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Robert II de Flandre dit Robert II de Jérusalem

mardi 6 août 2019, par ljallamion

Robert II de Flandre dit Robert II de Jérusalem (1065-1111)

Robert II de Flandre dit Robert II de Jérusalem Fils du comte Robert 1er de Flandre et de Gertrude de Saxe . Il est comte de Flandre [1] de 1093 à 1111.

Étant le fils le plus âgé de Robert 1er, ce dernier l’associe au gouvernement dès 1086, probablement pour asseoir définitivement la branche cadette des Baudouinides de Flandre sur le comté.

C’est lui qui assure la régence du comté lors du pèlerinage de son père en Terre sainte de 1085 à 1091. Le soutien à l’Église est alors notable à l’intérieur du pays, le comte de Flandre se choisissant, en 1089, comme chef de l’administration de ses domaines, le prévôt du chapitre de Saint-Donatien de Bruges [2].

En 1092, il épousa Clémence de Bourgogne , fille de Guillaume 1er de Bourgogne et d’Étiennette de Bourgogne

En 1096, il répond à l’appel à la première croisade [3] lancée par le pape Urbain II, et suit Godefroid de Bouillon, après avoir organisé le conseil de régence du comté. Il est avec Hugues de Vermandois, Raymond de St-Gilles, Robert Courteheuse,Baudouin II de Hainaut, Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède de Hauteville, l’un des principaux chefs de la croisade.

Il participe au siège de Nicée [4], à la prise d’Antioche [5] en octobre 1097 et à la prise de Jérusalem le 15 juillet 1099), où il se couvre de gloire en entrant dans Jérusalem parmi les premiers chevaliers vainqueurs.

En septembre 1099, il refuse la royauté sur la ville sainte et rentre en Flandre avec le duc de Normandie, ramenant une précieuse relique, le bras de saint Georges, offerte par l’empereur Alexis 1er Comnène ; c’est l’église abbatiale d’Anchin [6] qui la reçoit.

Dans le même temps est construit l’abbaye Saint-André de Bruges [7] dans le quartier Sint-Andries. Sa croisade, égrainée de nombreux pillages, lui vaut son surnom de Robert de Jérusalem. Durant cette absence, l’empereur Henri IV avait tenté de s’emparer de la Flandre impériale.

Lorsque, après la mort de Gérard, deux candidats se disputèrent le siège de Cambrai, l’ambition de Robert se prêta volontiers aux desseins de la papauté ; Urbain II avait déposé Waucher, l’évêque impérial, au profit de son compétiteur français Manassès, et Pascal II fit inviter par l’archevêque de Reims le comte de Flandre à prêter l’appui de ses armes à la bonne cause.

C’est à ce moment que l’ancien diocèse d’Arras [8] fut distrait de celui de Cambrai [9] et considéré comme un ressort distinct en 1094. Le roi de France et le comte avaient tous deux intérêt à se débarrasser de l’ingérence d’un évêque allemand.

Plusieurs seigneurs du voisinage secondèrent l’entreprise du comte de Flandre, auquel ils avaient ouvert leurs places fortes.

En octobre 1102, Henri IV accoure au secours de Waucher. Il s’empare de Lécluse [10], de Bouchain [11], de Marquion [12], de Palluel [13], d’Inchy [14].

Robert préfère faire amende honorable et se rend à Liège le 29 juin 1103, pour prêter hommage à Henri IV.

Mais dès 1105, le nouvel empereur, Henri V, marche sur la Flandre, appuyé par le comte de Hainaut [15] Baudouin III et les Hollandais. Ils échouent devant Douai [16] et une nouvelle paix est signée, reconnaissant au comte de Flandre la possession de Douai ainsi que celle de la cité de Cambrai et de sa châtellenie.

Le roi d’Angleterre Henri 1er refusant de payer les traites de la rente annuelle accordée au comte de Flandre en échange d’une aide qui lui a été apportée, Robert, en bon vassal, s’allie au roi de France Louis VI et attaque la Normandie. En diversion, Thibaud II de Champagne, beau-frère d’Henri 1er, dresse les barons français contre leur roi. Robert marche alors sur Meaux [17], mais il se noie en franchissant la Marne sur un pont qui s’effondre au passage de sa cavalerie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Robert II de Flandre/ Portail de la Région flamande/ Comte de Flandre/

Notes

[1] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).

