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L’histoire pour le plaisir

Jean-Marc Nattier

vendredi 1er juillet 2022, par ljallamion

Jean-Marc Nattier (1685-1766)

Peintre français

Fils du portraitiste Marc Nattier et de la miniaturiste Marie Courtois, et frère du peintre Jean-Baptiste Nattier, Jean-Marc Nattier eut un talent précoce : à 15 ans il remporta le premier prix de dessin de l’Académie [1].   Jouvenet, son parrain, sollicita pour lui une place vacante à l’Académie de France à Rome [2], mais le jeune lauréat préféra rester à Paris et user de la permission qu’il avait obtenue de dessiner, pour les faire graver, les tableaux de la galerie de Rubens au Luxembourg [3] commandés par Marie de Médicis.   En 1713, il fut reçu membre agréé de l’Académie. 2 ans plus tard, cédant aux instances de l’envoyé de Pierre 1er le Grand à Paris, il consentit à se rendre à Amsterdam [4], d’où il devait passer en Russie à la suite du tsar.   Mais, après avoir fait le portrait de l’épouse secrète de Pierre le Grand, devenue son épouse officielle en 1712, la future impératrice Catherine 1ère, et un tableau représentant la bataille de Poltava [5], il revint sur sa détermination première, et étant revenu à Paris ne pu se décider à quitter son pays.   Pour autant, lorsque Pierre 1er vint visiter la France en 1717, il se fit peindre un portrait par Nattier.   Nattier avait partagé l’engouement presque général pour le système de Law [6]. La déconfiture de la banque et la perte d’un procès de famille assez important le laissèrent sans autres ressources que celles qu’il pouvait tirer de son talent.   À partir de ce moment, Nattier se mit à peindre plus particulièrement des portraits, et se fit promptement une grande réputation en ce genre. Portraitiste officiel de la famille d’Orléans puis de la cour de Louis XV en 1748, il peignit tous les personnages marquants de son temps, et parmi eux le maréchal de Saxe Maurice de Saxe , l’impératrice Marie-Thérèse , la reine Marie Leszczyńska  ; mesdames Henriette et Adélaïde , filles du roi, etc.   Le chevalier d’Orléans Jean Philippe d’Orléans , grand prieur de France, le chargea d’achever la décoration, commencée par Jean Raoux , d’une des galeries de son hôtel, et lui donna un logement au Temple. À la mort du chevalier, le prince de Conti fit vendre au profit de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem [7] tous les tableaux et autres objets ayant appartenu au grand prieur [8].   Touché de voir vendre, sous ses yeux et à l’encan, des tableaux qui lui avaient coûté des soins et des travaux infinis, Nattier y mit l’enchère, et les racheta.   Agréé de l’Académie en 1713, il avait été élu membre de l’Académie le 29 octobre 1718, sur la présentation d’un tableau de Phinée et ses compagnons pétrifiés par la tête de Méduse.   Le 26 mars 1746, il fut nommé professeur. Mélangeant réalisme et fantaisies en insérant des personnages mythologiques dans ses œuvres, il exposa aux différents salons de 1737 à 1763 et figure aujourd’hui comme l’un des plus grands portraitistes du 18ème siècle.   Réduit à un état voisin de la misère, ayant échoué à obtenir une pension qu’il avait sollicitée le 27 juin 1754, ressentant les premières atteintes du mal qui le retint au lit pendant les 4 dernières années de sa vie. Vieux, pauvre et malade, Nattier fut recueilli par son gendre Challe , chez lequel il mourut.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jean-Marc Nattier Portail de la peinture/ Catégories : Peintre d’histoire français/ Peintre portraitiste français/ Peintre français du XVIIIe siècle

Notes

[1] L’Académie royale de peinture et de sculpture est une ancienne institution d’État française chargée de réguler et d’enseigner la peinture et la sculpture en France durant l’Ancien Régime, de 1648 à 1793.

[2] L’Académie de France à Rome est une institution artistique française située dans la villa Médicis sur la colline du Pincio à Rome et destinée à l’accueil en résidence pour une période donnée, en son sein ou hors les murs, de jeunes artistes afin de développer leurs projets créatifs. L’Académie est souvent nommée « Villa Médicis » par métonymie, en référence au palais l’hébergeant depuis 1803.

