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L’histoire pour le plaisir

Philoxéne de Cythère

vendredi 23 octobre 2020 (Date de rédaction antérieure : 7 septembre 2011).

Philoxene de Cythère (435 av.jc-380 av.jc)

Fils d’Eulétidas, il naquit à Cythère [1] ; des auteurs disent qu’il était aussi originaire d’Héraclée du Pont [2].

La souda [3] nous dit qu’il fut instruit par Melanìppides dans l’art dont il faisait profession, c’est-à-dire la poésie dithyrambique [4], un art dans lequel, il avait obtenu un succès considérable avant 408 av.jc.

Le moment où Philoxène quitta Athènes pour se rendre en Sicile reste indéterminé. Il s’installa à sa cour à Syracuse [5], dont le luxe lui fournit la matière de son poème. Toutefois, on sait qu’il offensa bientôt Dionysios et fut jeté en prison. Très vite, le poète fut libéré et revint dans les bonnes grâces de Dionysios ; cependant, à la suite d’une nouvelle dispute, ou méfiant à l’égard des sentiments du tyran [6] envers lui, il quitta sa cour.

Nous savons qu’à certains jours de l’année, ses dithyrambes étaient chantés en public dans les théâtres par la jeunesse arcadienne [7]. Il fut l’objet d’attaques de la part des poètes comiques, comme tous les autres musiciens du temps, à qui l’on reprochait d’avoir rompu avec la simplicité de la musique d’antan.

De multiples témoignages révèlent l’estime dans laquelle les Anciens tenaient Philoxène, pendant sa vie et même après sa mort. L’éloge le plus remarquable qui lui est fait vient du poète comique Antiphanès qui le confronte avec les musiciens postérieurs à lui.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Émile Chambry, Alain Billault, Émeline Marquis et Dominique Goust (trad. Émile Chambry, préf. Alain Billault), Lucien de Samosate : Œuvres complètes, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2015, 1248 p. (ISBN 9782221109021).

Notes

[1] Cythère, connue aussi sous le nom de Cérigo, est une île grecque, située entre le Péloponnèse et la Crète. Elle est baignée à l’est par la mer Égée et à l’ouest par la mer Méditerranée. Elle fait partie, avec les îles Ioniennes, de l’Heptanèse mais elle est aujourd’hui rattachée administrativement à l’Attique.

[2] Héraclée du Pont ou Héraclée Pontique était une ville grecque de Bithynie située sur le Pont-Euxin. Elle a fait place à l’actuelle ville de Karadeniz Ereğli (Ereğli de la Mer Noire) dans la province de Zonguldak en Turquie. Située à environ 200 km à l’est du Bosphore, la ville fut fondée vers le 6ème siècle av. jc (-560/-558) par des colons de Mégare et de Béotie et fut nommée d’après Héraclès, dont les Grecs pensaient qu’il pénétra dans les Enfers via une grotte par laquelle l’Achéron les rejoignait. La ville devint rapidement prospère et établit ses propres colonies, dont Callatis, Chersonèse et Cidros - suscitant la convoitise de la Bithynie et de la Galatie voisines. Alliée de Rome en 185 av.jc, elle souffrit grandement des guerres de Mithridate. Prise et détruite par le proconsul Marcus Aurelius Cotta en 73av.jc, puis reconstruite, elle ne recouvra jamais sa prospérité d’antan.

[3] La Souda ou Suidas est une encyclopédie grecque de la fin du 9ème siècle. C’est un ouvrage de référence, en particulier pour les citations, très souvent utilisé dans les travaux portant sur l’Antiquité.

[4] Le dithyrambe est un hymne religieux chanté par un chœur d’hommes accompagné d’un aulos et d’une danse représentant à l’origine l’emprise de Dionysos sur les hommes. Même si des dithyrambes ont été adressés à d’autres divinités grecques, il s’agit avant tout d’une action liturgique célébrée en l’honneur de Dionysos, dont l’une des épiclèses est Dithyrambos

[5] Syracuse fut fondée au 8ème siècle av. jc par des colons grecs venant de Corinthe. Elle est aujourd’hui la principale ville de la province de Syracuse. Cicéron la présenta comme la plus grande et la plus belle des villes grecques.

[6] Dans la Grèce antique, un tyran était un homme qui disposait d’un pouvoir assuré par la force ; ce pouvait être un ancien magistrat, parfois même un esclave, arrivé au pouvoir après un coup d’État, par ruse plus que par violence. Les tyrans ne prirent jamais officiellement le titre de tyran, et il n’y eut pas de titre général et officiel pour les désigner, c’est pourquoi on leur donne le nom dont leurs ennemis les stigmatisaient.

[7] L’Arcadie est une région de la Grèce située au centre de la péninsule du Péloponnèse. Son relief est très montagneux, surtout au nord et elle est baignée à l’est par la mer Égée. Tirant son nom du personnage mythologique Arcas. L’Arcadie était un pays de villages, qui n’a jamais eu un poids fort dans la politique grecque. Mantinée et Tégée furent pourtant mêlées à l’expansion spartiate, principalement au 5ème siècle av.jc. Pendant longtemps l’Arcadie n’eut pas de gouvernement central : plus tard, Sparte ne pouvant plus s’y opposer, Megalopolis, capitale de toute l’Arcadie, fut bâtie en 370 avant jc. Ce pays fut d’abord gouverné par des rois,