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L’histoire pour le plaisir

Théodore II Lascaris

jeudi 21 avril 2022, par ljallamion

Théodore II Lascaris (1221-1258)

Empereur byzantin de Nicée ayant régné de 1254 à 1258

Fils de Jean III Doukas Vatatzès et d’Irène Lascarine. Autoritaire, méfiant à l’égard de la noblesse, Théodore II gouverne en s’appuyant sur un petit groupe de bureaucrates comme Georges Muzalon . Il se concilie le peuple en n’augmentant que modérément les impôts et seulement pour faire face aux charges militaires nécessitées par la constitution d’une armée nationale, mais il s’aliène le haut clergé en nommant comme patriarche Arsène Autorianos , inconnu auparavant.

En 1256, il signe un traité de paix avec la Bulgarie [1] puis, en 1257, il donne en mariage sa fille Irène au nouveau tsar [2] de Bulgarie Constantin 1er Asên .

La même année, il marie son autre fille, Marie, à Nicéphore, fils de Michel II, despote d’Épire [3], mais à la dernière minute, il exige comme condition au mariage Durazzo [4] et la ville macédonienne de Servia [5]. Michel II entre aussitôt en campagne et marche sur Thessalonique [6] en encourageant les Serbes et les Albanais à le soutenir.

Théodore rappelle le général Michel Paléologue qui, accusé peu de temps auparavant de trahison, s’était réfugié auprès des Turcs. Il lui accorde son pardon mais ne lui donne qu’avec réticence le commandement des troupes opérant en Europe contre Michel II d’Épire. Alors que les troupes de Michel II sont aux portes de Thessalonique, il fait arrêter Michel Paléologue. Souffrant d’épilepsie depuis plusieurs années, il meurt prématurément en août 1258.

Élève comme son grand logothète [7] Georges Acropolite de Nicéphore Blemmydès , Théodore II Lascaris est un savant couronné. C’est pour lui que Blemmydès écrivit sa Statue impériale, portrait de l’empereur idéal.

Théodore écrivit lui-même une Cosmologie [8] et, dans le domaine religieux, une Théologie chrétienne, exposé systématique de la doctrine chrétienne. On lui doit aussi des traités de théologie morale, des discours, des canons et des lettres.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Ruth Macrides, George Akropolites : The History – Introduction, translation and commentary, Oxford University Press, 2007 (ISBN 978-0-19-921067-1).

Notes

[1] Le Second Empire bulgare était une monarchie médiévale des Balkans, nommée dans les documents de son temps Regnum Bulgarorum et Blachorum (et son souverain rex Bulgarorum et Blachorum : « roi des Bulgares et des Valaques »), mais que l’historiographie moderne bulgare et, à sa suite, internationale, désignent comme « Second État Bulgare » ou, plus simplement « Bulgarie ». En fait, cet État multiethnique s’étendait non seulement sur l’actuelle Bulgarie (sauf le littoral) mais aussi sur l’actuelle Roumanie (Valachie), en Macédoine, Grèce septentrionale et Serbie orientale.

[2] Le mot tsar désigne un souverain de Russie (de 1547 à 1917), de Bulgarie (de 893 à 1422), et de Serbie (de 1346 à 1371).

[3] Le Despotat d’Épire fut l’un des États successeurs de l’Empire byzantin après la conquête de Constantinople et la mise en place de l’Empire latin d’Orient sur les terres principales de l’Empire Byzantin par la quatrième croisade en 1204. Fondé par Michel Comnène Doukas, le nouvel État se voulut, à l’instar de l’Empire de Nicée et de l’Empire de Trébizonde, le successeur légitime de l’Empire byzantin. Centre de résistance et havre pour les réfugiés grecs contre les envahisseurs latins après la défaite, il ne réintégra l’empire restauré qu’en 1323. Grec par ses origines, puis italien, serbe et albanais par conquête, il tenta de maintenir son identité jusqu’à sa chute aux mains des Ottomans en 1479. Centré sur la province d’Épire et l’Acarnanie, au nord-ouest de la Grèce, et sur la partie occidentale de la Macédoine grecque, il s’étendait également en une mince bande sur la Thessalie et de la Grèce occidentale jusqu’à Naupacte (aujourd’hui Lépante) au sud. Sous Théodore Comnène Doukas et l’éphémère Empire de Thessalonique, le despotat s’étendit pour incorporer brièvement la partie centrale de la Macédoine ainsi que la Thrace jusqu’à Didymotique et Andrinople (aujourd’hui Edirne).

[4] Durrës est la deuxième plus grande ville d’Albanie après Tirana. Elle est le principal port du pays. Dans l’Antiquité, elle fut la capitale de la province d’Épire, sous les noms d’Épidamne ou Dyrrhachium

[5] Sérvia est une ville du district régional de Kozáni en Macédoine-Occidentale en Grèce.

[6] Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce, chef-lieu du district régional du même nom, située au fond du golfe Thermaïque. Aujourd’hui, elle est la capitale de la périphérie (région) de Macédoine centrale en Macédoine grecque mais aussi celle du diocèse décentralisé de Macédoine-Thrace.

[7] Le grand logothète est un dignitaire de l’Empire byzantin supervisant le sekreta (l’ensemble des services fiscaux).

[8] La cosmologie est la branche de l’astrophysique qui étudie l’origine, la nature, la structure et l’évolution de l’Univers.