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François Louis de Bourbon dit le Grand Conti

lundi 8 août 2022, par ljallamion

François Louis de Bourbon dit le Grand Conti (1664-1709)

Comte de La Marche-Comte de Clermont-Prince de La Roche-sur-Yon-3e prince de Conti en 1685

Né à Paris. Fils d’Armand de Bourbon-Conti, 1er prince de Conti, et de la princesse née Anne Marie Martinozzi , il est le frère cadet de Louis Armand 1er de Bourbon-Conti, 2e prince de Conti. Il est baptisé le jour de sa naissance en l’église Saint-Sulpice [1] avec pour parrain son oncle, le Grand Condé, et pour marraine sa tante, la duchesse de Longueville.

Considéré comme un enfant intelligent, il reçut une excellente éducation et se distingua à la fois par son indépendance d’esprit et par l’agrément de ses manières. Ces qualités, alliées à une haute naissance, furent jugées dangereuses par Louis XIV qui s’en méfiait et le tenait à distance.

Son père meurt en 1666 et sa mère en 1672 le confiant avec son frère aîné à leurs oncles, le duc de Longueville Henri II d’Orléans-Longueville et le prince de Condé.

En 1683, il participa, avec son frère, aux sièges de Courtrai [2] et Dixmude [3], et se distingua l’année suivante au siège de Luxembourg [4] où il monta à l’assaut d’un bastion à la tête de ses grenadiers.

En 1685, il assista, avec son frère, les partisans de l’Empereur en Hongrie, contribuant à la défaite des Turcs à Gran [5].

De là, il écrivit quelques lettres impertinentes à sa belle-sœur, la princesse de Conti, fille du roi et de la duchesse de la Vallière, dont on prétendait qu’il avait été le premier amant au lieu de son frère qui lui répondait sur le même ton. Ces lettres, dans lesquelles il se moquait de Louis XIV en l’appelant le roi du théâtre, furent interceptées et ce persiflage lui valut, à son retour en France, d’être temporairement exilé à Chantilly, où il fut blessé par un cerf lors d’une chasse, le 9 octobre 1685. C’est au cours de cet exil qu’il devint prince de Conti à la mort de son frère aîné Louis Armand 1er de Bourbon-Conti le 9 novembre 1685.

Le 2 juin 1686, sur les instances de son oncle, le Grand Condé, Louis XIV lui conféra la qualité de chevalier de l’ordre du Saint-Esprit [6] avec les autres princes du sang.

Dès le 25 septembre 1688, la guerre de la Ligue d’Augsbourg [7] ayant éclaté, Conti, n’ayant pas reçu de commandement du roi, partit comme simple volontaire pour participer au siège de Philippsburg [8]. En mai 1689, il suivit son ami intime lemaréchal de Luxembourg aux Pays-Bas [9] et prit part à la victoire de Fleurus [10] en 1690.

En 1692, Il participa au siège de Mons [11] et à celui de Namur [12], il fut nommé lieutenant général [13] le 3 mai.

À Steinkerque [14] le 3 août, il eut deux chevaux tués sous lui. Il fut blessé d’un coup de sabre avant d’abattre son agresseur à la bataille de Neerwinden [15] en 1693.

Revenu à la cour, auréolé de prestige militaire et ne dédaignant pas les hommages tant féminins que masculins, Conti s’insinua dans les bonnes grâces du Grand Dauphin, ce qui acheva de lui aliéner le roi.

Avec le dauphin, il fit la campagne de Flandre en 1694, revenant à la Cour à la fin septembre.

À la mort de son cousin, le duc de Longueville, en 1694, et conformément au testament de ce dernier, Conti prétendit à la principauté de Neuchâtel [16] et entra en rivalité avec la sœur du duc, la duchesse de Nemours Marie de Nemours . Quoique les tribunaux eussent prononcé en sa faveur, il ne pu obtenir des Suisses l’assistance militaire sollicitée et, par ordre du roi, dut s’incliner en 1699.

En 1697, Louis XIV lui offrit le trône de Pologne, vacant à la suite du décès de Jean III Sobieski l’année précédente, et assura son élection le 25 juin 1697 grâce aux pots-de-vin distribués par l’abbé de Polignac ou Melchior de Polignac .

