Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 9ème siècle > Méthode 1er de Constantinople

Méthode 1er de Constantinople

mardi 4 juillet 2017, par ljallamion

Méthode 1er de Constantinople (787/788-847)

Patriarche de Constantinople du 4 mars 843 à sa mort

Icône illustrant le « triomphe de l'orthodoxie » sous l'impératrice byzantine Theodora sur l'iconoclasme. Le patriarche Méthode 1er de Constantinople est en haut à droite, près de la Vierge.Il naquit à Syracuse [1], dans une riche famille. Jeune homme, il vint à Constantinople pour chercher un emploi à la cour, mais fut sensible à la prédication d’un moine et entra au monastère de Chènolakkos. Il y devint peut-être higoumène [2].

En mars 815, l’empereur Léon V l’Arménien déposa le patriarche Nicéphore 1er de Constantinople et rétablit officiellement l’iconoclasme [3]. Méthode partit pour Rome, peut-être envoyé par Nicéphore, et y resta jusqu’au meurtre de Léon V le jour de Noël 820.

Ensuite, espérant apparemment un changement de politique religieuse de la part de Michel II, le nouvel empereur, il revint à Constantinople porteur d’une lettre du pape Pascal 1er réclamant le rétablissement du patriarche Nicéphore et l’abandon de l’iconoclasme. Selon “sa Vie”, il n’eut pas plus tôt délivré son message à l’empereur qu’il fut saisi par les gardes, reçut 70 coups de fouet, puis fut enfermé dans un cachot souterrain qui était une ancienne tombe, où il resta pendant 7 ans dans des conditions affreuses. Mais l’auteur de “la Vie d’Euthyme de Sardes” fut seulement consigné dans une cellule de monastère sur l’îlot Saint-André [4], où il écrivit plusieurs textes et eut des contacts suivis avec l’extérieur.

En 829, peu de temps avant sa mort, Michel II aurait, selon la “Vie de Méthode”, promulgué une amnistie générale qui aurait permis au futur patriarche de sortir de son cachot. Mais l’auteur de “la Vie d’Euthyme” resta consigné bien plus longtemps dans le monastère Saint-André où il se trouvait encore en 832, date de la rédaction de ce texte peut être avec une plus grande liberté de mouvement. En 831, un autre texte prophétique circula, contenant l’annonce de la mort de l’empereur Théophile . Ce fut la raison de l’arrestation d’ Euthyme de Sardes , apparemment accusé d’avoir diffusé le texte, conduit sur l’îlot Saint-André et soumis à un interrogatoire brutal, ponctué de coups de fouet, pour l’amener à dénoncer ses complices, à la suite de quoi il mourut.

Sous le pontificat du patriarche Jean VII le Grammairien intronisé en 837, l’empereur Théophile trouva dans la bibliothèque du palais impérial un mystérieux document dont l’interprétation le tourmenta tellement qu’il en perdit l’appétit. Son chambellan, nommé Jean, l’assura que Méthode pouvait lui en donner l’explication.

Avec l’accord de l’empereur, il se rendit sur l’îlot Saint-André, où le futur patriarche était donc toujours consigné. Impressionné par la réponse fournie, Théophile fit venir Méthode au palais et le logea dans un bâtiment appelé le Sigma pour pouvoir le consulter quand il en aurait besoin. Installé au palais, Méthode put nouer des liens avec l’impératrice Théodora , qui à l’insu de son époux était partisane du culte des images.

Après la mort prématurée de Théophile, en janvier 842, Théodora, devenue régente, et le ministre Théoctiste s’employèrent à écarter le patriarche Jean le Grammairien, et à rétablir le culte des icônes. Une assemblée de dignitaires civils et religieux triés sur le volet se tint au domicile de Théoctiste le dimanche 4 mars 843, en l’absence du patriarche Jean. Elle réaffirma la validité du deuxième concile de Nicée [5] de 787, déposa le patriarche, et nomma Méthode à sa place. Le dimanche suivant, 11 mars, le nouveau patriarche, flanqué de l’impératrice Théodora, de son jeune fils Michel III, âgé de 3 ans, et du ministre Théoctiste, dirigea une procession solennelle depuis l’église Sainte-Marie des Blachernes [6] jusqu’à la basilique Sainte-Sophie [7], symbolisant le retour des icônes dans l’église impériale.

Quelque temps après, Méthode fit apporter les reliques du patriarche Nicéphore à Constantinople, les fit exposer plusieurs jours dans la basilique Sainte-Sophie, puis les fit inhumer dans l’église des Saints-Apôtres [8]. La politique religieuse qu’il mena fut jugée de manière contradictoire. Introduit au palais dès les dernières années du règne de Théophile, nommé patriarche par Théodora et Théoctiste sur la promesse, notamment, d’exonérer la mémoire de l’empereur défunt, il pouvait apparaître comme le tenant d’une ligne modérée. Cependant la purge qu’il mena dans le clergé ne fut pas spécialement indulgente, et il destitua presque tous les évêques de l’empire et les remplaça, même ceux qui avaient abjuré l’iconoclasme, sur le motif qu’ils avaient méprisé les décrets d’un concile œcuménique. Mais cette sévérité relative ne trouva pas grâce aux yeux des moines aux positions extrémistes du monastère de Stoudion [9], qui trouvèrent à redire à nombre de ses choix pour les nominations.

