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Herman de Lynden

vendredi 21 janvier 2022, par ljallamion

Herman de Lynden

Militaire au service du Saint Empire romain et du prince évêque de Liège-Chevalie-Baron du Saint Empire, de Reckheim, de Rijckholt

Seigneur de Houtaim, d’Once, de S. Simon, de Tongrenelle, de Wamferchies, Zobenbrouck, Craenewick et Borssem.

Il commanda des troupes lors de la guerre de Quatre-Vingts Ans [1] et de la guerre de Cologne [2]. Il exerça ensuite plusieurs tâches de gouvernement, fut notamment gouverneur de la région de Cologne [3], et Souverain et grand Mayeur de Liège [4].

Fils de Thierry de Lynden , premier conseiller d’État et grand maître de la cour du prince de Liège. Herman de Lynden racheta la seigneurie de Reckheim [5] à Guillaume de Quaedt de Wickraedt. Il reçut ensuite de l’empereur des Romains l’investiture de cette seigneurie en baronnie libre de l’Empire.

Il se rendit en Italie faire l’apprentissage des armes sous le commandement d’Andrea Doria, avec lequel ils secoururent Porto Ercole [6] assiégé par Piero Strozzi. Il fit avec distinction la guerre en Italie, puis en Hongrie jusqu’en 1567.

Revenu aux Pays-Bas [7], il se trouve à la prise de Rotterdam [8], puis reçoit en 1572 une compagnie de 300 Bas Allemands pour combattre avec Maximilien de Hénin-Liétard , comte de Boussu [9], avec lequel il participa au siège de Mons [10], de Haarlem [11] et Noerdange [12]. Il fut ensuite à la bataille de Mook [13], à la suite de quoi il fut chargé de la défense du Muiderslot [14], à Muiden [15]. Le 9 mai 1576, il y subira une attaque surprise de Thierry de Snoy, mais tiendra jusqu’à l’arrivée de Gilles de Berlaymon t, seigneur de Hierges [16], ce qui lui vaudra la reconnaissance du gouvernement espagnol.

En 1577, il fut nommé capitaine de la garde d’hallebardiers [17] de l’archiduc Matthias Ier de Habsbourg , qui l’envoya à Liège pour plaider sa candidature à la succession de Gérard de Groesbeek comme Prince évêque de Liège. À la suite de l’échec de cette candidature, l’archiduc Matthias rentra en Allemagne, et Herman de Lynden se mit au service du duc de Parme [18] Alexandre Farnèse , gouverneur des Pays-Bas espagnols [19]. Blessé lors d’une tentative d’assassinat à Anvers [20], ses frères le vicomte de Dormael, le baron de Froidcourt Robert de Lynden et le grand-vicaire de Liège, démarchèrent le prince évêque de Liège Ernest de Bavière pour qu’il demande au duc de Parme de le relever de son service.

Arrivé à la cour d’Ernest de Bavière, celui-ci le fit membre de son conseil d’État, de son conseil privé, gentilhomme ordinaire de sa chambre et colonel. Le 6 septembre 1582, il devint lieutenant des fiefs du pays de Liège, à la suite du décès d’Érard d’Arschot de Riviere, comte de Hers.   Le 12 juin 1583, après avoir appris que Jean Casimir du Palatinat marchait vers Cologne, Ernest de Bavière ordonna au colonel Herman de Lynden de lever en hâte un régiment de 3 000 hommes sous 10 enseignes d’infanterie liégeoise et une compagnie de lances à cheval, et de se hâter vers Sechtem. En 11 jours il leva ses régiments, et après les avoir passés en revue à Bruhl [21], rejoignit l’armée à Sechtem.

Parmi les soldats sous les ordres d’Herman de Lynden se trouve Jean t’Serclaes comte de Tilly. Herman de Lynden passa sur la rive droite du Rhin, et réussit à lui seul à reprendre une grande partie du pays de Cologne, et empêcher les armées de Jean Casimir du Palatinat de traverser le fleuve, en les repoussant à Königswinter [22], Beuel [23], Altwied et Feldkirchen [24]. Le 17 novembre 1583, il conquiert Rheindorf [25], et construit un fort le long du Rhin à Beuel, en face de Bonn. Ceci lui permet de contrôler totalement l’accès à la ville par le fleuve, ce qui contribua à la reddition de Charles Truchsess de Waldbourg, le 28 janvier 1584.

