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Varazdat

mercredi 14 juin 2017 (Date de rédaction antérieure : 19 mars 2017).

Varazdat

Roi arsacide d’Arménie de 374 à 378

Il succède à son oncle le roi Pap et est renversé en 378. La veuve de Pap, Zarmandoukht , occupe ensuite le trône arménien. Réfugié à Rome, il est ensuite exilé en Bretagne, où il meurt probablement, à une date inconnue.

Après l’assassinat du roi Pap, le coempereur romain Valens, chargé de l’Orient, envoie Varazdat, neveu de Pap, réputé pour ses capacités physiques et mentales, occuper le trône arménien, sous la tutelle du sparapet [1] Mushel Mamikonian, fidèle partisan de l’alliance avec Rome.

Entre-temps, les armes ne lui ayant pas été favorables, le roi perse Shapur II demande en 375 à Valens, soit l’évacuation de l’Arménie qu’il qualifie de source perpétuelle de tracas, soit le retrait des Romains de l’ouest de l’Ibérie [2], dirigée par Sauromace II.

Valens rejette la proposition mais envoie 2 légats, le magister equitum [3] Victor Magistrianus et Urbicius, dux de Mésopotamie [4], au roi perse afin de discuter du sujet. Ceux-ci expliquent à Shapur que ses demandes sont injustes, car les Arméniens ont reçu le droit de vivre selon leurs propres lois, et que si les troupes romaines chargées de protéger le roi ibérien étaient gênées dans leur déplacement, la guerre serait inévitable.

Valens estime cette menace sérieuse car il compte grossir le rang de ses armées d’auxiliaires goths [5], peuple dont il a récemment autorisé l’installation en Thrace [6]. Lors de leur retour, les 2 légats commettent cependant l’erreur d’accepter deux régions (l’Asthianène et la Bélabitène) sans réelle autorisation, ce qui offre une nouvelle occasion de marchandage à Shapur.

À la fin 376, il envoie Suren en ambassade à Valens, qui propose à ce dernier les deux régions illégalement acceptées par les légats en échange de concessions romaines. Suren est toutefois renvoyé avec un message indiquant que les Romains refusent de négocier et qu’ils lanceraient une invasion de la Perse au printemps 377.

La réponse de Shapur ne tarde pas. Les deux régions sont reprises et les troupes romaines sont harcelées en Ibérie occidentale. Au début 377, les Goths se révoltent et Valens se voit forcer de négocier, voire de retirer des troupes d’Arménie afin de mâter cette révolte. Il meurt lui-même le 9 août 378 lors de la bataille d’Andrinople [7].

Entre-temps, la situation en Arménie se détériore encore. Après le départ des troupes romaines, Varazdat, poussé par son père nourricier, fait assassiner Mushel. La fonction de sparapet est alors reprise par Manouel Mamikonian , qui a servi Shapur lors de la récente guerre contre l’empire kouchan [8].

Manouel prend alors les armes contre Varazdat et le force à s’enfuir d’Arménie en 378, après 4 années de règne. Manouel, Zarmandoukht, la veuve de Pap, et son fils Arshak III forment un gouvernement provisoire allié aux Perses, et Shapur fait stationner une armée de 10 000 hommes en Arménie sous le commandement de Suren.

Varazdat se réfugie à Rome avant d’être exilé en Bretagne, où il finit probablement sa vie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Varazdat »

Notes

[1] Ce titre, qui correspondait à la fonction de commandant en chef des armées dans le royaume d’Arménie, est l’équivalent de celui de spahbod utilisé par les Iraniens sous les Parthes et les Sassanides. La fonction de sparapet existait également dans le royaume arménien de Cilicie, où toutefois le titulaire de la charge était connu sous le titre latin de « connétable »

[2] L’Ibérie, aussi connue sous le nom d’Ivérie, est le nom donné par les Grecs et les Romains à l’ancien royaume de Karthlie et correspondant approximativement aux parties méridionale et orientale de l’actuelle République de Géorgie. Les Ibères du Caucase forment une base pour le futur État géorgien et, en même temps que les Colches de Colchide, le noyau de la population géorgienne actuelle. La région n’était, jadis, habitée que par quelques tribus qui faisaient partie du peuple appelé « Ibères ».

[3] maître de la cavalerie

[4] La province romaine de Mésopotamie a été créée en 198 par Septime Sévère. À la fin du 2ème et au début du 3ème siècle, Rome, l’Empire parthe, puis l’Empire sassanide et l’Arménie se disputent cette région. À la suite des victoires des généraux Lucius Verus, et notamment d’Avidius Cassius entre 164 et 166, Rome peut étendre à nouveau son contrôle militaire en direction de ces régions, menant des opérations à Nisibe et réaffirmant son protectorat sur le royaume d’Édesse. Le royaume d’Adiabène sauvegarde cependant son indépendance et tente de reprendre le contrôle sur Nisibe au début des années 190. Septime Sévère, lors de sa campagne orientale de 195, lui inflige de sévères défaites, prenant le titre d’Adiabenicus, « vainqueur de l’Adiabène ». Le royaume d’Osroène, situé à l’ouest de l’Adiabène, est alors transformé en province, à l’exception de sa capitale Édesse. La seconde campagne de Sévère en Orient, en 197, renforce sans doute le contrôle romain dans la région, mais échoue cependant à triompher d’Hatra.

[5] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.

[6] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[7] La bataille d’Andrinople ou d’Adrianople (aujourd’hui Edirne en Turquie européenne) a eu lieu le 9 août 378. Elle désigne l’affrontement entre l’armée romaine, commandée par l’empereur romain Valens et certaines tribus germaniques, principalement des Wisigoths (Goths Thervingues), et des Ostrogoths (Goths Greuthungues), commandées par Fritigern. Il s’agit d’un des plus grands désastres militaires romains du ive siècle, comparable à la défaite de Cannes. Cette bataille ne résulte pas d’une invasion, mais d’une mutinerie des fédérés Goths établis dans l’Empire romain.

[8] L’Empire kouchan fut un État qui, à son apogée, vers 105/250, s’étendait du Tadjikistan à la mer Caspienne et à l’Afghanistan et, vers le sud, à la vallée du Gange. L’empire a été créé par les Kouchan, une tribu des Yuezhi, un peuple de l’actuel Xinjiang en Chine, possiblement apparenté aux Tokhariens. Ils ont eu des contacts diplomatiques avec Rome, l’Empire perse des Sassanides et la Chine et, pendant plusieurs siècles, furent au centre des échanges entre Orient et Occident.