Conti partit d’assez mauvaise grâce pour son royaume, empruntant une escadre commandée par Jean Bart . Il est vrai qu’il laissait à Versailles la duchesse de Bourbon, pour qui il avait une tendre affection.

Pour vaincre ses préventions, Louis XIV lui remit 2 400 000 livres et 100 000 livres pour ses frais d’équipage. Escorté jusqu’à Dantzig [17] par une escadre commandée par Jean Bart, il trouva son rival, l’électeur de Saxe Auguste II le Fort, déjà installé sur le trône polonais et donna à son escadre l’ordre de le ramener aussitôt en France où il arriva le 12 décembre et où le roi lui fit malgré tout bonne figure.

Conti vécut alors dans une quasi-oisiveté, se consacrant à agrandir et à embellir ses propriétés, notamment son château de L’Isle-Adam [18]. Mais les déboires rencontrés par les armées françaises durant les premiers temps de la Guerre de Succession d’Espagne [19] convainquirent Louis XIV de nommer Conti, dont les qualités militaires étaient hautement estimées, à la tête des troupes en Italie. Mais le prince tomba gravement malade avant d’avoir pu rejoindre le front et mourut à Paris en février 1709.

Son Oraison funèbre fut prononcée par le père Jean-Baptiste Massillon , de la Congrégation de l’Oratoire*.

Avec la permission du roi et une dispense du Pape, en raison de la parenté proche, il épousa, le 28 juin 1688 à Versailles, la petite-fille du Grand Condé, Marie-Thérèse de Bourbon-Condé, fille de son cousinHenri Jules de Bourbon-Condé, 5e prince de Condé et de la Princesse Palatine Anne de Bavière . Elle l’aima passionnément, mais lui, homosexuel notoire, s’intéressa fort peu à elle.

P.-S.

Source : Conti, François-Louis de Bourbon, prince de. (2006). Encyclopædia Britannica.

Notes

[1] L’église Saint-Sulpice est une grande église du quartier de l’Odéon dans le 6ème arrondissement de Paris. Elle est située place Saint-Sulpice. Elle est dédiée à Sulpice le Pieux, archevêque de Bourges au 7ème siècle.

[2] Courtrai est une ville de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d’arrondissement en province de Flandre-Occidentale. La ville de Courtrai est située à une trentaine de kilomètres au nord-est de Lille en France, elle est traversée par la Lys. Elle occupe un espace de 80,03 km². La ville est à nouveau assiégée en 1683 par Vauban. Courtrai est prise par l’armée française de Luckner le 18 juin 1792. Elle est défendue contre le retour offensif des Autrichiens par le général Jarry, qui incendie une partie des faubourgs le 29 juin, avant d’évacuer la ville le 30 juin. Le 11 mai 1794, une nouvelle bataille de Courtrai a lieu. Le 31 mars 1814 une troisième bataille de Courtrai est remportée par le général Maison sur l’armée saxonne. Après la Révolution française, l’industrie, dans le textile (le lin), et l’économie de la ville fleurissaient de nouveau.

[3] Dixmude est une ville néerlandophone de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d’arrondissement en province de Flandre-Occidentale. Elle est située sur l’Yser et a été l’objet d’affrontements sanglants lors de la bataille du front de l’Yser en 1914 lors de la Première Guerre mondiale.

[4] Luxembourg est la capitale du Grand-Duché de Luxembourg, ainsi que la plus grande ville du pays. La superficie de la capitale, avec 51,73 km² représente un peu moins de 2 % du territoire national. Elle est située dans le Sud du Luxembourg, dans le canton du même nom, au confluent de l’Alzette et de la Pétrusse. Luxembourg se trouve à 287 km au nord-est de Paris et à 187 km au sud-est de Bruxelles. Les débuts de la ville remontent à l’époque romaine. Dans le cadre de la politique des Réunions du roi Louis XIV, Luxembourg est revendiquée par la Couronne de France. Les armées françaises mettent le siège devant la ville en décembre 1683. À partir du 28 avril, Vauban dirige les assauts sous les ordres du maréchal de Créquy et la ville tombe le 4 juin 1684

[5] Esztergom en allemand : Gran, anciennement Strigonie, est une localité hongroise au rang de Ville de droit comital, située dans le comitat de Komárom-Esztergom, à la frontière entre la Slovaquie et la Hongrie. Capitale de la Hongrie du 10ème au 13ème siècle, la ville a joué un rôle très important dans l’histoire du pays.

