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Taharqa

lundi 17 mai 2021, par ljallamion

Taharqa

Roi de Napata-Pharaon de 690 à 664 av. jc

Fils de Piânkhy et d’ Abar et le frère et successeur de Chabataka . Son nom d’Horus est Oaikhaou, son nom de roi Nefertemkhourê et son nom de naissance Taharka ou Taherouk. Il est généralement représenté avec la calotte propre aux rois koushites [1], sur laquelle se dressent les deux uræus [2], insignes de la double royauté de la Nubie [3] et de l’Égypte antique.

Valeureux militaire, il repousse à l’âge de 16 ans les menaces assyriennes [4]. Il organise la Nubie en provinces, les contrôlant militairement, administrativement et économiquement, assurant à l’Égypte et à la Nubie, une période de paix et de prospérité.

Le programme de construction de Taharqa aura été important, restaurations et constructions de temples sur tout le territoire. Le plus célèbre reste celui dédié à Amon, au pied du Gebel Barka [5], à l’image de Karnak [6]. Il bâtit à Kasr Ibrim [7], Semna [8], Bouhen [9] et rénove Thèbes [10]. À Karnak il fait agrandir le lac sacré et ériger un kiosque aux colonnes hautes de 20 mètres. L’art koushite se mêle aux normes égyptiennes.

Lors de la seconde partie de son règne, il ne pourra empêcher l’invasion assyrienne du pays jusqu’à Thèbes. Les Assyriens attaquent l’Égypte vers 677, mais le roi Assarhaddon écourte la bataille pour mater une rébellion au nord de son empire. En l’an XVII, Taharqa en 674 ne peut faire face à une expédition punitive lancée par les Assyriens contre l’Égypte qui, avant d’arriver, avaient ravagé la Palestine [11] et bat en retraite vers le royaume de Koush [12].

Le roi Assarhaddon prend la ville stratégique d’Ascalon [13] aux portes du delta du Nil. Taharqa dépêche une armée qui repousse les Assyriens. Cette victoire apporte presque 3 ans de paix au pays. En 672 l’Assyrie lance à nouveau toute son armée contre l’Égypte. Le roi Assarhaddon nettement plus fort militairement s’empare du delta, de Memphis [14] et assied son autorité jusqu’à Assouan [15] en 671, Taharqa doit alors se réfugier dans le sud d’où il garde apparemment le contrôle sur la Haute-Égypte. Les Assyriens ayant besoin d’appuis locaux pour garder le pouvoir sur leur nouveau territoire, favorisent les roitelets du nord, au premier rang desquels se trouvent les princes Saïtes [16].

L’ennemi parti, Taharqa se lance dans une reconquête. La ville de Saïs est prise. Un nouveau roi d’Assyrie Assurbanipal arrive au pouvoir, il lance son armée contre l’Égypte et reconquiert sans grande difficulté la Basse et Haute-Égypte [17]. À cette occasion la ville sainte de Thèbes qui n’avait jamais subie les outrages du temps et de l’histoire, tombe aux mains des assyriens qui pilleront et saccageront les temples et sanctuaires de la ville d’Amon-Rê.

Taharqa fuit de nouveau et se réfugie à Napata [18]. Comme lors de la première invasion, les Assyriens laissent le pouvoir au roi de Saïs, puis quittent le pays. C’est le moment que choisit la ville de Saïs pour négocier avec Taharqa. Assurbanipal excédé et afin d’empêcher toutes rébellions futures, fait exécuter les principaux chefs de Saïs. Un grand chef est épargné, Néchao 1er à qui il confie le royaume et installe son fils Psammétique 1er (Le futur pharaon) à la tête de l’ancien royaume d’Athribis [19].

Les Saïtes prennent ainsi le pouvoir avec l’appui et la reconnaissance des envahisseurs qui quittent le pays. Cette nouvelle distribution politique ne change pas grand-chose aux ambitions de Taharqa qui espère reconquérir l’Égypte, mais il meurt avant de concrétiser son rêve.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Taharqa /Portail de l’Égypte antique / Catégories : Pharaon

Notes

[1] Le royaume de Koush est l’appellation que les Égyptiens antiques donnèrent au royaume qui s’établit au sud de leur pays dès l’Ancien Empire. Ce royaume eut une longévité peu commune et trouve ses origines dans les cultures néolithiques qui se développèrent dans le couloir nilotique du Soudan actuel et de la Nubie égyptienne. On a longtemps considéré cette culture à l’aune de la civilisation égyptienne et de ce fait peu d’études eurent lieu à son sujet, la reléguant alors soit au stade d’une principauté dépendante du royaume des pharaons ou encore à celui d’un avatar de cette civilisation, ne lui reconnaissant donc aucune spécificité voire une valeur relative.

