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Jacques Stuart dit Jacques 1er d’Angleterre

lundi 19 novembre 2012, par ljallamion

Jacques Stuart dit Jacques 1er d’Angleterre (1566-1625)

Roi des Écossais sous le nom de Jacques VI à partir de 1567-Roi d’Angleterre et d’Irlande de 1603 à 1625

Seul enfant de Marie 1ère d’Écosse et de son second mari, Henri Stuart, duc d’Albany. Il descendait du roi Henri VII grâce à son arrière-grand-mère Marguerite Tudor, la sœur aînée d’Henri VIII1. Le règne de Marie sur l’Écosse fut peu sûr, tant pour elle que pour son mari, car ils étaient catholiques et durent faire face à une rébellion de nobles protestants. Leur mariage fut particulièrement difficile. Lorsque Marie était enceinte de Jacques, son mari s’allia secrètement avec les rebelles et assassina le secrétaire privé de la reine, David Rizzio.

Né au château d’Édimbourg et, en tant que fils aîné de la reine et héritier direct, il devient directement duc de Rothesay, prince et grand steward Écosse. Élisabeth 1ère, en tant que marraine, lui envoie de magnifiques fonts baptismaux en or.

Le père de Jacques, Henri Stuart, est assassiné le 10 février 1567 dans la maison des Hamilton, Kirk o’Field, à Édimbourg, peut-être pour venger la mort de David Rizzio. Marie était déjà une reine impopulaire et son mariage le 15 mai 1567 avec James Hepburn, quatrième comte de Bothwell, qui était largement suspecté du meurtre d’Henri, augmente encore le ressentiment contre elle. En juin 1567, les rebelles protestants arrêtent Marie et l’emprisonnent dans le château de Loch Leven ; elle ne revit jamais son fils.

Elle est forcée d’abdiquer le 24 juillet en faveur de l’infant Jacques et de nommer régent son demi-frère illégitime, Jacques Stewart, comte de Moray.

Son éducation est surveillée par l’historien et poète George Buchanan qui le frappe souvent, mais lui inspire également une passion pour la littérature et l’apprentissage qui l’anima toute sa vie.

Petit-fils de Marie de Guise, fils de Marie Stuart, reine d’Écosse et de son second mari Henry Stuart, lord Darnley, qui abdiqua en sa faveur le 24 juillet 1567. Jacques VI ayant à peine plus d’un an lors de son couronnement le 29 juillet 1567, la régence est assumée de 1567 à 1570 par James Stuart, comte de Moray, demi-frère illégitime de sa mère, puis, après l’assassinat de ce dernier, le 11 janvier 1570, par Matthew Stewart jusqu’à sa mort le 4 septembre 1571, par John Erskine, comte de Mar jusqu’à son décès le 29 octobre 1572 et enfin par James Douglas, comte de Morton jusqu’à son exécution le 2 juin 1581.

Le 8 août, Jacques fait de Lennox le seul duc d’Écosse. Alors âgé de quinze ans, le roi doit rester sous l’influence de Lennox pendant encore une année. Bien que protestant converti, Lennox n’a pas la confiance des calvinistes écossais. En août 1582, les comtes protestants de Gowrie et d’Angus éloignent le roi dans le château de Ruthven l’emprisonnent et forcent Lennox à quitter l’Angleterre. Après sa libération en juin 1583, Jacques renforce son contrôle sur le royaume. Il promulgue les Black Acts pour imposer l’autorité royale sur l’Église. Entre 1584 et 1603, il établit un gouvernement royal efficace et une paix relative entre les Lords, assisté activement par John Maitland, qui dirige le gouvernement jusqu’en 1592.

Une dernière tentative écossaise contre le roi intervient en août 1600 lorsque Jacques est attaqué par Alexander Ruthven, le jeune frère du comte de Gowrie, dans le manoir de Gowrie. Comme Alexander Ruthven avait été tué par le page de Jacques, John Ramsay, et que le comte de Gowrie avait lui aussi été tué dans le désordre qui suivit, il ne restait plus de témoins et le témoignage de Jacques suscita l’incrédulité.

