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L’histoire pour le plaisir

Jean Bureau

mardi 3 novembre 2020 (Date de rédaction antérieure : 9 septembre 2012).

Jean Bureau (mort en 1462)

Seigneur de Montglat-Grand-maître de l’Artillerie du Roi Charles VII

Deuxième fils de Simon Bureau et de son épouse Hélène, bourgeois de Paris, il est né à Semoine en Champagne [1]. Il fait ses études de droit à Paris. Il est commissaire au Châtelet lorsque Paris est occupé par les Anglais sous la tutelle du Duc de Bedford.

En 1434, il quitte la capitale et s’associe au destin du roi Charles VII. Il n’est encore que receveur ordinaire de Paris lorsque Charles VII le fait maître de l’artillerie de France [2], après qu’il se soit distingué au siège de Meaux en1439. Avec son frère cadet Gaspard Bureau, seigneur de Villemomble [3], il réorganise l’artillerie de campagne, en développant l’utilisation du canon.

Tous deux dirigent personnellement l’artillerie dans toutes les batailles de Normandie [4] et de Guyenne [5], où ils commandent également les francs archers.

Il sert aux sièges de Pontoise en 1441 et de Harfleur en 1449 [6], assiste à la prise de Bayeux [7], et s’emploie à la capitulation de Caen [8]. Il se signale encore devant Bergerac [9], et après avoir contribué à la reddition des châteaux de Montguyon [10] et de Blaye [11], assiège Libourne [12] qu’il emporte. Il est nommé collecteur des impôts de Paris et, en 1443, trésorier général de France.

La Guyenne entièrement soumise, Charles VII le nomme maire de Bordeaux. Il y fait édifier le Château Trompette [13]. Mais il s’entend mal avec les Bordelais, notamment le Captal de Buch [14]. La ville se soulève et les Anglais la réinvestissent en 1452.

En 1453, pendant la seconde campagne de Guyenne, les troupes anglaises placées sous les ordres du général John Talbot subissent une lourde défaite à Castillon [15] devant les troupes des frères Bureau. Cette bataille marque la fin de la domination anglaise en Aquitaine, et plus généralement, de la Guerre de Cent Ans.

Louis XI le fait chevalier à l’occasion de son sacre en 1461 et c’est dans sa maison des Porcherons, dans le nord-ouest de Paris, que loge Louis XI après son entrée solennelle dans la capitale. Il meurt à Paris le 5 juillet 1463.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jean Bureau/ Portail de Bordeaux/ Catégories : Grand maître de l’artillerie de France/ Prévôt des marchands de Paris/ Trésorier de France/ Maire de Bordeaux

Notes

[1] Semoine est une commune, située dans le département de l Aube. Le fief de Semoine dépendait de la baronnie de Plancy puis devint une vicomté.

[2] Le grand maître de l’artillerie était l’un des grands officiers de la couronne de France pendant l’Ancien Régime. La charge de grand maître de l’artillerie apparaît au début de l’époque moderne en remplacement de celle de grand maître des arbalétriers. Elle est érigée en grand office de la couronne en 1601 par Henri IV en faveur de Sully. Le grand maître avait juridiction, au début du 17ème siècle, sur tous les officiers de l’artillerie des armées, ainsi que la charge de conduire les travaux des sièges et des campements, la fabrication de la poudre et des canons et la gestion des arsenaux. Dès la fin du siècle, il n’exerce plus qu’un pouvoir symbolique, ses compétences étant passées à des officiers spécialisées, le surintendant des fortifications notamment. La charge de grand maître de l’artillerie est supprimée en 1755.

[3] Villemomble est une commune française située dans le département de la Seine-Saint-Denis, la seigneurie de Villemomble apparaît au début de la dynastie capétienne comme étant entre les mains de la famille Le Riche de Paris. Vers 1055 est cité comme seigneur de Villemomble Lisiard Le Riche de Paris, sous chambrier du roi. Josselin de Beaumont Gâtinais, chambrier de Philippe 1er, est seigneur de Villemomble de 1075 à 1120. Suit Josselin II de Beaumont Gâtinais de 1120 à 1145. Dans un chassé croisé d’alliance la seigneurie est détenue par la famille Mauvoisin. Vers 1215, Jean 1er de Beaumont Gâtinais, grand chambrier de Louis XVIII et Louis IX, devient seigneur des terres de Villemomble et autres lieux. Ses droits et charges de seigneur de Villemomble par son premier mariage avec Alix Mauvoisin, passent à son fils aîné Guillaume IV de Beaumont, dit "Pied de Rat", comte de Caserte. De 1357 à 1529 par l’intermédiaire de sa fille Isabelle de Beaumont Gâtinais, comtesse de Caserte, le domaine appartient à la maison de Montmorency Laval puis à Olivier V de Clisson, Connétable de France, puis à Alain VIII et Alain IX de Rohan lieutenant général de Bretagne. Gaspard Bureau, grand maître de l’artillerie, puis Antoine de Chabannes, Grand maître de France conseiller de Louis XI et enfin Florimond Robertet, Trésorier de France et conseiller de Louis XII et François 1er. De 1529 à 1700, les terres de Villemomble seront successivement possédées par Tristan de Rostaing, chevalier des Ordres du Roi, baron de la Guerche, Grand-maître des eaux et forêts de France puis de 1652 à 1765 par la fastueuse famille des Le Ragois de Bretonvilliers.

