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Henri IV de Luxembourg ou Henri de Namur dit Henri l’Aveugle

lundi 1er février 2021, par ljallamion

Henri IV de Luxembourg ou Henri de Namur dit Henri l’Aveugle (vers 1112-1196)

Comte de Luxembourg de 1136 à 1189-Comte de Namur de 1139 à 1189

Fils de Godefroi 1er , comte de Namur [1], et d’ Ermesinde de Luxembourg .   Il hérite des comtés de La Roche [2] et de Durbuy [3] de ses cousins Henri II de Durbuy et Henri de La Roche.   À la mort de son cousin Conrad II en 1136, l’empereur lui inféode le Luxembourg [4], ne voulant pas que ce comté passe au comte français de Grandpré. 3 ans plus tard, il hérite du comté de Namur à la mort de son père. En 1141, il aide Albéron II évêque de Liège à reprendre Bouillon à Renaud 1er de Bar .   Avec l’héritage luxembourgeois lui sont également échus les charges d’avoué des abbayes Saint Maximin de Trèves [5] et de Saint Willibrod d’Echternach [6]. Cela lui vaut, comme à ses prédécesseurs, des conflits avec l’archevêque de Trêves [7]. En 1147, il renonce à l’abbaye Saint-Maximin, mais revient dessus à la mort de l’archevêque Adalbéron. Finalement, Hillin, le nouvel archevêque, échange les prétentions du comte sur l’abbaye contre la ville de Grevenmacher [8], en 1155.   En 1152, il fonde l’Abbaye Notre-Dame de Leffe à Dinant [9] où il installe des chanoines prémontrés [10].   En 1157, il se marie avec Laurette d’Alsace, fille de Thierry d’Alsace, comte de Flandre [11] et de Marguerite de Clermont-Beauvaisis . Les époux se séparent en 1163. Sans enfant, il désigne comme héritier son beau-frère Baudouin IV de Hainaut, marié à sa sœur Alix de Namur , puis à la mort de ce dernier en 1171, son neveu Baudouin V de Hainaut. Avec ces derniers, il mène deux guerres en 1170 et en 1172 contre Henri III de Limbourg .   Il se remarie en avril 1169 avec Agnès de Gueldre, fille d’ Henri 1er de Gueldre , et d’Agnès d’Arnstein. 4 ans plus tard, en 1173, il la renvoie chez son père et va rester séparé d’elle pendant une douzaine d’années.   À la suite d’une grave maladie, il perd la vue en 1182. Il reprend son épouse Agnès et en juillet 1186 leur naît une fille, Ermesinde 1ère de Luxembourg . Cette naissance remet en cause le plan de succession d’Henri l’Aveugle, qui se considère comme délié de sa promesse envers Baudouin. Henri, âgé de 76 ans, cherche un protecteur pour sa fille et la fiance à Henri II de Champagne . Évidemment, Baudouin V ne l’entend pas de cette oreille et en appelle à l’empereur Frédéric 1er Barberousse. Finalement, il est décidé qu’à la mort d’Henri l’Aveugle : Baudouin V de Hainaut hérite du comté de Namur ; Ermesinde hérite des comtés de Durbuy et de La Roche ; le comté de Luxembourg, fief masculin revenant à l’Empire en l’absence de fils, est confié à Othon 1er de Bourgogne .   Henri l’Aveugle est à nouveau en guerre contre Henri III de Limbourg et est battu le 1er août 1194 à Noville-sur-Mehaigne [12].   Henri de Champagne renonce à ses fiançailles et Ermesinde est fiancée, puis mariée après la mort de Henri l’Aveugle à Thiébaut 1er de Bar .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Henri IV de Luxembourg/ Portail de la Belgique/ Catégories : Maison de Namur/ Comte de Luxembourg/ Comte de Namur

Notes

[1] Le comté de Namur est un ancien comté qui relevait du Saint Empire romain germanique, qui se trouvait entre l’évêché de Liège, le duché de Brabant et le comté de Hainaut. Il comprenait les villes de Namur, Charleroi, Givet, Bouvignes, Mariembourg et Fleurus.

[2] Le comté de La Roche était un État féodal de Basse-Lotharingie. Il s’agissait d’un fragment de l’ancien comté d’Ardenne. Le comté d’Ardenne avait été divisé en 870 en un comté septentrional, à droite de l’Ourthe, et un comté méridional sur la rive gauche. Ce dernier comté avait pour centre Bastogne. La Roche, située sur la rive gauche de l’Ourthe, était donc au début du 11ème siècle aux mains du comte Gothelon de Bastogne. Il mourut en 1028 ou peu après en laissant une fille unique, Cunégonde, qui finit ses jours comme recluse à Saint-Hubert. Ses biens avaient été adjugés au fisc et Henri III, disposant des fiefs de La Roche et d’Amberloup, en investit le duc Frédéric de Basse Lotharingie, en échange de certains biens situés en Saxe.

