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Adhour Gouchnasp ou Adhur Gouchnasp

mercredi 27 mai 2020, par ljallamion

Adhour Gouchnasp ou Adhur Gouchnasp (mort en 482)

Seigneur iranien du royaume sassanide de Perse-Quatrième marzbân d’Arménie de 465 à 481

Il est nommé marzbân [1] d’Arménie par Péroz 1er, roi sassanide [2] de la Perse, en remplacement d’ Adhour Hordmidz .   Des années auparavant, en 458, une princesse Mamikonian, sainte Chouchanik , avait été assassinée par son mari le prince géorgien Varsken, qui venait de se convertir au mazdéisme [3], parce qu’elle refusait de se convertir et voulait rester chrétienne.   Varsken entre ensuite en conflit avec le roi Vakhtang 1er Gorgasali, roi d’Ibérie [4]. Péroz 1er envoie une armée pour ravager l’Ibérie et Vakhtang, pour se défendre, fait appel aux Huns [5] et aux Arméniens [6].   La révolte éclate alors en Arménie, sous la conduite de Vahan Mamikonian. Averti, Adhour Gouchnasp s’enfuit au château d’Ani [7], où il manque d’être surpris, et se réfugie à Artachat [8]. Les insurgés nomment alors Sahak II Bagratouni comme marzban.   Lors des combats qui suivent, Adhour Gouchnasp est tué en 482 à la bataille d’Akori.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de René Grousset, Histoire de l’Arménie des origines à 1071, Paris, Payot, 1947 (réimpr. 1973, 1984, 1995, 2008)

Notes

[1] Le marzpanat ou marzbanat est le système de gouvernement instauré par les Sassanides en Arménie, en vigueur de 428 à 646. À sa tête est installé un marzpan ou marzban (« gouverneur »).

[2] Les Sassanides règnent sur le Grand Iran de 224 jusqu’à l’invasion musulmane des Arabes en 651. Cette période constitue un âge d’or pour la région, tant sur le plan artistique que politique et religieux. Avec l’Empire romano byzantin, cet empire a été l’une des grandes puissances en Asie occidentale pendant plus de quatre cents ans. Fondée par Ardashir (Ardéchir), qui met en déroute Artaban V, le dernier roi parthe (arsacide), elle prend fin lors de la défaite du dernier roi des rois (empereur) Yazdgard III. Ce dernier, après quatorze ans de lutte, ne parvient pas à enrayer la progression du califat arabe, le premier des empires islamiques. Le territoire de l’Empire sassanide englobe alors la totalité de l’Iran actuel, l’Irak, l’Arménie d’aujourd’hui ainsi que le Caucase sud (Transcaucasie), y compris le Daghestan du sud, l’Asie centrale du sud-ouest, l’Afghanistan occidental, des fragments de la Turquie (Anatolie) et de la Syrie d’aujourd’hui, une partie de la côte de la péninsule arabe, la région du golfe persique et des fragments du Pakistan occidental. Les Sassanides appelaient leur empire Eranshahr, « l’Empire iranien », ou Empire des Aryens.

[3] Le mazdéisme est une religion iranienne qui doit son nom à son dieu principal, Ahura Mazda. Le livre sacré du mazdéisme est l’Avesta.

[4] L’Ibérie, aussi connue sous le nom d’Ivérie, est le nom donné par les Grecs et les Romains à l’ancien royaume de Karthlie et correspondant approximativement aux parties méridionale et orientale de l’actuelle République de Géorgie. Les Ibères du Caucase forment une base pour le futur État géorgien et, en même temps que les Colches de Colchide, le noyau de la population géorgienne actuelle. La région n’était, jadis, habitée que par quelques tribus qui faisaient partie du peuple appelé « Ibères ».

[5] Les Huns sont un ancien peuple nomade originaire de l’Asie centrale, dont la présence en Europe est attestée à partir du 4ème siècle et qui y établirent le vaste empire hunnique. L’origine des Huns est disputée. Les Huns ont joué un rôle important dans le cadre des grandes invasions qui contribuèrent à l’écroulement de l’Empire romain d’Occident. Sous le règne d’Attila, l’empire est unifié mais ne lui survit pas plus d’un an. Les descendants et successeurs des Huns occupent encore diverses parties de l’Europe de l’Est et d’Asie centrale entre les 4ème et 6ème siècles, et laissent encore quelques traces dans le Caucase jusqu’au début du 8ème siècle.

[6] Au 1er siècle av. jc, le royaume d’Arménie sous Tigrane le Grand atteint son apogée. L’Arménie fut la première nation à adopter le christianisme comme religion d’État en 301. Bien que l’Arménie actuelle soit un pays constitutionnellement séculier, la religion chrétienne y tient une place importante. Au 9ème siècle, le royaume d’Arménie est rétabli par la dynastie bagratide. Les guerres contre les Byzantins l’affaiblirent jusqu’à sa chute en 1045 puis l’invasion des Turcs seldjoukides s’ensuivit. La principauté et ensuite le royaume arménien de Cilicie a perduré sur la côte méditerranéenne entre les 11ème et 14ème siècles.

[7] Ani est une cité médiévale arménienne située dans l’est de la Turquie, dans la province de Kars, à l’ouest de la frontière avec l’Arménie. Elle se trouve près de la ville d’Ocaklı et à côté de la rivière Akhourian, un affluent de l’Araxe, qui forme la frontière entre l’Arménie et la Turquie. Surnommée « capitale de l’an mille » et « ville aux mille et une églises », la cité fut alors la capitale de l’Arménie des Bagratides. Abandonnée depuis le 14ème siècle, Ani est aujourd’hui en ruines.

[8] Artachat, Artashat ou Ardachat, autrefois Artaxate (Artaxata), est une ville d’Arménie, capitale de la région d’Ararat. La ville, située à 20 km au sud d’Erevan, fut fondée par Artaxias 1er qui en fit la capitale de l’Arménie dans l’Antiquité.