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Anne de France dite Anne de Beaujeu

dimanche 21 octobre 2012

Anne de France dite Anne de Beaujeu (1460-1522)

Dame de Beaujeu

Anne de France dite Anne de Beaujeu

Née à Génappe dans le Brabant, Anne de France est la fille aînée de Louis XI et de Charlotte de Savoie. Elle fut mariée à l’âge de 14 ans à Pierre de Bourbon, seigneur de Beaujeu frère cadet du duc de Bourbon. Sur sont lit de mort, le 30 août 1483, Louis XI lui confie la tutelle de Charles VIII et le gouvernement. Pour expliquer ce choix le roi dit qu’il confie le royaume “à la moins folle femme du monde”.

A peine le roi mort, certains princes sous la conduite du duc Louis d’Orléans, futur Louis XII, époux de Jeanne la soeur aînée d’Anne et cousin du roi entrent en opposition avec la régente et revendiquent le gouvernement.

Anne de Beaujeu décide de composer, elle réunit les Grands du royaume au château d’Amboise : le duc d’Orléans, le duc d’Alençon, le comte de Dunois et le duc de Bourbon frère aîné mais néanmoins ennemi de Pierre de Beaujeu. Avec le soutien de la reine mère Charlotte de Savoie, les princes revendiquent le droit de siéger et de nommer le Conseil. La régente cherche à les amadouer : Le duc de Bourbon est fait connétable ; Dunois gouverneur du Dauphiné ; Louis d’Orléans en plus du gouvernement militaire de Paris reçoit une pension de 24 000 milles livres.

Ne voulant pas en rester là, Louis d’Orléans en appelle aux États Généraux. Aussi sage, rusée et intraitable que son père, elle accepte que les États généraux se réunissent à Tours, en 1484. Anne de Beaujeu les convoque non pas pour faire plaisir au duc mais pour asseoir son pouvoir face aux princes. Elle octroie des délégués aux trois ordres : noblesse, église et “estat commun”, qui, pour la première fois, sont nommé “tiers état”. Toutes les provinces du royaume sont représentées, et les trois ordres élisent en commun leurs députés. Ils siégeront jusqu’au 14 mars. Anne de Beaujeu va faire tout ce qui est en son pouvoir pour les gagner à sa cause. Le duc d’Orléans trop sûr de lui ne fait que parader. Il indispose pas mal de monde avec l’étalage de sa fortune et de sa légèreté.

Le duc tente alors de faire intervenir l’évêque du Mans, mais rien n’y fait. Le 5 février 1484, le champion d’Anne de Beaujeu, le sénéchal de Bourgogne Philippe Pot intervient face aux députés. Il avance le principe de la souveraineté nationale en déniant le droit naturel des princes à gouverner. Les députés décident de s’en remettre à la sagesse du roi, c’est à dire à la Régente.

Le duc d’Orléans espère encore récupérer la garde de Charles VIII, mais, une fois encore il est débouté par les députés des États Généraux. Soutenu par la noblesse bretonne il entre en révolte et est fait prisonnier à l’issue de la "Guerre folle" en 1488.

Dans le même temps, Anne de Beaujeu doit faire face à l’agitation des grands féodaux du sud-ouest du royaume. Ces derniers croient pouvoir affirmer leur indépendance lors de la régence. Ils sont très rapidement mis au pas par cette femme énergique.

Anne de Beaujeu s’attaque ensuite à l’élargissement du royaume en réglant la succession de Bretagne. François II meurt le 9 septembre 1488, lui aussi avait participé à la révolte. Sa fille Anne de Bretagne est forcée de rompre son projet de mariage avec Maximilien de Habsbourg au profit de Charles VIII. C’est la première étape du rattachement de la Bretagne à la couronne de France.

Charles VIII se lasse de la tutelle de sa soeur. Il libère de son propre chef le duc Louis d’Orléans, lui rend son domaine de l’Orléanais et lui donne le gouvernement de Normandie.

Mise au pied du mur, la dame de Beaujeu se retire discrètement. Quand Pierre de Beaujeu meurt en 1503, Anne continue d’administrer les terres des Bourbons, s’opposant aux empiétements royaux. Sous François 1er, elle prend parti pour son gendre, Charles de Montpensier, connétable de Bourbon, le poussant à s’allier à Charles Quint. Elle lui lègue tous ses biens. C’est en novembre 1522 que meurt Anne de Beaujeu.

Anne de Beaujeu, bien que très jeune, fut un excellent administrateur. En restaurant l’ordre, en mettant au pas les grands féodaux et en travaillant à l’élargissement du royaume, elle a poursuivi l’oeuvre de son père.