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Christian III de Danemark

lundi 10 mai 2021, par ljallamion

Christian III de Danemark (1503-1559)

Duc d’Holstein et de Schleswig de 1523 à 1533-Roi de Danemark et de Norvège de 1534 à sa mort

Fils de Frédéric 1er et d’ Anne de Brandebourg .   Parmi les enseignants du futur Christian III, Wolfgang von Utenhof, originaire de Wittenberg [1], et le luthérien Johann Rantzau qui devint son tuteur, furent à la fois des hommes d’une grande capacité et des réformateurs.   En 1521, Christian III de Danemark se rendit en Allemagne et participa à la Diète de Worms [2] le 28 janvier au 25 mai 1521 oùMartin Luther lui fit grande impression. À son retour, son père était monté sur le trône danois à la place de Christian II.   Le 29 octobre 1525, Christian III de Danemark épousa Dorothée de Saxe-Lauenbourg fille du duc Magnus 1er de Saxe-Lauenbourg .   Christian III ne cacha jamais son opinion sur le luthéranisme et sa liberté de parole lui valut quelques ennuis, non seulement avec les catholiques Rigsraad [3], mais également avec son père, homme prudent et temporisateur.   À sa propre Cour, à Schleswig [4] et malgré l’opposition des évêques, Christian III fit de son mieux pour introduire la Réforme. Il obtint de l’électeur de Saxe l’envoi à Copenhague [5] du théologien Bugenhagen , qui avait déjà converti Hambourg [6] et la Poméranie [7]. Comme duc de Schleswig [8] et de Holstein [9], ainsi que comme vice-roi de Norvège, Christian III fit preuve d’une grande capacité administrative, mais aussi d’une profonde intolérance envers les catholiques.   Certains proposèrent à la succession au trône danois et norvégien son demi-frère Jean de Danemark, duc de Schleswig-Holstein-Sonderbourg, car celui-ci avait été éduqué dans la foi catholique. Il fut proclamé roi de Danemark et de Norvège à la mort de son père en 1533. Il dut d’abord s’imposer face aux partisans de Christian II et aux Lübeckois [10] et prit donc une part active à la "Guerre des comtes" ou "Grevens Fejde" [11] de 1534 à 1536.   Le triomphe de la Réforme provoqua la chute du catholicisme au Danemark, mais la présence des catholiques au Conseil d’État était encore très forte, et il dut recourir à un coup d’État, qu’il accomplit avec succès grâce à l’aide de ses mercenaires allemands le 12 août 1536.   La brutalité de cet acte fut fortement blâmée par Martin Luther. Christian III imposa le luthéranisme comme religion d’État dans l’ensemble de ses possessions, triomphant d’une forte opposition catholique et confisquant les biens d’Église ce qu’il lui permit de réajuster les finances du royaume.   Les circonstances qui amenèrent Christian III sur le trône l’exposa au danger de la domination étrangère. Ce fut avec l’aide de la noblesse du duché d’Holstein que Christian III conquit le trône. Les nobles allemands et ceux d’Holstein avaient dirigé ses armées et dirigeaient aussi sa diplomatie. Une confiance mutuelle entre un roi qui avait conquis son royaume et un peuple qui lui résista avec les armes ne pouvait se réaliser dans l’immédiat.   Les six premières années de son règne furent marquées par une lutte entre les Danois et les conseillers allemands. Bien que la partie danoise remportât une victoire en obtenant l’insertion dans la Charte de dispositions prévoyant que seuls les natifs danois devaient obtenir les plus hautes dignités de l’État, les conseillers allemands continuèrent pourtant à occuper les premières places au sein de ’État pendant les premières années du règne de Christian III.   Les Danois, Charles Quint et les propres membres de la famille royale le menacèrent d’emprisonnement. Ces menaces parvinrent à le convaincre d’éliminer les dernières traces de mécontentement dans son royaume et il s’occupa donc exclusivement des membres danois des grandes familles nobles et des soldats. La reconnaissance de Christian III par le peuple danois s’accomplit à Copenhague en 1542. La noblesse danoise dut donner un vingtième de ses biens afin de rembourser la lourde dette contractée envers le Holstein et les Allemands.   Pour faire contrepoids à l’hostilité persistante de Charles Quint, qui était déterminé à appuyer les revendications des nièces de Christian III concernant l’héritage du royaume scandinave, le pivot de la politique étrangère de Christian III fut son alliance avec les princes allemands luthériens.   En 1542, avec l’aide des princes allemands protestants, il déclara la guerre à Charles Quint. Celui-ci fit la paix avec Christian III à la Diète de Spire [12], le 23 mai 1544. La politique étrangère de Christian III fut réglementée par la Diète de Spire.   Il évita avec soin tout danger de complications et refusa de participer à la Ligue de Smalkalde [13] en 1546.   La médiation entre l’empereur et la Saxe [14] après la chute de Maurice de Saxe à la bataille de Sievershausen en 1553 [15], contribua beaucoup à la conclusion de la paix.   Il développa la flotte danoise, centralisa le pouvoir, mit fin au statut électoral du roi de Danemark en établissant le droit héréditaire de sa lignée à la couronne, et éleva son pays au rang de grande puissance.   Son fils Frédéric II lui succéda. Christian III de Danemark décéda le 1er janvier 1559. Il fut inhumé en la cathédrale de Roskilde [16].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Christian III de Danemark/ Portail du Danemark/ Roi de Danemark

