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L’histoire pour le plaisir

Otton de Freising

mardi 4 mai 2021, par ljallamion

Otton de Freising (1112-1158)

Évêque et chroniqueur allemand

Né à Klosterneuburg [1], historien de Frédéric Barberousse, il est aussi un des grands théoriciens de l’histoire de l’époque médiévale.

Fils de Léopold III d’Autriche , margrave [2] d’Autriche, et d’Agnès de Franconie, fille de l’empereur Henri IV, Otton appartient à la dynastie germanique des Babenberg [3]. Il est éduqué au monastère de Neuburg en Bavière, avant de venir effectuer ses études à Paris vers 1126-1136.

Il étudie la théologie et s’intéresse également à la philosophie scolastique qu’il introduira par la suite en Allemagne. En 1132, il entre au monastère cistercien de Morimond en Bourgogne [4], où il est élu abbé en 1138.

Il est nommé evêque de Freising [5] en Bavière la même année. Il participe à la 2ème croisade en 1147, aux côtés de son demi-frère le roi Conrad III. La section de Croisés commandée par l’évêque est décimée, mais Otton parvient à rejoindre Jérusalem [6], et retourne en Bavière vers 1148-1149.

Il reçoit les faveurs du successeur de Conrad, l’empereur Frédéric Barberousse, et arbitre notamment la dispute autour du duché de Bavière [7] en 1156. En 1157, il participe à la Diète de Besançon [8]. Il meurt à l’abbaye de Morimond le 22 septembre 1158.

Dans De duabus civitatitibus [9], une chronique philosophique et historique en huit livres, Otton de Freising reprend la tradition augustinienne des deux cités mystiques, l’une terrestre, l’autre céleste, symbolisées par Babylone [10] et Jérusalem. Il identifie la cité terrestre aux empires qui se sont succédé depuis le commencement du monde. Au cours de cette suite de règnes, l’autorité passe ainsi des Romains aux Grecs, des Grecs aux Francs, des Francs aux Lombards, et des Lombards aux Germains. Cette histoire est la description d’une longue et continuelle décadence, et la dissolution de Rome préfigure celle de l’univers. À l’époque d’Otton, le Saint Empire romain germanique apparaît comme une sorte de corps terrestre de la cité de Dieu, et ce depuis la conversion de Constantin. Or l’Église semble croître à proportion de la décadence de l’Empire. C’est pourquoi Otton admet l’existence non pas de deux cités, mais d’une seule, qu’il nomme l’Église. Cette chronique, écrite au cours de la guerre civile en Allemagne, contient également des informations précieuses sur l’histoire de son temps.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Otton de Freising/ Portail de l’Autriche/ Catégories : Personnalité du Saint Empire romain germanique/ Évêque du XIIe siècle/ Évêque de Freising

Notes

[1] Klosterneuburg est une ville autrichienne, dans le district de Tulln en Basse-Autriche. Située sur le Danube immédiatement au nord de Vienne, elle est séparée de sa ville-sœur Korneuburg depuis le Moyen Âge, quand le fleuve a changé son lit. La ville s’est développée autour de l’abbaye de Klosterneuburg fondé par le margrave Léopold III de Babenberg et son épouse Agnès de Franconie en 1114. Les margraves d’Autriche y eurent leur résidence jusqu’en 1145

[2] Le titre de margrave était donné aux chefs militaires des marches (ou mark), dans l’empire carolingien, puis à certains princes du Saint Empire romain germanique. Le titre équivalent en français est marquis. Le margraviat est la juridiction sur laquelle il a autorité.

[3] La maison de Babenberg est une des maisons nobles d’origine franconienne qui a gouverné le margraviat d’Autriche (Ostarrichi), puis le duché d’Autriche de 976 jusqu’à l’extinction de lignée masculine en 1246.

[4] L’abbaye de Morimond est une abbaye cistercienne, aujourd’hui disparue, située à Parnoy-en-Bassigny dans le département de la Haute-Marne, en France. Fondée en 1115, elle est la quatrième des premières abbayes filles de Cîteaux, avec La Ferté, Pontigny et Clairvaux. Ces cinq abbayes étaient dites « primaires » dans l’ordre cistercien. Particulièrement féconde, l’abbaye de Morimond crée à travers toute l’Europe, mais plus particulièrement en Europe centrale et orientale, une trentaine d’abbayes filles directes, et plus de deux cents abbayes filles au total. Sa presque destruction après la Révolution n’empêche pas plusieurs de ses abbayes-filles d’exister encore de nos jours, notamment en Autriche et en Pologne.

