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Jean VII le Grammairien dit Jean Hylilas

lundi 6 septembre 2021 (Date de rédaction antérieure : 22 octobre 2011).

Jean VII le Grammairien ou Jean Hylilas (mort vers 867)

Patriarche de Constantinople ayant exercé ses fonctions de 837 au 4 mars 843

Il serait le fils de Pankratios et frère d’Arsaber fait patrice [1] par l’empereur Théophile. Il apparaît au grand jour au printemps 814, lorsque l’empereur Léon V l’Arménien le charge, avec Antoine Kassymatas, évêque de Syllaion [2], de retrouver et réunir des textes religieux soutenant la doctrine de l’iconoclasme [3], un travail qu’il mène à bien jusqu’au mois de décembre de la même année.

Le jour de Noël 814, une dispute est organisée au palais, en présence de l’empereur, entre la commission iconoclaste et un groupe de défenseurs des images menés par le patriarche Nicéphore, avec notamment à ses côtés Théodore Studite. Il est alors lecteur et moine dans le monastère urbain des Hodègoi [4].

Après la déposition du patriarche Nicéphore, en mars 815, et la convocation d’un synode destiné à reproclamer l’iconoclasme comme doctrine officielle, il n’est apparemment pas possible de le faire élire à la succession, mais il est nommé higoumène [5] du monastère des Saints-Serge-et-Bacchus, dépendant du palais, et il reste l’homme de confiance de l’empereur.

Il était renommé pour sa grande science et pour sa maîtrise rhétorique dans les débats relatifs à la querelle des Images. Il fut chargé par l’empereur Michel II de l’instruction de son héritier Théophile, et c’est sous son influence que celui-ci acquit de fortes convictions iconoclastes.

A l’avènement de Théophile, il fut nommé“ synkellos”, une position qui faisait de lui le successeur attendu du patriarche [6]. Un nouveau synode fut réuni dès 831 pour confirmer et rendre plus rigoureux le bannissement des images, et l’intransigeance de Théophile dans ce domaine fut ensuite attribuée à l’influence de son maître et mentor Jean.

En 830, il effectua une ambassade auprès du calife al-Mamun, mais il n’empêcha que partiellement une guerre entre l’Empire byzantin [7] et les Abbassides [8]. Il rapporta les plans du palais abbasside de Badgad [9], et, après avoir persuadé l’empereur Théophile de l’en charger, supervisa la construction d’un édifice semblable, le palais de Bryas, dans la banlieue asiatique de Constantinople.

La période de son patriarcat est très mal connue. Il accéda à cette dignité en 837 ou 838 avec le soutien de Théophile. La mort prématurée de son ancien élève fut suivie un peu plus d’un an après de sa chute, sa déposition sur l’ordre de la veuve de Théophile, Théodora, est le prélude à la fin de l’iconoclasme.

Il ne participa pas à la réunion tenue le 4 mars 843 chez le ministre Théoctiste, et fut déposé en son absence. Il aurait vécu ensuite jusqu’au début des années 860, mais il ne joua plus aucun rôle public.

Il est connu essentiellement par les écrits des iconophiles [10], généralement très hostiles à son endroit. Dans de très nombreux textes, il est présenté comme un magicien ou un sorcier.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ecumenical Patriarch John VII of Constantinople »

Notes

[1] Patrice est un titre de l’empire romain, créé par Constantin 1er. Dans les années 310-320, Constantin abolit le patriciat romain, vieille distinction sociale qui avait ses racines au début de la république romaine. Le titre de patrice est désormais accordé par l’empereur à des personnes de son choix, et non plus à des familles entières. Dès son apparition, le titre de patrice permet à son titulaire d’intégrer la nobilitas, comme le faisait déjà le patriciat républicain. Le titre était décerné à des personnages puissants mais non membres de la famille impériale ; il vient dans la hiérarchie immédiatement après les titres d’Auguste et de César. Ce titre fut ensuite conféré à des généraux barbares au service de l’empire. Le titre fut encore porté par des notables gallo-romains au 6ème siècle. Sous les Mérovingiens, le titre de patrice était donné au commandant des armées burgondes. Les papes l’ont notamment décerné à plusieurs reprises pour honorer des personnages qui les avait bien servis. Le titre fut également conservé dans l’Empire byzantin, et son importance fut même accrue au 6ème siècle par Justinien 1er, qui en fit la dignité la plus haute de la hiérarchie aulique. C’était une dignité accordée par brevet. Dans les siècles suivants, elle fut progressivement dévaluée par la création de nouveaux titres. La dignité de patrice disparut à Byzance au 12ème siècle.

