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Cola di Rienzo ou de Rienzi

mercredi 19 janvier 2022, par ljallamion

Cola di Rienzo ou de Rienzi (vers 1313-1354)

Politicien médiéval italien

Cola est né à Rome d’origine modeste. Il prétendait être l’enfant naturel de Henri VII, l’empereur romain germanique, mais en réalité ses parents étaient une lavandière et un tavernier nommé Lorenzo Gabrini.

Ses premières années ont été passées à Anagni [1]. Ayant consacré beaucoup de temps à l’étude des écrivains latins, des historiens, des orateurs et des poètes, et ayant nourri son esprit d’histoires sur les gloires et le pouvoir de la Rome antique, il se tourna vers la tâche de restaurer sa ville natale. Son zèle pour ce travail était accéléré par le désir de venger son frère qui avait été tué par un noble.

Il devint notaire et une personne d’une certaine importance dans la ville, et fut envoyé en 1343 sur une course publique au pape Clément VI à Avignon [2]. Il s’acquitta de ses fonctions avec compétence et succès, et bien que l’audace avec laquelle il dénonça les dirigeants aristocratiques de Rome et attira sur lui l’inimitié des hommes puissants, il gagna la faveur et l’estime du pape, qui lui donna une position officielle à son tribunal.

De retour à Rome vers avril 1344, il travailla pendant 3 ans au grand but de sa vie, la restauration de la ville à son ancienne position de pouvoir. Il rassembla une bande de partisans, des plans furent dressés, et enfin tout était prêt pour l’insurrection.

Le 19 mai 1347, des hérauts invitèrent la population à un parlement au Capitole, et le 20 mai, le jour de la Pentecôte, la réunion eut lieu. Vêtu d’une armure complète et assisté par le vicaire papal [3], Cola a conduit une procession au Capitole ; il s’adressa à la foule assemblée. Une nouvelle série de lois fut publiée et acceptée avec acclamation, et une autorité et un pouvoir illimité furent donnés à l’auteur de la révolution.

Sans coup férir, les nobles quittèrent la ville ou allèrent se cacher, et quelques jours plus tard, Rienzo prit le titre de tribun [4] ).

Son autorité rapidement et silencieusement acceptée par toutes les classes, le nouveau dirigeant a gouverné la ville avec une justice sévère qui était en contraste marqué avec le règne récent de licence et de désordre. En grande forme, la tribune se déplaça dans les rues de Rome, recevant à Saint-Pierre l’hymne Veni Creator Spiritus, tandis que le poète Pétrarque le pressait de continuer son grand et noble travail, et le félicita pour ses succès passés. Tous les nobles se soumirent, quoique avec une grande répugnance ; les routes furent débarrassées des voleurs ; la tranquillité fut restaurée.

En juillet, dans un décret sonore, il proclama la souveraineté du peuple romain sur l’empire, mais avant cela, il s’était attelé à rétablir l’autorité de Rome sur les villes et les provinces d’Italie. Il écrivit des lettres aux villes d’Italie, leur demandant d’envoyer des représentants à une assemblée qui se réunirait le 1er août, lorsque serait envisagée la formation d’une grande fédération sous la direction de Rome.

Le jour fixé, un certain nombre de représentants apparurent, et après quelques cérémonies élaborées et fantastiques, Cola, en tant que dictateur, publia un édit citant Louis IV, l’empereur romain germanique et son rival Charles, puis Charles IV, empereur romain germanique, ainsi que les électeurs impériaux et tous les autres intéressés dans le différend, à comparaître devant lui afin qu’il puisse prononcer un jugement dans l’affaire.

Le jour suivant, on célébrait la fête de l’unité de l’Italie, mais ni cette réunion ni la précédente n’avaient de résultat pratique. Le pouvoir de Cola fut reconnu dans le royaume de Naples [5], d’où Jeanne 1ère de Naples et son ennemi juré, Louis 1er de Hongrie, lui demandèrent protection et secours, et le 15 août, en grande pompe, il fut couronné Tribun.

Il a ensuite saisi, mais bientôt libéré, Stefano Colonna et quelques autres barons qui avaient parlé de manière désobligeante de lui. Mais son pouvoir commençait déjà à décliner.

Son gouvernement était coûteux et, pour faire face à ses nombreuses dépenses, il dut imposer de lourdes taxes au peuple. Il offensa le pape par son arrogance et sa fierté, et à la fois par le pape et l’empereur par sa proposition de créer un nouvel empire romain, dont la souveraineté reposerait directement sur la volonté du peuple. En octobre, Clément VI donna le pouvoir à un légat de le déposer et de le traduire en justice, et la fin était évidemment en vue.

Reprenant courage, les barons exilés rassemblèrent quelques troupes et la guerre commença dans le voisinage de Rome. Cola di Rienzo obtint l’aide de Louis de Hongrie et d’autres, et le 20 novembre, ses forces vainquirent les nobles à la bataille de Porta San Lorenzo.

Mais cette victoire ne l’a pas sauvé. Il passait son temps dans des fêtes et des concours, le pape le dénonçait comme un criminel, un païen et un hérétique, jusqu’à ce que, effrayé le 15 décembre, il abdique et fuit Rome. Il cherche refuge à Naples, mais bientôt il quitta cette ville et passa plus de 2 ans dans un monastère.

