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Porphyre de Tyr

samedi 21 février 2015

Porphyre de Tyr (234-305)

Philosophe néoplatonicien

Né en Phénicie [1], à Tyr [2], disciple de Plotin, pour avoir édité les écrits de ce dernier, “les Ennéades”, et rédigé après la mort de son maître “une Vie de Plotin” vers 301, que nous pouvons lire encore aujourd’hui.

Son nom syrien est Malchos [3], traduit en grec par basileus. Son maître de rhétorique, Cassius Longin, chez qui il va en 254 à Athènes suivre les cours, l’appela Porphyre. Dès cette époque, il écrit “une Histoire de la philosophie”, dont fait partie “sa Vie de Pythagore”.

C’est peut-être Longin qui l’envoie à Rome en 263, suivre les cours de Plotin. Plotin le charge de mettre de l’ordre dans ses écrits. En 268, soit 5 années après son arrivée auprès de Plotin, Porphyre, qui souffre de dépression, s’installe en Sicile, où il rédige un ouvrage intitulé “Contre les chrétiens”, qui sera brûlé en 448 sur ordre des empereurs Valentinien III et Théodose II. Il rédige vers 268 son célèbre ouvrage de logique, “Isagogè”, qui fera autorité pendant tout le Moyen Âge. En 270, quand Plotin décède, Porphyre se trouve toujours en Sicile, à Lilybée [4].

Peu après, Porphyre se rend à Rome, et succède à Plotin, en 270, comme second scolarque [5], à la tête de l’école néoplatonicienne de Rome [6]. Il épouse aussi une veuve, Marcella, qui élevait 7 enfants, dont certains en bas âge. On pense que Porphyre eut pour élève, vers 275, le philosophe Jamblique . Porphyre commence à éditer les œuvres de Plotin après 298 et rédige sa Vie de Plotin vers 301. Il meurt peut-être en 305, à Rome, sous Dioclétien.

C’est par lui que le néoplatonisme [7] va passer en milieu chrétien, via Marius Victorinus , jusque chez saint Augustin et Claudien Mamert . Il écrivit un traité Contre les chrétiens. Porphyre pense que le christianisme implique une conception absurde et irrationnelle de la divinité qui le condamnerait, aussi bien du point de vue des religions particulières que du point de vue transcendant de la philosophie.

Dans le traité “De regressu animae” [8], il propose une tout autre théorie des rapports entre philosophie et religion. Les religions ne s’adresseraient qu’à des dieux inférieurs ou à des démons et la philosophie les transcenderait, parce qu’elle serait le culte du Dieu suprême, dont le philosophe est le prêtre.

Dans le traité “Philosophia ex oraculis haurienda” [9], il démontre la signification cachée des sacrifices aux dieux et aux daimonês, et enseigne l’enseignement théologique qu’il faut en retirer.

Dans le traité “Peri Agalmatôn” [10], il donne une interprétation de la signification des différents dieux de la mythologie, dans le sens des puissances cachées de la nature

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Hadot, Pierre, Plotin. Porphyre. Études néoplatoniciennes, Paris, Les Belles Lettres, L’âne d’or, 1999.

Notes

[1] dans l’actuel Liban

[2] Tyr se situe dans la Phénicie méridionale, à un peu plus de 70 km au sud de Beyrouth et à 35 km au sud de Sidon, presque à mi-chemin entre Sidon au nord et Acre au sud, et à quelques kilomètres au sud du Litani.

[3] « Roi »

[4] Lilybée ou Lilibeo en grec et en latin Lilybaeum était une importante base navale des Carthaginois en Sicile, c’est l’actuelle Marsala. Ce fut un emplacement stratégique lors des Guerres puniques. C’est la seule cité qui resta aux mains des Carthaginois après l’offensive du roi grec d’Épire Pyrrhus en 278 av.jc. C’est de là que démarra leur reconquête de la Sicile après la mort de celui-ci. Pendant la Première Guerre punique, en 250 av. jc, la place forte et le port, tenus par les Carthaginois, firent l’objet d’un siège et d’un blocus par les Romains ; mais la ville était imprenable et le blocus du port ne fut pas efficace à cause de l’habileté d’un marin carthaginois, Hannibal le Rhodien. Après leur défaite navale de Drépane, en 249, les Romains durent renoncer au blocus de Lilybée, qui resta entre les mains des Carthaginois jusqu’à la fin de la guerre.

[5] En Grèce antique, le scholarque est le directeur d’une école de philosophie, garant de la cohérence de la doctrine. C’est un recteur La tradition des écoles grecques veut que le premier scholarque soit désigné par le fondateur de l’école et que les suivants soient élus par le collège des élèves et des maîtres.

[6] L’école néoplatonicienne de Rome regroupe des penseurs néoplatoniciens résidant à Rome, durant les 3ème et 4ème siècles.

[7] Le néoplatonisme est une doctrine philosophique, élaborée à Rome à partir de 232 par Ammonios Saccas et surtout par Plotin, dont le dernier représentant est Damascios, en 544. Le néoplatonisme ou platonisme de l’Antiquité tardive tentait de concilier la philosophie de Platon avec certains courants de la spiritualité orientale.

[8] Sur le retour de l’âme

[9] La philosophie à retirer des oracles

[10] Sur les Images des dieux