[2] Dans l’antiquité égyptienne, l’uræus est le cobra femelle qui a pour fonction de protéger le pharaon contre ses ennemis. C’est également une puissante déesse, principalement incarnée par Ouadjet (cobra de Bouto). La déesse Ouret-Hékaou (serpent, ou lionne) la personnifie aussi. Dans la mythologie égyptienne, l’uræus est encore l’œil de Rê (et sa fille), soit une déesse solaire. On le retrouve la plupart du temps représenté sur la coiffe de pharaon dont il est l’un des attributs.

[3] La Nubie est aujourd’hui une région du nord du Soudan et du sud de l’Égypte, longeant le Nil. Dans l’Antiquité, la Nubie était un royaume indépendant dont les habitants parlaient des dialectes apparentés aux langues couchitiques. Le birgid, un dialecte particulier, était parlé jusqu’au début des années 1970 au nord du Nyala au Soudan, dans le Darfour. L’ancien nubien était utilisé dans la plupart des textes religieux entre les 8ème et 9ème siècles.

[4] L’Assyrie est une ancienne région du Nord de la Mésopotamie, qui tire son nom de la ville d’Assur, qui est aussi celui de sa divinité tutélaire, le dieu Assur. À partir de cette région s’est formé au 2ème millénaire av. jc un royaume puissant qui est devenu par la suite un empire. Aux 8ème et 7ème siècles av. jc, l’Assyrie contrôle des territoires s’étendant sur la totalité ou sur une partie de plusieurs pays actuels tels l’Irak, la Syrie, le Liban, la Turquie ou encore l’Iran.

[5] Le Gebel Barkal (ou Djebel Barkal) est le promontoire rocheux qui domine le site de Napata (Soudan), site d’un temple d’Amon célèbre et capitale du royaume de Kouch à dater de la XXVème dynastie égyptienne. Les Égyptiens le nommaient la "montagne Pure" et le considéraient comme le lieu où résidait le dieu Amon. De fait, dès Thoutmôsis III, le site est attesté et ne cessera de se développer alors.

[6] Le complexe religieux de Karnak abusivement appelé temple de Karnak ou tout simplement Karnak comprend un vaste ensemble de ruines de temples, chapelles, pylônes, et d’autres bâtiments situés au nord de Thèbes, aujourd’hui la ville de Louxor, en Égypte, sur la rive droite du Nil. Le complexe de Karnak, reconstruit et développé pendant plus de 2 000 ans par les pharaons successifs, de Sésostris 1er au Moyen Empire à l’époque ptolémaïque, s’étend sur plus de deux km², et est composé de trois enceintes. Il est le plus grand complexe religieux de toute l’Antiquité. Temple le plus important de la XVIIIème dynastie, il était consacré à la triade thébaine avec à sa tête le dieu Amon-Rê. Le complexe était relié au temple de Louxor par une allée de sphinx de près de trois kilomètres de long.

[7] Qasr Ibrim est un site archéologique de Basse Nubie situé à 240 km d’Assouan et à 50 km de la frontière soudano égyptienne sur la rive droite du Nil. La ville fortifiée occupait une falaise surplombant le fleuve de 60 m, elle dominait le site d’Aniba, situé sur la rive opposée, siège du gouverneur de la province de Wava à l’époque pharaonique.

[8] À près de 500 kilomètres au sud d’Assouan, en territoire nubien, les forteresses de Semna forment un des bastions les plus méridionaux de la colonisation égyptienne. Cette citadelle formait une barrière permettant de contrôler le trafic maritime entre la 2ème et la 3ème cataracte et était composée de plusieurs forteresses

[9] Bouhen est le site d’une des forteresses établies en Nubie par les pharaons pour défendre leur frontière méridionale et contrôler les routes commerciales qui passaient par le Nil depuis le Soudan.

[10] Thèbes (aujourd’hui Louxor) est le nom grec de la ville d’Égypte antique Ouaset (« Le sceptre » ou « La Puissante »), appartenant au quatrième nome de Haute Égypte. D’abord obscure capitale de province, elle prend une importance nationale à partir de la XIème dynastie. Elle est en effet la ville d’origine des dynastes de la famille des Antef, qui fondent la XIème dynastie avec Montouhotep 1er et Montouhotep II, liquidateurs de la Première Période Intermédiaire et rassembleurs des Deux Terres, c’est-à-dire de la Haute Égypte et de la Basse Égypte.

