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Théodora (femme de Théophile)

vendredi 28 février 2020, par ljallamion

Théodora (femme de Théophile) (vers 815-867

Impératrice de Byzance

Michael III avec sa mère Théodora et le logothète Théoctiste (extrait de Histoire de John Skylitzes)Épouse de Théophile et mère de Michel III, pour le compte duquel elle assura la régence de l’Empire byzantin du 21 janvier 842 au 15 mars 856.

Théodora était la fille de Marinos, drongaire [1] en Paphlagonie [2], d’origine arménienne, et de Théoctista Phlorina, noble de Paphlagonie.

Théodora fut impératrice byzantine par son mariage avec l’empereur Théophile. Elle fut choisie par Euphrosyne, la veuve de Michel II l’Amorien à la suite d’un concours de beauté.

Elle donna cinq filles et deux garçons de son mari, le plus jeune de ces derniers deviendra le futur Michel III. Théodora était iconophile [3], ce qui entraîna des conflits avec son mari.

Après la mort de ce dernier en 842, elle devient le 21 janvier 842 régente au nom de son fils Michel III, âgé de 3 ans. Très pieuse, elle dispose du soutien des moines. Durant sa régence, sa politique ferme et judicieuse remplit les caisses du trésor ; elle dissuada aussi les Bulgares d’une tentative d’invasion.

Contrairement à la volonté de son mari Théophile, elle convoque un concile qui met fin à l’iconoclasme [4] en février 843. Une cérémonie officielle rétablit le culte des images à Sainte-Sophie [5] le 11 mars 843, le premier dimanche du Grand Carême, date qui demeure une des grandes fêtes de l’Église orthodoxe, la fête de l’Orthodoxie. La cérémonie était présidée par le patriarche Méthode qui venait d’être intronisé patriarche à la place de l’iconoclaste Jean VII.

En revanche, elle lutte contre les hérétiques, persécutant les Pauliciens [6] d’Asie Mineure [7]. Cette politique entraîne une alliance avec les musulmans, ce qui affaiblit la défense de l’Empire. Pourtant, elle fait tout pour affaiblir les positions de l’Islam, mais ne peut sauver la Sicile qui est conquise entre 842 et 847.

Elle débute la pacification et la conversion des Slaves du Péloponnèse [8] vers 847. Son frère Bardas, soutenu par Michel III, fait assassiner son conseiller Théoctiste le 20 novembre 855. Elle doit alors abandonner le pouvoir le 15 mars 856.

Théodora et ses quatre filles aînées furent tondues moniales sur l’ordre de Michel III et enfermées d’abord au monastère du Carien*, où elles vécurent misérablement, puis transférées au monastère de Sainte-Euphrosyne. Finalement les trois survivantes, seront ensevelies par Basile 1er avec leur mère Théodora et leur grand-mère Théoctista au monastère de Gastria [9].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les princes caucasiens et l’Empire du vie au ixe siècle, Paris, de Boccard, 2006 (ISBN 978-2-7018-0226-8)

Notes

[1] Un drongaire (en est un rang militaire de la fin de l’Empire romain et de l’Empire byzantin. Il désigne le chef d’un drongos (Le drongos désigne une unité militaire de la taille d’un bataillon).

[2] La Paphlagonie est une ancienne région de l’Asie Mineure, sur la côte nord, entre la Bithynie et le Pont, bornée au sud par la Galatie, qui avait pour capitale Amastris (Amasra) et comme villes principales Gangra (Çankırı) et Sinope (Sinop). Selon Hérodote, la Paphlagonie est au 6ème siècle av jc sous la domination de Crésus, roi de Lydie. En 480 av jc, elle envoie un contingent, dirigé par un certain Dotos, fils de Mégasidrès à Xerxès 1er pour son invasion de la Grèce. Après Alexandre le Grand, la Paphlagonie devint un royaume, dont le dernier roi Pylémène II, légua à sa mort, en 121 av jc, son territoire au père de Mithridate VI. Ce pays devint dès lors un sujet de guerre entre les rois du Pont et ceux de Bithynie. Les Romains, vainqueurs de Mithridate, la réduisirent en province romaine, et la réunirent à la province du Pont en 63 av jc. Elle en fut séparée et fit partie sous Dioclétien du diocèse du Pont.

[3] Qui aime les images, qui adore les icônes.

[4] L’iconoclasme est, au sens strict, la destruction délibérée de symboles ou représentations religieuses appartenant à sa propre culture, généralement pour des motifs religieux ou politiques. Ce courant de pensée rejette l’adoration vouée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L’iconoclasme est opposé à l’iconodulie. L’iconoclasme ou Querelle des Images est un mouvement hostile au culte des icônes, les images saintes, adorées dans l’Empire romain d’Orient. Il se manifesta aux 8ème et 9ème siècles par des destructions massives d’iconostases et la persécution de leurs adorateurs, les iconophiles ou iconodules. Il caractérise également la Réforme protestante.

[5] Ancienne église chrétienne de Constantinople du vie siècle, devenue une mosquée au 15ème siècle sous l’impulsion du sultan Mehmet II. Elle est édifiée sur la péninsule historique d’Istanbul. Depuis 1934, elle n’est plus un lieu de culte mais un musée.

[6] Le paulicianisme est une religion d’origine chrétienne orientale, probablement arménienne. Ce mouvement néo-manichéen apparaît en Asie mineure, alors part de l’Empire byzantin, à la fin du 7ème siècle. Il a été considéré comme hérétique par les Églises catholique et orthodoxe.

[7] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[8] Le Péloponnèse est une péninsule grecque, qui couvre 21 379 km². Elle a donné son nom à la périphérie du même nom qui couvre une part importante de la péninsule, regroupant cinq des sept nomes modernes qui la divisent. Seul deux nomes (l’Achaïe et l’Élide) situés au nord-ouest de celle-ci sont rattachés à la périphérie de Grèce-Occidentale. Le Péloponnèse était nommé aussi Argos (principale puissance de l’époque) par Homère. Dans l’antiquité classique, il est divisé entre plusieurs cités dont les principales sont Sparte, Argos et Corinthe. Le centre de la péninsule est constitué par l’Arcadie. Dans le nord-ouest, le sanctuaire d’Olympie est un des plus importants de la Grèce, tandis qu’à l’est on trouve les sanctuaires d’Épidaure et de Némée. Le Péloponnèse occupe une place relativement mineure pendant la période romaine, où il forme la province d’Achaïe. Corinthe, capitale de la province, est alors la principale ville de Grèce.

[9] ancien monastère orthodoxe oriental converti en mosquée par les Ottomans