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Girart de Roussillon ou Girart de Vienne

samedi 16 février 2019, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 9 octobre 2011).

Girart de Roussillon ou Girart de Vienne (vers 810-874)

Comte de Paris-Comte de Vienne

Mariage de Girart de Roussillon dans un manuscrit du xve siècle attribué au Maître du Girart de RoussillonIl est à l’origine de plusieurs chansons de geste et fait partie des plus importants personnages de l’épopée carolingienne.

Fils de Leuthard 1er de Paris, comte de Fézensac [1] et de Paris [2] et de Grimilde. Fidèle au roi d’Aquitaine [3] Louis le Pieux, il organise la réconciliation du roi avec ses fils, et accède en 834 au titre de comte de Paris que détenait déjà son père mort en 816.

Il embrasse ensuite la cause de l’empereur Lothaire 1er contre Charles II le Chauve et combat à la Bataille de Fontenoy en Puisaye en 841 [4]. Après la défaite, il suit sans aucun doute Lothaire 1er à Aix-la-Chapelle [5] dont il devient beau-frère en 843 en épousant Berthe, fille du comteHugues III de Tours et de la Haute Alsace et sœur de Ermengarde de Tours, femme de Lothaire 1er.

En 855, Charles de Provence, fils de l’empereur Lothaire 1er hérite du royaume de Provence, appelée aussi Bourgogne Cisjurane du Royaume de Bourgogne. Mais Charles n’étant qu’un enfant, le véritable maître du royaume est son précepteur Girart.

En 859, un traité est conclu entre Lothaire II de Lotharingie et son frère Charles de Provence, au terme duquel, Charles reconnaît son frère comme héritier.

En 858/859, il fonde l’abbaye de Vézelay [6]. Il fait don de ce monastère au Saint-Siège. Cette donation est acceptée par le papeNicolas 1er dès 863 et confirmée par Charles le Chauve en 868. En 882, il y sera instauré le culte de sainte Madeleine dont les reliques, après avoir été transférées de l’église de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume à l’Église Saint-Victor de Marseille, à la suite de troubles provoqués par les Sarrasins en Provence, seront amenées à Vézelay.

En 860, il arrête devant Valence les vikings qui, après avoir pillé la Camargue, remontent le Rhône.

À l’automne 861, il défend le royaume contre les prétentions de Charles le Chauve, ce dernier s’avance jusqu’à Mâcon sans dépasser cette limite.

À la mort de Charles de Provence en 863, le frère de ce dernier, l’empereur Louis II le Jeune, arrive le premier pour s’octroyer la Provence.

Lothaire II de Lotharingie arrive trop tard et ne peut pas faire respecter l’accord de 859. Toutefois, il lui obtient la suzeraineté sur les comtés de Lyon, Vienne et du Vivarais, regroupés au sein du duché du Lyonnais [7], dont il porte le titre par l’accord du 30 avril 863 à Mantaille [8] ; la Provence passant de son côté sous la coupe directe de Louis II le Jeune. Il devient également le premier conseiller de Lothaire II de Lotharingie.

En 868, il s’oppose une nouvelle fois au roi Charles le Chauve à propos de l’héritage du comté de Bourges et de ses abbayes.

En août 869, dès la mort de Lothaire II de Lotharingie, la lutte reprend entre Girart et Charles le Chauve. Après des escarmouches dans le Berry, et l’Auxerrois, il regagne ses terres lyonnaises et s’enferme dans Vienne, car les 2 oncles du défunt, Louis II de Germanie et Charles le Chauve, ont également des prétentions sur le royaume de leur neveu.

À la suite du traité de Meerssen [9] le 8 août 870 qui organise la succession de Lothaire II de Lotharingie entre Louis II le Germanique et Charles le Chauve, il refuse ce partage et entre en rébellion contre Charles le Chauve.

Mais ce dernier avec l’appui des archevêques de Lyon et de Vienne, assiège en décembre les armées de Girart placées sous le commandement de sa femme Berthe dans Vienne. La ville résiste pendant plusieurs mois, mais les troupes royales dévastant la campagne, il accourt et demande une capitulation honorable. Il cède alors Vienne à Charles le Chauve qui en prend possession la veille de Noël de l’an 870. Charles incorpore ensuite le Lyonnais et le Viennois dans son royaume et en janvier 871, il nomme Boson V de Provence, gouverneur du Lyonnais et du Viennois, charge occupée jusqu’alors par Girart. Avec sa femme il se retire à Avignon.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia /Portail du Haut Moyen Âge/ Comte de Vienne

Notes

[1] Du ixe siècle jusqu’à sa réunion à la Couronne de France en 1751, différentes familles ont possédés le comté de Fezensac qui fut réunit au comté d’Armagnac vers 1110. Le comté de Fezensac fut d’abord au début du 9ème siècle un comté carolingien. Le comté de Fezensac fut ensuite donné à la fin du 9ème siècle par Garcie duc de Gascogne à son second fils Guillaume. Les enfants de Guillaume partagèrent le comté de Fezensac : l’aîné eut le comté de Fezensac, le puiné le comté d’Armagnac