[3] Le comté de Durbuy était un État féodal de Basse Lotharingie. À l’origine, la terre de Durbuy faisait partie du comté du Condroz. Il y a tout lieu de croire que Bérenger, comte du Lommensis et descendant d’Évrard de Frioul, transmit aux comtes de Namur le pays de Durbuy. Il s’agirait alors d’un reste de l’héritage allodial des Évrard-Ansfrid. Sous Otton III, presque tout le Condroz passa aux mains des princes évêques de Liège. Néanmoins, Durbuy comme d’autres enclaves, demeura aux comtes de Namur. Dans le dernier quart du 11ème siècle, on trouve à Durbuy un comte Henri, fils d’Albert II de Namur et frère d’Albert III. On peut présumer qu’il faut y voir un apanage constitué par le comte en faveur de son fils cadet. Après Henri 1er, Durbuy fut tenu par un comte Godefroid, qui était frère de Godefroid de Namur, fils d’Albert III. En 1124, Godefroid était mort et son fils Henri, héritier du comté, était encore enfant. Sa mère s’était remariée au seigneur Godefroid d’Esch, qui, revêtu de la tutelle, s’intitule lui-même comte de Durbuy. Au 12ème siècle, la maison de Durbuy a dû s’éteindre et son héritage passa à Henri l’Aveugle, fils de Godefroid de Namur. Le comté de Durbuy fut alors uni à celui de La Roche. En 1163, Henri l’Aveugle cède à sa sœur Alix de Hainaut tous les alleux qu’il possédait dans le comté de Durbuy. Le comté de Durbuy sera finalement uni au comté de Luxembourg.

[4] Le comté de Luxembourg, en tant que principauté territoriale, est une création des descendants de Sigefroi. Conrad 1er est le premier à porter explicitement le titre de comes de Luccelemburc. Le château fort Lucilinburhuc devient le point d’ancrage à partir duquel s’opère le rassemblement territorial au cours des 11, 12 et 13ème siècles. L’agrandissement du territoire se fait par les mariages, par l’achat de terres, par les liens de vassalité et surtout par la guerre. Les comtes de Luxembourg réussissent à soumettre leurs rivaux, même s’ils subissent parfois des revers comme à la bataille de Worringen en 1288, où le comte Henri VI et trois de ses frères tombent, mortellement blessés. À la fin 13ème siècle, le comté de Luxembourg occupe un vaste espace situé entre Meuse et Moselle. Il a la particularité d’être situé à cheval sur la frontière linguistique, une partie étant germanophone et une autre francophone.

[5] Saint-Maximin de Trèves est une abbaye bénédictine fondée à Trèves en Austrasie (actuellement Rhénanie-Palatinat en Allemagne) aux alentours du 4ème siècle. Elle fut à l’origine d’une réforme monastique qui se diffusa dans le Saint Empire romain germanique.

[6] L’ancienne abbaye d’Echternach, était un monastère de moines bénédictin sis au bord de la Sûre, à Echternach au Luxembourg. Fondé au 7ème siècle par saint Willibrord, il fut supprimé lors de l’occupation française à la fin du 18ème siècle.

[7] Le diocèse de Trèves est une Église particulière de l’Église catholique dans le land de Rhénanie-Palatinat, en Allemagne. Trêves est la plus ancienne ville d’Allemagne et un diocèse également très ancien élevé au rang d’archidiocèse au 8ème siècle. L’archevêque est l’un des huit Prince Électeurs de l’Empire.

[8] Grevenmacher est une ville luxembourgeoise et le chef-lieu du canton du même nom.

[9] L’abbaye Notre-Dame de Leffe ou simplement abbaye de Leffe est un monastère de l’ordre des Prémontrés, situé à Leffe, un quartier de Dinant en Belgique, sur la rive droite de la Meuse. Il s’agit d’abord d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Floreffe fondé en 1152, élevé au rang d’abbaye en 1160. Durant 2 siècles, la communauté religieuse apporte l’œuvre de défrichement et la civilisation, et connaît en retour, du fait des seigneurs, la prospérité (églises, villages, bois, dîmes, champs, moulins).

[10] L’ordre des chanoines réguliers de Prémontré, appelé couramment prémontrés, plus rarement norbertins, est un ordre canonial catholique fondé par saint Norbert de Xanten au début du xiie siècle

[11] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).

[12] Noville-sur-Mehaigne est une section de la commune belge d’Éghezée située en Région wallonne dans la province de Namur. Le 1er août 1194, Baudouin V dit le Courageux, comte de Hainaut, y remporte une bataille contre Henri, duc de Limbourg. À la tête de 10.000 hommes de pied et de 160 chevaliers, Baudouin V faisait face à une armée deux fois plus nombreuse. D’après la Chronique du Hainaut de Gislebert, trois hommes se sont particulièrement couverts de gloire dans ce combat : Baudouin, le fils aîné du comte, Nicolas de Rumigny, frère d’Hughes de Florennes, et Robert de Wavrin, sénéchal de Flandre