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Marthe Hélène Skavronskaïa dite Catherine 1ère

mercredi 30 mars 2022, par ljallamion

Marthe Hélène Skavronskaïa dite Catherine 1ère (1684-1727)

Impératrice de Russie de 1725 à 1727

Le 24 novembre 1684, Elisabeth de Moritz, épouse de Samuel Skavronski, donne naissance à une fille, Marthe Catherine 1ère Skavronska, en Livonie [1]. Née de parents catholiques et pauvre, elle vit dans une ferme.

Ses parents meurent de la peste vers 1689, elle est placée par sa tante à Marienbourg [2] en tant que servante chez le pasteur luthérien Johann Ernst Glück , traducteur de la Bible en letton. Ce dernier ne se soucie toutefois pas de lui apprendre à lire et écrire et elle demeure analphabète toute sa vie.

Pendant la guerre russo-suédoise [3], Marthe est violée et sur le point d’entrer dans un bordel. Elle évite ce déshonneur en épousant à 17 ans, en 1702 un modeste dragon suédois, Johan Cruse (ou Rabbe), dont le régiment était cantonné dans le voisinage ; mais cette union ne dure que 8 jours, les troupes suédoises se repliant alors devant l’avancée de l’armée russe commandée par Boris Cheremetiev . Ce dernier la vendit pour sa grande beauté et Marthe fut forcée de se prostituer après la prise de Marienbourg par les russes.

Marthe Skavronskaïa fait partie du butin. Marthe travaille comme servante auprès du vieux feldmarshall [4] Cheremetiev. Cheremetiev en fait sa maîtresse, mais la vend ensuite au prince Alexandre Danilovitch Menchikov. Elle devient peut-être sa maîtresse, avant de faire la connaissance de Pierre le Grand en automne 1703.

A cette époque, Pierre le Grand était marié à Eudoxie Lopoukhine dont il avait un fils, Alexis Petrovitch . De plus, Catherine n’était pas de haut rang. Pourtant, Pierre 1er décida de garder Catherine et de l’installer auprès de lui et en 1703, il l’enlève à son fidèle serviteur et ami. Peu après, elle devient sa maîtresse. En 1705, elle se convertit à la religion orthodoxe et prend le nom d’Iekaterina Alexeïevna.

Catherine lui donna plusieurs enfants avant que le tsar se décide et divorcer de sa première femme pour l’épouser le 8 novembre 1707.

Durant longtemps, Pierre le Grand garda son union secrète même pour ses ministres et sa famille. Ce n’est qu’en 1711 qu’il présentera Catherine comme son épouse et non plus comme une maîtresse.

La même année, elle l’accompagne dans sa campagne contre l’Empire ottoman [5], et lui rend le plus important service en traitant avec les ennemis qui le tenaient enfermé sur les bords du Prout [6], elle achète au prix de ses pierreries la retraite du grand vizir [7].

L’année suivante, Pierre 1er organise son mariage officiel avec Catherine après avoir eu un enfant, Anna Petrovna de Russie  ; ils auront ensemble 6 autres enfants, dont la future impératrice Élisabeth Petrovna , le 29 décembre 1709.

Soutenant son époux dans sa politique, Catherine joua un rôle déterminant pour la Russie. Catherine était toujours présente aux côtés de son époux, approuvant ses décisions et le soutenant dans les moments de doute. Le couple, très uni, aura 12 enfants dont malheureusement beaucoup mourront en bas âge.

En 1724, elle est solennellement couronnée impératrice. Elle n’est pas pour autant désignée pour lui succéder. Après le sacre Pierre 1er commença par être gagné par la fatigue. Sa santé se dégrada et il souffrait de maux de têtes ajoutés à des problèmes de reins.

Le 25 janvier 1725, le tsar voulu faire son testament mais tomba dans le coma avant d’avoir écrit à qui il léguait le pouvoir. Pierre le Grand mourut le 8 février sans avoir repris connaissance. Durant les derniers jours du tsar, Catherine 1ère était restée à ses côtés.

Lorsque Pierre meurt en 1725, le trône doit revenir, en vertu des règles traditionnelles, au futur Pierre II , petit-fils du tsar défunt et fils d’Alexis Petrovitch.

Un autre chagrin allait frapper la tsarine : le 8 mars de la même année, sa fille Nathalie mourrait rejoignant Pierre le Grand dans la cathédrale où reposait la famille des Romanov.

Mais le souverain légitime est soutenu par l’ancienne noblesse et par le clergé ; son avènement signifierait sans doute l’abolition des grandes réformes, et à coup sûr la fin des privilèges dont jouissent les anciens fidèles de Pierre 1er. Ceux-ci n’hésitent pas, guidés par Pierre Tolstoï , ils s’assurent le concours des régiments de la garde, Semenovski et Preobrajenski, et proclament Catherine impératrice. Cette révolution de palais inaugure une longue suite d’intrigues, de complots et de coups d’État qui jalonnent jusqu’en 1741 la période dite des favoris.

Elle est reconnue souveraine de toutes les Russies. Bien que complètement illettrée, Catherine a suffisamment d’énergie et d’intelligence pour continuer l’œuvre de son mari. Elle fonde l’Académie des sciences [8] dont Pierre avait préparé les statuts.

Elle nomme Menchikov comme chef de gouvernement et le laisse exercer une grande influence.