[6] l’ordre du Saint-Esprit, institué par Henri III (1578), supprimé sous la Révolution (1791), rétabli sous la Restauration (1814), définitivement aboli en droit par la monarchie de Juillet (1830).

[7] La guerre de la Ligue d’Augsbourg, également appelée guerre de Neuf Ans, guerre de la Succession Palatine ou guerre de la Grande Alliance, eut lieu de 1688 à 1697. Elle opposa le roi de France Louis XIV, allié à l’Empire ottoman et aux jacobites irlandais et écossais, à une large coalition européenne, la Ligue d’Augsbourg menée par l’Anglo-néerlandais Guillaume III, l’empereur du Saint Empire romain germanique Léopold 1er, le roi d’Espagne Charles II, Victor Amédée II de Savoie et de nombreux princes du Saint Empire romain germanique. Ce conflit se déroula principalement en Europe continentale et dans les mers voisines, mais on y rattache le théâtre irlandais, où Guillaume III et Jacques II se disputèrent le contrôle des îles britanniques, et une campagne limitée entre les colonies anglaises et françaises et leurs alliés amérindiens en Amérique du Nord. Cette guerre fut la deuxième des trois grandes guerres de Louis XIV.

[8] Philippsburg est une petite ville d’Allemagne, située dans l’arrondissement de Karlsruhe dans le Bade-Wurtemberg. Avant 1632, la ville s’appellait Udenheim. Dans la littérature historique française elle est souvent appelée Philipsbourg ou Philippsbourg. Elle est une possession de l’évêque de Spire de 1371 à 1718. C’est l’un d’entre eux, Philipp Christoph von Sötern (évêque de 1610 à 1652), qui donne son nom à la ville. En 1646, il confie la forteresse à la France. C’est, avec Brisach (Vieux-Brisach), une des deux têtes de pont françaises sur la rive orientale du Rhin. Lors du siège de Philippsburg en 1676, la place, défendue par son gouverneur Charles du Fay, est assiégée à partir du 1er mai 1676 par l’armée impériale que commande Charles de Lorraine. Elle est prise le 17 septembre. Elle est reprise par les Français en 1688.

[9] Les Pays-Bas espagnols étaient les États du Saint Empire romain rattachés par union personnelle à la couronne espagnole sous le règne des Habsbourgs, entre 1556 et 1714. Cette région comprenait les actuels Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, ainsi que des territoires situés en France et en Allemagne. La capitale était Bruxelles.

[10] La bataille de Fleurus a eu lieu le 1er juillet 1690 à Fleurus (en Belgique actuelle). Ce fut une victoire pour l’armée française commandée par le maréchal de Luxembourg contre les armées d’une coalition rassemblant les Provinces-Unies, les Impériaux, l’Espagne et l’Angleterre dirigée par le général allemand Waldeck. La France perdit 4 000 hommes, alors que les coalisés ont perdu 20 000 hommes

[11] Mons est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne. Ancienne capitale des comtes de Hainaut, chef-lieu de la province de Hainaut, ville principale de l’arrondissement de Mons, elle est le siège d’une des cinq cours d’appel du pays.

[12] Namur est une ville francophone de Belgique, capitale de la Wallonie. Occupé dès le Néolithique, le confluent de la Sambre et de la Meuse a vu naître la cité romaine au début de notre ère. Ancien fief des Comtes de Namur rattaché successivement aux maisons de Flandre et de Hainaut, de Courtenay, de Luxembourg, puis de Dampierre, possession des Ducs de Bourgogne puis de l’empire habsbourgeois, la citadelle de Namur fut l’enjeu de nombreux sièges au cours des siècles.

