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L’histoire pour le plaisir

Odet d’Aydie

vendredi 2 mars 2018, par ljallamion

Odet d’Aydie (vers 1425-1490)

Chevalier béarnais-Seigneur de Lescun-Comte de Comminges-Gouverneur de Guyenne

Blason de la famille d'AydieFils de Bertrand d’Aydie et de sa première épouse Marie Domin.

Sa carrière commence en 1454, lorsqu’il est nommé bailli [1] du Cotentin [2], poste qu’il conserve jusqu’en 1461.

Confident de Charles de France, duc de Berry le frère du roi Louis XI, il est de tous les complots contre le roi, auxquels il participe, de la Ligue du Bien public [3] en 1465 à la Guerre folle [4].

Grâce à l’appui de Charles, il devient amiral en 1469. Après la mort de Charles de France, il ralliait à son tour Louis XI, en novembre 1472. Il est nommé amiral de France [5] et reste grand sénéchal [6] de Guyenne [7].

En 1473, il reçoit le comté de Comminges [8] et la vicomté de Fronsac [9]. Il épouse Marie de Lescun, l’héritière des Lescun [10] et la fille de Mathieu de Lescun, cousin du bâtard d’Armagnac Jean de Lescun , maréchal de France [11] et comte de Comminges.

En 1479, il devient gouverneur de Rouen et de Caen, et joue alors un rôle important à la cour du duc de Bretagne François II .

Il s’oppose à Anne de Beaujeu, fille de Louis XI et régente pour son frère Charles VIII et se rallie au duc d’Orléans, le futur roi Louis XII.

Cependant, il est nommé gouverneur de Guyenne en 1484 tout en restant sénéchal. Mais sa participation à la guerre folle lui fait perdre tous ses postes en 1487.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jean Favier : Louis XI, Fayard 2001

Notes

[1] Le bailli était, dans l’Ancien Régime français, un officier de judicature représentant de l’autorité du roi ou du prince dans le bailliage, chargé de faire appliquer la justice et de contrôler l’administration en son nom. Il s’agissait de l’équivalent de nos actuels préfets. La juridiction dont est responsable un bailli s’appelle un bailliage. En France méridionale, le terme généralement utilisé était sénéchal et la circonscription la sénéchaussée. En Provence, les couples de mots « bayle », « baillie » et « viguier », « viguerie » étaient répandus. Les bailliages ont été établis au 12ème siècle sur le domaine royal, notamment par Philippe Auguste. Il était à l’origine porté par des commissaires royaux qui rendaient la justice, percevaient les impôts et recevaient, au nom de la couronne, les plaintes du peuple contre les seigneurs. Leur juridiction, régularisée avec les Capétiens fut d’abord très étendue ; mais l’abus qu’ils firent de leur puissance obligea les rois à la réduire. Vers le 16ème siècle, le rôle du « bailli » était devenu simplement honorifique, le lieutenant général du bailliage et d’autres officiers se répartissant son pouvoir. Néanmoins, leur office était noble et d’épée ; Charles IX, en 1560, les déclara officiers de robe courte.

[2] Le Cotentin est une péninsule française correspondant globalement aux limites de l’ancien pays normand du même nom autrefois appelé Pagus Constantiensis (pays de Coutances). Élément du Massif armoricain, il s’étend entre l’estuaire de la Vire et l’embouchure de l’Ay et jusqu’à Granville. En 1204, le Cotentin, à l’exception des îles Anglo-Normandes, revient à la France lors de la reconquête du duché de Normandie par Philippe Auguste. La guerre de Cent Ans ravage les campagnes et les châteaux de Cherbourg, Valognes, Bricquebec, Saint-Lô et Saint-Sauveur-le-Vicomte font l’objet de multiples sièges. La paix revenue, l’agriculture amène un essor important au 15ème et 16ème siècle, celui-ci se matérialisant dans le bocage par de nombreuses fermes-manoirs. Les grands seigneurs édifient des châteaux et hôtels de style Renaissance

[3] La ligue du Bien public est une révolte de princes, menés par Charles, comte de Charolais et d’autres grands seigneurs, contre l’accroissement des pouvoirs du roi de France Louis XI. Elle s’étend de mars à octobre 1465.