En 1586, il signe le traité de Berwick avec l’Angleterre. L’exécution de sa mère en 1587, qu’il dénonce, l’aide à libérer la voie pour sa succession au sud de la frontière. Durant la crise de l’Invincible Armada de 1588, il assure Élisabeth de son soutien en tant que fils naturel et compatriote de son pays. Comme le temps passait et qu’Élisabeth demeurait célibataire, la succession au trône d’Angleterre devint l’une des priorités de la politique de Jacques.

Durant sa jeunesse, Jacques avait été loué pour sa chasteté car il montrait peu d’intérêt pour les femmes ; après la mort de Lennox, il continue à préférer la compagnie des hommes. Un mariage approprié est toutefois nécessaire pour renforcer sa monarchie et le choix se porte sur Anne de Danemark, la fille cadette du roi Frédéric II de Danemark, alors âgée de 14 ans. Peu après un mariage par procuration en août 1589, Anne s’embarque pour l’Écosse mais est forcée de débarquer en Norvège à cause des tempêtes. Apprenant que la traversée a été abandonnée, Jacques s’embarque pour aller la chercher personnellement. Le couple se marie formellement au vieux palais de l’évêque d’Oslo le 23 novembre et, après avoir séjourné à Elseneur et à Copenhague, il retourne en Écosse en mai 1590. Selon tous les témoignages, Jacques est tout d’abord sous le charme d’Anne et dans les premières années de leur mariage, il semble lui avoir toujours montré de la patience et de l’affection. Mais entre 1593 et 1595, Jacques est lié amoureusement avec Anne Murray, la future Lady Glamis. Le couple royal a trois enfants qui atteignent l’âge adulte, Henri Frédéric, prince de Galles, qui meurt, probablement de typhoïde en 1612 à l’âge de 18 ans, Élisabeth d’Angleterre, qui devient plus tard reine de Bohême ; et Charles, le futur roi Charles 1er. Anne précède son mari dans la mort en mars 1619.

Partisan convaincu de l’absolutisme de droit divin, il en a lui-même établi la justification dans des ouvrages publiés en 1597 et1598 avant son accession au trône d’Angleterre.

Dès 1601, lors des dernières années de la vie d’Élisabeth 1ère, certains politiciens anglais, dont son premier ministre Sir Robert Cecil entretiennent une correspondance secrète avec Jacques pour préparer à l’avance une succession sans heurt. En mars 1603, alors que la vieille reine est de toute évidence à l’agonie, Cecil envoie à Jacques un brouillon de la proclamation de son accession au trône anglais. Élisabeth meurt dans les premières heures du 24 mars et Jacques est proclamé roi à Londres plus tard le même jour. Lorsque Jacques se dirige vers le sud, ses nouveaux sujets se rassemblent sur son passage, soulagés avant tout que la succession n’ait provoqué ni révolte, ni invasion. Lorsqu’il entre à Londres, il est accueilli par une foule nombreuse. il est couronné roi d’Angleterre, devenant Jacques 1er le 25 juillet. La cérémonie du couronnement donne lieu à des mises en scènes allégoriques élaborées par les poètes dramatiques Thomas Dekker et Ben Jonson. Une épidémie de peste qui éclate alors limite cependant l’ampleur des festivités.

Malgré cette transition sans heurt et la chaleur avec laquelle il est accueilli, il manque de perdre la vie à 2 reprises la première année de son règne, avec les conspirations de Bye et la Main Plot, qui conduisent à l’arrestation, entre autres, de Lord Cobham et de Sir Walter Raleigh. Ceux qui espèrent un changement gouvernemental de la part de Jacques sont tout d’abord déçus lorsqu’il maintient en place les conseillers d’Élisabeth dans le Conseil Privé, comme cela avait été secrètement conclu avec Robert Cecil, mais Jacques y appelle bientôt Henry Howard et son neveu, Thomas Howard, ainsi que cinq nobles écossais dont il se rallie ainsi le soutien durable. Dans les premières années du règne, la gestion quotidienne du gouvernement reste sous le contrôle étroit du perspicace Robert Cecil, qui devient comte de Salisbury, assisté efficacement par Thomas Egerton, que Jacques fait bientôt Baron Ellesemere et Lord Chancellor, ainsi que par Thomas Sackville, bientôt comte de Dorset qui reste en tant que Lord Treasurer. Jacques est ainsi libre de se concentrer sur les problèmes les plus importants, tels qu’un projet d’union plus étroite entre l’Angleterre et l’Écosse, les questions de politique étrangère, et sur ses loisirs, notamment la chasse.