Notes

[1] Wittemberg, en allemand Lutherstadt Wittenberg, est une ville de Saxe-Anhalt en Allemagne, située au bord de l’Elbe. Wittemberg est célèbre pour ses liens étroits avec Martin Luther et les origines de la Réforme protestante : plusieurs de ses bâtiments sont associés aux événements de ce temps.

[2] La diète est une assemblée générale (une diète) des États du Saint Empire romain germanique. Elle s’est tenue à plusieurs reprises à Worms, petite ville bordée par le Rhin et située en Allemagne.

[3] Le Riksråd, Rigsråd ou encore Rigsraad est le nom donné aux conseils qui gouvernaient la Norvège, la Suède et le Danemark en parallèle de leurs rois respectifs. Le Riksråd de Norvège est aboli par le roi du Danemark et de Norvège en 1536 alors qu’il perdure au Danemark jusqu’en 1660 ; en Suède, le conseil ne perd de son influence qu’au 17ème siècle.

[4] Le duché de Schleswig a existé en tant que vassal du Danemark jusqu’à la guerre des Duchés, en 1864. La capitale était Schleswig. Durant le bas Moyen Âge, ce duché était nommé Jutland-du-Sud. Politiquement, le Schleswig était un duché vassal du roi du Danemark depuis le 12ème siècle. À partir du 14ème siècle, une liaison plus étroite se développa avec le Comté de Holstein, qui faisait partie du Saint Empire romain germanique. C’est ainsi que la noblesse du Holstein acquit de grandes possessions au Schleswig. Les Schauenburger, qui avaient reçu le Holstein en fief au 12ème siècle, purent s’établir comme ducs de Schleswig et comtes de Holstein, jetant ainsi les bases d’une seigneurie commune. Le duché de Schleswig resta cependant un vassal danois, tandis que le comté de Holstein demeurait un vassal de l’Empereur. À la mort d’Adolphe VIII en 1459, la lignée des Schauenbourg de Holstein s’éteignit ; le Schleswig et le Holstein étaient si liés qu’il fut naturel aux nobles des deux entités de se doter d’un seigneur commun. Elles choisirent le roi Christian 1er de Danemark, un neveu d’Adolphe VIII. Dans le traité de Ribe de 1460 signé avec Christian 1er figurait le fait que les deux entités devaient rester liées pour l’éternité. Bien que cela n’eût alors rien à voir avec une unité territoriale, ce paragraphe fut la base du mouvement de Schleswig-Holstein du 19ème siècle, qui demandait une séparation du Danemark et l’intégration du Schleswig germanophone à la Confédération germanique. Les danophones demandaient, eux, le rattachement pur et simple du Schleswig et du Holstein au Danemark.

[5] Copenhague est la capitale et la plus grande ville du Danemark. La ville devient la capitale du Royaume de Danemark dès le début du 15ème siècle. Au cours du 17èmesiècle, sous le règne du roi Christian IV, elle devient une des plus grandes villes d’Europe du Nord, renforçant son statut de capitale.

