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L’histoire pour le plaisir

Martin Luther

samedi 3 novembre 2012, par ljallamion

Martin Luther (1483-1546)

Théologien et réformateur protestant allemand

Il fut le chef de la grande révolte religieuse du 16ème siècle en Allemagne. Fils de Hans qui était un mineur, au caractère sévère, colérique et de Margaret Ziegler.

Destiné à une carrière de juriste, il rentre d’abord chez les Frères de la Vie Commune en 1497 où il reçoit une première imprégnation religieuse. Ses études à l’université d’Erfurt révèlent un travailleur assidu qui obtient sans peine les titres de bachelier en 1502 puis de maître des arts en 1505.

L’entrée soudaine et inattendue de Luther dans le monastère Augustinien à Erfurt s’est produite le 17 juillet, 1505. Les motifs qui l’ont incité à franchir cette étape sont divers. Il consacrera désormais toute sa vie à Dieu et à la recherche des "moyens" permettant d’accéder à la certitude heureuse du salut de l’âme. Le moine Luther est docile aux rigueurs de la vie en couvent et s’affirme comme un frère augustin scrupuleux, ce qui lui vaut d’être ordonné prêtre dès 1507 et d’occuper la chaire de philosophie. Mais son âme éprise de certitudes ne trouve pas l’apaisement. Ce Dieu terrible, vengeur, implacable dont les contours se dessinent à travers livres, paroles des supérieurs ou oeuvres d’art des chapelles fait douter Luther de sa capacité à atteindre le salut. Il se met à étudier directement les textes bibliques, se livre à des réflexions personnelles qui l’éloignent des enseignements de la poussiéreuse et figée scolastique. Son ardente quête est encouragée et stimulée par le Docteur Johann Von Staupitz, éminent vicaire général des Augustins de toute l’Allemagne qu’il rencontre en 1508.

Cet homme permet à Luther d’approfondir sa pensée en lui facilitant l’accès à l’université de Wittenberg. Luther y obtient plusieurs titres, baccalauréat, licence, doctorat, tous entre 1509 et 1512 ainsi que la fonction de prédicateur à l’église de la ville en 1514. Déjà éveillé par un important voyage à Rome où il avait pu contempler la déliquescence des moeurs de la ville des Borgias et du pape, ces activités professorales et de prédicateur permettent à Luther d’affirmer ouvertement et définitivement sa théologie personnelle, opposée à celle de Rome et que l’affaire des indulgences allait exacerber et entériner.

A la Toussaint 1517, Luther affiche sur la porte de la chapelle du château de Wittenberg les "95 thèses sur la vertu des indulgences" où se trouve dénoncée avec force la sécurité d’une fausse paix de l’âme que l’indulgence papale est sensée apporter en échange de subsides servant à la construction de Saint-pierre de Rome. Ce geste spectaculaire de critique d’un abus existant dans l’Église lui vaut d’être dénoncé à Rome par l’archevêque Albrecht de Mayence qui avait cautionné la décision papale. L’acte de naissance de la Réforme luthérienne est consommé.

Face à la papauté, Luther qui ne cherche absolument pas une quelconque rupture, campe ferme sur ses positions théologiques présentées comme devant ramener le christianisme à sa source et à sa pureté. Grâce à la protection précieuse du grand Électeur de Saxe et bénéficiant d’une popularité croissante due à l’imprimerie, il parvient progressivement à faire contrepoids à la toute puissante Rome. Et c’est finalement cette papauté qui le pousse au schisme et à l’accouchement d’une seconde alternative au catholicisme. Après 3 ans de débats, l’Église condamne et excommunie Luther par la Bulle "exsurge domine" du 15 juin 1520 ainsi que son oeuvre naissante qui subit un premier autodafé à Louvain le 8 octobre 1520. Luther scelle son destin et celui d’une partie de l’Europe chrétienne en brûlant la bulle papale le 10 décembre 1520. Convoqué le 18 avril 1521 devant la Diète de Worms qui devait décider de la mise au ban impérial, il déclare face à Charles Quint “rétracter quoique ce soit, je ne puis ni ne veux... car agir contre sa conscience, ce n’est ni sûr ni honnête”. A dater de ce jour, Luther qui considère à présent Rome comme l’antéchrist, ne cessera plus de dénoncer fermement les abus de l’Église tant matériaux que moraux.

Présent sur tous les fronts, Luther doit aussi veiller à se démarquer de l’humanisme incarné par Érasme et dont il stipendie les sources de la pensée et la tiédeur des positions à l’encontre de Rome.

Les émeutes paysannes de 1525 et les scènes de pillages au sein des églises catholiques lui offrent l’occasion de refuser l’amalgame entre sa position critique à l’égard de Rome et l’anticléricalisme primaire. Il condamne les "briseurs d’images" et soutient sans ambiguïté la répression des violences paysannes. Il est mort dans Eisleben la ville de sa naissance, en février 1546. Il fut enterré dans l’église de château dans Wittenberg.

Avec Érasme, il est l’autre figure symbolisant l’entrée de l’Europe dans la Modernité.