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L’histoire pour le plaisir

Hervé II de Léon

samedi 7 septembre 2019, par ljallamion

Hervé II de Léon (vers 1110-1168)

Vicomte de Léon

Armes du pays de LéonIl succède à son père Guyomarch III de Léon vers le milieu du 12ème siècle.

Hervé II de Léon est l’époux de Sybille une fille naturelle d’Étienne de Blois, prétendant au trône d’Angleterre, rival d’Henri II Plantagenêt.

Il est présent à l’assemblée d’Oxford [1] en 1139 sous le nom d’Hervé Brito pour y défendre les droits de son beau-père et obtient momentanément le titre de comte de Wiltshire [2], mais doit quitter l’Angleterre en 1139/1140 à la suie d’une révolte paysanne sans rien y conserver.

Au milieu du 12ème siècle les vicomtes de Léon [3] sont au sommet de leur puissance et Hervé II prend le titre de comte en 1156, titre qui ne sera pas conservé par ses descendants, et affranchit l’abbaye de Saint-Mathieu [4] en 1157 de toute servitude. Son prestige est tel que le Pape Adrien IV lui envoie une correspondance dans laquelle il lui demande de soutenir le droit d’Hugues le Roux comme archevêque de Do [5].   Un document de 1163 le montre seigneur de Lesquelen en Plabennec [6] où se voit encore aujourd’hui la motte féodale. Il est, ainsi que son fils Guyomarch IV de Léon , capturé par le vicomte du Faou [7] en 1163, blessé, il serait alors devenu borgne et tous deux sont emprisonnés dans la forteresse de Châteaulin [8]. Ils furent délivrés par un autre fils d’Hervé II, Hamon évêque de Léon [9], aidé des troupes de Conan IV de Bretagne et le vicomte du Faou, ainsi que son fils et son frère, furent enfermés dans le château de Daoulas [10] où ils moururent de faim et de soif. À la suite de cette félonie une nouvelle lignée de vicomtes s’implante au Faou issue d’une branche cadette.

Lors de la réconciliation entre Henri II d’Angleterre et Rolland de Dinan, Hervé II de Léon cède à l’Abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, l’Île Béniguet [11]. Outre ses fils Guyomarch et Hamon l’évêque on note aussi la présence de son autre fils nommé Hervé, le frère de Guyomarch, accompagné de ses trois fils.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Patrick Kernévez, André-Yves Bourgès Généalogie des vicomtes de Léon (XIe, XIIe et XIIIe siècles). Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXXXVI, 2007

Notes

[1] Oxford est une ville d’Angleterre, au Royaume-Uni, située à 90 km au nord-ouest de Londres. Elle est le centre administratif du comté de l’Oxfordshire dans l’Angleterre du Sud-Est. La célèbre université d’Oxford, la plus ancienne université du monde anglo-saxon, y est basée.

[2] Le titre de comte de Wiltshire a été créé de nombreuses fois dans la pairie d’Angleterre. Il est actuellement utilisé comme titre de courtoisie par les héritiers apparents des marquis de Winchester. Le titre a été créé la première fois en 1140 pour Hervé II de Léon ou Hervé le Breton, vicomte de Léon, un Anglo-Breton au service du roi Étienne d’Angleterre dans la guerre civile pour la couronne d’Angleterre qui l’oppose à Mathilde l’Emperesse

[3] La vicomté de Léon, dans le nord-ouest de la Bretagne, a existé depuis au moins le milieu du 11ème siècle et a disparu à la fin du 13ème siècle. Son territoire correspondait peu ou prou avec celui de l’évêché de Léon et à la majeure partie de l’ancien pays de Léon, dénommé alors comté de Léon avant la partition de 1176 qui donne naissance à la vicomté de Léon et, au profit d’une branche cadette, à la seigneurie de Léon

[4] L’abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre était une abbaye de Basse Bretagne, dont les ruines se dressent sur le territoire de l’actuelle commune de Plougonvelin sur la pointe Saint-Mathieu (Beg Lokmazhe en breton), dans le département du Finistère, qui pourrait lui devoir son nom. Dominant le mouillage de tout navire empruntant depuis la préhistoire le chenal du Four puis trafiquant durant l’Antiquité l’étain des Cassitérides jusqu’en Phénicie, elle connaît à partir de 1157, sous l’impulsion des comtes de Léon y collectant leur droit de bris, un rayonnement exceptionnel et devient au 14ème siècle le centre d’une ville de plus 2000 habitants dotée d’un port à l’activité internationale, que l’on peine à imaginer en voyant le lieu quasi désert d’aujourd’hui.

[5] L’existence de l’évêché de Dol est attestée dès le 6ème siècle. La tradition donne saint Samson comme étant son fondateur. En 848, Nominoë, qui se fait couronner roi à Dol, y érige un siège archiépiscopal avec les évêchés de Saint-Pol-de-Léon, de Saint-Malo, de Saint-Brieuc et de Tréguier comme suffragants. Mais le siège de Dol ne fut jamais reconnu comme métropolitain par les archevêques de Tours, qui réussirent à le faire réduire au simple rang d’évêché par le pape Innocent III en 1209.