À la fin de la guerre de Cologne, Herman de Lynden rentra à Liège, où il fut nommé grand maitre d’hôtel du prince évêque, le prince électeur Ernest de Bavière. 2 ans plus tard, il fut nommé grand et souverain mayeur de Liège. Il dirigea également plusieurs ambassades et légations au nom de la Principauté, notamment auprès de l’empereur Rodolphe II du Saint Empire. Le 8 janvier 1592, Herman de Lynden fut nommé gouverneur et capitaine général de Cologne. Il s’établit donc à Bonn et à Poppelsdorf [26].

Quatre ans plus tard, il fut rappelé par le prince évêque qui souhaitait placer son neveu Ferdinand de Bavière à ce poste. Il revint définitivement à Liège et se retira, atteint de la goutte, au château de Reckheim [27] qu’il avait rebâti avec magnificence. Malgré sa retraite, son conseil était souvent sollicité par le prince évêque qui n’hésita pas à le faire transporter à Liège pour démêler certains conflits, tels que les troubles entre la bourgeoisie et la commune en 1598.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Herman de Lynden/ Portail de la Belgique/ Personnalité de l’Ancien Régime

Notes

[1] La guerre de Quatre-Vingts Ans, également appelée révolte des Pays-Bas ou encore révolte des gueux, est le soulèvement armé mené de 1568 (bataille de Heiligerlee) à 1648 (traités de Westphalie), sauf pendant la Trêve de douze ans de 1609 à 1621, contre la monarchie espagnole par les provinces s’étendant aujourd’hui sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et le nord de la France. Au terme de ce soulèvement, les sept provinces septentrionales gagnent leur indépendance sous le nom de Provinces-Unies, indépendance effective en 1581 par l’Acte de La Haye et reconnue par l’Espagne par un traité signé en 1648 en marge des traités de Westphalie.

[2] La Guerre de Cologne est un conflit qui ravagea l’Électorat de Cologne entre 1583 et 1588 dans un contexte de tensions religieuses qui affectaient alors le Saint Empire romain germanique, en marge de la révolte des Pays-Bas et des guerres de religion en France. La Paix d’Augsbourg de 1555 qui avait mis fin aux conflits religieux en Allemagne entre les États catholiques et luthériens reposait sur l’application du principe cujus regio, ejus religio selon lequel le prince avait le pouvoir d’imposer sa propre religion à ses sujets. Toutefois Charles Quint imposa une clause de réservation ecclésiastique pour les principautés ecclésiastiques selon laquelle un prince évêque ou un prince abbé optant pour la Réforme, devait renoncer à son siège et être remplacé par un catholique.

[3] La ville doit son nom de Cologne à l’impératrice romaine Agrippine, épouse de l’empereur Claude, qui éleva son lieu de naissance au rang de colonie en l’an 50, sous le nom de Colonia Claudia Ara Agrippinensium. Les Romains y tenaient une garnison et des axes routiers convergeaient vers un pont de bateaux sur lequel transitait un important commerce avec toutes les régions de la Germanie. En raison de son importance stratégique sur le limes du Rhin et de la présence de l’armée et de la clientèle germanique, l’endroit attira de nombreux marchands et devint un foyer d’artisanat et de commerce. Centre militaire, la ville fut la résidence de l’empereur gaulois Postume de 260 à 268, et le lieu de l’usurpation éphémère de Silvanus en 355. Les Romains introduisirent le christianisme à Cologne, qui devint siège épiscopal à partir du 4ème siècle. Des Francs se sont regroupés au cours de la seconde moitié du 5ème siècle pour fonder un royaume à Cologne, qui est intégré dans le royaume franc de Clovis. À partir du 7ème siècle, ils sont désignés sous le nom de Francs ripuaires.