[5] La principauté épiscopale de Frisingue désigne les territoires du prince évêques ayant leur siège à Freising. La principauté est un État du Saint Empire romain germanique ; les évêques de Frisingue, qui relèvent du duché de Bavière, obtinrent l’immédiateté impériale comme seigneurs temporels vers l’an 1294. Les frontières de la principauté et du diocèse de Freising, un suffragant de l’archidiocèse de Salzbourg, ne coïncidaient pas. Les évêques faisaient partie du collège des princes ecclésiastiques à la Diète d’Empire. Lors de la diète à Augsbourg en 1500, la principauté épiscopale de Freising rejoint le Cercle de Bavière.

[6] Ville du Proche-Orient que les Israéliens ont érigée en capitale, que les Palestiniens souhaiteraient comme capitale et qui tient une place centrale dans les religions juive, chrétienne et musulmane. La ville s’étend sur 125,1 km². En 130, l’empereur romain Hadrien change le nom de Jérusalem en « AElia Capitolina », (Aelius, nom de famille d’Hadrien ; Capitolina, en hommage au dieu de Rome, Jupiter capitolin) et il refonde la ville. Devenue païenne, elle est la seule agglomération de la Palestine à être interdite aux Juifs jusqu’en 638. Durant plusieurs siècles, elle est simplement appelée Aelia, jusqu’en 325 où Constantin lui redonne son nom. Après la conquête musulmane du calife Omar en 638, elle devient Iliya en arabe, ou Bayt al-Maqdis (« Maison du Sanctuaire »), équivalent du terme hébreu Beit ha-Mikdash (« Maison sainte »), tous deux désignant le Temple de Jérusalem, ou le lieu du voyage et d’ascension de Mahomet, al-Aqsa, où se situait auparavant le temple juif

[7] Le duché de Bavière est une ancienne principauté allemande qui fut membre du Saint-Empire romain germanique puis rattaché à l’Électorat de Bavière. Sa capitale était la ville de Munich. Vers l’an 600, le territoire de l’actuel État libre de Bavière était occupé par trois tribus : les Baiern, qui ont donné leur nom au pays (Bavière se dit Bayern en allemand), les Francs et les Suèves. Tandis que l’actuelle Bavière du Nord tombait sous la souveraineté des Francs, les Alamans et les Bavarois formaient, au sud, des territoires souverains séparés par la rivière Lech. À ses débuts, le duché de Bavière s’étendait loin vers l’est et le sud, jusqu’à la Carinthie actuelle, en Basse-Autriche et en Haute-Italie. Mais le cœur du pays se situait sur le Danube. Aux 10ème et 12ème siècles, ces territoires ont donné naissance aux duchés de Bavière, de Carinthie et d’Autriche. Le principal siège ducal était Ratisbonne.

[8] La ville libre d’Empire de Besançon était une ville autonome faisant partie du Saint Empire romain germanique. De 1290 à 1654, la ville de Besançon était une ville impériale libre (Freie Reichsstadt) comme le montrent, encore aujourd’hui, ses armoiries et est appelée Bisanz. La ville a d’abord été séparée de la gouvernance du comté de Bourgogne en 1043 en tant que principauté épiscopale, ce qui faisait d’elle, un état ecclésiastique dans le Saint Empire romain. La ville était gouvernée par le Prince-Archevêché de Besançon, bien que plus tard (1290) la majeure partie de son pouvoir reviendra à un conseil au sein de la ville. La ville impériale libre ne représentait que la ville de Besançon en Comté de Bourgogne (actuelle Franche-Comté). Elle était donc dépendante de ceux qui contrôlaient l’accès à travers les terres environnantes, d’abord par les ducs-comtes de Bourgogne, puis par leurs héritiers Habsbourg. Enfin, elle perd son statut impérial en 1654 au profit de la Couronne d’Espagne de la Maison de Habsbourg, mais reste une ville libre jusqu’à l’annexion française en 1678.

[9] Les deux cités

[10] Babylone était une ville antique de Mésopotamie. C’est aujourd’hui un site archéologique majeur qui prend la forme d’un champ de ruines incluant des reconstructions partielles dans un but politique ou touristique. Elle est située sur l’Euphrate dans ce qui est aujourd’hui l’Irak, à environ 100 km au sud de l’actuelle Bagdad, près de la ville moderne de Hilla. À partir du début du 2ème millénaire av. jc, cette cité jusqu’alors d’importance mineure devient la capitale d’un royaume qui étend progressivement sa domination à toute la Basse Mésopotamie et même au-delà. Elle connaît son apogée au 6ème siècle av. jc durant le règne de Nabuchodonosor II qui dirige alors un empire dominant une vaste partie du Moyen-Orient. Il s’agit à cette époque d’une des plus vastes cités au monde