[2] Le comté de Paris était un comté carolingien ayant Paris et sa cité épiscopale pour chef-lieu. Il aurait été fondé par Charlemagne, mais le premier comte cité est Griffon, fils de Charles Martel, maire du Palais. Paris devient le chef-lieu du duché de France, et les Robertiens obtiennent le comté de Paris héréditairement à partir de Robert le Fort, défenseur de la cité contre les Normands. Avec l’accession des Capétiens à la couronne de France, les rois ne nomment plus que des vicomtes à Paris. Ceux-ci furent à leur tour, remplacés par des prévôts, l’ancien comté devenant la prévôté de Paris.

[3] Le royaume d’Aquitaine, était un état féodal mérovingien qui a existé brièvement de 629 à 632 puis carolingien de 781 à 877. A la suite de la révolte vasconne, les territoires qui composaient une partie de la Marche d’Espagne deviennent indépendants en 824. Après le traité de Verdun de 843 l’Aquitaine est intégrée dans la Francie occidentale.

[4] La bataille de Fontenoy-en-Puisaye eut lieu le 25 juin 841 sur le territoire de l’actuelle commune de Fontenoy (Yonne), "au cœur" de la Puisaye. Elle opposa Lothaire Ier, le fils aîné de Louis Ierle Pieux, à ses deux frères, Louis le Germanique et Charles le Chauve. Leur neveu, le roi Pépin II d’Aquitaine, fils de feu Pépin Ier, se rangea du côté de Lothaire.

[5] Aix-la-Chapelle est une ville d’Allemagne située dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Elle se situe à 5 km de la jonction des frontières de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Belgique. C’est la ville la plus à l’ouest de l’Allemagne. Au sud commence l’Eifel. Il y est parlé un dialecte de la langue régionale francique ripuaire qui s’appelle Öcher Platt. Le roi franc Pépin le Bref bâtit un château à Aix. Le premier document écrit sur la ville en 765 la mentionne comme Aquis villa. Son fils Charlemagne apprécia l’endroit et en fit son lieu de résidence et la capitale de l’empire, construisant un palais dont la magnifique chapelle allait devenir la cathédrale. C’est à Aix qu’arriva en 802 l’éléphant blanc, présent du calife de Bagdad Harun ar-Rachid et que Charlemagne appela Abul-Abbas. L’empereur fut enterré dans la chapelle palatine en 814.

[6] La basilique Sainte Marie-Madeleine de Vézelay est une ancienne abbatiale française établie à Vézelay en Bourgogne, dans le département de l’Yonne. Sur la route qui mène à Vézelay, la croix Montjoie symbolise la joie du pèlerin apercevant pour la première fois la basilique. En effet, c’est à pied qu’il faut rejoindre ce haut lieu de la chrétienté du Moyen Âge, lieu de pèlerinage important sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

[7] Le Duché de Lyon fut une entité supra-comtale du royaume de Francie médiane, du royaume de Charles de Provence, puis de Lotharingie composée des pagi Lyonnais et Viennois confiés au comte Gérard de Roussillon. Le duché de Lyon n’est connu que par une unique mention de 855-856, indiquant que lors du partage de la Francie médiane, Charles de Provence reçut la Provence et le duché de Lyon. Il apparaît attaché au marquis comte Gérard de Roussillon (qualifié de "duc" vers 860) fidèle de Lothaire 1er qui devint le régent de Charles de Provence. À la mort de Charles de Provence en 863, le comte Gérard prit le parti de Lothaire II contre Charles le chauve et parvint à lui conserver l’ancien duché de Lyon. À la mort de Lothaire et à la suite du traité de Meerssen, le comte Gérard entra en rébellion contre Charles le Chauve et fut finalement chassé de Vienne. À partir de 870, l’ancien duché fut intégré au royaume de Provence de Boson. Au sein du royaume de Bourgogne Provence, à la suite du mariage de la fille de Boson Ingelberge en mai 898, c’est à Guillaume 1er d’Aquitaine qu’échoit le duché.

[8] Anneyron est une commune française, située dans le département de la Drôme et la région Rhône-Alpes. Anneyron est une ancienne paroisse du comté d’Albon. La commune d’Anneyron a été créée en 1809 à partir de celle d’Albon et de celle de Mantaille. À 6 km au sud du chef-lieu, le hameau de Mantaille est rattaché à la commune depuis 1809. Il se trouve de l’autre côté du col de Barbe-Bleue dans la vallée du Bancel, autre affluent du Rhône.

[9] Le traité de Meerssen (actuellement aux Pays-Bas) est conclu en 870 entre Charles le Chauve et Louis le Germanique et consacre le partage de la Lotharingie, le royaume de leur neveu Lothaire II.