[4] La principauté épiscopale de Liège était un État du Saint Empire romain, compris dans le Cercle de Westphalie, ayant pour capitale la ville de Liège. C’est en l’an 985 que naît la principauté épiscopale. C’est à cette date que Notger, déjà évêque de Liège depuis 972, devient prince-évêque en recevant le comté de Huy. Cet État a existé pendant plus de 800 ans, jusqu’à la révolution liégeoise en 1789.

[5] Rekem

[6] Porto Ercole (ou Porto Hercules) est un village italien, frazione de la commune de Monte Argentario, en Toscane.

[7] Les Pays-Bas espagnols étaient les États du Saint Empire romain rattachés par union personnelle à la couronne espagnole sous le règne des Habsbourgs, entre 1556 et 1714. Cette région comprenait les actuels Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, ainsi que des territoires situés en France et en Allemagne. La capitale était Bruxelles.

[8] Rotterdam est une commune néerlandaise, située dans la province de Hollande-Méridionale. Fondée au 12ème siècle, Rotterdam s’est organisée autour de la digue de la rivière Rotte (qui donne son nom à la ville) et les premiers ports de pêcheurs : le vieux port, Oude Haven et les quais de Haringvliet. Elle reçoit son statut de ville en 1340. Le commerce y fleurit pendant plusieurs siècles, tandis que le port s’étend et que le commerce avec les Indes occidentales et orientales s’accroît.

[9] Boussu est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut, ainsi qu’une localité située à une dizaine de kilomètres de Mons et de la frontière française où siège l’administration communale. Boussu se situe dans le Borinage, région anciennement réputée pour son bassin minier.

[10] Le siège de Mons est un épisode de la guerre de Quatre-Vingts Ans. Au printemps 1572, la cité de Mons est prise par surprise par les troupes des États-Généraux et des huguenots français emmenés par Louis de Nassau. Les tercios espagnols de Ferdinand Alvare de Tolède, 3ème duc d’Albe, après avoir assiégé la cité et mis en déroute les forces de Guillaume d’Orange qui tentaient de la secourir, obtinrent sa reddition. La capture temporaire de Mons permit de dégager les provinces insurgées de Hollande et de Zélande.

[11] La bataille de Haarlem ou siège de Haarlem, s’est déroulée du 11 décembre 1572 au 13 juillet 1573 durant la guerre de Quatre-Vingts Ans. Elle voit la victoire de l’armée espagnole sur l’armée des Provinces-Unies (actuelle Hollande) par la prise de la ville le 14 juillet 1573 et la destruction de l’armée de secours forte de 5 000 hommes envoyée par le prince d’Orange.

[12] Noerdange est une section de la commune luxembourgeoise de Beckerich située dans le canton de Redange. Le ruisseau qui traverse la localité s’appelle le Naerdenerbaach.

[13] La bataille de Mook ou de Mookerheide est une bataille de la guerre de Quatre-Vingts Ans qui se déroula le 14 avril 1574 près de Mook (Limbourg, Pays-Bas) dans une zone de landes, marécages et forêts appelée Mookerheide et opposa l’armée espagnole à une armée des Provinces-Unies dirigée par Louis de Nassau. L’armée hollandaise, constituée de mercenaires mal payés, avait été mobilisée par Guillaume 1er d’Orange-Nassau afin de soulager la pression exercée par les armées espagnoles qui assiégeaient Leyde. L’armée, dirigée par les deux frères de Guillaume, Louis et Henry, est écrasée par les Espagnols et les deux commandants tués.

[14] Le Muiderslot est un château fort médiéval situé à Muiden aux Pays-Bas, en province de Hollande-Septentrionale.

[15] Muiden est ancienne une commune néerlandaise située en province de Hollande-Septentrionale. Muiden est situé sur l’IJsselmeer et la bouche du fleuve Vecht. Muiderberg est un village plus à l’est sur l’IJsselmeer. Muiden possède un imposant château médiéval, le Muiderslot, un musée national. La bouche du fleuve est un port de plaisance. Muiderberg est une station balnéaire.

[16] Hierges est une commune française, située dans le département des Ardennes. La réputation du village vient depuis longtemps de l’implantation de son château. Il remontrait au 9ème siècle et servait à se prémunir contre les invasions normandes. Il a longtemps formé la limite sud de la principauté de Liège.

