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L’histoire pour le plaisir

Cyrus II le Grand

vendredi 20 mars 2020 (Date de rédaction antérieure : 24 juillet 2011).

Cyrus II le Grand (vers 559-530 av. jc)

Fondateur de l’empire Perse [1], successeur de l’Empire mède [2]. Il appartient à la dynastie des Achéménides [3]. Petit fils de Cyrus 1er, fils de Cambyse 1er et de Mandane, fille du roi mède Astyage. Il ne régnait, à son avènement, que sur une petite principauté de l’Iran méridional, vassale du roi des Mèdes, Astyage. Avec l’aide de Nabonide, roi de Babylone [4], il se révolta vers 553 contre Astyage. En 550, il l’emporta et s’empara d’Ecbatane [5]. Après avoir réalisé l’union des Mèdes et des Perses, il commença, en 548, la conquête de l’orient, achevée en moins de 20 ans par une série de campagnes foudroyantes. Attaqué par Crésus, roi de Lydie [6], il lança ses chameliers contre la cavalerie lydienne, qui fut vaincue dans la plaine de l’Hermos [7]. Il prit Sardes [8] en 546, détrôna Crésus et annexa la Lydie. Vers l’est, il étendit sa domination jusqu’à l’Indus* et l’Iaxarte*. Ses généraux occupèrent toute l’Asie Mineure*, où la Cilicie [9], la Lycie [10], la Carie [11], la Phrygie [12] firent leur soumission, de même que les villes grecques d’Ionie [13]. En 539, les Perses entraient dans Babylone*, mettant fin à l’empire néo babylonien. C’était un bouleversement politique sans précédent dans toute l’Asie occidentale, réunie pour la 1ère fois sous un maître unique.

Grand conquérant, il sut se montrer habile. Tout en rendant la liberté aux juifs déportés à Babylone, qui purent revenir, par petit groupe, en Palestine*, il montra le plus grand respect pour les traditions religieuses babyloniennes. Cependant, il dut lutter encore pour préserver ses frontières du Nord Est contre les peuples nomades de la Haute Asie. Il fut tué au cours d’une campagne contre les Massagètes [14]. Son tombeau fut édifié à Pasargades [15]. Son successeur fut Cambyse II.

P.-S.

Source : Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 332 et de J. Oppert/Imago Mundi/Cyrus le Grand

Notes

[1] La Perse désigne le territoire gouverné par les rois achéménides. L’apogée de la Perse antique est représentée par la dynastie achéménide, dont les conquérants Darius 1er et Xerxès 1er ont étendu le territoire allant jusqu’en Inde. Convoitée, cette région sera ensuite conquise par Alexandre le Grand au 4ème siècle av. jc, par les Parthes dans la seconde moitié du 3ème siècle av. jc, par les troupes musulmanes au 7ème siècle, par Gengis Khan au 13ème siècle, par Tamerlan au 14ème siècle.

[2] Les Mèdes étaient un ancien peuple iranien qui vivait dans une région du nord-ouest de l’Iran. Aux alentours de 1100 à 1000 av. jc, ils occupaient la région montagneuse du nord-ouest de l’Iran et la région nord-est et orientale de la Mésopotamie située dans la région de Hamadan (Ecbatane). On pense que leur émergence en Iran s’est produite entre 800 av. jc et 700 av. jc. Au 7ème siècle av. jc, tout l’ouest de l’Iran et certains autres territoires étaient sous domination mède, mais leur extension géographique précise reste inconnue. Bien qu’une place importante dans l’histoire du Moyen-Orient antique lui soit généralement reconnue, ce peuple n’a laissé aucune source textuelle permettant de reconstituer son histoire.

[3] L’Empire achéménide est le premier des Empires perses à régner sur une grande partie du Moyen-Orient. Il s’étend alors au nord et à l’ouest en Asie Mineure, en Thrace et sur la plupart des régions côtières du Pont Euxin ; à l’est jusqu’en Afghanistan et sur une partie du Pakistan actuels, et au sud et au sud-ouest sur l’actuel Irak, sur la Syrie, l’Égypte, le nord de l’Arabie saoudite, la Jordanie, Israël et la Palestine, le Liban et jusqu’au nord de la Libye.

[4] Le royaume de Babylone s’est épanoui en Mésopotamie du sud du début du 2ème millénaire avant jc jusqu’en 539 av. jc, date de la prise de sa capitale par le roi Cyrus II de Perse. Cet État s’affirme à partir de la cité de Babylone dans le courant du 18ème siècle av. jc, sous l’impulsion du plus grand roi de sa première dynastie, Hammurabi. Après son pillage par les Hittites en 1595 av jc, Babylone passe sous l’autorité d’une dynastie d’origine kassite qui stabilise ce royaume pendant plus de quatre siècles. Cette période marque le début de la rivalité avec le royaume voisin situé au nord, l’Assyrie, qui marque les siècles suivants. Après plusieurs siècles d’instabilité entre 1100 et 800 av. jc, la Babylonie passe sous la coupe de l’Assyrie pendant plus un siècle (728-626 av. jc), avant d’initier une réaction qui aboutit à la destruction de l’Assyrie et à la formation de l’empire néo-babylonien (626-539 av. jc) par Nabopolassar et Nabuchodonosor II. Cette dernière phase de l’histoire du royaume de Babylone est brève, s’achevant en 539 av. jc par sa conquête par le roi perse Cyrus II. Dès lors, Babylone n’est plus dominée par une dynastie d’origine autochtone : aux Perses Achéménides (539-331 av. jc) succèdent les Grecs Séleucides (311-141 av. jc), puis les Parthes Arsacides (141 av. jc-224 ap. jc). La Babylonie conserve néanmoins sa prospérité jusqu’aux débuts de notre ère, tandis que sa culture millénaire s’éteint lentement.