Jacques a l’ambition de construire une union personnelle des couronnes d’Écosse et d’Angleterre pour établir une Union des Couronnes permanente sous un seul roi, un seul parlement et une seule constitution. Ce plan rencontre l’opposition des deux pays. En avril 1604, le parlement anglais refuse sa requête de prendre le titre de "Roi de Grande-Bretagne" pour des raisons de droit. 6 mois plus tard, il prend quand même ce titre par proclamation.

À Londres, Jacques 1er veut renforcer son pouvoir en prenant appui sur la religion anglicane, qui fait du roi le chef de l’Église nationale. Il en vient à persécuter les catholiques et les puritains. Ces derniers commencent à émigrer en masse vers le Nouveau Monde. La reconnaissance de la liberté de culte pour les catholiques d’Angleterre reste, toutefois, un objectif majeur de la politique espagnole, causant un dilemme constant pour Jacques. On se méfiait de ce dernier à l’étranger pour sa répression envers les catholiques, mais il était encouragé par le Conseil privé à être encore moins tolérant.

Jacques a plus de succès en politique étrangère. Il consacre tous ses efforts à mettre fin à la longue guerre anglo-espagnole qui avait commencé en 1585. En août 1604, grâce à l’habileté diplomatique de Robert Cecil et d’Henry Howard, un traité de paix est signé entre les deux pays.

A la veille de l’ouverture de la deuxième session du premier parlement de Jacques, le 5 novembre 1605, un soldat nommé Guy Fawkes est découvert dans les caves du bâtiment du parlement, gardant une pile de fagots de bois, non loin de 36 barils avec lesquels il avait l’intention de faire exploser la Maison du Parlement et de causer la destruction de l’ensemble du corps de l’État en général. La découverte sensationnelle de la conspiration des poudres catholique, comme elle fut rapidement nommée, cause un soulagement national que Salisbury exploite pour obtenir des subsides du Parlement plus élevés que tous ceux qui avaient été obtenus jusque ici, à l’exception d’un seul pour Élisabeth 1ère

Cette entente entre le monarque et le parlement après la Conspiration des poudres représente une exception. Dans les faits, c’est la session précédente de 1604 qui détermine l’attitude qui allait être celle de chaque camp pour le reste du règne, bien que les difficultés initiales relèvent davantage de l’incompréhension mutuelle que de l’hostilité délibérée. Le 7 juillet 1604, Jacques 1er reporte la session parlementaire après avoir failli à gagner son soutien sur une union complète des couronnes ou sur les subsides financiers.

Au fur et à mesure que le règne de Jacques progresse, son gouvernement doit faire face à des difficultés financières croissantes, notamment à cause de l’inflation grimpante, mais également en raison de la prodigalité et de l’incompétence financière de sa cour. En février 1610, Salisbury, partisan de la participation du parlement au gouvernement propose un plan, le « Grand Contrat », par lequel le Parlement, moyennant dix concessions de la part du roi, s’engagerait à voter un crédit forfaitaire de 600 000 £ pour payer les dettes du roi et lui allouer une pension annuelle de 200 000 £47. Les négociations traînent tellement en longueur que Jacques perd patience et renvoie le Parlement. Le même processus se répète lors du Parlement stérile de 1614 que Jacques dissout au bout de huit semaines pendant lesquelles le Parlement avait tergiversé sans lui accorder l’argent demandé. Jacques se passe ensuite du parlement jusqu’en 1621, employant des administrateurs tels que Lionel Cranfield, un homme d’affaires habile qui sut récolter et économiser de l’argent pour la couronne ; ainsi la vente de titres de noblesse fournit-elle une source de revenus supplémentaire.