[13] En France, sous l’Ancien Régime, l’appellation de lieutenant général des armées du roi, lieutenant général des armées navales pour la Marine, est un grade militaire particulier détenu par un officier général, qui le place entre le grade des maréchaux des camps et chefs d’escadre et la charge tenue par les colonels généraux, ceux-ci n’étant pour leur part surpassés que par les titulaires de la dignité de maréchal de France ou d’amiral de France qui sont des grands officiers de la Couronne titulaires d’une dignité à la fois honorifique et lucrative. En termes de statut et de mission, le grade de lieutenant général des armées constitue aussi dans les faits une charge militaire. On note qu’un lieutenant général porte ce grade et est désigné comme tel dans l’armée, mais que dans la marine, il conserve celui d’amiral. Le grade de lieutenant général des armées ou de lieutenant général des armées navales pour la Marine, était le grade le plus élevé de la hiérarchie militaire d’Ancien Régime, inaccessible à un roturier. Le grade de lieutenant général était l’équivalent du grade actuel de général de division et celui de lieutenant général des armées navales correspondait à celui de vice-amiral de notre époque. Comme c’est aussi le cas dans l’armée d’aujourd’hui pour les officiers généraux de haut rang, il y avait un certain nombre de lieutenants généraux des armées du roi, simultanément au sein de l’armée royale. À partir de 1775, les lieutenants généraux reçoivent des épaulettes à trois étoiles. En 1791, le grade de lieutenant général des armées fut renommé « général de division » pour les troupes terrestres et « vice-amiral » pour la marine. En 1814, le grade de général de division reprit le nom de « lieutenant général des armées », avant de reprendre définitivement l’intitulé de général en 1848.

[14] La bataille de Steinkerque (aujourd’hui Steenkerque en Belgique) eut lieu le 3 août 1692 et se solda par une victoire française sur la Ligue d’Augsbourg

[15] La bataille de Neerwinden ou de Landen eut lieu dans le cadre de la guerre de la Ligue d’Augsbourg le 29 juillet 1693 entre l’armée française sous le commandement du maréchal de Luxembourg et les forces alliées sous les ordres de Guillaume d’Orange.

[16] La Principauté de Neuchâtel est une ancienne principauté située au nord-ouest de la Suisse, dans le massif du Jura. Pays allié de la Confédération des XIII cantons puis de celle des XIX cantons, la principauté existe entre le 16ème siècle et le 19ème siècle.

[17] Gdańsk

[18] L’Isle-Adam est une ville francilienne du centre nord du Val-d’Oise située sur la rive gauche de l’Oise à 25 kilomètres à vol d’oiseau au nord-nord-ouest des portes de Paris, une dizaine au nord est de Pontoise et 35 au sud de Beauvais. En septembre 1527, le fils d’Antoine Villiers de L’Isle-Adam, Charles, qui a racheté les droits de ses frères et sœurs pour éviter tout morcellement du domaine, donne celui-ci, avec réserve d’usufruit, au connétable Anne de Montmorency. Le connétable fait reconstruire le château et le moulin banal situé sur le pont reliant l’île du prieuré à la rive droite de la rivière en 1540. Le château accueille François 1er en 1531, 1539 et 1540. Claude de Villiers, frère cadet de Charles de Villiers tente, en vain, de contester les droits d’Anne de Montmorency sur la châtellenie en 1535. Le roi Henri II visite le connétable en ses terres de L’Isle-Adam avant son sacre en 1547 puis, la même année, à 2 autres reprises. En 1552, Anne de Montmorency enrichit son domaine de la seigneurie de Jouy-le-Comte et, en 1567, du fief de Châteaupré. Ce dernier prend le nom de Cassan à la suite du mariage de sa propriétaire, Anne d’Auvergne, avec Philippe de Cassant, gentilhomme piémontais venu en France avec la cour de la reine Catherine de Médicis

[19] La guerre de Succession d’Espagne est un conflit qui a opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1714, dont l’enjeu était la succession au trône d’Espagne à la suite de la mort sans descendance du dernier Habsbourg espagnol Charles II et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle permit à la France d’installer un monarque français à Madrid : Philippe V, mais avec un pouvoir réduit, et le renoncement, pour lui et pour sa descendance, au trône de France, même dans le cas où les autres princes du sang français disparaîtraient. Ces conditions ne permettaient pas une union aussi étroite que celle qui était espérée par Louis XIV. La guerre de succession donna néanmoins naissance à la dynastie des Bourbons d’Espagne, qui règne toujours aujourd’hui.