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L’histoire pour le plaisir

Pierre Rodier

lundi 28 octobre 2019

Pierre Rodier (mort en 1330)

Chancelier de France

Né à Treignac [1], issu d’une famille noble d’Auvergne, il fut chancelier de France [2] sous Charles IV le Bel puis évêque de Carcassonne [3].

Chanoine de la cathédrale de Limoges [4] dans les années 1290, il est clerc de la Chambre du pape Boniface VIII avant de devenir archidiacre [5] de Dreux [6] en 1299.

Clerc du roi, il réalise plusieurs missions diplomatiques sous Philippe V. En 1320, il est ainsi envoyé en Flandre [7] afin de sommer les cités de se plier au traité de paix signé avec le roi. Il participe aussi à la fixation des limites de Lille [8], Douai [9] et Béthune [10].

Rodier occupe en parallèle les fonctions de chancelier de Charles de La Marche, frère cadet et héritier de Philippe V. Lorsque son maître monte en janvier 1322 sur le trône, il est fait Chancelier et Garde des sceaux de France [11]. Dans ses nouvelles fonctions il assiste au sacre de Charles IV à Reims.

En novembre 1323, le pape Jean XXII nomme Rodier évêque de Carcassonne, ce qui le contraint à abandonner les sceaux à celui qui était son prédécesseur, Jean de Cherchemont.

Rodier occupe le siège épiscopal carcassonnais pendant 7 ans, jusqu’à sa mort en 1330. Il repose dans la chapelle du Sacré-Cœur [12].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jean-Baptiste Bouillet, Nobiliaire d’Auvergne (tome V), Clermont-Ferrand Imprimerie du Pérol, 1851

Notes

[1] Treignac est une commune française située dans le département de la Corrèze. Treignac est ville libre à la suite de trois chartes : 1205, 1284 et 1438. La ville est gouvernée par quatre consuls. Ayant subi plusieurs mises à sac au moment des guerres seigneuriales (notamment par Rodrigue de Villandrando en 1438, d’où une nouvelle charte) et des guerres de religion lors du 16ème siècle, la ville est reconstruite à partir de la Renaissance

[2] Le chancelier de France est un important personnage de l’Ancien Régime, il est le second officier de la couronne, puis le premier, en 1627, avec la suppression du connétable et de l’amiral de France. La conservation d’une copie de tous les actes de gouvernement (édits, traités, capitulaires, dénombrements, etc.) est une des fonctions principales du chancelier. La France a sans doute, après le Vatican, la seconde plus vieille chancellerie du monde, puisqu’elle conserve encore 47 actes originaux datant des rois mérovingiens (481-751). La collection des plus anciens, toujours appelée Trésor des Chartes, constitue le fonds original des Archives nationales de France. Lacunaires jusqu’au 12ème siècle, ce n’est qu’à partir de sa réorganisation par frère Guérin, évêque de Senlis et garde des Sceaux de Philippe Auguste, que l’on conserve véritablement au palais du roi à Paris un exemplaire de tous les actes expédiés ou reçus par le roi. L’office de chancelier, ou cancellariat, dérive de celui de secrétaires et de notaires du roi, il est le chef de l’administration de la justice, et de tous les conseils du roi. Il est le dépositaire des sceaux de France, dont il use pour la distribution de la justice, dons, grâces, et offices. Il préside le conseil du roi, et expose les volontés du roi devant le parlement quand il va y tenir son lit de justice. Cet office ne peut être récusé, sauf démission et forfaiture. Le chancelier est le porte-parole et le représentant du roi, et à la mort de celui-ci, il est le seul personnage de la cour à ne pas porter le deuil pour marquer la pérennité de sa charge. Il est deuxième grand officier de la couronne dans l’ordre des préséances. Il y a toujours un chancelier chef de la justice et il devient de fait l’officier le plus important de la couronne.

[3] Le diocèse de Carcassonne et Narbonne est un diocèse de l’Église catholique en France. Le diocèse couvre le département de l’Aude ainsi que le canton de Quérigut du département de l’Ariège. Le diocèse de Carcassonne est érigé en 533. Il devient suffragant de l’archidiocèse de Narbonne.

