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L’histoire pour le plaisir

Anne-Marie-Françoise de Saxe-Lauenbourg

mardi 23 mars 2021, par ljallamion

Anne-Marie-Françoise de Saxe-Lauenbourg (1672-1741)

Duchesse de Saxe-Lauenbourg de 1689 à 1728

Fille aînée du duc Jules-François de Saxe-Lauenbourg et de la duchesse, Marie-Edwige du Palatinat-Sulzbach . Elle épousa en premières noces Philippe-Guillaume du Palatinat-Neubourg en 1690, dont elle n’eut qu’une fille, Marie-Anne-Caroline de Palatinat-Neubourg , en 1691. Elle devint veuve en 1693.

Elle perd sa mère à l’âge de 9 ans. À la mort du duc son père le 30 septembre 1689, la lignée s’éteint ; mais la succession féminine est possible selon les lois du duché qui ne reconnaît pas la loi salique [1]. Finalement les troupes du duc Georges-Guillaume de Brunswick-Lunebourg envahissent le duché, empêchant la duchesse de jouir de ses droits.

Cependant comme son lointain cousin, le duc Georges-Guillaume de Brunswick-Lunebourg, avait conquis le duché par la force en 1689, elle n’exerçait aucune autorité et vivait dans son château et ses immenses propriétés de Bohême [2]. C’était une princesse à la fortune importante.

Elle fut par son second mariage grande-duchesse de Toscane [3], en tant qu’épouse du dernier grand-duc de la Maison Médicis, Jean-Gaston de Médicis , mais le mariage ne fut jamais consommé et les époux vécurent séparés.

Cosme III de Médicis força son fils à épouser la jeune veuve pour des raisons dynastiques. Elle était extrêmement fortunée, belle-sœur de l’empereur Léopold 1er et prétendait toujours au duché de Saxe-Lauenbourg [4] ; de plus, la Maison Médicis réclamait un héritier, Ferdinand frère de Jean-Gaston n’en ayant pas. La duchesse n’était pas plus enthousiaste que son fiancé et c’est sous la pression de l’empereur qu’elle accepta. Le mariage a lieu le 2 juillet 1697. Il est célébré à Düsseldorf [5] par l’évêque d’Onasbruck. Les jeunes mariés se rendent ensuite au château de Ploschkowitz [6], près de Reichstad [7], où la jeune princesse possède de grands domaines.

Elle domine son mari, faible et homosexuel, qui se réfugie dans l’alcool. Jean-Gaston de Médicis ne demeure que 10 mois avec sa femme, avant de s’enfuir pour Prague [8]. La princesse refuse de quitter son château, craignant l’atavisme des Médicis, dont certains conjoints avaient disparu de manière douteuse.

Le grand-duc de Toscane essaye de faire venir sa belle-fille à Florence [9], afin de rejoindre son mari. Il demande l’aide du pape Clément XI qui envoie l’archevêque de Prague [10] pour la sermonner et la convaincre de remplir son devoir conjugal. Mais elle rétorque que cela est impossible car son mari est absolument impuissant.

Son mari continua de vivre en Toscane et les époux ne se rencontrèrent plus jamais. Devenu grand-duc à son tour, il poursuivit sa vie débauchée, laissant ses mignons diriger la cour. Il vivait la nuit et se levait en pleine après-midi. Anne-Marie-Françoise, quant à elle, vécut principalement dans son château de Zákupy [11] en Bohême. Elle eut notamment à son service le compositeur Christoph Willibald Gluck . Elle parlait à ses chevaux à l’écurie. Elle mourut en 1741. Très pieuse, elle avait demandé à être enterrée dans le manteau bleu des annonciades célestes [12].

À la mort de Jean-Gaston en 1731, le grand-duché de Toscane échut par traité au duc de Lorraine et de Bar l’empereur François 1er , époux de l’archiduchesse Marie-Thérèse , qui fut élu empereur en 1745. Fondateur de la Maison de Habsbourg-Lorraine, il est notamment le père de l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche qui épousa le roi Louis XVI .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Anna Maria Franziska von Sachsen-Lauenburg »

Notes

[1] Dans le haut Moyen Âge, il s’agit d’un code de loi élaboré, selon les historiens, entre le début du 4ème et le 6ème siècle pour le peuple des Francs dits « saliens », dont Clovis fut l’un des premiers rois. Ce code, rédigé en latin, et comportant de forts emprunts au droit romain, portait surtout sur le droit pénal et les compositions pécuniaires car l’objectif de la loi salique était de mettre fin à la faide (vengeance privée) en imposant le versement d’une somme d’argent et établissait entre autres les règles à suivre en matière d’héritage à l’intérieur de ce peuple. Plusieurs siècles après Clovis, dans le courant du 14ème siècle, un article de ce code salique fut exhumé, isolé de son contexte, employé par les juristes de la dynastie royale des Capétiens pour justifier l’interdiction faite aux femmes de succéder au trône de France. À la fin de l’époque médiévale et à l’époque moderne, l’expression loi salique désigne donc les règles de succession au trône de France. Ces règles ont par ailleurs été imitées dans d’autres monarchies européennes. Par ailleurs, il ne faut pas confondre « loi salique » et « primogéniture masculine », la loi dite salique constituant un élargissement de la primogéniture masculine pour éliminer les femmes de la succession au trône, y compris les filles du souverain décédé.

