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Jean III de Brabant dit le Triomphant

dimanche 19 juillet 2015, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 30 juillet 2012).

Jean III de Brabant dit le Triomphant (1300-1355)

Duc de Brabant et de Limbourg de 1312 à 1355

Jean III de Brabant Duc de Brabant et de LimbourgFils de Jean II, duc de Brabant et de Limbourg, et de Marguerite d’Angleterre . Il épousa en 1311 Marie d’Evreux , fille de Louis de France, comte d’Évreux et de Marguerite d’Artois .

Le début de son règne fut troublé par le mécontentement, dû au fait que les biens de Brabançons à l’étranger furent saisis à cause des dettes des ducs Jean 1er et Jean II, et d’autre part au fait que ses conseillers ne respectaient pas la Charte de Cortenberg [1]. En échange du respect de la Charte, de la mise sous curatelle des finances ducales et de nouveaux privilèges envers les villes brabançonnes, ces dernières acceptèrent de payer les dettes du duc.

Il se brouilla avec le roi de France, qui voulait isoler commercialement la Flandre, ce qui allait à l’encontre des intérêts économiques du Brabant. En 1315, il aida Adolphe de La Marck, évêque de Liège à lutter contre ses sujets révoltés. Durant les décennies qui suivirent, il combattit plusieurs des seigneurs voisins.

En 1334, le Brabant connut, à propos de l’enclave de Malines [2] que se disputaient Jean III et Louis de Nevers, une crise d’une gravité exceptionnelle. Le duc et ses sujets soutinrent vaillamment le blocus d’une coalition de 15 petits États. Dans cette ligue figuraient, outre Louis de Nevers, Guillaume 1er le Bon, comte de Hainaut, Hollande et Zélande, Adolphe de La Marck, les Comtes de Gueldre, de Juliers, de Namur, et l’archevêque de Cologne. Le chef de cette ligue, était le comte de Luxembourg, Jean l’Aveugle, roi de Bohême. Menacé de tous côtés, le Brabant fut sauvé par la médiation du roi de France, Philippe VI, qui prit Malines sous sa garde.

Au début de la guerre de cent ans, il se rangea aux côtés de l’Angleterre et accompagna Édouard III dans ses expéditions moyennant de grosses sommes d’argent et l’établissement de l’étape des laines anglaises à Anvers en 1338. Une convention économique importante unit, en 1339, le Brabant, la Flandre et les États de la Maison d’Avesnes, tous ralliés à la cause du roi d’Angleterre.

En représailles, Philippe VI de Valois fit saisir les biens des Brabançons en France, et les bourgeois de Bruxelles se révoltèrent alors contre leur duc. Jean III intervint énergiquement et fit décapiter un meneur.

À partir de 1340, il s’éloigna de l’alliance anglaise, préférant s’allier à la France et mariant ses filles à des alliés du royaume de France. L’aînée, Jeanne, alors âgée d’une trentaine d’années et veuve de Guillaume II d’Avesnes, comte de Hainaut et de Hollande-Zélande, fut unie à Venceslas, duc de Luxembourg, fils de Jean l’Aveugle. Ce prince n’avait pas 20 ans, mais le mariage mettait fin à la longue rivalité entre les Maisons de Brabant et de Luxembourg. D’autre part, l’empereur Charles IV, frère de Venceslas, permit peu après à Jean III de soustraire le Brabant à toute juridiction étrangère par la Bulle d’Or brabantine, de 1349. Cette faveur permit au duc de se soustraire, une fois pour toutes, aux prétentions des princes évêques de Liège. Marguerite et Marie, épousèrent respectivement le comte de Flandre, Louis de Male et Renaud duc de Gueldre.

A la même époque, Jean III annexa l’enclave liégeoise de Malines, centre prospère d’industrie drapière. Il meurt à Bruxelles le 5 décembre 1355

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de Jean III de Brabant/Histoire de l’Europe

Notes

[1] La charte de Cortenbergh ou charte de Cortenberg ou charte de Cortenberghe fut signée le 27 septembre 1312 par le duc Jean II de Brabant sur son lit de mort. Cette charte est en fait plus proche d’une constitution que d’une série de privilèges accordée aux Brabançons. Elle conférait, entre autres, une justice libre aux citoyens brabançons et abolissait certaines de leurs obligations ; concessions qui furent étendues en 1314 par la "Charte flamande" et la "Charte wallonne", concédées par Jean III de Brabant, fils et successeur du précédent. Cette Charte, qui s’appliquait à l’ensemble du duché, instaura également le « Conseil de Kortenberg » (ou « Conseil de Cortenberg ») qui serait le premier exemple, en Europe, d’un conseil représentatif doté de compétences un d’un mandat permanent.

[2] La seigneurie de Malines fut longtemps une enclave de la principauté de Liège à l’intérieur du Duché de Brabant. Jusqu’au début du 14ème siècle, la seigneurie de Malines fut dominée par une puissante famille de propriétaires terriens, les Berthout, qui furent fréquemment en conflit avec les princes évêques de Liège. Le dernier représentant de cette influente lignée fut Florent Berthout. En 1333, le comte de Flandre Louis de Nevers acheta la seigneurie de Malines au prince évêque de Liège Elle fut ensuite cédée au duc de Brabant. Par la Paix d’Ath, qui mit fin à la guerre de Succession de Brabant, Louis de Male la récupéra en 1357. À la mort de Louis en 1384, Malines revint finalement au duc de Bourgogne Philippe le Hardi qui avait épousé sa fille Marguerite.