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Boniface VII (Antipape)

lundi 15 mars 2021, par ljallamion

Boniface VII (Antipape) (mort en 985)

Antipape romain en 974 et 984

Il est nommé d’abord “Francon”, se fait élire irrégulièrement en 974, du vivant de Benoît VI et de Jean XIV , ses compétiteurs. À sa mort en 985, son corps est traîné par les pieds et abandonné sur une place.

En juin 974, un an après la mort de l’empereur Otton 1er, Crescentius, fils de Théodora et frère de Jean XIII, provoque à Rome une insurrection au cours de laquelle les Romains enfermèrent brutalement Benoît VI dans le château Saint-Ange [1] et lui donnent comme successeur le cardinal-diacre Franco, qui prend le nom de Boniface VII.

Le pontife emprisonné est rapidement exécuté sur les ordres de l’usurpateur. Mais un peu plus d’un mois plus tard le représentant impérial, le comte Sicco, prend possession de la ville et Boniface, incapable de s’y maintenir, s’enfuit à Constantinople [2] avec les trésors de la Basilique du Vatican. Otton II meurt le 7 décembre 983 et Franco, après un exil de 9 années, se hâte de revenir à Rome, se rend maître de Jean XIV en avril 984, et le jette dans les cachots de Saint-Ange, où le malheureux meurt 4 mois plus tard. Il dirige derechef le gouvernement de l’Église.

L’usurpateur, qui n’a jamais cessé de se considérer comme le pontife légitime, date les années de son règne de la déposition de Benoît VI en 974. Pendant plus d’un an Rome supporte ce monstre souillé du sang de ses prédécesseurs. Mais le châtiment est terrible.

Après sa mort soudaine en juillet 985 dû selon toutes probabilités à la violence, le corps de Boniface est exposé aux insultes du peuple, traîné par les rues de la ville et finalement, nu et couvert de blessures, jeté aux pieds de la statue de Marc-Aurèle, qui se dressait à cette époque dans le Palais du Latran [3]. Le matin suivant des prêtres, pris de pitié, enlèvent le corps et lui donnent une sépulture chrétienne.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de la Catholic Encyclopedia de 1911

Notes

[1] Le château Saint-Ange est un monument romain, situé sur la rive droite du Tibre, face au pons Ælius (actuel pont Saint-Ange), à Rome, non loin du Vatican. Décidé par l’empereur Hadrien en 125 pour être son mausolée, le bâtiment se veut le pendant du tombeau d’Auguste : celui-ci est situé au nord du Champ de Mars (Rome), sur la rive gauche du Tibre, alors que le mausolée d’Hadrien se place sur la rive droite, en face du Champ de Mars. En outre, l’allure générale des deux édifices est similaire. Il est achevé par Antonin le Pieux en 139. Le château, une rotonde massive en travertin, est surmonté d’un quadrige de bronze mené par l’empereur Hadrien figuré en soleil et d’un bosquet d’arbres funéraires. Les cendres d’Hadrien y sont déposées en 139. Caracalla est le dernier empereur à s’y faire ensevelir. Très vite, le bâtiment est détourné de ses fins funéraires pour devenir militaire. Il est intégré à la muraille aurélienne en 403, en tant que bastion avancé. Quand le roi ostrogoth Vitigès attaque Rome en 537, les soldats défendant le castellum se servent des statues de bronze qui le décorent comme projectiles. En 546, le roi ostrogoth Totila s’empare de Rome et inclut l’édifice dans une structure fortifiée protégeant la rive droite. Le quartier prend ainsi le nom de Borgo. Au début de l’époque chrétienne, le quartier du Borgo jouit de sa localisation à proximité du Vatican : les pèlerins affluant, des structures se mettent en place pour les accueillir. Cependant, en 846, les Sarrasins font une incursion soudaine dans la ville, pillent la basilique Saint-Pierre et dévastent le Borgo. Pour le protéger, Léon IV le relie par une muraille au château. La zone ainsi délimitée forme la « cité léonine ».

[2] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[3] Le palais du Latran est un ancien palais de l’empire romain, qui fut du 4ème au 14ème siècles, la résidence principale des papes. Il jouxte la basilique Saint-Jean de Latran, siège du diocèse de Rome. Le palais du Latran abrite les collections du musée pontifical des antiquités chrétiennes.