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L’histoire pour le plaisir

Procopia

jeudi 30 janvier 2020, par ljallamion

Procopia (vers 770-vers 813)

Impératrice byzantine

L'Empire Byzantin en 717, lors de la montée sur le trône de Léon III.Épouse de l’empereur Michel 1er Rhangabé. Son père était l’empereur byzantin Nicéphore 1er. Le nom de sa mère ne nous est pas parvenu. Elle eut également un frère,Staurakios, qui fut brièvement empereur byzantin en 811.

A la fin du 8ème siècle, Procopia épouse Michel Rhangabé, le fils de Theophylaktos Rhangabe, l’amiral commandant la flotte de la mer Égée [1].

En 802, l’impératrice Irène l’Athénienne est déposée par une alliance des patriciens [2] et des eunuques [3]. Le chef du complot est Nicéphore, le père de Procopia, qui occupe à l’époque le poste logothetēs tou genikou [4]. Le 31 octobre 802, Nicéphore est désigné comme le futur Empereur, et Procopia devient un membre de la famille impériale. Le mari de Procopia, quant à lui, reçoit la dignité de curopalate [5], la plus haute distinction de la cour.

Le 26 juillet 811, Nicéphore est tué lors de combats contre le Khan Kroum de la Bulgarie à la Bataille de Pliska [6]. Une grande partie de l’armée Byzantine est anéantie durant cette bataille, considérée l’une des pires défaites de l’histoire Byzantine. Parmi les rares survivants se trouve Staurakios, le frère de Procopia, qui succède à l’empereur.

Staurakios ne sort néanmoins par indemne du champ de bataille. Un coup d’épée l’a blessé près du cou, ce qui le laisse paralysé. Les membres de la garde impériale réussissent à le transporter à Andrinople [7], mais il n’arriva jamais à se remettre complètement de ses blessures. La question de la succession de Staurakios devient alors comme urgente. Deux camps émergent à la cour. L’un est constitué autour de Theophano d’Athènes , l’épouse de l’Empereur, qui aurait cherché à succéder à son mari. L’autre est centré autour de Procopia, qui vise le trône pour son mari, Michel.

Procopia ne réussit pas à convaincre son frère de la choisir, elle. Il semble au contraire avoir favorisé Théophano. Cependant, Michel et Procopia obtiennent un appui suffisant à la cour susceptible de menacer Staurakios lui-même. Incapable de faire face à l’opposition, Staurakios désigne son beau-frère Michel comme héritier et abdique dans le même temps, puis il se retire dans un monastère. Procopia devient ainsi la nouvelle Impératrice consort.

Le 2 octobre 811, Michel 1er Rhangabé monte sur le trône et Procopia devient impératrice. Durant le règne éphémère de son mari, Procopia occupe une position dominante à la cour impériale. Elle insiste également pour suivre son mari dans ses campagnes, mais sa présence aurait été mal accueillie par les troupes.

Afin d’affermir sa position, Michel distribue généreusement de l’argent à l’armée, la bureaucratie ainsi qu’à l’Église. Il rouvre également des négociations avec Charlemagne et le reconnaît comme basileus [8]. Cependant la guerre contre les Bulgares continue et amène la chute du couple impérial.

Le 22 juin 813, Michel est défait à la Deuxième bataille d’Andrinople [9]. L’armée Byzantine est plus nombreuse que l’armée bulgare, mais se montre incapable d’utiliser sa supériorité numérique à son avantage. Michael est parmi les premiers à se retirer du champ de bataille. D’autres unités suivent son exemple. Le Khan Kroum avance en Thrace Orientale [10] et Constantinople [11] elle-même devient une cible potentielle. Quel que soit le soutien que Michel et Procopia arrivent à constituer autour d’eux, celui-ci se révèle insuffisant pour les maintenir au pouvoir suite à la défaite militaire de Michel.

Le 11 juillet 813, Michel abdique en faveur de Léon V l’Arménien. L’ouvrage Téophane Continué [12], indique que Procopia s’oppose en vain à l’abdication de son mari. Elle doit se retirer dans un monastère où elle meurt quelques années plus tard.

Les enfants des Procopia connurent également un sort difficile. Léon V insista pour qu’ils soient castrés et tondus afin qu’ils ne puissent jamais prétendre au pouvoir impérial

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Procopia/ Portail du monde byzantin/ Portail des femmes et du féminisme/ Catégories : Impératrice byzantine

Notes

[1] La mer Égée est une mer intérieure du bassin méditerranéen, située entre l’Europe et la Grèce à l’ouest, et l’Asie et la Turquie à l’est. Elle s’étend de la côte thrace et du détroit des Dardanelles au nord jusqu’à la Crète au sud.

[2] Un patricien est durant la période romaine un citoyen qui appartient, par sa naissance, à la classe supérieure ancienne et traditionnelle, et par ce rang détient diverses prérogatives politiques et religieuses. La classe des patriciens se distingue à Rome du reste de la population dite plébéienne.

[3] Un eunuque est un homme castré. La castration se limite généralement à l’ablation des testicules mais il arrive qu’elle concerne également le pénis, connue alors sous le nom de pénectomie. Dans la Chine ancienne, la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu’à la dynastie Sui) et un moyen d’obtenir un emploi dans le service impérial. À la fin de la dynastie Ming, il y avait 70 000 eunuques dans la Cité interdite. La valeur d’un tel poste était importante car elle pouvait permettre d’obtenir un pouvoir immense qui dépassait parfois celui du premier ministre. Cependant, la castration par elle-même fut finalement interdite. Le nombre d’eunuques n’était plus estimé qu’à 470 en 1912, lorsque la fonction fut abolie. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang était la suivante : puisqu’ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de prendre le pouvoir pour fonder une dynastie. À certaines périodes, un système similaire a existé au Viêt Nam, en Inde, en Corée et dans d’autres contrées du monde.

[4] de ministre des finances

[5] La dignité de curopalate fut d’abord une fonction de la cour impériale byzantine avant de devenir l’un des titres les plus prestigieux du 6ème au 12ème siècle. Réservée aux membres de la famille impériale et à divers rois et princes du Caucase, elle finit par se déprécier et être reléguée à la fin des listes de préséance avant de tomber en désuétude sous les Paléologues. L’épouse d’un curopalate portait le titre de kouropalatissa.

[6] La bataille de Pliska ou de Virbitza est une bataille opposant le khan bulgare Kroum à l’empereur byzantin Nicéphore 1er le 26 juillet 811. Elle se conclut par l’une des plus grandes défaites de l’empire byzantin.

[7] Edirne (autrefois Andrinople ou Adrianople) est la préfecture de la province turque du même nom, limitrophe de la Bulgarie et de la Grèce. Elle est traversée par la Maritsa (Meriç en turc).

[8] empereur

[9] La bataille de Versinikia eut lieu en 813 entre les forces de l’empire byzantin et celles de l’empire bulgare près de la cité d’Andrinople (aujourd’hui Édirne) en Turquie. Elle est également connue sous le nom de deuxième bataille d’Andrinople. Bien que les Bulgares eussent été beaucoup moins nombreux que les Byzantins, ils réussirent à gagner la bataille.

[10] La Thrace orientale, Thrace d’Adrianople ou Thrace Adrianopolitaine constitue la partie sud-est de la Thrace historique (qui comprenait au sud-ouest en Thrace occidentale aujourd’hui en Grèce, et au nord en Roumélie orientale, aujourd’hui en grande partie en Bulgarie).

[11] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[12] qui est une continuation des chroniques de Théophane le Confesseur