[6] Hambourg est une ville et l’un des 16 Länder composant l’Allemagne. Située au nord du pays, près de l’embouchure de l’Elbe et à proximité de la mer du Nord, Hambourg est la deuxième plus grande ville d’Allemagne (après Berlin) et le premier port du pays. Hambourg était membre fondateur de la ligue hanséatique. Cette ancienne appartenance est encore aujourd’hui revendiquée par la ville, comme élément caractéristique de son identité. C’est ainsi que le code de la ville sur les plaques d’immatriculation est HH, qui signifie Hansestadt Hamburg et que le nom officiel de la ville est Freie und Hansestadt Hamburg (ville libre et hanséatique de Hambourg).

[7] La Poméranie suédoise était une partie de la Poméranie qui fut une possession suédoise de 1648 à 1815 au bord de la mer Baltique. Ses villes les plus importantes étaient Stralsund, Greifswald, et jusqu’en 1720 Szczecin. L’île de Rügen faisait partie de ces territoires. Ceux-ci appartiennent désormais à l’Allemagne et à la Pologne. La Poméranie qui est terre d’Empire, c’est-à-dire appartenant au Saint Empire romain germanique, entre dans le conflit de la guerre de Trente Ans et Stettin est assiégée par les troupes impériales. Le dernier duc de Stettin et de Poméranie, Bogusław XIV de Poméranie, signe un traité en juin 1628 avec le roi de Suède, Gustave-Adolphe. Le traité de Stettin du 10 juillet 1630 étend le « pacte éternel » entre la Suède et la Poméranie. Celle-ci est occupée militairement par les Suédois à la fin de l’année et Gustave-Adolphe règne dans les faits. Un nouveau traité de Stettin signé en 1653 entérine la domination suédoise. Le 21 janvier 1720, par le traité de Stockholm, la reine de Suède, Ulrique-Éléonore, cède au roi de Prusse, Frédéric-Guillaume 1er, la ville de Stettin (aujourd’hui, Szczecin), les îles de Wollin (Wolin) et Usedom (Uznam), la Poméranie antérieure jusqu’à la Peene ainsi que les villes de (Alt-)Damm (aujourd’hui, Dąbie, quartier de Szczecin) et Gollnow (Goleniów) en Poméranie ultérieure

[8] Le duché de Schleswig a existé en tant que vassal du Danemark jusqu’à la guerre des Duchés, en 1864. La capitale était Schleswig. Durant le bas Moyen Âge, ce duché était nommé Jutland-du-Sud. Politiquement, le Schleswig était un duché vassal du roi du Danemark depuis le 12ème siècle. À partir du 14ème siècle, une liaison plus étroite se développa avec le Comté de Holstein, qui faisait partie du Saint Empire romain germanique. C’est ainsi que la noblesse du Holstein acquit de grandes possessions au Schleswig. Les Schauenburger, qui avaient reçu le Holstein en fief au 12ème siècle, purent s’établir comme ducs de Schleswig et comtes de Holstein, jetant ainsi les bases d’une seigneurie commune. Le duché de Schleswig resta cependant un vassal danois, tandis que le comté de Holstein demeurait un vassal de l’Empereur. À la mort d’Adolphe VIII en 1459, la lignée des Schauenbourg de Holstein s’éteignit ; le Schleswig et le Holstein étaient si liés qu’il fut naturel aux nobles des deux entités de se doter d’un seigneur commun. Elles choisirent le roi Christian 1er de Danemark, un neveu d’Adolphe VIII. Dans le traité de Ribe de 1460 signé avec Christian 1er figurait le fait que les deux entités devaient rester liées pour l’éternité. Bien que cela n’eût alors rien à voir avec une unité territoriale, ce paragraphe fut la base du mouvement de Schleswig-Holstein du 19ème siècle, qui demandait une séparation du Danemark et l’intégration du Schleswig germanophone à la Confédération germanique. Les danophones demandaient, eux, le rattachement pur et simple du Schleswig et du Holstein au Danemark.

