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Michel II Doukas ou Michel II Ange

vendredi 23 février 2018

Michel II Doukas ou Michel II Ange (mort en 1266 ou 1268)

Despote d’Épire de 1230 jusqu’à sa mort

Fils illégitime de Michel 1er Doukas, despote d’Épire [1]. Il part en exil après la mort de son père en 1215.

Après la défaite et la capture de son oncle Théodore Doukas, par Ivan Asen II de Bulgarie à la bataille de Klokotnitsa [2], il revient en Épire et devient le chef de la région. Michel II reçoit l’appui des notables locaux par un mariage avec Théodora, une princesse de l’Empire de Nicée [3], ce qui contribue aussi à renforcer les relations entre les deux États.

En 1238, Michel reçoit la visite du patriarche Germain II de Constantinople et, en 1249, il reçoit la dignité de despote de l’empereur Jean III Doukas Vatatzès. Ces bonnes relations permettent à Jean III d’obtenir la neutralité de l’Épire pendant la conquête par l’Empire de Nicée, entre 1244 et 1246, du royaume de Thessalonique [4], alors dirigée par l’oncle de Michel, Théodore Doukas, et ses fils.

En 1256 cependant, il entre en conflit avec le nouvel empereur de Nicée Théodore II Lascaris , qui lui a demandé de lui remettre les villes de Durazzo [5] et Sérvia [6]. Mais alors que l’armée épirote s’avance vers Thessalonique, le roi Manfred 1er de Sicile s’empare de Durazzo et de ses environs. Résolu à prendre Thessalonique pour agrandir son despotat, Michel demande à Manfred d’accepter sa fille en mariage en cédant comme dot les villes perdues et Corfou [7]. Il conclut également une alliance avec le prince Guillaume II de Villehardouin d’Achaïe [8], qui épouse sa fille.

Les troupes des trois alliés envahissent alors les possessions de l’Empire de Nicée en Macédoine en 1259, mais sont défaites par l’armée nicéenne menée par Jean Paléologue, un frère de l’empereur Michel VIII Paléologue, lors de la bataille de Pélagonia [9]. Guillaume est capturé tandis que Michel se sauve dans les îles ioniennes [10]. Les forces nicéennes envahissent alors l’Épire mais ne peuvent l’occuper durablement et doivent se replier ; ainsi Michel II peut-il récupérer ses terres avec l’aide de Manfred.

Mais une autre victoire byzantine en 1264 force le despote à accepter la suzeraineté de l’Empire byzantin et à renforcer ses liens avec ce dernier par des mariages.

À la mort de Michel II dans les années 1268, ses domaines sont divisés entre ses successeurs Nicéphore 1er Doukas qui reçoit l’Épire et Jean 1er Doukas qui reçoit la Thessalie [11].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Michael II Komnenos Doukas »

Notes

[1] Le Despotat d’Épire fut l’un des États successeurs de l’Empire byzantin après la conquête de Constantinople et la mise en place de l’Empire latin d’Orient sur les terres principales de l’Empire Byzantin par la quatrième croisade en 1204. Fondé par Michel Comnène Doukas, le nouvel État se voulut, à l’instar de l’Empire de Nicée et de l’Empire de Trébizonde, le successeur légitime de l’Empire byzantin. Centre de résistance et havre pour les réfugiés grecs contre les envahisseurs latins après la défaite, il ne réintégra l’empire restauré qu’en 1323. Grec par ses origines, puis italien, serbe et albanais par conquête, il tenta de maintenir son identité jusqu’à sa chute aux mains des Ottomans en 1479. Centré sur la province d’Épire et l’Acarnanie, au nord-ouest de la Grèce, et sur la partie occidentale de la Macédoine grecque, il s’étendait également en une mince bande sur la Thessalie et de la Grèce occidentale jusqu’à Naupacte (aujourd’hui Lépante) au sud. Sous Théodore Comnène Doukas et l’éphémère Empire de Thessalonique, le despotat s’étendit pour incorporer brièvement la partie centrale de la Macédoine ainsi que la Thrace jusqu’à Didymotique et Andrinople (aujourd’hui Edirne).

