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Louis de Dampierre dit Louis de Male ou de Maele

lundi 6 août 2012, par ljallamion

Louis de Dampierre dit Louis de Male ou de Maele (1330-1384)

Comte de Flandre, de Nevers et de Rethel de 1346 à 1384-Duc de brabant en 1356-Comte d’Artois et de Bourgogne de 1382 à 1384

Fils du comte Louis 1er et de la comtesse de Bourgogne et d’Artois Marguerite 1ère et fut baptisé par l’évêque d’Arras Pierre Roger le futur pape Clément VI. Enfant, on lui fit épouser Marguerite de Brabant pour sceller la réconciliation du duc Jean III de Brabant avec son père. Blessé, mais vivant à l’issue de la bataille de Crécy, où il avait assisté à la mort de son père, Louis de Male fut armé chevalier le 25 août 1346 par Philippe de Valois, réfugié à Amiens.

Devenu comte après la mort de son père tué à la bataille de Crécy, il rompit avec sa politique systématiquement profrançaise, pour adopter une attitude plus proche de ses sujets, louvoyant cyniquement mais lucidement entre les intérêts contradictoires des rois de France et d’Angleterre, alors en guerre ouverte. Il assura à la Flandre, malgré la peste noire de 1348, 30 ans de paix relative et de retour à la prospérité économique, longue période malheureusement encadrée par deux révoltes majeures menées par les tisserands de Gand. Il prépara l’avènement de la Maison de Valois de Bourgogne dans le comté de Flandre par ses réformes administratives et par le mariage de sa fille unique à Philippe le Hardi, permettant le retour de la Flandre wallonne au comté.

Dès novembre1346, il était en Flandre, permettant à la vieille dynastie comtale de renouer avec les Flamands. Mais les Gantois, dominés par la puissante corporation des tisserands, voulaient imposer au comte un mariage anglais, garantie d’un approvisionnement des laines insulaires.

Retenu en garde courtoise dans sa capitale, il profita d’une chasse au faucon pour s’enfuir en France, puis au Brabant, et épouser Marguerite de Brabant, fille de l’allié du roi de France en 1347. Gand se révolte immédiatement, mais le mécontentement des petites villes et la volonté de Bruges et d’Ypres de disputer son hégémonie à Gand fragilisa la révolte, d’autant que l’épouvantable épidémie de peste noire sévit en Flandre. Contre toute attente, le comte signa un traité de neutralité avec le roi d’Angleterre le 25 août 1348, et appuyé sur les petites villes, Grammont, Termonde, Audenarde, reprit pied victorieusement en Flandre. Les tisserands gantois furent finalement écrasés par les foulons et les autres corporations le 13 janvier 1349.

Louis de Male s’assura une grande popularité en refusant en 1350 l’hommage au nouveau roi de France Jean II le Bon, réclamant le retour des villes de Flandre wallonne au comté. Ce qui lui permit de récupérer la suzeraineté directe sur la seigneurie de Termonde.

À la mort du duc Jean III, il réclama à ses successeurs Jeanne de Brabant et Wenceslas de Luxembourg les arriérés de paiement de la vente de Malines et le paiement de la dot de sa femme, ce qui lui fut refusé. Louis envahissait alors le Brabant, prenait Bruxelles par la bataille de Scheut le 17 août 1356 et s’emparait du duché. Les Brabançons se révoltaient du 24 au 29 octobre 1356, mais la stratégie défensive du comte fut alors payante. Par la paix d’Ath le 4 juin 1357, outre le titre de duc de Brabant qu’il conservait à titre viager et honorifique et ses droits à succéder, il reprenait Malines et gagnait Anvers au comté.

L’une des grandes affaires de son règne fut le mariage de sa fille unique et héritière Marguerite. Une intense activité diplomatique y fut consacrée, tant l’héritage était convoitée, tant par les Anglais que par les Français.

Marguerite fut mariée une première fois à Philippe de Rouvres, mariage annonçant le retour de l’Artois dans le giron flamand. La mort du jeune duc en 1361 provoqua le retour inopiné de l’Artois, puisque la mère de Louis de Male en héritait elle-même. Dotée de la promesse de deux nouvelles provinces, Marguerite devint une nouvelle fois la cible des prétendants des deux camps. Longtemps favorable au mariage anglais, Louis de Male lui fit épouser le nouveau duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, le plus jeune frère du roi Charles V, en échange de quoi la Flandre wallonne faisait retour au comté le 25 avril 1369. Une vieille revendication flamande était enfin satisfaite. Ce qui n’empêcha pas le comte de continuer une politique indépendante, recevant les alliés d’Édouard III ou prenant parti contre le pape d’Avignon pendant le Grand Schisme, pourtant favori du roi de France. L’œuvre administrative du comte fut considérable, il scinda le Conseil comtal en organes spécialisés, le Conseil se maintenant comme organe des affaires politiques, dissocié de la personne du comte. Un souverain bailli, un receveur général et un procureur général furent également créés. Le comte s’entoura de juristes spécialisés de noblesse récente. Enfin le comte entreprit également une politique de grands travaux, décidant le percement du canal entre Bruges, dont il avait fait sa résidence principale, et la Lys. Dans le domaine privé, Louis II de Male agit comme un prince de son temps.

Il menait grand train, entretenait un zoo, s’entouraient d’une cour de saltimbanques et de bateleurs, organisaient des tournois, bref se ruinait en dépenses somptuaires. On lui comptait 11 bâtards. Toujours à court d’argent, il obérait de plus en plus les villes flamandes, ce qui suscita des mécontentements, notamment à Ypres, Bruges et Gand. Ses dernières années furent marquées par le retour sanglant des troubles.

La révolte des Chaperons blancs nommés ainsi à cause du signe de ralliement adoptés par les Gantois éclata en 1379 et ne s’acheva qu’après la mort de Louis de Male. Les tisserands reprirent le pouvoir à Gand en août 1379, puis dans le reste de la Flandre septentrionale. Le comte, se réfugia à Lille, puis à Bruges après la révolte des petits métiers de la ville contre les tisserands le 29 mai 1380 et la victoire de Nevele sur les Gantois en 1381.

Louis II mourut le 30 janvier 1384 avant même la soumission complète de Gand le 18 décembre 1385. Il fut enterré avec Marguerite de Brabant en l’église Saint-Pierre à Lille.