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L’histoire pour le plaisir

Egill Skallagrímsson

mercredi 11 août 2021, par ljallamion

Egill Skallagrímsson

Héros et scalde islandais

Né au début du 10ème siècle à Borg [1], une ferme de la région des Myrar [2]) dans un fjord [3] auquel elle a donné son nom, dans l’ouest de l’Islande [4]. Fils de Grímr le Chauve, il est le personnage principal d’une des plus grandes sagas de familles de l’île, probablement rédigée par l’écrivain et homme d’État Snorri Sturluson, qui décrit Egill comme un de ses descendants, dans la première moitié du 13ème siècle.

Le plus lointain ancêtre connu d’Egill est son arrière-arrière-grand-père Ulfr Oargr, baron et scalde [5] dans le Naumudalr, au nord de la Norvège. Il vivait au début de l’époque viking. Sa fille Hallbera donna son nom au fils qu’elle eut d’un certain Brunda-Bjalfi.

À l’époque où Harald 1er de Norvège unifia le pays, Kveldulf, père de Grím, refusa de le servir tandis que l’un de ses fils allait payer cet honneur de sa vie. Aidé de son second fils, Grím le Chauve, le vieux chef se vengea du roi avant de fuir la Norvège. Son idée était de se réfugier en Islande, une île tout récemment découverte, mais il mourut en cours de la traversée. À sa demande, son cercueil fut jeté à la mer.

Grím s’installa en Islande, là où toucha terre le cercueil de son père. Il y établit le domaine de Borg, dans la région des Myrar dont il devint le chef. Il y accueillit beaucoup de monde dont son beau-père Yngvarr, un autre baron norvégien déchu, ainsi qu’un couple d’amoureux en fuite dont il recueillit la fille, Asgerd. De son épouse Bera, Grím ne garda que deux fils, Thorolf d’abord et Egill ensuite.

Très vite, Egill se montra extrêmement doué pour la poésie, la boisson et les conflits. D’une terrible violence, il tua un jour un compagnon de jeu qui l’avait maltraité et, plus tard, un intendant de son père. Comme il était devenu intenable, Grím accepta qu’il accompagne son aîné à l’étranger pour aller y faire ses armes.

En Norvège, Egill ne tarda pas à se lier d’une amitié éternelle avec Arinbjörn dont Thorolfr épousa la cousine, cette Asgerd qu’avait jadis adoptée Grím le Chauve. Il devint également l’ennemi mortel du roi Erik et de son épouse Gunnhild. Obligés de fuir le pays comme l’avaient fait leurs ancêtres, Egill et Thorolf devinrent vikings. Ils sévirent en Courlande [6], au Danemark [7] pour se retrouver finalement en Angleterre en 937.

C’est là, au service du roi AEthelstan à la bataille de Brunanburh [8], que Thorolfr fut tué. Egill le vengea aussitôt, reçut deux coffres d’argent du roi comme compensation et épousa la veuve de son frère.

De retour en Islande, bientôt père de famille, Egill hérita également des biens et fonctions de son père, décédé à cette époque. Des affaires d’héritage de son épouse le rappelèrent pourtant en Norvège où procès et duels s’enchaînèrent. Il tomba même un jour aux mains de son ennemi Erik à York [9] et ne sauva sa vie que grâce à l’intervention d’Arinbjörn et à un poème de louange composé en une nuit. Lors de son tout dernier voyage, on le vit même percepteur d’impôts pour le roi Håkon de Norvège. Il rentra ensuite définitivement en Islande où il maria ses enfants.

Des malheurs frappèrent alors Egill. Il perdit un de ses fils de maladie et un autre se noya. Il voulut renier le dieu Odin et se laisser mourir de faim et de chagrin, mais sa fille Thorgerd le convainquit d’écrire en l’honneur des disparus ce qui devint un des fleurons de la poésie scaldique. Il fit de même quand son ami Arinbjörn fut tué aux côtés du roi Harald vers 970. À la mort d’Asgerd, il laissa Borg et le titre de chef à son dernier fils Thorsteinn , qu’il n’aimait guère, et s’installa chez sa nièce à Mosfell. Ses seules consolations étaient son amitié avec le scalde Einarr Skallaglamm et une victoire en justice en faveur de son clan, mais il perdait peu à peu l’ouïe et la vue.

Après une dispute avec le maître de Mosfell, il ordonna à deux serviteurs de l’emmener avec ses deux coffres d’argent anglais vers une destination inconnue. On le retrouva bien plus tard, aveugle, errant au hasard, sans coffres ni guides. Il ne révéla pas son secret et mourut peu après dans son lit.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Egill Skallagrímsson/ Portail de la poésie/ Catégories : Personnalité islandaise du Xe siècle/ Poète islandais

Notes

[1] Borgarnes est une localité islandaise située au bord du Borgarfjörður en Islande. Egill Skallagrímsson aurait vécu sur la ferme Borg á Mýrum devant les portes de la ville. Le sculpteur islandais Ásmundur Sveinsson lui a dédié une statue qui est placée devant la ferme qui existe encore.

[2] les Marais

[3] Un fjord ou fiord est une vallée unique érodée par un glacier avançant de la montagne à la mer qui a été envahie par la mer depuis le retrait de la glace. L’aspect typique d’un fjord est celui d’un bras de mer étroit, plus ou moins ramifié, aux côtés très escarpés, à la bathymétrie élevée et qui s’avance dans les terres sur plusieurs kilomètres, parfois jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres.