[6] Plabennec est une commune du département du Finistère. Le château de Lesquelen, où se voit encore aujourd’hui une motte féodale, fut en 1163 propriété d’Hervé II de Léon, vicomte du Léon ; en 1279, le mariage de Françoise de Lesquelen avec Alain de Léon, frère du vicomte Hervé IV de Léon montre la persistance des liens entre les deux familles. Le château a été le lieu d’une contestation juridique entre le chevalier Alain Nuz, seigneur de Postel, et le vicomte de Léon Hervé IV, qui a abouti en 1296 à l’accusation d’assassinat de l’un par l’autre, ce qui n’a pas peu contribué à discréditer la haute noblesse au profit d’une administration cléricale et ducale soutenue par la petite noblesse

[7] Le Faou est une commune du Finistère. Le Faou est un ancien port important de la rade de Brest, au carrefour entre le Léon et Brest au nord, la Cornouaille et Quimper au sud et la presqu’île de Crozon à l’ouest. En 1163, le duc de Bretagne Conan IV fait périr de faim un vicomte du Faou, Riwallon fils de Morvan, qui après un guet-apens avait fait enfermer dans la forteresse de Châteaulin Hervé II de Léon, vicomte de Léon, et son fils Guyomarch IV de Léon. Riwallon fut à son tour emprisonné, subissant la loi du talion, détenu dans le château de Daoulas (ainsi que son fils et son frère) où il périt misérablement

[8] Châteaulin est une commune française du département du Finistère. Pour se préserver des invasions et garder la voie de pénétration de la ville de l’Aulne, une forteresse fut construite sur une motte féodale, constituée d’une butte de terre entourée de fossés. Les de Cornouaille y construisirent un château-fort au 10ème siècle. Lorsque la famille comtale de Cornouaille hérite en 1066 de la couronne ducale avec Hoël II de Bretagne, la châtellenie de Châteaulin entre dans le domaine ducal. En 1084, le duc Alain Fergent fait don à l’abbaye de Landévennec des écluses, moulins et pêcheries de Châteaulin. À la fin du 10ème siècle, pour favoriser l’essor de la ville autour du château-fort, les ducs de Bretagne avaient établi l’institution du « Convenant Franc au Duc » : le serf qui quittait son seigneur ne pouvait être poursuivi s’il se réfugiait à Châteaulin et y demeurait pendant un an et un jour sans en sortir. En 1163, Ruelen, vicomte du Faou enleva Hervé II de Léon, vicomte de Léon et son fils, Guyomarch IV de Léon, et s’enferma avec eux dans la forteresse de Châteaulin. Hamon, évêque de Léon, aidé par le duc de Bretagne Conan IV, fit le siège de la ville et s’en rendit maître. En 1373, le château fut incendié par les Anglais avant leur départ devant l’avancée de l’armée royale de Du Guesclin. Il ne fut jamais reconstruit ; ses ruines servirent de carrière pour la construction de maisons et même lors de l’agrandissement de la chapelle Notre-Dame.

[9] Le diocèse de Léon a existé du 6ème siècle jusqu’en 1790 et couvrait le territoire de l’actuel Finistère. Le diocèse de Léon ou évêché de Léon est un ancien diocèse de l’Église catholique en France. Il est un des neuf évêchés de la Bretagne historique. Il a fusionné en 1790 avec l’évêché de Cornouaille pour former le diocèse de Quimper et Léon. Le siège épiscopal se trouvait à Saint-Pol-de-Léon. La majeure partie de l’évêché de Léon a formé dans la première moitié du Moyen Âge la vicomté de Léon qui, en 1176, est scindée en deux au profit d’une branche cadette qui forme la seigneurie de Léon. La vicomté de Léon disparaît à la fin du 13ème siècle, absorbée par le duché de Bretagne, la seigneurie de Léon subsiste jusqu’à la Révolution française, même si elle est passée aux mains de la famille de Rohan à partir de 1363.

[10] Daoulas est une commune du département du Finistère. Les vicomtes de Léon installent dès le 12ème siècle une châtellenie à Daoulas (le castrum est attesté dès 1173 et est détruit par les Anglais en 1472). En 1163, un vicomte du Faou, Ruelen, qui avait après un guet-apens fait enfermer dans la forteresse de Châteaulin Hervé II de Léon, vicomte de Léon, et son fils Guyomarch IV de Léon ; Hamon, évêque de Léon et second fils d’Hervé II de Léon, aidé du duc de Bretagne Conan IV lui fit subir la loi du talion : il fut à son tour emprisonné dans le château de Daoulas ainsi que son fils et son frère où il périt misérablement, mort de faim.

[11] L’île Béniguet, est située à l’ouest de l’archipel de Bréhat. L’intérieur de l’île est une propriété privée de 18 ha. L’île a connu un certain passé religieux. Elle abrita la chapelle Saint Guénolé. La première mention de cette chapelle semble être celle faite dans un acte du Pape Innocent III datant de 1198. La chapelle fut vendue en 1798, puis démolie en 1864