[9] Le comté de Holstein, exista de 811 à 1474 date à laquelle il fut élevé au rang de duché de Holstein. Il appartenait au duc de Schleswig dépendant du royaume de Danemark. La capitale était Kiel. Le nom de Holstein vient d’une tribu saxonne, Holcetae, qui vivait sur ce territoire. Après la conquête de la Saxe par l’empereur Charlemagne, ce dernier accorde au roi Hemming de Danemark, en vertu du Traité de Heiligen, les territoires situés au-delà de la rivière Eider et constituant la partie septentrionale du Holstein, les terres orientales et méridionales du Holstein étant attribuées aux peuplades slaves des Abodrites et des Wagriens. Les Saxons furent chassés de leurs territoires du Holstein.

[10] Lübeck est une ville hanséatique d’Allemagne du Nord, dans le Land de Schleswig-Holstein. Ce port de la mer Baltique est également surnommé « la reine de la Hanse » : c’était en effet la capitale de la Ligue hanséatique. En 1160, Lübeck obtint la Soester Stadtrecht. Cette époque est aujourd’hui considérée par les historiens comme le commencement de la Hanse des marchands (au contraire de la Hanse des villes). L’argument principal justifiant cette position consiste dans le privilège de Artlenburg en 1161, dans lequel les commerçants de Lübeck devinrent égaux en droit avec les, jusque-là dominants, commerçants goths pour le commerce sur la mer Baltique. À cette époque commença avec la Chronica Slavorum sous Helmold von Bosau et son successeur Arnold von Lübeck le témoignage détaillé sur les événements concernant les tribus slaves du nord-ouest. En 1182, l’empereur Frédéric Barberousse donna un fief à Lübeck au duc Bogislav 1er avec le duché de Poméranie. Le privilège de Barberousse en 1188 dota Lübeck d’un territoire et de nouvelles possibilités commerciales.

[11] La guerre du comte (en danois : Grevens Fejde), dénommée également "la querelle du comte", fut une guerre civile qui a fait rage au Danemark en 1534 et 1536 durant la Réforme protestante entre le comte Christophe d’Oldenbourg et le roi Christian III de Danemark.

[12] La diète de Spire se compose de chacune des réunions des diètes (Reichstag) qui se sont tenues dans la ville de Spire en Allemagne, entre 838 et 1570. Les diètes de 1526 et 1529, en particulier, portent sur les questions religieuses occasionnées par l’émergence du Protestantisme.

[13] La ligue de Smalkalde ou Schmalkalden est une union militaire au sein de l’Empire romain germanique de Charles Quint, formée pour des motifs idéologiques en 1531, par des princes protestants allemands du Nord dirigés par Philippe de Hesse, puis l’Électeur Jean Frédéric de Saxe. Elle entre en guerre contre l’empereur en 1545, c’est la guerre de Smalkalde.

[14] L’Électorat de Saxe était un État du Saint Empire romain germanique de 1356 à 1806 dont le souverain était investi d’une fonction élective au trône impérial. Il succéda au duché de Saxe-Wittemberg et fut remplacé par le royaume de Saxe.

[15] La bataille de Sievershausen a eu lieu en Basse-Saxe le 9 juillet 1553 entre les troupes du prince électeur Maurice de Saxe et d’Henri II de Brunswick-Wolfenbüttel et celles du margrave Albert II Alcibiade de Brandebourg-Kulmbach, au cours de la Seconde guerre des margraves. 30 000 combattants s’y sont affrontés et 4 000 y ont trouvé la mort, dont Maurice de Saxe lui-même, ce qui en fait une des batailles les plus sanglantes de la Basse-Saxe.

[16] La cathédrale de Roskilde est un des monuments historiques les plus importants au Danemark. Nécropole royale depuis des siècles, elle est étroitement liée à l’histoire du pays et contient 800 ans d’architecture ecclésiastique. Elle fut bâtie entre le 12ème siècle et le 13ème siècle. 21 rois et 19 reines de Danemark sont inhumés dans la cathédrale et ses chapelles, et leurs tombeaux, l’art et les fresques de la cathédrale évoquent mille ans d’histoire des rois, de la cathédrale et du Danemark.