[2] Sillyon était une importante forteresse et ville près d’Attaleia en Pamphylie, sur la côte sud de la Turquie moderne. La forme native greco-pamphylienne était Selyniys, peut-être dérivé du hittite Sallawassi.

[3] L’iconoclasme est, au sens strict, la destruction délibérée de symboles ou représentations religieuses appartenant à sa propre culture, généralement pour des motifs religieux ou politiques. Ce courant de pensée rejette l’adoration vouée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L’iconoclasme est opposé à l’iconodulie. L’iconoclasme ou Querelle des Images est un mouvement hostile au culte des icônes, les images saintes, adorées dans l’Empire romain d’Orient. Il se manifesta aux 8ème et 9ème siècles par des destructions massives d’iconostases et la persécution de leurs adorateurs, les iconophiles ou iconodules. Il caractérise également la Réforme protestante.

[4] Le monastère de la Panaghia Hodēgētria, aussi connu sous le nom de monastère des Hodèges à Constantinople fut fondé, selon une tradition par sainte Pulchérie, fille de l’empereur Arcadius. Le monastère était l’une des trois fondations dédiées à la Vierge vénérée sous ce nom avec l’église des Blachernes et celle de Chalkoprateia. Le monastère était situé au-delà du quartier Chalkoprateia, près de la mer au sud-est de la ville et servait de contrepartie à celui des Blachernes, situé au nord-ouest de la ville. Tous deux servaient de point de départ et de point d’arrivée à des processions comme celle, hebdomadaire, qui partait des murailles de Théodose pour se terminer au quartier Chalkoprateia

[5] Un higoumène ou hégoumène est le supérieur d’un monastère orthodoxe ou catholique oriental. Le terme équivaut à celui d’abbé ou d’abbesse dans l’Église latine.

[6] Le titre de Patriarche de Constantinople est porté par le chef de la première juridiction autocéphale de l’Église orthodoxe qu’est le patriarcat œcuménique de Constantinople. Le titre de « patriarche » est traditionnellement porté par l’archevêché orthodoxe de Constantinople (actuelle ville d’Istanbul). Ce diocèse est l’un des plus anciens de la chrétienté. Le patriarche de Constantinople est primus inter pares (premier parmi les pairs) des chefs des Églises autocéphales formant l’Église orthodoxe, souvent considéré à tort comme étant le chef spirituel des 300 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde.

[7] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[8] Les Abbassides sont une dynastie arabe musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258. Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d’un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750. Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n’exercer qu’un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au 10ème siècle, puis des Seldjoukides au 11ème siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une branche de la famille s’installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu’à la conquête de l’Égypte par l’Empire ottoman, en 1517.

[9] Bagdad ou Baghdad est la capitale de l’Irak et de la province de Bagdad. Elle est située au centre-Est du pays et est traversée par le Tigre. Madīnat as-Salām fut fondée ex nihilo au 8ème siècle, en 762, par le calife abbasside Abou-Djaafar Al-Mansur et construite en quatre ans par 100 000 ouvriers. Selon les historiens arabes, il existait à son emplacement plusieurs villages pré-islamiques, dont l’un s’appelait Bagdad.

[10] L’iconodulie ou iconodoulie, est un courant de pensée qui est en faveur des images religieuses ou icônes et de leur vénération, en opposition au courant iconoclaste. Le terme est actuellement utilisé en relation à la controverse iconoclaste byzantine