[4] Le duché de Normandie est un duché féodal du royaume de France qui a existé de 911 à 1469, d’abord comme principauté largement autonome, puis après sa conquête par le roi de France en 1204, comme partie du domaine royal ou comme apanage. Louis XI supprime le duché en 1469. Toutefois, il subsiste pour sa partie insulaire (les îles Anglo-Normandes) comme dépendance de la couronne britannique. Le duché de Normandie fait partie, comme l’Aquitaine, la Flandre ou la Catalogne, de ces principautés qui émergent au milieu du Moyen Âge avec l’affaiblissement du pouvoir royal carolingien.

[5] La Guyenne est une ancienne province, située dans le sud-ouest de la France. Ses limites ont fluctué au cours de l’histoire sur une partie des territoires des régions françaises Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Portant le titre de duché, la Guyenne avait pour capitale Bordeaux. Son nom est apparu au 13ème siècle en remplacement du terme d’« Aquitaine ». Sous l’Ancien régime, la Guyenne était l’une des plus grandes provinces de France et regroupait divers pays et provinces plus petites comme le Périgord, l’Agenais, le Quercy et le Rouergue. Le terme de « Guyenne propre » correspondait à la région de Bordeaux, également appelée le Bordelais. La Guyenne était couramment associée avec la Gascogne dont la capitale était Auch et qui regroupait notamment l’Armagnac, le Bigorre, le Labourd, la Soule et le Comminges. Guyenne et Gascogne partageaient ainsi le même gouvernement général militaire.

[6] Le siège d’Harfleur par Henri V d’Angleterre commence le 18 août 1415 et dure jusqu’à la reddition de la ville près d’un mois après le 22 septembre 1415.

[7] Bayeux est une commune française et une des trois sous-préfectures du département du Calvados. Bayeux est célèbre pour sa tapisserie retraçant, sous forme de broderie, la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant.

[8] Caen est une commune française du Nord-Ouest4 de la France en Normandie. Préfecture du département du Calvados. En 1417, la ville de Caen oppose à nouveau une résistance héroïque à l’envahisseur anglais qui massacre 2 000 bourgeois, pille et traite les survivants en rebelles à « leur » roi. La région de Caen sera le lieu d’une très vive résistance à l’occupant anglais qui y procédera à un grand nombre d’exécutions de résistants entre 1418 et 1450. La fondation, en 1432, de l’université de Caen fait partie des mesures du duc de Bedford, régent de Normandie, afin de tenter de se concilier la population caennaise. La fin de l’année 1434 voit un soulèvement commandé par Jean de Chantepie. Caen est reprise par les Français le 1er juillet 1450. La Normandie redevenue française, Charles VII la récompensera de sa « fidélité et loyauté » en confirmant tous ses privilèges et libertés en 1458 (confirmation de la Charte aux Normands).

[9] Bergerac est une commune française située dans le département de la Dordogne

[10] La première mention du château de Montguyon remonte à 1082. La forteresse actuelle date du 13ème siècle et fut remaniée au 16ème siècle. Propriété des familles de Montguyon, de la Rochefoucauld et de Rohan, les ruines du château appartiennent aujourd’hui à la commune de Montguyon. De célèbres batailles se sont déroulées ici notamment celle de 1451 où l’armée du roi Charles VII commandée par Jean d’Orléans, comte de Dunois chassa les occupants anglais. Les rois Henri IV et Louis XIII ont séjourné dans le château.

[11] Remanié à plusieurs reprises, le château des Rudel est encore en assez bon état en 1685 pour que le commissaire général des fortifications Sébastien Vauban décide de l’intégrer dans la citadelle dont il propose la construction.

[12] Libourne est une commune du Sud-Ouest de la France située dans le département de la Gironde dont elle est une des sous-préfectures. La bastide de Libourne, au confluent de la Dordogne et de l’Isle, avec un port fluvial et maritime sur la Dordogne, a été conçue en 1268-1270 pour devenir le débouché naturel des vins de la vallée de la Dordogne exportés dès la fin du 13ème siècle en Angleterre. Les rois d’Angleterre octroyèrent à la ville de Libourne, de même qu’ils l’avaient fait pour Bordeaux, une « coutume » exemptant de droits de douane l’exportation de ces vins. La grande période de ce trafic se situe entre 1305 et 1336.

[13] Après la bataille de Castillon en 1453, la ville de Bordeaux passe, après 3 siècles de domination anglaise, sous l’autorité des rois de France. Peu de temps après cette victoire, le roi de France, Charles VII, ordonne la construction du « château du Far » (devenu château du Hâ), du fort-Louis (dans le quartier Sainte-Croix), et du « château Trompette », pour protéger le pays contre une nouvelle offensive anglaise et surtout pour contrôler la ville fraîchement conquise. Le château fut construit par Jean II de Bourbon. Pour s’être ralliée de nouveau aux Anglais malgré sa reddition à Dunois en 1451, la ville de Bordeaux dut, ainsi que d’autres villes de Guyenne, supporter le coût des constructions. Ce château est le symbole de l’autorité royale à Bordeaux.

[14] Le titre de captal de Buch désigne les seigneurs qui régnaient du Moyen Âge jusqu’à la Révolution française sur le captalat de Buch. Le captalat se résume alors à une partie (au sud) du pays de Buch couvrant un territoire comprenant les paroisses de La Teste, de Gujan et de Cazaux, correspondant aujourd’hui à celui des communes d’Arcachon, de La Teste-de-Buch et de Gujan-Mestras.

[15] La bataille de Castillon eut lieu le 17 juillet 1453 entre les armées de Henri VI d’Angleterre et celles de Charles VII de France. Cette victoire décisive pour les Français met fin à la guerre de Cent Ans.