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Jacques IV d’Écosse

vendredi 7 février 2020, par ljallamion

Jacques IV d’Écosse (1473-1513)

Roi d’Écosse de 1488 à sa mort

Portrait de Jacques IV d'Écosse ; Huile sur panneau (Galerie nationale d'Écosse)Probablement né dans le château de Stirling [1], fils du roi Jacques III et de Marguerite de Danemark , il monta sur le trône à l’âge de 15 ans. Après 25 années de règne, il fut vaincu et tué par les Anglais à la bataille de Flodden Field [2]. Il est le dernier monarque britannique mort au combat.

En tant qu’héritier présomptif de la couronne d’Écosse, il reçut le titre de duc de Rothesay [3]. Son père n’était pas un roi populaire et dut faire face à 2 grandes rébellions durant son règne. Lors de la 2ème, les rebelles firent de l’héritier de la couronne leur chef nominal. Son père fut tué en luttant contre les rebelles à la bataille de Sauchieburn [4] le 11 juin 1488 et Jacques IV fut couronné à Scone [5] le 24 juin de la même année. Lorsque Jacques réalisa le rôle indirect qu’il avait joué dans la mort de son père, il décida de faire pénitence pour cette faute. À partir de là, il porta à chaque Carême une lourde chaîne de fer autour de sa poitrine, directement sur la peau.

Jacques IV prouva rapidement qu’il était un chef d’État efficace. Il vainquit une autre rébellion en 1489, prit une part directe à l’administration de la justice et soumit finalement le Lord des Îles [6] en 1493.

Il soutint un temps un aventurier prétendant au trône anglais Perkin Warbeck . Pour ce faire, Jacques IV alla assiéger la ville anglaise de Noham [7] sur la rive droite de la Tweed [8], mais dut se replier dès l’arrivée de l’armée anglaise commandée par le comte de Surrey Thomas Howard . Il reconnut finalement que la paix entre l’Écosse et l’Angleterre était dans l’intérêt des deux pays et signa le Traité de paix perpétuelle en 1502, le premier traité depuis 1328. Il épousa Marguerite Tudor , la fille d’Henri VII d’Angleterre, le 8 août 1503 à Édimbourg [9]. C’est ce mariage qui ouvrira les droits de Jacques VI d’Écosse sur la couronne d’Angleterre.

Lorsque la guerre éclata entre l’Angleterre et la France en raison des guerres d’Italie, Jacques se trouva lui-même dans une position difficile en raison de ses obligations liées à l’Auld Alliance [10] qui entrèrent en conflit avec le Traité de 1502. Le nouveau roi d’Angleterre, Henri VIII, essaya d’envahir la France en 1513 et Jacques réagit en déclarant la guerre à l’Angleterre.

Espérant tirer avantage de l’absence de Henri VIII, il conduisit une armée d’invasion vers le sud et fut tué, avec de nombreux nobles et soldats, lors de la désastreuse bataille de Flodden Field le 8 septembre 1513. La participation écossaise à la guerre de la Ligue de Cambrai [11] prit fin ainsi.

Comme Jacques avait été excommunié, son corps embaumé resta non enterré pendant de nombreuses années dans le monastère de Sheen et fut perdu après la Réforme.

Jacques, qui aimait les bateaux, vit l’importance pour l’Écosse d’être dotée d’une grande flotte. Il acquit 38 bateaux pour la Marine royale écossaise et fonda 2 nouveaux chantiers navals. Sa plus belle création était le Great Michael : lancé en 1511, il pesait 1 000 tonnes et mesurait 73 mètres de long. C’était alors l’un des plus grands bateaux d’Europe.

Très instruit, Jacques aurait parlé couramment le gaélique d’Écosse, l’anglais, le gaélique d’Irlande, le latin, le français, l’allemand, l’italien, le flamand, l’espagnol et le danois. Il fut l’avant-dernier roi écossais à parler le gaélique d’Écosse. Il était par ailleurs le mécène du poète écossais William Dunbar qui est connu pour son chant Lament of the Makaris.

Jacques était un vrai prince de la Renaissance, intéressé par les matières pratiques et scientifiques. Il donna une charte royale au Collège de chirurgie d’Édimbourg en 1506 et transforma le château d’Édimbourg en l’une des fonderies de canons les plus importantes de Grande-Bretagne. Il se réjouit de la création de la première imprimerie d’Écosse en 1505.

P.-S.

Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « James IV of Scotland »/ dictionnaire d’histoire universelle, le petit mourre édition Bordas 2004 p 728

Notes

[1] Situé dans la ville de Stirling en Écosse, le château de Stirling est l’un des plus grands et des plus importants châteaux d’Écosse, et même d’Europe occidentale, tant du point de vue historique qu’architectural. Érigé sur la "colline du château" (the castle hill), un crag volcanique, il est entouré sur trois côtés par des falaises à pic, ce qui le rend facile à défendre. Cette caractéristique, ainsi que sa position stratégique, ont fait de lui une importante place forte dès l’origine, objet de lutte entre Écossais et Anglais. Plusieurs rois et reines d’Ecosse y sont nés, morts ou y ont été sacrés.

[2] La bataille de Flodden ou de Flodden Field se déroula dans le comté de Northumberland, dans le Nord de l’Angleterre, le 9 septembre 1513. Il mit aux prises une armée d’invasion écossaise, commandée par le roi Jacques IV d’Écosse, et une armée anglaise, commandée par Thomas Howard, comte de Surrey. Elle s’acheva par une sanglante défaite des Écossais, et elle fut la plus grande bataille, en matière de participants, entre ces deux nations

[3] Le titre de duc de Rothesay était le titre officiel utilisé par l’héritier présomptif au trône du royaume d’Écosse. Depuis l’acte d’Union de 1707, le trône d’Écosse est rattaché au trône d’Angleterre, formant ainsi le royaume de Grande-Bretagne qui devint plus tard le Royaume-Uni à la suite du rattachement du royaume d’Irlande en 1800.

[4] La bataille de Sauchieburn eut lieu le 11 juin 1488, près de Stirling, en Écosse. La bataille opposa le roi Jacques III d’Écosse à un groupe de rebelles nobles menés par Alexandre Home, au nom du fils aîné du roi, le duc de Rothesay.

[5] Scone est un village d’Écosse, dans la région de Perth and Kinross. À Scone se trouvait la Pierre du destin, dite aussi Pierre de Scone, sur laquelle les rois d’Écosse étaient couronnés. La pierre fut emmenée comme butin de guerre à Westminster par le roi Édouard 1er d’Angleterre en 1296. Mais les rois écossais continuèrent à se faire couronner à Scone, jusqu’à Charles II, en 1651.

[6] La désignation de seigneur des Îles, aujourd’hui un titre de noblesse écossais, émergea d’une suite de dirigeants Norvégiens-Gaëls de la côte ouest et des îles écossaises au Moyen Âge, qui développèrent une puissance maritime à l’aide de flottes de galères. Bien que légalement vassaux du roi de Norvège et/ou du roi d’Écosse selon l’époque, ces territoires, qui comprenaient les Hébrides (Skye et Ross à partir de 1438, Knoydart, Ardnamurchan ainsi que la péninsule de Kintyre), restèrent indépendants de fait pendant plusieurs siècles. À leur apogée, les Lords des Îles étaient les plus grands possesseurs terriens et les plus puissants seigneurs des îles Britanniques après les rois d’Angleterre et d’Écosse.

[7] Norham est un village du Northumberland, en Angleterre, situé juste au sud de la Tweed et de la frontière écossaise. Il abrite le château de Norham, construit au 12ème siècle. C’est là qu’Édouard 1er d’Angleterre rencontra les Écossais en 1292 pour décider du futur roi d’Écosse.

[8] La Tweed est le troisième fleuve d’Écosse avec ses 156 km de longueur, après la Tay et la Clyde. Elle prend sa source dans les collines de Tweedsmuir à Tweed’s well puis traverse toute la région des Scottish Borders. Elle draine l’ensemble de la région des Borders. La partie la plus méridionale de son cours marque la frontière avec l’Angleterre sur 27 km, près de Berwick-upon-Tweed.

[9] Édimbourg est une ville de la côte d’Écosse au Royaume-Uni, et est sa capitale depuis 1532. Elle est le siège du Parlement écossais, qui a été rétabli en 1999.

[10] La Vieille Alliance, souvent désignée en français comme en anglais par son nom en scots, Auld Alliance, est une alliance nouée entre les royaumes de France et d’Écosse contre l’Angleterre. Bien que le traité d’Édimbourg de 1560 ait mis fin de fait à la plupart de ses dispositions, l’alliance et ses prolongements ont marqué les relations franco-écossaises de 1295 jusqu’à l’époque contemporaine.

[11] La guerre de la Ligue de Cambrai, également connue entre autres sous les noms de guerre de la Sainte Ligue et quatrième guerre d’Italie, est un conflit majeur des Guerres d’Italie. Les principaux protagonistes de cette guerre, qui dure de 1508 à 1516, sont la France, les États pontificaux, et la République de Venise. Au cours du conflit, ils sont rejoints par pratiquement toutes les puissances d’importance d’Europe occidentale, parmi lesquelles l’Espagne, le Saint-Empire romain germanique, le Royaume d’Angleterre, le Royaume d’Écosse, le Duché de Milan, Florence, le Duché de Ferrare, et les Suisses.