[5] Ecbatane est une ville de l’Antiquité, identifiée sur le site de l’actuelle d’Hamadan au pied du mont Oronte, au sud-ouest de la mer Caspienne et au nord-est de Babylone. Ecbatane devient la capitale des Mèdes à la fin du 8ème siècle av. jc sous le règne du fondateur de l’empire mède Déjocès. Elle le restera jusqu’à la prise de la ville, en 549, par le roi perse Cyrus II le Grand qui mettait fin au règne du dernier roi mède, Astyage. Les souverains achéménides garderont la ville comme capitale d’été.

[6] La Lydie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé sur la mer Égée et dont la capitale était Sardes. Elle était connue par Homère sous le nom de Méonie. La Lydie est évoquée dans les légendes d’Héraclès et Omphale, ou de Tantale et Pélops. La Lydie était une région occidentale de l’Asie Mineure, bordée au nord par la Mysie, au sud par la Carie et à l’est par la Phrygie. Comprenant les vallées de l’Hermos et du Méandre, la Lydie était située sur le parcours des grandes routes commerciales, et disposait de nombreuses ressources minières propres.

[7] Le Gediz est un fleuve de Turquie coupé par le barrage de Demirköprü. Il était autrefois connu sous le nom d’Hermos ou Hermus. Son affluent le plus connu est le Sart Çayı (Pactole) bien que ce ne soit qu’une petite rivière.

[8] Sardes, ancienne ville d’Asie Mineure, capitale de la Lydie, sur la rivière Pactole, dans la vallée de l’Hermos.

[9] La Cilicie est une ancienne province romaine située dans la moitié orientale du sud de l’Asie Mineure en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’est par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province d’Adana : région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée. Vers 27, sous l’empereur Tibère, la Cilicie est rattachée à la province de Syrie. Certaines parties de la région restent néanmoins dirigée par des souverains locaux jusqu’à l’annexion complète par Vespasien en 74. La province est suffisamment importante pour qu’un proconsul y soit nommé.

[10] La Lycie est située au sud de la Lydie, bordée à l’est par la Pamphylie, au nord par la Phrygie et la Carie et au sud et à l’ouest par la mer Méditerranée. La région est essentiellement montagneuse, les plaines côtières sont rares et la culture se fait surtout dans l’arrière pays. La Lycie ne possède qu’un seul fleuve, le Xanthos ou Xantos. La région est peuplée dès le 3ème millénaire, mais nous n’avons à ce jour que très peu de connaissance sur le début de son histoire. Elle est mentionnée ensuite dans les textes hittites du 15ème siècle av. jc, puis après, beaucoup plus tard, lors de la domination Perse Achéménide.

[11] La Carie est une ancienne province du sud-ouest de l’Asie mineure, située entre la Lycie à l’Est, la Phrygie au Nord, la Lydie à l’Ouest et la mer Égée au Sud. À l’origine, c’est une colonie phénicienne, prise ensuite par les Doriens qui fondent les cités de Cnide et d’Halicarnasse. Sous la domination des Perses, elle devient une satrapie, rapidement gouvernée par des satrapes locaux qui se comportent comme des monarques autonomes, comme Mausole ou sa femme Artémise II. Sous l’Empire romain, la Carie devient une province romaine d’Asie.

[12] La Phrygie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé entre la Lydie et la Cappadoce, sur la partie occidentale du plateau anatolien. Les Phrygiens sont un peuple indo-européen venu de Thrace ou de la région du Danube. Ils ont occupé vers 1200 av.jc la partie centrale et occidentale de l’Asie Mineure, profitant de l’effondrement de l’Empire hittite.

[13] L’Ionie est une région du monde grec antique située à l’ouest de l’Asie mineure, entre Phocée et Milet. Elle correspond à la région située dans un rayon de 170 km autour de la ville actuelle d’Izmir. Elle emprunte son nom à Ion, ancêtre légendaire des peuples de cette région. C’est en Ionie que se sont développées les premières formes de science de la philosophie en Occident, chez les penseurs appelés Présocratiques. Les côtes ioniennes présentent beaucoup d’avantages économiques : de bons abris naturels facilitant l’établissement de ports pour le commerce avec des communications aisées vers l’arrière-pays, un climat agréable, des vallées ouvertes pour la culture des céréales et l’élevage des chevaux, des plateaux pour l’élevage des moutons, des collines pour les arbres fruitiers et les oliviers. Dans l’Antiquité, elle fédérait douze cités grecques, du continent et des îles : Chios, Éphèse, Érythrée, Clazomènes, Colophon, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Halicarnasse les rejoignit après. Brillant foyer de la civilisation hellénique aux 7ème et 6ème siècle av. jc, elle appartient à une ensemble plus vaste appelé « Grèce d’Asie » ou « Grèce de l’Est ».

[14] Les Massagètes étaient un peuple nomadisant entre la mer d’Aral et la mer Caspienne pendant l’Antiquité. Ils devaient être apparentés aux Scythes, puisque les Anciens les ont parfois confondus. Le fondateur de l’empire perse, Cyrus, s’est battu contre les Massagètes selon Hérodote et contre les Saces selon Strabon. Leur culte du Soleil, mentionné par Hérodote, semble tout à fait iranien. En vérité, sur ces immenses territoires, il devait y avoir une nébuleuse de peuples apparentés, mais qui se donnaient des noms divers et dont les cultures variaient localement.

[15] Pasargades est une cité antique bâtie à 1 900 mètres d’altitude dans le Zagros et à 87 km de Persépolis, dans l’actuelle province du Fars en Iran. Ce fut la première capitale historique de l’Empire Perse.