Émergeant de sa solitude, Cola se rendit à Prague [6] en juillet 1350, se jetant sur la protection de l’empereur Charles IV. Dénonçant le pouvoir temporel du pape, il implora l’empereur de délivrer l’Italie, et surtout Rome, de leurs oppresseurs ; mais, insouciant de ses invitations, Charles le garda en prison pendant plus d’un an dans la forteresse de Raudnitz, et l’a ensuite remis au pape Clément VI.

À Avignon, où il est apparu en août 1352, Cola fut jugé par 3 cardinaux, et fut condamné à mort, mais ce jugement ne fut pas exécuté, et il est resté en prison malgré les appels de Pétrarque pour sa libération.

La liberté, cependant, était à portée de main. En décembre 1352, Clément VI mourut, et son successeur, le pape Innocent VI , voulant porter un coup aux chefs des barons de Rome et voyant dans l’ancien tribun un excellent instrument à cet effet, gracia et libéra son prisonnier.

En lui donnant le titre de sénateur, il l’envoya en Italie avec le légat,le cardinal Albornoz, et ayant rassemblé quelques troupes de mercenaires en route, Cola di Rienzo entra à Rome en août 1354. Il fut reçu avec de grandes réjouissances et retrouva rapidement son ancienne position de force.

Leurs passions suscitèrent un tumulte qui éclata le 8 octobre. Cola tenta de parlementer, mais le bâtiment dans lequel il se trouvait fut incendié, et alors qu’il tentait de s’échapper sous un déguisement, il fut assassiné par la foule.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de COLA DI RIENZO - Encyclopædia Universalis

Notes

[1] Anagni est une commune italienne, située dans la province de Frosinone, dans la région Latium, en Italie centrale. Elle est connue pour être la cité des papes quatre d’entre eux y sont nés, Innocent III, Alexandre IV, Grégoire IX et Boniface VIII et pour avoir longtemps été un siège de la papauté.

[2] Avignon était une cité-État depuis son rachat en juin 1348 par le Pape Clément VI. Cette résidence, qui déroge à la résidence historique de Rome (Italie) depuis saint Pierre, se divise en deux grandes périodes consécutives : La première, de 1309 à 1378, celle de la papauté d’Avignon proprement dite, correspond à une époque où le pape, toujours reconnu unique chef de l’Église catholique, et sa cour se trouvent installés dans la ville d’Avignon au lieu de Rome. La seconde, de 1378 à 1418, coïncide avec le Grand schisme d’Occident où deux papes rivaux (et même trois si l’on considère l’éphémère pape de Pise) prétendent régner sur la chrétienté, l’un installé à Rome et l’autre en Avignon.

[3] Vicaire est un titre religieux chrétien. Étymologiquement, ce mot est un emprunt au latin classique vicarius signifiant « suppléant, remplaçant ».

[4] Nicholaus, severus et clemens, libertatis, pacis justiciaeque tribunus, et sacræ Romanæ Reipublicæ liberator

[5] Le royaume naquit de la scission de fait du royaume de Sicile, provoquée par les Vêpres siciliennes de 1282. Le roi Charles d’Anjou, chassé de l’île de Sicile par les troupes de Pierre III d’Aragon, ne se maintint que sur la partie continentale du royaume. Naples devint la capitale de ce nouveau royaume, ce qui provoqua une forte croissance de la ville qui était auparavant supplantée par Palerme. Sous le règne de Robert 1er, le royaume connaît une période de paix et de prospérité. Le roi fit de Naples l’un des centres culturels de l’Italie, invitant à sa cour Giotto, Pétrarque et Boccace. La seconde partie du 14ème siècle vit cependant s’amorcer une période de déclin due à la lutte fratricide entre deux branches adverses de la dynastie angevine pour régler la succession de Robert 1er puis celle de sa fille, la reine Jeanne 1ère. La maison d’Anjou-Duras finit par triompher, avec Charles III, duc de Duras, qui fit assassiner la reine Jeanne en 1382. Son fils, Ladislas 1er, étendit provisoirement le royaume sur une bonne partie de l’Italie centrale, caressant le rêve d’unifier la péninsule. À sa mort sans héritier en 1414 c’est sa sœur, Jeanne II, qui monta sur le trône.

[6] Prague est la capitale et la plus grande ville de la République tchèque, en Bohême. Située au cœur de l’Europe centrale, à l’ouest du pays, la ville est édifiée sur les rives de la Vltava. Capitale historique du royaume de Bohême, berceau du peuple tchèque, Prague connaît son apogée au 14ème siècle sous le règne du roi de Bohême et empereur germanique Charles IV qui en fait la capitale de l’Empire. Elle est alors un centre culturel et religieux de première importance, où naissent les balbutiements de la réforme protestante lorsque Jan Hus prêche contre les abus de la hiérarchie catholique et le commerce des indulgences. Brièvement redevenue capitale impériale et culturelle au tournant des 16ème et 17ème siècles sous le règne de Rodolphe II, Prague perd progressivement en importance jusqu’à la Renaissance nationale tchèque au 19ème siècle puis la création de la Tchécoslovaquie au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1918, dont elle devient la capitale.