[2] Le royaume de Bohême était un royaume situé dans la région de la Bohême, en Europe centrale, dont la plupart des territoires se trouvent actuellement en République tchèque. Devenu une possession héréditaire des Habsbourg en 1620, le royaume a fait partie du Saint Empire jusqu’à sa dissolution en 1806, après quoi il est devenu une partie de l’Empire d’Autriche, puis de l’Empire austro-hongrois.

[3] La Toscane dirigée d’abord par des margraves et des marquis au 9ème et 10ème siècles, devint un ensemble de Cité États à statut républicain oligarchique. Au 15ème siècle, avec Cosme de Médicis, elle est progressivement réunifiée dans une seule entité politique et passe entre les mains de la famille des Médicis, l’une des plus puissantes durant la Renaissance. Cette famille a gouverné la Toscane du 15ème au 18ème siècle. Le Grand-duché de Toscane est fondé officiellement au début du 16ème siècle, lorsque Cosme de Médicis (1519-1574) reçoit le titre de Duc puis de Grand-Duc. Le Grand-duché disparaît en 1801, lorsque Napoléon Bonaparte, le transforme en royaume d’Étrurie. Cependant, le titre de grand-duc de Toscane perdure et est toujours porté par une branche cadette de la famille de Habsbourg Lorraine.

[4] Le duché de Saxe-Lauenbourg était un État du Saint Empire romain germanique qui émergea après la dissolution du duché de Saxe en 1296. Après l’extinction des ducs de la maison d’Ascanie en 1689, il est gouverné en union personnelle par les électeurs de Hanovre puis par les rois de Danemark. État de la Confédération germanique depuis 1815, le duché relève de la souveraineté du royaume de Prusse après la guerre des Duchés et la convention de Gastein en 1865. Situé entre les États de Mecklembourg, Brunswick-Lunebourg (Hanovre) et Holstein, dans le sud-est de l’actuel Land de Schleswig-Holstein, il a pour capitale Lauenbourg sur la rive de l’Elbe, puis Ratzebourg à partir de 1619. L’actuel arrondissement du duché de Lauenbourg est nommé en référence à l’ancien État.

[5] Düsseldorf est une ville de l’ouest de l’Allemagne. Capitale et deuxième plus grande ville (après Cologne) du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie

[6] Ploskovice est une commune du district de Litoměřice, dans la région d’Ústí nad Labem, en République tchèque. Situé en Bohême historique, le village faisait partie jusqu’en 1945 de la région des Sudètes et était peuplé majoritairement d’Allemands. Entre 1545 et 1575 l’ancienne forteresse fut convertie en château Renaissance, qui souffrit d’incendies pendant la Guerre de Trente Ans. C’est à cette époque que la famille von Schlick devint propriétaire du village. La comtesse Marie-Sidonie von Schlick fit reconstruire le château en 1650. Celui-ci fut acquis en 1663, deux ans avant sa mort, par le duc Jules-Henri de Saxe-Lauenbourg Il passa ensuite à Anne-Marie-Françoise de Saxe-Lauenbourg, future grande-duchesse de Toscane et épouse de Jean-Gaston de Médicis, qui hérita des terres. Elle en fit sa résidence d’été entre 1720 et 1725, et le reconstruisit en style baroque, puis y accueillit son époux qui ne s’y plut pas et retourna en Italie.

[7] Zákupy est une ville du district de Česká Lípa, dans la région de Liberec, en République tchèque. La ville était connue autrefois sous son nom allemand de Reichstadt, qui signifie « ville d’Empire », désignant une ville libre. Le château et la seigneurie de Reichstadt ont été acquis en 1612 par le duc Jules-Henri de Saxe-Lauenbourg, l’époux de l’l’héritière Anne-Madeleine de Lobkowicz. Devasté pendant la guerre de Trente Ans, le château a été reconstruit en style baroque de 1670 à 1683, à l’initiative de Jules-François de Saxe-Lauenbourg, fils de Jules-Henri. Après son dècès en 1689, sans laisser d’héritier mâle, l’édifice est habité par ses filles Françoise-Sibylle et Anne-Marie-Françoise.

[8] Prague est la capitale et la plus grande ville de la République tchèque, en Bohême. Située au cœur de l’Europe centrale, à l’ouest du pays, la ville est édifiée sur les rives de la Vltava. Capitale historique du royaume de Bohême, berceau du peuple tchèque, Prague connaît son apogée au 14ème siècle sous le règne du roi de Bohême et empereur germanique Charles IV qui en fait la capitale de l’Empire. Elle est alors un centre culturel et religieux de première importance, où naissent les balbutiements de la réforme protestante lorsque Jan Hus prêche contre les abus de la hiérarchie catholique et le commerce des indulgences. Brièvement redevenue capitale impériale et culturelle au tournant des 16ème et 17ème siècles sous le règne de Rodolphe II, Prague perd progressivement en importance jusqu’à la Renaissance nationale tchèque au 19ème siècle puis la création de la Tchécoslovaquie au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1918, dont elle devient la capitale.

[9] Florence est la huitième ville d’Italie par sa population, capitale de la région de Toscane et siège de la ville métropolitaine de Florence. Berceau de la Renaissance en Italie, capitale du royaume d’Italie entre 1865 et 1870

[10] L’archidiocèse de Prague est créé comme évêché en 973, et élevé à l’archiépiscopat le 30 avril 1344.

[11] Reichstad

[12] L’ordre de la Très-Sainte-Annonciation dont les membres sont communément appelées annonciades célestes est un ordre monastique féminin contemplatif de droit pontifical.