[4] La cathédrale Saint-Étienne est la principale église de Limoges et le siège de l’évêché de Limoges, dans le département français de la Haute-Vienne. Elle est située au cœur du vieux quartier de la Cité, contiguë aux jardins de l’Évêché et au musée des Beaux-Arts.

[5] Un archidiacre est un vicaire épiscopal à qui l’évêque confie certaines fonctions administratives pour un groupe de paroisses.

[6] Le comté de Dreux est un ancien comté de France, nommé d’après la ville de Dreux, sa capitale, située au nord du pays chartrain, sur les confins de la Normandie et de l’Île-de-France, et dépendait originairement du duché de Normandie.

[7] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).

[8] Lille est une ville du nord de la France, préfecture du département du Nord. Le comté de Flandre, dont Lille devient l’une des capitales avec Gand, Bruges et Saint-Omer, est constitué progressivement à partir de 866 par Baudouin 1er de Flandre. En 1066, lorsque le comte Baudouin V de Flandre établit la grande charte de dotation de la collégiale Saint-pierre, Lille est déjà une petite ville avec remparts, accolée à son château fort, le château de la Motte-Madame, et qui commence à se développer autour du faubourg marchand de la paroisse Saint-Étienne, situé au sud du castrum. À l’est, le village de Fins possède, lui aussi, une église, l’église Saint-Maurice. Il sera intégré à Lille au cours du siècle suivant. La ville se développe grâce à son emplacement privilégié de traversée de la Deûle, au blé qu’on récoltait alentour en abondance et à ses relations avec les autres villes du prospère Comté de Flandre. Une foire au drap est ainsi fondée au 12ème siècle. En 1127 et 1128, Lille connaît ses premiers sièges par les armées du Roi de France, Louis VI de France, lors des affrontements entre Guillaume Cliton, fils du duc de Normandie, et Thierry d’Alsace, comte d’Alsace, pour la succession du comté de Flandre. En juin 1213, c’est Philippe Auguste qui fait le siège de Lille et remporte la ville en trois jours. Elle est reprise par Ferrand de Portugal en septembre de la même année, puis par Philippe Auguste qui incendie la ville, avant de remporter, l’année suivante, la bataille de Bouvines. À partir de 1214, Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut, s’emploie à reconstruire la ville et ses fortifications. Elle fonde notamment l’hôpital Saint-Sauveur et l’hospice Comtesse. Lille est réunie une première fois au domaine royal en 1304. Entre 1297 et 1304, Lille a connu trois sièges, par les armées de Philippe le Bel d’abord, lors des affrontements qui l’opposent à Guy de Dampierre, par Jean 1er de Namur ensuite, lors des évènements qui font suite aux matines de Bruges et à la bataille de Courtrai en 1302, puis de nouveau par Philippe le Bel après la bataille de Mons-en-Pévèle. En 1369, Lille est cédée par le Roi Charles V de France, avec Douai et Orchies, à Philippe II de Bourgogne lorsqu’il épouse la fille de Louis II de Flandre, Marguerite III de Flandre. S’ouvre alors une période de prospérité au cours de laquelle Lille devient une des trois capitales des possessions du duc de Bourgogne, avec Dijon et Bruxelles. Elle devient aussi un pôle administratif de premier plan et accueille la Cour des comptes de l’État bourguignon en 1385. Le premier chapitre de l’ordre de la toison d’or est constitué à Lille en 1431. En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne épouse Maximilien 1er du Saint Empire et apporte la ville aux Habsbourg. Lille rejoint ainsi le Saint-Empire romain germanique et partage le destin des Pays-Bas pendant plus de 150 ans.

[9] Douai est une commune française du département du Nord, située dans le sud de la Flandre romane. Le comte Arnoul 1er de Flandre érige vers 950 le premier lieu de culte, la collégiale Saint-Amé. Après la conquête normande de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, la ville de Bridgwater en Angleterre était nommée du prince Walter (Gautier, ou Walscin) Douai. La ville reçut sa première charte avant 1188 et fut dirigée par un conseil d’échevins jusqu’en 1789.

[10] Béthune est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais.

[11] Le garde des sceaux de France est un officier de la monarchie française sous l’Ancien Régime, et depuis 1848, le garde des Sceaux est l’autre nom du ministre de la Justice, un membre du gouvernement chargé des services de la Chancellerie (ministère de la Justice).

[12] située dans la basilique Saint-Nazaire à Carcassonne