Andreï Osterman dirige les affaires extérieures, à l’intérieur règne Menchikov, dont le pouvoir devient exorbitant, au point d’obtenir que sa fille Marie soit fiancée au prince Pierre, que Catherine désigne comme successeur au trône.

Un Conseil suprême secret instauré en 1726 vient cependant limiter ses pouvoirs. Ce Conseil a une compétence universelle, puisqu’il connaît de toutes les affaires et promulgue les lois ; il réduit à peu de chose les attributions du Synode et du Sénat.

En 1727, Catherine 1ère s’éprit d’un jeune officier et commença un régime afin de perdre du poids. S’en suivirent d’importants troubles cardiaques. Le 21 janvier 1727, la tsarine passa en revue 20 000 hommes dans un froid glacial après la bénédiction des eaux glacées du fleuve. Catherine 1ère tomba malade et s’éteignit le 6 mai 1727 à 42 ans. Dans son testament, elle désignait comme successeur Pierre II, fils d’Alexis et petit-fils de Pierre le Grand et de sa première épouse Eudoxie.

Mais la mort de Catherine en 1727 laisse Menchikov au faîte d’un pouvoir retrouvé, comme mentor du nouveau tsar Pierre II.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Robert K. Massie (trad. de l’anglais par Denise Meunier), Pierre le Grand : Sa vie, son univers, Paris, Fayard,‎ 1985, 864 p. (ISBN 2-213-01437-X)/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 220/ Pierre KOVALEWSKY, « CATHERINE Ire (1684-1727) - impératrice de Russie (1725-1727) », Encyclopædia Universalis, consulté le 30 juin 2018/ texte de histoire de Catherine Ire, la bien-aimée de Pierre le Grand - L’envers de l’Histoire. Texte de histoire de Catherine Ire de Russie - Dictionnaire Sensagent

Notes

[1] Livonie est le nom historique donné par les Allemands aux régions de la côte de la mer Baltique où vivaient les Lives, au nord de la Lithuanie. La Livonie a été un territoire correspondant à la quasi-totalité du territoire actuel des États baltes pour n’être plus maintenant que le nom d’une péninsule de l’actuelle Lettonie. En plus des Lives, d’autres populations se partageaient ces territoires, comme les Estes, les Curoniens, les Sémigaliens et à partir du 13ème siècle les Allemands et enfin des minorités slaves et juives.

[2] Alūksne (Marienburg de 1284 à 1917) est une ville de la région de Vidzeme en Lettonie. Elle est située près de la frontière avec la Russie et avec l’Estonie.

[3] La grande guerre du Nord est un conflit qui, entre 1700 et 1721, oppose la Suède de Charles XII, alliée à une partie de la noblesse polonaise (Stanislas Leszczynski), aux cosaques ukrainiens d’Ivan Mazepa et à l’Empire ottoman, à la Russie de Pierre le Grand, alliée au roi de Pologne et électeur de Saxe Auguste II, au Danemark de Frédéric IV, à l’électeur de Hanovre et roi d’Angleterre George 1er et à l’électeur de Brandebourg et duc, puis roi de Prusse Frédéric-Guillaume 1er.

[4] Maréchal dans l’armée de l’empire russe

[5] L’Empire ottoman, connu historiquement en Europe de l’Ouest comme l’Empire turc, la Turquie ottomane ou simplement la Turquie, est un empire fondé à la fin du 13ème siècle au nord-ouest de l’Anatolie, dans la commune de Söğüt (actuelle province de Bilecik), par le chef tribal oghouze Osman 1er. Après 1354, les Ottomans sont entrés en Europe, et, avec la conquête des Balkans, le Beylik ottoman s’est transformé en un empire trans-continental. Après l’avoir encerclé puis réduit à sa capitale et à quelques lambeaux, les Ottomans ont mis fin à l’Empire byzantin en 1453 par la conquête de Constantinople sous le règne du sultan Mehmed II. Aux 15ème et 16ème siècles, à son apogée, sous le règne de Soliman 1er le Magnifique, l’Empire ottoman était un empire multinational et multilingue contrôlant une grande partie de l’Europe du Sud-Est, des parties de l’Europe centrale, de l’Asie occidentale, du Caucase, de l’Afrique du Nord, sauf le royaume du Maroc et le Sahara.

[6] La Prut est une rivière d’Europe de l’Est, longue de 953 km, qui prend sa source en Ukraine et fait office de frontière moldo-roumaine sur la plus grande partie de son cours. C’est un affluent du bas-Danube.

[7] Le grand vizir ou grand-vézir est le titre du chef du gouvernement de l’Empire ottoman ainsi que des souverains marocains et tunisiens. Ce titre dérive du persan vizir

[8] L’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg a été fondée à Saint-Pétersbourg par Pierre le grand et instaurée par un décret du sénat russe le 8 février 1724 (28 janvier dans le calendrier julien), sous le nom d’Académie des sciences et des arts. Son premier président est Laurentius Blümentrost. Parmi les savants invités à venir y travailler, il y avait notamment les mathématiciens Leonhard Euler, Christian Goldbach, Nicolas et Daniel Bernoulli, les embryologistes Kaspar Friedrich Wolff et Karl Ernst von Baer, l’astronome et géographe Joseph-Nicholas Delisle, le physicien Georg Wolfgang Krafft et l’historien Gerhard Friedrich Müller. Mikhaïl Lomonossov y fut étudiant, puis professeur.