À la recherche d’une autre source potentielle de revenus, la couronne anglaise songe à un mariage entre le prince de Galles, Charles et l’Infante d’Espagne Marie qui aurait apporté une dot espagnole. Ce projet incite Jacques à maintenir la paix avec l’Espagne et donc à éviter les dépenses militaires. Les bénéfices de la paix peuvent être maintenus tant que durent les négociations, ce qui peut expliquer pourquoi il les fait traîner en longueur pendant près de 10 ans. Soutenue par Howards et d’autres ministres et diplomates pro catholiques qui forment le « parti espagnol », cette politique cause une profonde méfiance dans l’Angleterre protestante.

Toutefois, le déclenchement de la Guerre de Trente Ans met en péril la politique de paix de Jacques, notamment après que son beau-fils, l’Électeur palatin Frédéric V est chassé de Bohême par l’Empereur Ferdinand II en 1620 pour avoir tenté de monter sur le trône, et que les troupes espagnoles envahissent simultanément ses territoires du Rhin. La situation devient critique lorsqu’il convoque finalement le parlement en 1621 pour financer une expédition militaire de soutien à son beau-fils. Le Parlement n’apporte d’un côté que des subsides insuffisants pour financer des opérations militaires d’envergure et de l’autre, se souvenant des attaques navales lucratives contre la « Flotte de l’Or » sous Élisabeth 1ère, en appelle à une guerre déclarée contre l’Espagne. En novembre 1621, menés par Sir Edward Coke, ils présentent une pétition demandant non seulement la guerre avec l’Espagne, mais également le mariage du prince Charles avec une princesse protestante, ainsi que le renforcement des lois anti-catholiques. Jacques leur demande catégoriquement de ne pas usurper les prérogatives royales, faute de quoi ils risquent une punition, ce qui les amène à revendiquer leurs droits, dont la liberté de parole. Jacques fait supprimer ces protestations des registres et procède à une nouvelle dissolution du Parlement.

En 1623, le prince Charles, alors âgé de 23 ans, décide avec Buckingham de prendre l’initiative de se rendre « incognito » en Espagne afin de solliciter directement la main de l’Infante ; cette initiative s’avère catastrophique. L’Infante prend Charles en grippe et les Espagnols imposent une série de préalables inacceptables au mariage, dont la conversion de Charles au catholicisme et son séjour d’un an en Espagne en tant qu’otage diplomatique. Le prince et le duc retournent en Angleterre en octobre sans l’Infante et dénoncent immédiatement le traité, à la plus grande joie du peuple britannique. Désabusés par leur visite en Espagne, Charles et Buckingham se rallient à la politique espagnole de Jacques, appelant à une alliance française et à la guerre contre les Habsbourg. Conscients du coût de l’opération, ils persuadent Jacques de convoquer un autre Parlement, qui siége en février 1623. Pour une fois, la violence des sentiments anti-catholiques au sein du parlement trouve un écho à la Cour, où le contrôle politique passe de Jacques à Charles et Buckingham ; ceux-ci faisaient pression sur le roi pour qu’il déclare la guerre et renvoie le Lord Lionel Cranfield, opposé à leur plan en raison des dépenses qu’il allait engendrer.

Le résultat de cette nouvelle session du Parlement est ambigu : Jacques refuse toujours de déclarer la guerre, mais Charles croit que le Parlement va s’engager à financer la guerre contre l’Espagne, conviction qui contribue à aggraver ses problèmes avec le Parlement durant son propre règne.

Dans les dernières années de son règne, Jacques 1er accroît les haines contre sa personne en accordant sa confiance à un favori contesté, le beau George Villiers, futur duc de Buckingham. Au début de 1625, Jacques 1er est frappé par de graves attaques d’arthrite, de goutte et, en mars, il tombe sérieusement malade, il a de fortes fièvres et une attaque cardiaque. Il meurt finalement au Manoir de Theobald le 27 mars durant une violente attaque de dysenterie, avec Buckingham à son chevet. Les funérailles ont lieu le 7 mai. L’archevêque de York John Williams fait le sermon en comparant Jacques au roi Salomon.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du dictionnaire d’histoire universelle le petit mourre édition Bordas 2004 p 727