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Jacques de Saroug

dimanche 4 avril 2021, par ljallamion

Jacques de Saroug (vers 450-521)

Évêque syrien et écrivain religieux

Jacques de Saroug est né dans le village de Kurtam, sur l’Euphrate [1], probablement dans le district de Saroug [2].

Le père de Jacques était prêtre. Le caractère de son œuvre fait penser qu’il fut formé à l’école d’Édesse [3], ce qui est d’une façon générale très vraisemblable. Il apparaît en pleine lumière au moment de l’invasion lancée par Kavadh 1er, roi des Perses, en octobre 502, et de la prise d’Amida [4] en janvier 503.

En 519, il est ordonné évêque de Batnan [5], et diocèse dépendant de la province ecclésiastique d’Édesse [6]. Il démissionne un an plus tard pour une raison inconnue. Sa lettre de 519 à Paul, métropolite [7] d’Édesse, et d’autre part ses lettres aux moines du couvent de Mar Bassus, montrent à l’évidence qu’il fut toujours de sensibilité monophysite [8], et qu’il n’approuvait pas le symbole de Chalcédoine [9]. Cependant il paraît avoir pris fort peu de part à la controverse, et est honoré comme un saint, non seulement par l’Église syriaque orthodoxe [10], mais aussi par l’Église maronite [11]. Même les nestoriens [12] l’honorent. Il est considéré par les Syriens comme mallpana [13].

On dispose de trois Vies syriaques de Jacques de Saroug : une de Jacques d’Édesse , une autre d’un certain Georges qui doit être l’évêque Georges de Saroug contemporain de Jacques d’Édesse, et une troisième anonyme. L’œuvre elle-même contient des informations sur les 20 dernières années de sa vie, mais presque rien sur ses origines et antécédents.

La partie principale de son œuvre était, selon Bar-Hebraeus , un ensemble de 763 homélies versifiées, dont un peu plus de la moitié ont subsisté (environ 400) ; 233 sont conservées dans les manuscrits de la bibliothèque apostolique vaticane, 140 dans les manuscrits de la British Library, une centaine dans ceux de la Bibliothèque nationale de France.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Jacques de Saroug dans le Dictionnaire de théologie catholique

Notes

[1] L’Euphrate est un fleuve d’Asie de 2 780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie. Son débit est particulièrement irrégulier puisque plus de la moitié de son flux s’écoule de mars à mai et que le débit peut tomber à 300 m3/s contre un débit moyen de 830 m3/s à l’entrée en Syrie. En période de crue, il peut atteindre 5 200 m3/s pouvant provoquer de graves inondations. Les deux branches mères de l’Euphrate naissent sur le haut-plateau anatolien : celle de l’ouest, ou Karasu, naît près d’Erzurum, dont elle traverse la plaine ; celle de l’est, le Murat, se forme au Nord du lac de Van, sur les flancs d’un contrefort occidental de l’Ararat. Il traverse ensuite la zone de piémont, zone aride partagée entre la Syrie et l’Irak. Arrivé aux environs de Ramadi en Irak, il entre dans la plaine fertile de Mésopotamie, passant par Fallujah à proximité de Bagdad, et puis à environ 1 km à l’ouest des ruines de Babylone. Il rejoint le Tigre dans le sud-est du pays à Qurna à environ 100 km au nord-ouest de Bassorah pour former le Chatt-el-Arab et se jeter dans le golfe Persique.

[2] moderne Suruç

[3] L’école théologique d’Édesse fut une des grandes écoles théologiques des premiers siècles du christianisme et occupe une place importante dans l’histoire du christianisme de langue syriaque. À partir de 363, elle prit le nom d’École des Perses. En 432, l’école d’Édesse se déchire entre les partisans d’Ibas, chef de l’école (fidèle aux idées de Théodore de Mopsueste discréditées par le concile d’Éphèse) et ceux de Rabbula, évêque d’Édesse, qui soutiennent les thèses de Cyrille d’Alexandrie.

