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Robert III de Flandre ou Robert de Dampierre dit Robert de Béthune

lundi 14 mars 2016

Robert III de Flandre ou Robert de Dampierre dit Robert de Béthune (1247-1322)

Comte de Nevers de 1272 à 1280-Comte de Flandre de 1305 à 1322

Fils de Gui de Dampierre et de Mahaut de Béthune . Pris entre la révolte des Flamands et sa fidélité au roi de France, Robert ne parvint pas à louvoyer habilement. En bon féodal, il se voulait vassal fidèle et assumait les obligations financières et certaines vexations vis-à-vis des Flamands. Durant les périodes de paix, Robert, comme ses prédécesseurs, favorise le commerce et protège les marchands.

En 1266, Robert épouse Blanche d’Anjou, fille de Charles 1er comte d’Anjou et de Béatrice de Provence, comtesse de Provence et de Forcalquier.

Robert de Béthune acquiert une certaine renommée militaire en Italie, où il combat de 1265 à 1268 au côté de son beau-père, Charles d’Anjou, contre Manfred 1er de Sicile que le pape Clément IV vient d’excommunier. Ce dernier meurt lors de la bataille de Bénévent [1], en 1266.

En 1270, Robert participe avec son père, à la huitième croisade, dirigée par Louis IX. À son retour, il continue à soutenir son père dans sa lutte contre l’hégémonie de Philippe le Bel qui aimerait incorporer la Flandre à la couronne de France.

En 1272, Robert épouse Yolande de Bourgogne , fille d’Eudes de Bourgogne, comte de Nevers, d’Auxerre et de Tonnerre et de Mathilde II de Bourbon . Huit ans plus tard, en 1280, accusant Yolande d’avoir empoisonné son fils Charles, issu de son premier mariage, il la fait étrangler.

Le 20 janvier 1297, Guy de Dampierre rompt tous les liens féodaux avec le roi de France. Le comte de Flandre est âgé de 71 ans, âge considérable pour l’époque, de facto Robert est le véritable dirigeant. En mai 1300, alors que la résistance contre la France semble désespérée, Robert se laisse capturer avec son père et son frère Guillaume de Crèvecœur . Tous trois sont enfermés au château de Chinon.

C’est Philippe de Dampierre , un autre frère, qui prend alors la régence de Flandre. Celui-ci vainc d’abord Philippe le Bel à la bataille des éperons d’or [2] le 11 juillet 1302. Mais le roi de France prend sa revanche à la Bataille de Mons-en-Pévèle [3] le 18 août 1304.

Le 20 août, Philippe le Bel prend la route de Lille, en passant par Seclin [4], qui subit des déprédations pour prix de sa fidélité au comte. Le siège de Lille dure un mois, puis la ville capitule. La Flandre, peu à peu, se trouve de nouveau sous contrôle royal. Des négociations aboutissent, en juin 1305, au traité d’Athis-sur-Orge [5]. Le traité organise le transport de Flandre, c’est-à-dire le transfert de souveraineté de la Flandre romane et impose une rançon écrasante.

En juillet, Gui de Dampierre meurt en captivité. Promettant de se conformer au traité d’Athis-sur-Orge, Robert qui renonce aux châtellenies stratégiques de Lille, Douai et Orchies est autorisé à retourner dans son comté. Toutefois, en avril 1310, avec l’appui de ses sujets et sa famille, il commence à résister aux Français.

Soupçonnant son deuxième fils, Louis de Nevers, issu de son second mariage, de soutenir le roi de France et de vouloir attenter à sa propre vie, Robert le fait arrêter et jeter en prison à Rupelmonde [6], ainsi qu’un moine qu’il accuse de complicité. Mis à la torture, le moine n’avoue rien et l’accusation tombe. Pour autant, Robert tente de déshériter Louis au profit de Robert son frère cadet.

À Gand, les partisans de Louis menacent de se révolter. Heureusement les magistrats de la ville proposent leur médiation. Louis est libéré et se réfugie auprès de Philippe V de France, en promettant de ne pas rentrer en Flandre avant la mort de son père.

En 1319 Robert tente de reprendre Lille. Mais la milice de Gand, qui soutient Louis de Nevers, désormais protégé du roi de France, refuse de le suivre et de franchir la Lys [7]. Robert abandonne la bataille et se rend à Paris pour restaurer les liens féodaux avec le roi français. Mais même après cela, il continuera à faire obstacle à l’exécution du traité d’Athis-sur-Orge.

Robert décède le 17 septembre 1322. Ayant explicitement souhaité être enterré en terre flamande, il est d’abord inhumé à Ypres [8] dans la cathédrale Saint-Martin [9]. Lorsque Lille et Douai seront de nouveau rattachés au comté de Flandre, son corps sera transféré aux côtés de sa première épouse et de son père à l’abbaye de Flines [10] (près de Lille), mais sa pierre tombale est conservée à Ypres.

Son fils Louis 1er de Nevers l’ayant précédé de deux mois dans la tombe, c’est son petit-fils, Louis, comte de Nevers et de Rethel qui lui succède.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Robert III de Flandre / Portail de la Région flamande/ Comte de Flandre

Notes

[1] Le 26 février 1266, la bataille de Bénévent (Italie) opposa les Siciliens du roi Manfred de Hohenstaufen aux Français et Provençaux de Charles d’Anjou, victorieux. Cette campagne est considérée par l’Église comme une croisade, Manfred étant excommunié.

[2] La bataille de Courtrai, connue sous le nom de bataille des éperons d’or, opposa l’armée du roi Philippe IV de France appuyée par les Brabançons de Godefroid de Brabant et les Hennuyers de Jean Sans-Merci, aux milices communales flamandes appuyées par des milices venues de Zélande et, peut-être, de Namur, le 11 juillet 1302 près de Courtrai

[3] La bataille de Mons-en-Pévèle opposa, à Mons-en-Pévèle, les troupes de Philippe le Bel aux troupes flamandes le 18 août 1304. Elle fut remportée par Philippe le Bel.

[4] Seclin est une commune française située dans le département du Nord,

[5] Le traité d’Athis,signé le 23 juin 1305, reconnaît l’indépendance flamande, mais au prix d’un lourd tribut et la perte des villes de Lille, Douai et Orchies, qui deviennent françaises

[6] Rupelmonde est une section de la commune belge de Kruibeke située en Région flamande dans la province de Flandre-Orientale. La localité est située sur la rive gauche de l’Escaut au confluent de la rivière Rupel

[7] La Lys est une rivière du Nord de la France et de Belgique, affluent en rive gauche de l’Escaut qu’elle rejoint à Gand.

[8] Ypres est une ville de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d’arrondissement en province de Flandre-Occidentale. Elle est située dans le Nord-ouest de la Belgique dans la région du Westhoek.

[9] La cathédrale est une ancienne église épiscopale de style gothique reconstruite après la première guerre mondiale. Elle abrite les tombeaux de l’évêque Jansenius et du comte Robert de Béthune, le « Lion des Flandres ».

[10] Fondée par Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre vers 1234 près d’Orchies au lieu-dit Notre-Dame d’Honneur, elle fut transférée à Flines en 1251. Marguerite de Constantinople fut inhumée au milieu du chœur. Le 5 juin 1279, consécration par l’évêque de Reims, Pierre. Elle fut le lieu de sépulture de plusieurs comtes de Flandre de la dynastie de Dampierre. L’abbaye est démolie à la Révolution française : les derniers vestiges ont disparu au milieu du 19ème siècle.