[4] La Guerre folle est le nom donné à une guerre qui oppose, entre 1485 et 1488, une coalition de seigneurs à Anne de France, régente de France. Menée parallèlement à la guerre de Bretagne, elle se termine par le traité du Verger qui prépare l’union de la Bretagne à la France. La Guerre folle s’inscrit dans une longue succession de conflits qui opposent la Royauté et les grands princes du royaume, dans la deuxième moitié du 15ème siècle : Praguerie en 1440, ligue du Bien public en 1465, etc. Du côté des princes, on compte les ducs René II de Lorraine, François II de Bretagne, Louis II d’Orléans (cousin du roi et futur Louis XII de France), le prince d’Orange, le comte d’Albret, le comte d’Angoulême, Odet d’Aydie, bâtard d’Armagnac, comte de Comminges et gouverneur de Guyenne, et Philippe de Commynes. Ils sont par ailleurs soutenus par les ennemis étrangers du roi de France : l’Angleterre, la Castille-Aragon et l’Autriche-Bourgogne.

[5] La dignité d’amiral de France a été créée en 1270 par Louis IX, au cours de la 8ème croisade. Sous l’Ancien Régime, l’amiral de France est titulaire d’un grand office de la couronne de France équivalent à celui du connétable de France. Chef en titre de la flotte royale, il n’a en réalité qu’un pouvoir limité. L’amiral de France a la charge des côtes de Picardie, de Normandie, d’Aunis et de Saintonge. Sa charge va s’étendre au début du 17ème siècle, à la Guyenne puis à la Provence. En temps de guerre, il est chargé de rassembler les navires marchands français pour constituer la flotte. Il doit armer, équiper et ravitailler les navires pour la course, donner les lettres de marque aux corsaires (la course est alors la forme principale de guerre maritime). En temps de paix, il s’occupe de l’entretien de la flotte royale, quand elle existe, mais surtout du commerce maritime et de la flotte marchande.

[6] Un sénéchal est un officier au service d’un roi, d’un prince ou d’un seigneur temporel.

[7] La Guyenne est une ancienne province, située dans le sud-ouest de la France. Ses limites ont fluctué au cours de l’histoire sur une partie des territoires des régions françaises Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Portant le titre de duché, la Guyenne avait pour capitale Bordeaux. Son nom est apparu au 13ème siècle en remplacement du terme d’« Aquitaine ». Sous l’Ancien régime, la Guyenne était l’une des plus grandes provinces de France et regroupait divers pays et provinces plus petites comme le Périgord, l’Agenais, le Quercy et le Rouergue. Le terme de « Guyenne propre » correspondait à la région de Bordeaux, également appelée le Bordelais. La Guyenne était couramment associée avec la Gascogne dont la capitale était Auch et qui regroupait notamment l’Armagnac, le Bigorre, le Labourd, la Soule et le Comminges. Guyenne et Gascogne partageaient ainsi le même gouvernement général militaire.

[8] Le Comté de Comminges est une ancienne principauté féodale située sur le versant nord des Pyrénées, de part et d’autre du haut cours de la Garonne. Il a existé du début du 10ème siècle jusqu’en 1454. Pendant longtemps, il fut considéré que les premiers comtes de Comminges étaient issus des comtes d’Aragon. Les dernières études font ressortir qu’ils seraient probablement des seigneurs de l’entourage des comtes de Toulouse. Le Comminges est incorporé au domaine royal en 1454.

[9] Fronsac est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Gironde.

[10] Lescun est une commune française, située dans le département des Pyrénées-Atlantiques. La commune fait partie de la vallée d’Aspe. Elle est située à 900 m d’altitude, ce qui fait d’elle la plus haute commune des Pyrénées-Atlantiques. La baronnie de Lescun était l’une des grandes baronnies de Béarn, et dépendait, tout comme l’abbaye laïque de Lescun, de la vicomté de Béarn. En 1385, Lescun comptait 63 feux et dépendait du bailliage d’Aspe.

[11] Depuis la création du titre, en 1185, il y a eu 342 maréchaux de France. L’office de maréchal n’est devenu militaire que depuis le début du 13ème siècle. À son origine, le maréchal de France n’a qu’un rôle d’intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du 13ème siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185. Après l’abolition de l’office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l’armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu’il confie au plus prestigieux de ses maréchaux. Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l’ordre dans les campagnes, par l’intermédiaire des prévôts des maréchaux, d’où l’appellation de « maréchaussée » donnée à l’ancêtre de la gendarmerie. Jusqu’en 1793, date de l’abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.