[3] Le palais du Luxembourg, situé dans le 6ème arrondissement de Paris dans le nord du jardin du Luxembourg, est le siège du Sénat français, qui fut installé en 1799 dans le palais construit au début du 17ème siècle, à la suite de la régence de la reine Marie de Medicis. Le palais du Luxembourg doit son nom à l’hôtel bâti au milieu du 16ème siècle et qui appartenait à François de Piney, duc de Luxembourg. La régente Marie de Médicis, veuve de Henri IV, achète l’hôtel et le domaine dits « de Luxembourg » en 1612 et commande en 1615 la construction d’un palais à l’architecte Salomon de Brosse. Après avoir fait raser maisons et une partie du Petit Luxembourg, elle pose elle-même la première pierre le 2 avril 1615. Le marché de construction est retiré à Salomon de Brosse en 1624 et rétrocédé au maître maçon Marin de la Vallée le 26 juin 1624. Elle s’y installe en 1625 au premier étage de l’aile ouest, avant la fin des travaux. La partie ouest du palais Médicis était réservée à la reine mère et celle de gauche à son fils, le roi Louis XIII. Une série de toiles avait été commandée à Rubens pour chacun de ces appartements qui devaient former deux cycles, le cycle de la vie de Marie de Médicis, destinée à son logement, et un cycle de la vie d’Henri IV qui n’a pas été terminé. Elles sont aujourd’hui exposées au Louvre. Le chantier n’est pas achevé en 1631 lorsque Marie de Médicis doit le quitter, exilée sur ordre de son fils à la suite de la « journée des Dupes ». Marie de Médicis, à sa mort en 1642, lègue le domaine à son enfant préféré, son second fils Gaston duc d’Orléans, frère puîné du roi Louis XIII. Il passe par succession à sa veuve, Marguerite de Lorraine, puis à sa fille aînée la duchesse de Montpensier qui le vend à sa sœur cadette, la duchesse de Guise en 1660. Celle-ci en fait don au roi, son cousin en 1694. En 1715, le Luxembourg revient au régent Philippe d’Orléans, qui l’abandonne à sa fille aînée Marie Louise Élisabeth d’Orléans duchesse de Berry, puis à sa cadette Louise Élisabeth d’Orléans, reine douairière d’Espagne. Le 14 octobre 1750, la Galerie royale de peinture du Palais du Luxembourg est ouverte à l’initiative de Charles François Paul Le Normant de Tournehem, directeur des Bâtiments du Roi, à l’emplacement même de la galerie de Marie de Médicis, dans l’aile Est du palais du Luxembourg. Exposant une sélection des Tableaux du Roi à proximité du cycle de Rubens, il s’agit du premier musée d’art ouvert au public en France, qui préfigura la création du musée du Louvre en 1793. L’actuel musée du Luxembourg a hérité de cette tradition muséale. Par un édit du mois de décembre 1778, le roi Louis XVI accorde le domaine et le château à son frère Louis-Stanislas-Xavier, comte de Provence et futur Louis XVIII, à titre d’augmentation d’apanage. Après sa fuite en 1791, le palais du Luxembourg est déclaré « propriété nationale ».

[4] Amsterdam est la capitale des Pays-Bas, bien que le gouvernement ainsi que la plupart des institutions nationales siègent à La Haye. Petit village de pêcheurs au 12ème siècle, la ville connaît une très forte croissance au Moyen Âge au point de devenir l’un des principaux ports du monde durant le siècle d’or néerlandais. Le quartier de De Wallen est la partie la plus ancienne de la ville, qui se développe autour d’un réseau concentrique de canaux semi-circulaires reliés par des canaux perpendiculaires, formant une « toile d’araignée ». Au centre de la vieille ville se trouve, sur la place du Dam, le palais royal d’Amsterdam, construit au 17ème siècle, symbole de l’importance de la ville. Guillaume 1er en fait sa résidence en 1815.

[5] La bataille de Poltava (ou Pultawa) eut lieu le 8 juillet 1709 entre l’armée de Pierre 1er de Russie et les troupes de Charles XII de Suède avec l’appui des cosaques d’Ukraine du hetman Ivan Mazepa dans le cadre de la Grande guerre du Nord. La victoire russe décisive a fait perdre à la Suède son rang de grande puissance militaire.

[6] Le système de Law, imaginé par l’Écossais John Law, a été mis en place en France, sous la régence de Philippe d’Orléans, de 1716 à 1720, dans le but de liquider la dette laissée par Louis XIV. Une de ses particularités consiste à développer l’utilisation du papier-monnaie au lieu d’espèces métalliques, afin de faciliter le commerce et l’investissement. Créée par Law, la Banque générale, société par actions, va s’appuyer sur l’activité coloniale de sa société sœur, la Compagnie perpétuelle des Indes, pour finalement absorber presque tout le commerce colonial de la France, puis la majorité des impôts (bail de la ferme générale, recettes particulières). Mais ce quasi-monopole, joint à une intense propagande, entraîne une spéculation effrénée sur les actions, et une hausse immodérée des cours. À l’origine des premières grandes émissions de titres boursiers, le système de Law est une étape incontournable de l’histoire des bourses de valeurs.

[7] L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, généralement connu, dès le 12ème siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier et militaire qui a existé de l’époque des Croisades jusqu’au début du 19ème siècle.

[8] Le grand prieuré de France était un prieuré de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Il s’agissait du seul prieuré de la langue de France avant la dévolution des biens de l’ordre du Temple. À la suite de la dévolution la langue de France est alors scindé entre le grand prieuré de France, avec le siège du prieuré transporté de Corbeil à Paris en la maison du Temple, le grand prieuré de Champagne et celui d’Auvergne.