[17] Un hallebardier est un militaire, fantassin, dont l’arme principale est la hallebarde. L’association des hallebardiers et des piquiers a été la base des armées européennes du Bas Moyen Âge et de la Renaissance.

[18] Le duché de Parme et de Plaisance était un petit État de la péninsule italienne qui exista entre 1545 et 1802 puis de 1814 à 1859. Les ducs de Parme et de Plaisance furent également ducs de Plaisance excepté dans les premières années du règne d’Octave Farnèse (1549 -1556) et sous le règne des deux ducs choisis par Napoléon Bonaparte en 1808.

[19] Les Pays-Bas espagnols étaient les États du Saint Empire romain rattachés par union personnelle à la couronne espagnole sous le règne des Habsbourgs, entre 1556 et 1714. Cette région comprenait les actuels Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, ainsi que des territoires situés en France et en Allemagne. La capitale était Bruxelles.

[20] Anvers est une ville belge dans la Région flamande, chef-lieu de la province d’Anvers et de l’arrondissement administratif du même nom, située au cœur de la Dorsale européenne. Sa véritable expansion ne remonterait selon l’historiographie classique qu’aux alentours de l’an 900, lorsque les habitants agrandissent le légendaire Aanwerp, terrain surélevé de la primitive jetée qui donne son nom à Anvers. En 970, une fois l’ordre ottonien imposé, Anvers n’est encore qu’un poste frontière de l’Empire germanique, on y construit des fortifications en bois, remplacées plus tard au 12ème siècle par un château fort en pierre (le Steen). L’extension de la ville se poursuit d’abord vers le sud, comme le prouve l’installation de l’ordre des Prémontrés, attiré par les milieux urbanisé ou péri-urbanisé avec la construction suite à des dons seigneuriaux, sous l’égide de saint Norbert, de l’abbaye Saint-Michel. Par la suite, les chanoines de la petite église se déplacent vers le nord et fondent une nouvelle paroisse, avec au centre l’église Notre-Dame, ancêtre de la cathédrale actuelle. Dans les décennies qui suivent, la ville continue à se développer en vagues concentriques créant une succession de remparts que l’on devine encore dans sa topographie.

[21] Brühl est une ville allemande faisant partie du land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie située dans l’arrondissement de Rhin-Erft, à mi-distance entre Cologne et Bonn.

[22] Königswinter est une ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne), située dans l’arrondissement de Rhin-Sieg, dans le district de Cologne, dans le Landschaftsverband de Rhénanie. La ville se trouve au pied de deux collines de renommé : Le Petersberg avec, à son sommet, le lieu d’hébergement des hôtes de la République Fédérale d’Allemagne, qui est aujourd’hui surtout un grand hôtel et lieu de conférences internationales, ainsi que le Drachenfels (littéralement le rocher du dragon), comme lieu mythique et touristique, surplombant le Rhin.

[23] Bonn est une ville fédérale allemande située au bord du Rhin dans le sud du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à 25 km au sud de Cologne et 54 km au nord de Coblence. Bonn est aujourd’hui le deuxième siège du gouvernement fédéral. Entre 1949 et 1990, la ville était la capitale de la République fédérale d’Allemagne (Allemagne de l’Ouest).

[24] Neuwied est une ville d’Allemagne, au nord du Land de Rhénanie-Palatinat, capitale du district de Neuwied.

[25] Schwarzrheindorf/Vilich-Rheindorf est un arrondissement de la rive droite du Rhin de la ville fédérale de Bonn dans l’arrondissement de Beuel , situé sur les rives du Rhin . La double église de St. Maria et Clemens à Schwarzrheindorf est l’un des monuments et sites culturels les plus importants de Bonn.

[26] Poppelsdorf est un ancien village qui forme actuellement un quartier de la ville allemande de Bonn (Rhénanie-du-Nord-Westphalie).

[27] Le château d’Aspremont-Lynden est un château dans le vieux village d’Oud Rekem dans le Limbourg en Belgique. Il fut construit par les Comtes d’Aspremont Lynden, seigneurs du comté impérial de Reckheim, dont il devint le siège à partir du 17ème siècle.