[4] Diyarbakır est une ville du sud-est de la Turquie. Elle était également appelée Amida sous l’Empire romain. Les Kurdes constituant la majeure partie de la population de la ville la considèrent comme la capitale du Kurdistan turc, dans le sud-est anatolien. Appelée Amida dans l’Antiquité, ce qui lui vaut son nom de Kara Amid, la « Noire Amida », elle fut la capitale du royaume araméen de Bet-Zamani à partir du 13ème siècle av. jc, puis d’un royaume arménien appelé Cordyène ou Cardyène. La région devint par la suite une province de l’Empire romain ; Amida était au 4ème siècle la principale place forte de Mésopotamie, dans la haute vallée du Tigre. Amida fut un centre religieux lié au patriarcat syriaque-orthodoxe d’Antioche. De cette époque, jusqu’au génocide arménien de 1915, la région est fortement peuplée d’Arméniens. La région comportait également une minorité chaldéenne. La ville d’Amida fut le siège du patriarcat chaldéen de 1681 à 1828.

[5] ville principale du district de Saroug

[6] Şanlıurfa souvent appelée simplement Urfa est une ville du sud-est de la Turquie. Elle fut d’abord nommée Urhai puis Édesse (ou Édessa), puis Urfa et aujourd’hui Şanlıurfa ou Riha en kurde. Le nom antique d’Édesse est Osroé, qui provient peut-être du nom du satrape Osroès qui gouverna la région. Selon la légende, Adam et Ève séjournèrent dans la cité, qui serait la ville natale d’Abraham et qui abriterait la tombe de sa femme Sarah.

[7] Métropolite est un titre religieux porté par certains évêques des Églises d’Orient. À l’origine, le métropolite est l’évêque d’une capitale de province (métropole) romaine investi de la charge de présidence des conciles ou synodes provinciaux. Dans l’Église d’Occident, on prit l’habitude de dire « métropolitain » pour désigner un archevêque assurant un rôle de coordination entre les évêques titulaires des sièges qui composent la province ecclésiastique. En Orient on utilise le terme de métropolite qui, au cours de l’histoire, est souvent synonyme d’archevêque.

[8] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie.

[9] Le Symbole de Chalcédoine est une formule de profession de foi datant de 451. Il fut adopté par le 4ème Concile œcuménique (Concile de Chalcédoine).

[10] L’Église syriaque orthodoxe est une Église orientale autocéphale. Elle fait partie de l’ensemble des Églises des trois conciles dites aussi « Églises antéchalcédoniennes ». Le chef de l’Église, porte le titre de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, avec résidence à Damas. Du fait des querelles « christologiques » et des schismes qui s’ensuivirent, le titre de Patriarche d’Antioche se trouve porté également par quatre autres chefs d’Église.

[11] Les maronites sont des chrétiens catholiques orientaux, qui sont en pleine communion avec le Saint-siège, c’est-à-dire avec le pape, évêque de Rome. Ils représentent la plus grande communauté catholique au Proche-Orient et sont, en fait, l’Église catholique au Liban, mais il existe aussi des communautés maronites en Syrie, à Chypre et en Turquie. Le nom « maronite » vient de celui de saint Maron (ou Maroun), qui a vécu à Brad, en Syrie, où les premières communautés maronites se sont formées au début du 5ème siècle. Les maronites constituent la plus importante communauté chrétienne du Liban, où siège l’Église maronite, une des Églises catholiques orientales. Ils occupent une place importante dans l’histoire, la politique et l’économie du Liban.

[12] Doctrine hérétique de Nestorius qui reconnaissait les deux natures du Christ, humaine et divine, mais en niait la consubstantialité ; de ce fait même, l’hérésie niait que la Vierge puisse être appelée « Mère de Dieu ». Malgré sa condamnation par le concile d’Éphèse (431), le nestorianisme gagna la Perse, puis l’Asie, jusqu’à l’Inde et la Chine. Au 12ème siècle époque de son apogée, l’Église nestorienne comptait quelque 10 millions de fidèles. Aujourd’hui, seuls subsistent quelques dizaines de milliers de fidèles, principalement en Iraq et aux États-Unis, la majorité des nestoriens ayant rallié l’Église catholique à partir du 18ème siècle

[13] docteur