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Gilbert de Sempringham

jeudi 9 septembre 2021, par ljallamion

Gilbert de Sempringham (1083/1089-1189) 

Fondateur de l’ordre de Saint-Gilbert

Né à Sempringham [1] entre Bourne [2] et Heckington, aux confins des marais du Lincolnshire [3]. Son père, Jocelin, est un riche chevalier normand qui possède des terres dans le Lincolnshire ; sa mère, dont le nom est inconnu, est une Anglaise d’humble origine. Souffreteux et difforme, il n’est pas destiné à une carrière militaire, voire à une carrière de chevalier, mais il est envoyé en France pour y étudier.

Après avoir passé quelque temps à l’étranger, où il enseigne, il retourne encore jeune homme dans son Lincolnshire natal. Il est présenté aux paroisses de Sempringham et de Tirington, dont son père est seigneur. Peu de temps après, il se présente lui-même au palais de Robert Blouet, évêque de Lincoln [4], où il devient secrétaire. En 1123 Robert est remplacé par Alexandre, qui retient Gilbert à son service et l’ordonne comme diacre [5], puis comme prêtre, en grande partie contre sa volonté.

Les revenus de Sempringham suffisant à ses besoins à la cour de l’évêque, il consacre aux pauvres ceux de Tirington. Quand on lui offre l’archidiaconat [6] de Lincoln il le refuse, disant qu’il ne connaît pas de voie plus certaine vers la perdition. En 1131, il retourne à Sempringham et, son père étant mort, devient seigneur du château et des terres. C’est cette même année qu’il fonde son premier monastère.

Il construit à Sempringham, avec l’aide d’Alexandre, un cloître pour des religieuses, au nord de l’église Saint-André. Il y adjoint bientôt une communauté de converses, puis une communauté de convers [7].

Vers 1139, un deuxième monastère voit le jour, dans l’île de Haverholm. En 1148, Gilbert se rend au chapitre général de Cîteaux [8], en Bourgogne, pour demander l’intégration de ses monastères dans l’ordre cistercien. Les abbés refusent. Gilbert fonde alors son ordre propre qui, à sa mort, compte 13 monastères, dont 9 monastères doubles, c’est-à-dire accueillant séparément des hommes et des femmes.

En 1165, Gilbert est emprisonné pour son soutien à Thomas Becket. Menacé d’une sentence d’exil, il est finalement gracié par Henri II. En 1170 il doit faire face à une révolte de 90 de ses convers, et reçoit en cette occasion le soutien du pape Alexandre III. Devenu aveugle, il doit renoncer à gouverner son ordre. Il meurt centenaire à Sempringham, en 1189.

Il est canonisé le 30 janvier 1202 par le pape Innocent III,

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Brian Golding, ‘Gilbert of Sempringham [St Gilbert of Sempringham] (1083–1189)’, Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004

Notes

[1] Situé au nord de Bourne, au bord des Fens, Sempringham est maintenant un tout petit hameau composé d’une église, d’une maison et d’un puits. La plupart de ses maisons sont à un kilomètre de l’église, entre Pointon et Billingborough. L’église se trouve à une altitude d’environ 16 mètres, sur un terrain qui s’élève légèrement au-dessus de la platitude du Fenland. C’est le site du monastère double Sainte-Marie, un prieuré de l’abbaye de Peterborough, dont la fondation remonte à saint Gilbert, également connu sous le nom de Gilbert de Sempringham.

[2] Bourne est une ville du Lincolnshire, dans l’Est de l’Angleterre. La ville, mentionnée pour la première fois dans un document de 960, apparaît dans le Domesday Book sous le nom de Burne. Elle abritait une abbaye jusqu’à la dissolution des monastères ordonnée par Henri VIII au 16ème siècle. Hereward l’Exilé est censé être né dans la région de Bourne.

[3] Le Lincolnshire est un comté d’Angleterre situé sur le littoral de la mer du Nord. Il a pour voisins, du nord au sud, les comtés du Yorkshire de l’Est, du Yorkshire du Sud, du Nottinghamshire, du Leicestershire, du Rutland, du Cambridgeshire et du Norfolk. Son chef-lieu est la ville de Lincoln.

[4] Le diocèse de Lincoln est un diocèse anglican de la Province de Cantorbéry. Son siège est la cathédrale de Lincoln. C’est l’un des plus anciens diocèses d’Angleterre, fondé en 678. Il se divise en 23 archidiaconés.

[5] Fonction créée par les Apôtres pour se décharger des soucis matériels. Ainsi, le diacre est chargé de distribuer les aumônes à leur place. Peu à peu, il assiste le prêtre dans des tâches spirituelles telles que la distribution de l’eucharistie et le baptême. Saint Etienne a été le premier diacre.

[6] Un archidiacre est un vicaire épiscopal à qui l’évêque confie certaines fonctions administratives pour un groupe de paroisses.

[7] Dans l’usage courant, les frères lais (d’abords appelés convers ou converse pour les sœurs laies) sont les membres des ordres religieux catholiques chargés principalement des travaux manuels et des affaires séculières d’un monastère. Les frères lais ont été connus, en divers lieux et à différentes époques, sous les noms de fratres conversi, laici barbati, illiterati ou encore idiotæ. Bien que membres de leurs ordres respectifs, ils forment une catégorie séparée des moines de chœur, qui se consacrent principalement à l’Opus Dei à l’étude, et parfois à l’écriture.

[8] L’abbaye de Cîteaux, située dans la commune française de Saint-Nicolas-lès-Cîteaux en Bourgogne, canton de Nuits-Saint-Georges, berceau et chef de l’ordre cistercien, fut fondée par Robert de Molesme abbé de Molesmes en 1098. Maison mère à la tête de plusieurs centaines de monastères ayant marqué pendant plus de sept siècles la vie spirituelle, économique et sociale du monde chrétien, elle fit de Cîteaux un centre spirituel majeur de l’Europe. L’abbaye et son immense domaine furent vendus en 1791. Les Cisterciens Trappistes de l’Ordre cistercien de la stricte observance (OCSO) qui l’occupent depuis 1898 lui ont redonné une vie spirituelle. Elle a aujourd’hui retrouvé son rang d’abbaye tête de l’ordre des Cisterciens Trappistes et perpétue sa tradition et sa longue histoire.