Méthode ne put éviter d’apparaître comme un modéré face aux moines intransigeants, mais il fut soutenu par l’ermite Joannice du mont Olympe de Bithynie [10], qui se déplaça à Constantinople pour le cautionner.

Quand il mourut, en juin 847, il fut remplacé par un candidat soutenu par les Stoudites [11], Ignace Rhangabé.

Méthode était un homme instruit, réputé pour sa science théologique, et qui écrivit beaucoup. Il reste de lui des lettres, des sermons et des textes hagiographiques et liturgiques.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Méthode Ier de Constantinople/ Portail des chrétiens d’Orient/ Patriarche de Constantinople

Notes

[1] Syracuse fut fondée au 8ème siècle av. jc par des colons grecs venant de Corinthe. Cicéron la présenta comme la plus grande et la plus belle des villes grecques. Devant le risque de voir les Sarrasins envahir la Sicile, l’empereur byzantin Constant II prend en 663 la décision historique de transférer sa capitale à Syracuse. Il meurt assassiné en 668 dans sa retraite occidentale et après un échec à Bénévent devant les Lombards du roi Grimoald 1er de Bénévent. Les musulmans conquirent la ville en 878. Les dynasties des Aghlabides et Kalbites règnent sur la Sicile jusque dans la seconde moitié du 11ème siècle. En 1086 la ville est prise par les Normands de Roger de Hauteville et de son fils Jourdain. En 1194, le nouveau roi de Sicile, Henri le Cruel, occupe Syracuse. Sous le roi Frédéric de Hohenstaufen la ville ainsi que l’ensemble de l’île retrouvent leur prospérité. Au 13ème siècle, les Syracusains reçoivent des privilèges de la part des princes aragonais en récompense de leur soutien contre les Angevins.

[2] Un higoumène ou hégoumène est le supérieur d’un monastère orthodoxe ou catholique oriental. Le terme équivaut à celui d’abbé ou d’abbesse dans l’Église latine.

[3] L’iconoclasme est, au sens strict, la destruction délibérée de symboles ou représentations religieuses appartenant à sa propre culture, généralement pour des motifs religieux ou politiques. Ce courant de pensée rejette l’adoration vouée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L’iconoclasme est opposé à l’iconodulie. L’iconoclasme ou Querelle des Images est un mouvement hostile au culte des icônes, les images saintes, adorées dans l’Empire romain d’Orient. Il se manifesta aux 8ème et 9ème siècles par des destructions massives d’iconostases et la persécution de leurs adorateurs, les iconophiles ou iconodules. Il caractérise également la Réforme protestante.

[4] mer de Marmara

[5] Le deuxième concile de Nicée est un concile œcuménique qui eut lieu en 787. Convoqué par l’impératrice Irène, il avait pour objectif de mettre un terme au conflit politico-religieux provoqué par l’iconoclasme. Le concile a affirmé la nécessité de vénérer les images et les reliques : l’honneur n’est pas rendu aux images, ni aux reliques mais, à travers elles, à la personne qu’elles représentent.

[6] Les Blachernes sont un quartier au nord de Constantinople, situé entre le monastère de Chora, la porte d’Andrinople et la Corne d’Or et abritant, outre un palais, l’une des 24 portes de la muraille de Théodose II, appelée porte des Blachernes, ainsi que la basilique Sainte-Marie-Mère de Dieu, dite « Sainte-Marie des Blachernes ».

[7] Ancienne église chrétienne de Constantinople du vie siècle, devenue une mosquée au 15ème siècle sous l’impulsion du sultan Mehmet II. Elle est édifiée sur la péninsule historique d’Istanbul. Depuis 1934, elle n’est plus un lieu de culte mais un musée.

[8] L’église des Saints-Apôtres, ou Myriandrion est une église byzantine de Constantinople, aujourd’hui disparue. Elle fut fondée par Constance II, fils de Constantin 1er, dans les années 350 et bâtie à partir d’un mausolée construit par Constantin. Reconstruite beaucoup plus grande dans la première moitié du 6ème siècle sous Justinien, elle était la deuxième église de Constantinople en taille et en importance après la Basilique Sainte-Sophie, et elle fut la principale nécropole des empereurs et impératrices byzantins. Après la Chute de Constantinople en 1453, elle devint brièvement le siège du patriarche de Constantinople, qui l’abandonna en 1456. En 1461, l’édifice alors en très mauvais état fut abattu par les Ottomans pour édifier la mosquée Fatih

[9] monastère de Constantinople

[10] Le mont Uludağ est la plus haute montagne de l’Ouest de la Turquie (2 543 m d’altitude). Il se situe à environ 30 kilomètres au sud de la ville de Bursa et marque la frontière de la province du même nom. Elle consiste en une longue formation d’environ 15 km de long par 3 km de large. Son sommet le plus élevé se nomme Kartaltepe

[11] moine du monastère du Stoudion