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L’histoire pour le plaisir

Guyomarch IV de Léon

samedi 7 septembre 2019, par ljallamion

Guyomarch IV de Léon (mort en 1179)

Vicomte de Léon

Armes du pays de LéonSuccédant à son père Hervé II de Léon. Guyomarch IV de Léon fut un adversaire résolu d’Henri II d’Angleterre.

Lorsque Eudon II de Porhoët se soulève contre Henri II d’Angleterre, Guyomarch IV qui lui avait donné une de ses filles comme seconde épouse adopte sa cause. En août 1167, il doit se soumettre au roi d’Angleterre.

Il chasse son frère Hamon du siège épiscopal de Saint-Pol-de-Léon [1], mais est battu et fait prisonnier près de Commana [2] en 1169/1170 par le duc de Bretagne Conan IV de Bretagne qui soutient Hamon.

Il finit par accepter l’autorité de Geoffroy II de Bretagne, futur duc de Bretagne en raison de son mariage avec Constance de Bretagne et fils d’Henri II d’Angleterre qui administre le duché pour leur compte.

Selon la chronique de Daoulas entre 1167 et 1173, il fonde ou refonde, avec son épouse Nobilis, l’abbaye de Daoulas [3].

En 1177 Guyomarch IV se révolte de nouveau et Geoffroy II de Bretagne doit intervenir contre lui. Une nouvelle expédition est nécessaire en 1179 pour briser la résistance léonarde. Il défait le vicomte et démantèle ses possessions qu’il partage entre ses deux fils. Guyomarch IV part avec son épouse pour un pèlerinage à Jérusalem.

Après la confiscation de Morlaix [4] par le duc Geoffroy Plantagenêt, les deux fils de Guyomarch IV, Guyomarch V de Léon et Hervé 1er de Léon , récupèrent leur héritage.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Patrick Kernévez, André-Yves Bourgès Généalogie des vicomtes de Léon (XIe, XIIe et XIIIe siècles). Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXXXVI, 2007

Notes

[1] Le diocèse de Léon a existé du 6ème siècle jusqu’en 1790 et couvrait le territoire de l’actuel Finistère. Le diocèse de Léon ou évêché de Léon est un ancien diocèse de l’Église catholique en France. Il est un des neuf évêchés de la Bretagne historique. Il a fusionné en 1790 avec l’évêché de Cornouaille pour former le diocèse de Quimper et Léon. Le siège épiscopal se trouvait à Saint-Pol-de-Léon. La majeure partie de l’évêché de Léon a formé dans la première moitié du Moyen Âge la vicomté de Léon qui, en 1176, est scindée en deux au profit d’une branche cadette qui forme la seigneurie de Léon. La vicomté de Léon disparaît à la fin du 13ème siècle, absorbée par le duché de Bretagne, la seigneurie de Léon subsiste jusqu’à la Révolution française, même si elle est passée aux mains de la famille de Rohan à partir de 1363.

[2] Commana est une commune française du département du Finistère. La paroisse de Commana est mentionnée dès le 11ème siècle dans l’Histoire de Bretagne de Pierre Le Baud. L’auteur raconte qu’en 1169 ou 1170, ou 1171 le duc de Bretagne Conan IV, allié du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt aurait lourdement battu à Croaz-Melar en Commana le vicomte de Léon

[3] L’abbaye de Daoulas est une ancienne abbaye de l’Ordre de Saint-Augustin située sur la commune de Daoulas dans le département du Finistère. L’Abbé de Daoulas et les religieux jouissaient de puissants et nombreux droits seigneuriaux : ils nommaient leurs officiers de justice, disposant par exemple du droit de prévôté à Ploudiry, Sizun, Logonna, Forquilly (Saint-Éloy), Pontois (Ploudiry, La Martyre, Le Tréhou), Le Fresq (trève d’Irvillac), et les gardes de leurs bois, disposaient du droit de haute justice dans plusieurs paroisses (des fourches patibulaires étaient dressées par exemple à Saint-Éloy, à Irvillac, etc.), disposaient de « droit de cohuage et de boutiques, foires et marchés, de mortuage, de four banal, de moulin, de pêche, poids, mesure, étalonnage, champart, corvées, écobues, etc. ». L’abbaye disposait de nombreuses rentes et redevances, par exemple « dîmes et prémices de blé à la trente-sixième gerbe » à Logonna (Logonna-Daoulas) ou le droit de « trois rais d’avoine payés annuellement par les seigneuries du Faou, d’Irvillac et de Logonna », etc. Elle bénéficiait aussi de droits d’annate et de prébendes sur les paroisses ou trèves de Bannalec, Berrien, Beuzec-Cap-Sizun, Carnoët, Kerfeunteun, Landeleau, Névet, Plomodiern, Plozévet, Scaër, Spézet, etc.

[4] Morlaix est une commune française de Bretagne, située dans le nord-est du département du Finistère. Elle est une sous-préfecture et par conséquent chef-lieu de l’arrondissement de Morlaix. La ville devient très convoitée entre les seigneurs du Léon et les ducs de Bretagne. En 1179, le duc de Bretagne Geoffroy prononce le rattachement de Morlaix au domaine ducal. Le vicomte du Léon Guyomarch provoque un soulèvement dans la ville et la récupère en 1186. L’année suivante, Henri II Plantagenêt met le siège devant la ville et s’en empare. Le duc Jean 1er le Roux met fin à ces querelles en attribuant une rente de 80 livres par an à Hervé IV de Léon. La ville connaît un premier essor économique au 13ème siècle, marqué notamment par la construction du couvent des Dominicains en 1236 et la fondation par le duc Jean II de la collégiale Notre-Dame du Mur le 12 août 1295 pour servir de chapelle au château. Le duc Jean 1er le Roux a racheté la ville à Hervé IV de Léon en 1275 contre une rente de 80 livres