[11] Le nom Palestine désigne la région historique et géographique du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le désert à l’est du Jourdain et au nord du Sinaï. Si le terme « Palestine » est attesté depuis le 5ème siècle av. jc par Hérodote, il est officiellement donné à la région par l’empereur Hadrien au 2ème siècle, désireux de punir les Juifs de leur révolte en 132-135. Elle est centrée sur les régions de la Galilée, de la Samarie et de la Judée. Ses limites sont au nord la Phénicie et le mont Liban et au sud la Philistie et l’Idumée. À l’époque des croisades, le Pérée au nord-est de la mer Morte, la Batanée et la Décapole au-delà du Jourdain y étaient attachés. La Palestine peut désigner le territoire situé uniquement à l’ouest du Jourdain. Historiquement, elle correspond à Canaan, à la Terre d’Israël et fait partie de la région de Syrie (Syrie-Palestine). Les Arabes, qui ont conquis la Palestine sur les Byzantins dans les années 630, divisent la province d’al-Sham en cinq districts (jund), dont l’un garde le nom de « Palestine » et s’étend du Sinaï jusqu’à Akko (connue par les Chrétiens sous le nom de Saint-Jean-d’Acre) ; son chef-lieu est d’abord Ludd (Lod) puis, dès 717, ar-Ramlah (Ramla) et plus tard Jérusalem. Les autres villes les plus importantes sont Rafah, Gaza, Jaffa, Césarée, Naplouse et Jéricho. Ce district de « Palestine » était bordé au nord et à l’est par celui de « Jordanie », al-Urdunn, qui avait pour capitale Tibériade et incluait Akko et Tyr. Les frontières entre ces deux districts ont plusieurs fois varié au cours de l’histoire. À partir du 10ème siècle, cette division a commencé à tomber en désuétude, pour faire place finalement au royaume chrétien de Jérusalem. Sous le gouvernement des Croisés, est fondé en 1099, le royaume latin de Jérusalem ; Jérusalem redevient capitale d’un État. Après la défaite et le départ des Croisés, aux 12ème et 13ème siècles, les jund (districts) arabo-musulmans sont réintroduits, mais leurs frontières sont sans cesse redéfinies.

[12] Le royaume de Koush est l’appellation que les Égyptiens antiques donnèrent au royaume qui s’établit au sud de leur pays dès l’Ancien Empire. Ce royaume eut une longévité peu commune et trouve ses origines dans les cultures néolithiques qui se développèrent dans le couloir nilotique du Soudan actuel et de la Nubie égyptienne. On a longtemps considéré cette culture à l’aune de la civilisation égyptienne et de ce fait peu d’études eurent lieu à son sujet, la reléguant alors soit au stade d’une principauté dépendante du royaume des pharaons ou encore à celui d’un avatar de cette civilisation, ne lui reconnaissant donc aucune spécificité voire une valeur relative.

[13] aujourd’hui Ashkelon, en Israël

[14] Memphis est à l’origine le nom de Memphis, princesse de la mythologie grecque, qui aurait fondé une ville en Égypte à laquelle elle aurait donné son nom. Memphis était la capitale du premier nome de Basse Égypte, le nome de la Muraille blanche. Ses vestiges se situent près des villes de Mit-Rahineh et d’Helwan, au sud du Caire.

[15] Assouan ou Syène est une ville d’Égypte située à environ 843 km au sud du Caire, sur la rive droite du Nil, près de la première cataracte. Faisant naguère partie de la Haute Égypte, dans le premier nome, celui du « Pays de l’arc » (ou du « Pays de Nubie » - tA-sty), son nom en égyptien ancien était Souenet (ou Swenet ou Souentet) qui signifie « Commerce ».

[16] Saïs se situait sur la branche canopique du Nil dans le delta occidental. Elle est identifiée de nos jours au site du village de Sa el-Hagar (ou Sah el-Haggar), à l’Ouest de Samannud. Elle fut la capitale du cinquième nome de Basse Égypte le « nome supérieur de Neith » ou « la cible du Nord ».

[17] La Haute-Égypte est la partie sud de l’actuelle Égypte. De tout temps, le Nil ayant été l’axe de préoccupation principal des Égyptiens, c’est donc à lui que fait référence le qualificatif haut. Le Nil prenant sa source en Afrique centrale (dans la région des Grands Lacs) et se jetant dans la mer Méditerranée dans le delta au nord, il est logique (selon la loi de l’écoulement des fleuves) que le sud du pays soit plus élevé que le nord. C’est pourquoi la Haute Égypte correspond à la partie méridionale du pays, de la région d’Aphroditopolis (au sud de Memphis) jusqu’au haut barrage d’Assouan, près de la première cataracte, c’est-à-dire à la frontière nord de la Basse Nubie.

[18] Napata est à la fois le nom d’un royaume antique d’Afrique et le nom de sa capitale. Son nom est attaché à la « deuxième période » du royaume de Koush. Situé en aval de la quatrième cataracte du Nil, les ruines de la ville antique sont situées au pied du Gebel Barkal, un promontoire rocheux qui domine la vallée et le fleuve et qui très tôt a été identifié comme une montagne sacrée dans laquelle résidait le dieu Amon lui-même.

[19] Athribis est le nom grec d’une cité antique égyptienne du delta, dans le Xème nome de Basse Égypte, « Le grand taureau noir ». Son nom égyptien est Het-ta-hérieb ou Het-ta-héri-ib ou encore Hout-héry-ib. Ce site, connu par les archéologues sous le nom arabe de Tell-Athrib, se trouve près de la localité de Benha. Il est connu de nos jours sous le nom de Kom Sidi Youssef.