait sur la Souabe [3] ainsi que la rivalité qui opposait les deux hommes à propos de la succession de Rodolphe III empoisonna leurs relations. Gisèle était la nièce du roi, par sa mère Gerberge et son fils comme son mari avaient de légitimes prétentions sur le trône de Bourgogne [4], puisque vraisemblablement son détenteur allait mourir sans enfant.

En 1025, Ernest âgé d’environ une quinzaine d’années, entra en rébellion contre Conrad. Cependant, il fut battu en 1026 et se rendit. Il participa alors à l’expédition italienne de son beau-père de 1026 à 1027. Une fois en Italie, Conrad renvoya Ernest en Souabe dans le but d’écraser la résistance locale qui était toujours présente. Mais lorsque Ernest arriva, il se joignit à nouveau à la révolte contre le roi. Mais le manque de soutien de l’aristocratie régionale le conduisit une fois de plus à la défaite. Il fut contraint de se rendre et fut emprisonné. Gisèle, prise entre deux feux réussit à obtenir que son fils ne soit pas totalement humilié. Le titre de Dux fut conservé à celui-ci, mais ce fut probablement Gisèle qui assura la direction effective du duché pendant qu’il gisait en prison.

En 1028, le fils de Conrad Henri III dit le Noir fut couronné. À ce moment grâce aux requêtes de son demi-frère Henri et de sa mère, Ernest put être libéré, sans toutefois recouvrir l’intégralité de ses droits. À la Diète d’Empire de la Pâques 1030, Ernest se vit proposer de nouveaux droits uniquement à condition qu’il accepte de sévir contre les ennemis du roi.

C’était là son ultime chance. Son refus, motivé probablement par la présence dans l’autre camp de son vieil ami Werner von Kyburg , signa sa déchéance. Le titre de duc lui fut retiré.

Peu de temps après lors d’une bataille contre l’évêque de Constance [5], les deux amis moururent. Ernest fut enterré à Constance [6]. Le duché de Souabe passa sous la direction de son jeune frère Hermann IV .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Ernest II de Souabe/ Portail de l’Autriche/ Duc de Souabe

Notes

[1] La maison de Babenberg est une des maisons nobles d’origine franconienne qui a gouverné le margraviat d’Autriche (Ostarrichi), puis le duché d’Autriche de 976 jusqu’à l’extinction de lignée masculine en 1246.

[2] Le diocèse de Trèves est une Église particulière de l’Église catholique dans le land de Rhénanie-Palatinat, en Allemagne. Trêves est la plus ancienne ville d’Allemagne et un diocèse également très ancien élevé au rang d’archidiocèse au 8ème siècle. L’archevêque est l’un des huit Prince Électeurs de l’Empire.

[3] La Souabe est une région historique d’Allemagne. Au haut Moyen Âge, le royaume d’Alémanie regroupait de nombreux petits royaumes sur le territoire des Alamans. Ceux-ci sont soumis par les Francs sous Clovis 1er et Théodebert 1er. À partir du début du 6ème siècle, l’Alémanie est un duché sous le contrôle des Francs, jusqu’à ce qu’il soit dissous en 746 en raison du Massacre de Cannstatt. En 829, le royaume de la Souabe se forme sur le même territoire, qui est attribué à Louis II le Germanique et donc à la Francie orientale dans le traité de Verdun en 843. Après la réforme des comtés dans la Francie orientale, le Duché de Souabe est alors formé en 915 ; il s’étendait alors des Vosges dans l’ouest jusqu’au Lech dans l’est et à Chiavenna, aujourd’hui en Italie, dans le sud

[4] Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, mort sans postérité, le 6 septembre 1032, avait institué comme son héritier, l’empereur germanique Conrad le Salique, époux d’une nièce de Rodolphe. Son neveu Eudes II de Blois, fils de sa sœur aînée, Berthe de Bourgogne, suscita contre Conrad le Salique, la révolte des féodaux et des prélats du royaume de Bourgogne, menée par le comte Renaud 1er de Bourgogne, le comte de Genève Gérold, l’archevêque de Vienne, l’évêque de Maurienne, Urard/Everard, et l’archevêque de Lyon, Burchard III. Face à eux, Conrad le Salique reçoit l’appui d’Héribert, l’archevêque de Milan, du marquis Boniface III de Toscane, de la reine Ermengarde, la veuve du Rodolphe III, et d’un valeureux lieutenant, le comte Humbert, ancien conseiller et vassal de Rodolphe III, ce dernier espérait, en cas de victoire, avoir les mains libres pour assurer sa domination sur les terres savoyardes, situées aux frontières de l’empire. Eudes II de Blois se fit couronner roi de Bourgogne à Lausanne, par ses partisans, mais en janvier 1033, l’empereur se fit aussi couronner à Bâle. Eudes II de Blois eut finalement le dessous et, en 1034, l’empereur prit possession du Royaume des Deux-Bourgognes, en recevant, le 1er août, à Genève, l’hommage de ses nouveaux vassaux. C’est à cette occasion que le moine Gérald l’Allobroge, le futur pape Nicolas II, entra au service du marquis Boniface III de Toscane et partit avec lui en Italie.

[5] La principauté épiscopale de Constance ou l’évêché de Constance est une principauté ecclésiastique du Saint Empire romain germanique. Sa capitale est Constance puis Meersburg. L’évêché est rattaché en 1821 au diocèse de Fribourg.

[6] Constance est une ville d’Allemagne, située dans le sud du Land de Bade-Wurtemberg. Son centre historique est enclavé sur la rive méridionale du lac de Constance (ou Bodensee).