[4] L’Islande est un pays insulaire d’Europe du Nord situé dans l’océan Atlantique. Géographiquement plus proche du continent américain du fait de sa proximité avec le Groenland, le pays est rattaché culturellement et historiquement à l’Europe. Ayant pour capitale et pour plus grande ville Reykjavik. Île de l’océan Atlantique nord, située entre le Groenland et la Norvège, au nord-ouest des îles Féroé, l’Islande s’étend sur 102 775 km². Son relief, culminant à 2 109,6 m au Hvannadalshnjúkur, est assez montagneux, le centre de l’île constituant les Hautes Terres d’Islande désertiques et les côtes découpées par des fjords. Plus de 10 % de l’île est constituée de glaciers. L’Islande fut colonisée par les Vikings à partir du 9ème siècle, bien que vraisemblablement découverte auparavant par des moines irlandais connus sous le nom de papar. En 930, les chefs islandais décident de créer une assemblée commune, l’Althing, le plus vieux Parlement au monde. S’ensuit une longue période d’indépendance connue sous le nom d’État libre islandais, durant laquelle intervient notamment la christianisation de l’Islande. Cependant, dès 1220, des luttes internes connues sous le nom d’âge des Sturlungar affaiblissent le régime, qui s’effondre en 1262 lors de la signature du Vieux Pacte qui lie l’Islande au royaume de Norvège. Après la fin de l’Union de Kalmar en 1536, l’île passe sous domination danoise et l’Althing est abolie par le Roi en 1800.

[5] Le scalde est un poète scandinave, très souvent islandais, du Moyen Âge, essentiellement du 9ème au 13ème siècle. Il compose en se fondant sur l’allitération, le compte des syllabes et l’accentuation. Sa poésie strophique, avec ou sans refrain, volontairement sans lyrisme, à la formulation stéréotypée, loue des personnages, récapitule un lignage, expose des sentiments personnels ou décrit un bel objet. Elle sert de base documentaire à Snorri Sturluson pour la composition de son Edda puis aux rédacteurs de sagas. Un scalde est parfois le personnage principal d’une saga. C’est le cas d’Egill Skallagrimsson, Hallfreðr vandræðaskáld ou Gunnlaug Langue-de-serpent.

[6] Le duché de Courlande ou duché de Courlande et Sémigalie est une principauté territoriale héréditaire fondée en 1561 lors de la sécularisation de la Confédération livonienne au sein de l’État teutonique par son maître Gotthard Kettler. Le duc réorganise son État, le faisant régir par un droit directement inspiré du protestantisme. État autonome sous la suzeraineté de la République des Deux Nations, le duché englobait les régions historiques de la Courlande (Kurzeme) et de la Sémigalie (Zemgale), qui font aujourd’hui partie de la Lettonie. Il a même été une petite puissance coloniale (Tobago, Île James). Annexé au cours du troisième partage de la Pologne en 1795, le territoire entre ensuite dans le gouvernement de Courlande, parfois improprement appelé province de Courlande, administrée par l’Empire russe.

[7] pillage de Lund

[8] La bataille de Brunanburh vit la victoire du roi Athelstan et de son frère Edmond sur les armées combinées d’Olaf Gothfrithson, le roi viking de Dublin, de Constantin II d’Écosse et d’Owen de Strathclyde. Certaines sources mentionnent également des mercenaires irlandais, voire gallois.

[9] York est une ville du nord de l’Angleterre. Située à la confluence de deux rivières, l’Ouse et la Foss, elle donne son nom au comté du Yorkshire. Fondée par les Romains sous le nom d’Eboracum, elle est l’une des villes majeures du royaume anglo-saxon de Northumbrie, puis la capitale du royaume viking de Jórvík. Elle est également le siège d’un archevêché de l’Église d’Angleterre. Après l’arrivée des Anglo-Saxons, York devint l’une des principales villes du royaume de Northumbrie sous le nom vieil anglais Eoforwic. Le roi Edwin y fut baptisé en 627. Elle devint le siège d’un évêché, puis d’un archevêché en 735. Tombée aux mains de la Grande Armée en 866, elle fut la capitale d’un royaume viking de 876 à 954 sous le nom de Jórvík, date de sa conquête définitive par le royaume d’Angleterre. Le 20 septembre 1066, Harald Hardrada s’empara de la ville, mais fut tué cinq jours plus tard par le roi Harold Godwinson à la bataille de Stamford Bridge, vainqueur qui devait périr à son tour à la bataille de Hastings peu de temps après. En 1190, Richard de Malbis et d’autres nobles d’York qui envisageaient de se joindre à Richard dans la troisième croisade profitèrent d’un incendie qui avait éclaté en ville pour faire courir une rumeur contre les Juifs. Les maisons de Benoît et Joce furent attaquées et ce dernier obtint la permission du gardien du château d’York d’y évacuer sa famille et l’ensemble des Juifs, probablement dans la tour de Clifford. Assaillis par la foule, les Juifs prirent peur et ne laissèrent pas rentrer le gardien qui avait quitté la tour. Il en appela au shérif, qui fit venir la milice du Comté. La tour de Clifford fut assiégée plusieurs jours. Un moine fit la cérémonie de sacrement chaque matin autour des murs comme pour sacraliser la lutte. Il fut écrasé d’une pierre jetée par les Juifs assiégés ; la colère de la foule devint alors une folie forcenée. Quand les Juifs de la tour de Clifford virent qu’ils n’avaient aucune alternative autre que de se soumettre au baptême ou périr aux mains de la foule, Yom-Tob ben Isaac de Joigny, tossafiste français et nouveau chef de la communauté, les exhorta à se tuer eux-mêmes plutôt que de succomber à la cruauté de leurs ennemis. Ceux qui étaient en désaccord furent autorisés à se retirer. Les autres se donnèrent la mort, après avoir mis le feu à leurs vêtements et marchandises pour éviter que ceux-ci ne tombent dans les mains de la foule.