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Jeanne de Brabant

vendredi 7 mai 2021 (Date de rédaction antérieure : 5 août 2012).

Jeanne de Brabant (1322-1406)

Duchesse de Brabant et de Limbourg de 1355 à 1406

Jeanne de Brabant (1322-1406) Duchesse de Brabant et de Limbourg de 1355 à 1406Fille de Jean III, duc de Brabant [1] et de Limbourg [2], et deMarie d’Évreux.

Elle épousa en première noce en 1334 Guillaume II d’Avesnes. Veuve, elle se remaria en mars 1352 avec Venceslas 1er de Luxembourg . Son père mourut en décembre 1355.

En janvier 1356, le “Blijde Inkomst” [3] fut promulguée afin de maintenir l’union du duché de Brabant et éviter un partage entre les filles de Jean III.

Jeanne en tant qu’aînée, devint duchesse de Brabant. Louis II de Male, comte de Flandre [4], marié à Marguerite de Brabant , fille cadette de Jean III, protesta et attaqua le Brabant. Avec le soutien de l’empereur Charles IV de Luxembourg, ils réussirent à faire valoir leurs droits et à conserver le duché.

Sans enfant de ses deux mariages, elle désigna pour lui succéder son petit-neveu Antoine de Bourgogne ou Antoine de Brabant.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Sergio Boffa, « Les mariages de Jeanne de Brabant avec Guillaume de Hainaut et Wenceslas de Bohême (janvier 1331 et décembre 1351 / mars 1352) » [archive], dans M. Pauly (éd.), L’héritière, le prince étranger et le pays, Publications du CLUDEM, Luxembourg, 2013

Notes

[1] Le Brabant est une région géographique à cheval sur la Belgique et les Pays-Bas. Il couvre une surface de 11 308 km². Le titre de duc de Brabant a été créé lorsque l’empereur Frédéric Barberousse éleva en 1183/1184 le landgraviat de Brabant en duché en faveur de Henri 1er de Brabant. En 1190, Henri 1er succède à son père Godefroid III de Louvain comme duc de Basse-Lotharingie (Lothier), mais sans autorité territoriale ou judiciaire en dehors de ses propres comtés. À partir de 1288, les ducs de Brabant deviennent aussi ducs de Limbourg.

[2] Le duché de Limbourg est fondé en 1101, succédant ainsi au Comté de Limbourg. Les comtes de Louvain, de leur côté conservèrent le duché et s’intitulèrent duc de Brabant. De cette période vint une opposition farouche entre les ducs de Brabant et les ducs de Limbourg, qui perdura jusqu’en 1191. Par mariage les ducs de Limbourg furent brièvement comtes de Luxembourg et comte de Berg. La dernière comtesse de Limbourg de la maison de Waléran fut Ermengarde, morte sans enfant en 1283. Son époux Renaud 1er de Gueldre obtint de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, le droit de conserver le duché à titre viager, mais son cousin Adolphe V de Berg le lui contesta. N’ayant pas les moyens de faire valoir ses droits par les armes, il vendit ses droits à Jean 1er le Victorieux, duc de Brabant, qui occupa le duché après la bataille de Worringen en 1288. Il fut généralement désigné, avec le Comté de Dalhem également sous domination brabançonne, sous le nom de pays d’Outremeuse (territoires situés au-delà de la Meuse, en rive droite, par rapport au Brabant).

[3] La Joyeuse Entrée est une charte accordée aux Brabançons, le 3 janvier 1356 à Louvain, par les ducs Jeanne de Brabant et son époux Wenceslas de Luxembourg, successeurs de Jean III. Cet acte reprenait de nombreux articles de la charte de Kortenberg et servit de base au droit public brabançon jusqu’à la fin du 18ème siècle. Il reprenait l’ensemble des privilèges accordés par les précédents ducs, à côté de clauses nouvelles garantissant l’indivisibilité du duché et la spécificité brabançonne face à des ducs d’origine étrangère.

[4] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).