[2] La bataille de Klokotnica ou Klokotnitca eut lieu le 9 mars 1230 dans les environs du village de Klokotnitca (près de Haskovo en Bulgarie) entre les forces d’Ivan Asen II, tsar de Bulgarie, et celles de Théodore Comnène Doukas, souverain d’Épire et « empereur de Thessalonique ». Grâce à cette victoire, la Bulgarie devint la puissance dominante de la région des Balkans, alors qu’un point final fut mis à l’ascension fulgurante qu’avait connue l’Épire. Cette bataille est souvent vue par les historiens comme l’un des points tournants de l’histoire de l’Empire byzantin après la conquête de Constantinople par les croisés ; après elle, seuls deux candidats demeurent pour la reconquête de Byzance : Jean Vatatzès (Nicée) et Ivan Asen (Bulgarie).

[3] Vestige de l’Empire byzantin ayant résisté à la prise de Constantinople par les croisés en 1204, l’Empire de Nicée était le plus étendu des États impériaux successeurs : l’Empire de Nicée, le despotat d’Épire et l’Empire de Trébizonde. Il occupait, en Asie Mineure occidentale, une large bande de terre s’étendant de la mer Égée à la mer Noire. Si Nicée demeura sa capitale et le siège du patriarcat pendant toute sa brève histoire (1204-1261), les empereurs établirent leur résidence et le siège du gouvernement à Nymphaion (aujourd’hui Kemalpaşa), ville de Lydie, moins exposée aux armées ennemies. Se défendant à la fois contre les États successeurs et le sultanat seldjoukide, Théodore 1er Laskaris réussit à édifier un État politiquement stable et économiquement viable en Asie Mineure. Ses successeurs, Jean III Doukas Vatatzès et Théodore II Laskaris, étendirent le territoire de l’empire en Europe, encerclant progressivement Constantinople. Après avoir écarté Jean IV Lascaris, le successeur légitime de Théodore II, Michel VIII Paléologue n’eut plus qu’à reprendre la ville en 1261 grâce à un concours de circonstances. L’Empire de Nicée redevint ainsi une partie constituante de l’Empire byzantin rénové.

[4] Le royaume de Thessalonique est l’un des États latins qui apparurent après la conquête de Constantinople par les Croisés en 1204. Érigé autour de Thessalonique, qui avait été la deuxième ville en importance de l’empire byzantin, vassal de l’empire latin de Constantinople, son existence fut éphémère, se terminant vingt ans après sa création par la prise de la ville par le despote d’Épire, Théodore 1er l’Ange, et la création d’un « empire de Thessalonique » encore plus éphémère.

[5] Durrës est la deuxième plus grande ville d’Albanie après Tirana. Elle est le principal port du pays. Dans l’Antiquité, elle fut la capitale de la province d’Épire, sous les noms d’Épidamne ou Dyrrhachium

[6] Sérvia, est une ville du nome de Kozani en Macédoine-Occidentale en Grèce.

[7] Corfou ou Corcyre est une île grecque située en mer Ionienne, sur la façade occidentale de la Grèce, à proximité de sa frontière avec l’Albanie. Elle est la capitale de la périphérie des Îles Ioniennes.

[8] La principauté d’Achaïe également écrit Achaye ou de Morée est une seigneurie fondée par Guillaume de Champlitte pendant la quatrième croisade (1202/1204). La principauté, s’étendant au départ sur tout le Péloponnèse, est vassale du royaume de Thessalonique jusqu’à la disparition de celui-ci, date à laquelle elle devient la principale puissance franque de la région. La bataille des îles Échinades en 1427 ouvre la voie à sa reconquête par les troupes byzantines. La Chronique de Morée relate la conquête franque et une partie de l’histoire de la principauté.

[9] La bataille de Pélagonia eu lieu en septembre 1259, entre l’empire de Nicée et une alliance entre la principauté d’Achaïe et le despotat d’Épire. Ce fut un événement décisif dans l’histoire du Proche-Orient, assurant la reconquête byzantine de Constantinople et la fin de l’Empire latin de Constantinople en 1261, et le début de la reconquête byzantine de la Grèce.

[10] Les îles Ioniennes sont un archipel de la mer Ionienne, commençant au sud de l’Albanie, se poursuivant le long des côtes de l’Épire et de l’Acarnanie, pour s’achever au large des côtes occidentales du Péloponnèse. Une partie d’entre elles constitue aujourd’hui une périphérie de la Grèce. Les îles Ioniennes sont composées de sept îles principales près des côtes occidentales de la Grèce, ce qui leur a donné le nom de Sept-Îles ou Heptanèse, ainsi que de plusieurs îles mineures, dont, du nord au sud, Sazan (Sásson)), les îles Diapontiques, les îles Échinades et les Strophades.

[11] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.