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Jean-Baptiste Du Bos ou Jean-Baptiste Dubos

mercredi 27 avril 2022, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 15 janvier 2013).

Jean-Baptiste Du Bos ou Jean-Baptiste Dubos (1670-1742)

Homme d’Église-diplomate et historien-secrétaire perpétuel de l’Académie française

Jean-Baptiste Du Bos ou Jean-Baptiste Dubos Homme d'Église-diplomate et historien-secrétaire perpétuel de l'Académie française

Né à Beauvais [1] dans l’Oise, il est l’auteur d’écrits politiques et de réflexions critiques sur la poésie et la peinture.

Fils d’un marchand échevin [2] de Beauvais, Dubos fait ses premières études dans sa ville natale avant de venir les achever à Paris où il étudie la théologie, puis le droit public. Après avoir été reçu bachelier de Sorbonne [3] en 1691.

Il entre dans les bureaux de Jean-Baptiste Colbert de Torcy qui le charge de missions secrètes auprès de diverses cours d’Europe, en Allemagne, en Italie, en Angleterre, en Hollande. S’en étant acquitté en négociateur habile et ayant pris une part importante aux traités conclus à Utrecht [4], Bade et Radstadt [5].

Chargé des négociations de paix lors de la guerre de Hollande [6] qui oppose la France et ses alliés aux pays qui formeront plus tard la Quadruple Alliance [7], l’abbé Dubos publie en 1703 “Les Interests de l’Angleterre mal entendus dans la guerre présente”, dont certains chapitres contiennent des révélations que les Hollandais mettront à profit, ce qui a fait dire à certains que son livre aurait dû être nommé Les Intérêts de l’Angleterre mal entendus par l’abbé Dubos. Il s’agit probablement d’un ouvrage de commande fait sur ordre de la cour de France qui lui avait fourni les mémoires. Dubos y fait, sur l’Angleterre, des prédictions funestes qui ne se sont pas réalisées mais il y prédit également que les colonies britanniques en Amérique se révolteraient un jour contre leurs maîtres.

Puis, le régent Philippe d’Orléans et le cardinal Dubois firent le même usage, avec le même succès, de ses talents.

Ses nombreux services furent récompensés par des bénéfices et des pensions, et enfin par l’abbaye de Notre-dame de Ressons [8] près de Beauvais, après quoi il abandonna la politique pour se consacrer à l’histoire.

Le 8 janvier 1720, il remplaça à l’Académie [9] l’ abbé Genest , et fut reçu le 3 février 1720 par le marquis de Sainte-Aulaire François-Joseph de Beaupoil . Il reçut à l’académie Jean Boivin et Pierre-Joseph Alary et fut nommé secrétaire perpétuel, le 19 novembre 1722, le sixième depuis la fondation de l’Académie, à la mort de André Dacier , et fut remplacé lui-même par Claude François Alexandre Houtteville dit l’abbé Houtteville . Sans être de ses familiers, il fréquenta le salon de Anne Thérèse de Marguenat de Courcelles dite Mme de Lambert.

Il meurt le 23 mars 1742.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Notice biographique de l’Académie française et de encyclopédie universalis /

Notes

[1] Beauvais est une commune française située dans le département de l’Oise, dont elle est la préfecture, elle se trouve au nord du bassin parisien, sur les rives du Thérain, affluent de l’Oise.

[2] Un échevin est, historiquement, dans le nord de la France au Moyen Âge, un magistrat, nommé par le seigneur pour rendre la justice sur ses terres. Dans certaines régions il est, sous l’Ancien Régime, un magistrat communal équivalent à l’actuel titre de conseiller municipal, comme tel est le cas de nos jours en Belgique où les échevins sont des élus adjoints au bourgmestre, équivalents en France d’adjoints au maire. Aux Pays-Bas, les échevins (en néerlandais : wethouders), formant avec le bourgmestre le corps exécutif d’une commune, sont également équivalents d’adjoints au maire en France, bien qu’ils ne siègent pas au conseil municipal, ce dernier contrôlant leur action.

[3] La Sorbonne est un bâtiment du Quartier latin dans le 5e arrondissement, c’est une propriété de la ville de Paris. Il tire son nom du théologien et chapelain de Saint Louis, du 13ème siècle, Robert de Sorbon, le fondateur du collège de Sorbonne de l’Université de Paris, collège consacré à la théologie dont il définit ainsi le projet : « Vivre en bonne société, collégialement, moralement et studieusement ». Ce terme de Sorbonne est aussi utilisé par métonymie pour désigner l’ancienne Université de Paris, sous l’Ancien Régime de 1200 à 1793, puis de 1896 à 1971, ainsi que les anciennes facultés des sciences (1811) et des lettres de Paris (1808) au cours du 19ème siècle.

[4] Les traités d’Utrecht sont deux traités de paix signés en 1713 qui mirent fin à la guerre de Succession d’Espagne. Le premier fut signé à Utrecht le 11 avril entre le royaume de France et le royaume de Grande-Bretagne, et le second fut signé dans la même ville le 13 juillet entre l’Espagne et la Grande-Bretagne.

[5] Le traité de Rastatt, 6 mars 1714, met fin à la guerre de Succession d’Espagne. Il est signé entre le royaume de France et la monarchie de Habsbourg à la suite de négociations menées depuis novembre 1713 entre le Prince Eugène et le duc de Villars.

[6] La guerre de Hollande se déroule de 1672 à 1678. Elle oppose la France et ses alliés (Angleterre, Münster, Liège, Bavière, Suède) à la Quadruple-Alliance comprenant les Provinces-Unies, le Saint-Empire, le Brandebourg et l’Espagne. Triomphant de ses adversaires, la France, par le traité de Nimègue qui met fin à la guerre, confirme son rang de première puissance européenne en acquérant la Franche-Comté et plusieurs villes de Flandre.

[7] La guerre de la Quadruple-Alliance est un conflit militaire européen mineur qui a lieu entre 1718 et 1720 principalement en Italie, entre le royaume d’Espagne d’un côté, et la Quadruple-Alliance issue du traité de Londres de 1718 de l’autre, composée de l’archiduché d’Autriche, en tant qu’État du Saint Empire romain germanique, du royaume de France, de la Grande-Bretagne et de la république des sept Provinces-Unies des Pays-Bas.

[8] L’abbaye de Ressons, de l’ordre des Prémontrés, sise dans le Vexin français, dans le doyenné de Chaumon et l’archidiocèse de Rouen, n’était à l’origine qu’un prieuré. Il fut érigé en abbaye en 1125 et reconnut les anciens seigneurs d’Aumont pour ses principaux fondateurs et bienfaiteurs : ils y avaient, à ce titre, droit de sépulture.

[9] L’Académie française, fondée en 1634 et officialisée le 29 janvier 1635, sous le règne de Louis XIII par le cardinal de Richelieu, est une institution française dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. Intégrée à l’Institut de France lors de la création de celui-ci le 25 octobre 1795, elle est la première de ses cinq académies. La mission qui lui est assignée dès l’origine, et qui sera précisée le 29 janvier 1635 par lettres patentes de Louis XIII, est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous, donc d’uniformiser cette dernière. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire : la première édition du Dictionnaire de l’Académie française est publiée en 1694 et la neuvième est en cours d’élaboration. L’Académie française rassemble des personnalités marquantes de la vie culturelle : poètes, romanciers, dramaturges, critiques littéraires, philosophes, historiens et des scientifiques qui ont illustré la langue française, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.