[2] L’ancienne cathédrale Saint-Donatien de Bruges, ou cathédrale Saint-Donat, était un édifice religieux catholique de style roman carolingien sis à Bruges dans les Pays-Bas méridionaux. Construite aux 10ème et 13ème siècles l’église Saint-Donatien devint cathédrale du diocèse de Bruges lorsque le diocèse fut érigé en 1559. L’édifice fut détruit durant l’occupation révolutionnaire française des Pays-Bas méridionaux. Il est aujourd’hui entièrement disparu.

[3] La première croisade s’est déroulée de 1096 à 1099 à la suite, entre autres, du refus intervenu en 1078 des Turcs Seldjoukides de laisser libre le passage aux pèlerins chrétiens vers Jérusalem. Cette croisade s’achève par la prise de Jérusalem et la création du royaume chrétien de Jérusalem.

[4] Nicée est une cité fondée vers 300 av. jc, tour à tour grecque, byzantine et ottomane du nord-ouest de l’Anatolie. Elle est surtout connue comme ayant été le siège des premier et deuxième concile de Nicée (les premier et septième conciles des débuts de l’Église chrétienne), le lieu où fut rédigé le symbole de Nicée (datant du premier concile), et la capitale de l’Empire de Nicée après la conquête de Constantinople par les croisés en 1204 jusqu’à ce qu’elle soit reprise par les Byzantins en 1261.

[5] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay.

[6] L’abbaye Saint-Sauveur d’Anchin est une abbaye bénédictine fondée en 1079 sur la commune de Pecquencourt, dans le département du Nord en France. Important foyer culturel du 11ème siècle au 13ème siècle, ce monastère produit de nombreux manuscrits et chartes. En 1568, l’abbaye fonde le collège d’Anchin, le plus grand collège de l’université de Douai. L’abbaye est supprimée à la Révolution et démolie en 1792.

[7] L’abbaye Saint-André de Bruges est un monastère de moines bénédictins fondé à Bruges sous la forme d’un prieuré, dans le quartier Sint-Andries, au début du 12ème siècle, par Robert II de Flandre. En 1185, le prieuré est élevé au rang d’abbaye, laquelle devient indépendante de son abbaye-mère, l’abbaye d’Affligem, en 1188. L’abbaye fit face à des difficultés durant l’occupation allemande de la seconde moitié du 15ème siècle. Elle subit par ailleurs des dommages importants causés par les Gueux au 16ème siècle. Supprimée lors de la Révolution française, elle fut reconstruite à peu de distance à la fin du 19ème siècle

[8] Le diocèse d’Arras est un diocèse de l’Église catholique en France. Il a été érigé au 6ème siècle. Il est un diocèse historique de l’Artois. Depuis 1801, il couvre le département du Pas-de-Calais. Depuis 1853, les évêques diocésains d’Arras relèvent le titre d’évêque de Boulogne et celui d’évêque de Saint-Omer.

[9] Le diocèse puis archidiocèse de Cambrai est une circonscription de l’Église catholique romaine en France. De sa création à 1559, l’évêché comprenait toute la rive droite de l’Escaut jusqu’à son embouchure dans la mer du Nord. Il était bordé au nord et à l’est par le diocèse de Liège, au sud par les diocèses de Laon et de Noyon et à l’ouest par les diocèses d’Arras, réuni à Cambrai jusqu’en 1094, et de Tournai. Il était un des trois diocèses de Basse Lotharingie, avec ceux de Liège et d’Utrecht et comptait six archidiaconés : Cambrai, Brabant, Bruxelles, Hainaut, Valenciennes et Anvers, recouvrant approximativement l’ancien territoire des Nerviens. C’est en 1094, à l’initiative d’Urbain II, au cours de la querelle des Investitures, que l’ancien diocèse d’Arras, uni pendant longtemps à celui de Cambrai, en fut séparé et considéré comme un ressort distinct

[10] Lécluse est une commune française située dans le département du Nord, Les fortifications du village et du château fort furent améliorées au début du 12ème siècle par Robert 1er le Frison Comte de Flandre. À la fin du 16ème siècle le château était décrit comme ayant une stature très imposante. Il protégeait l’axe Douai - Bapaume.

[11] Bouchain est une commune française, située dans le département du Nord. Durant la guerre de Succession d’Espagne Bouchain est assiégée le 9 août 1711 et prise le 12 septembre suivant, par les troupes de la Grande Alliance. Elle est une nouvelle fois assiégée, du 1er au 19 octobre 1712 par les troupes Françaises qui reprennent la place forte.

[12] que Robert venait d’élever sur le territoire cambrésien

[13] Palluel est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais

[14] Inchy est une commune française située dans le département du Nord.

[15] Le comté de Hainaut ou Hainau –est un ancien comté qui relevait du Saint Empire romain germanique, qui se trouvait en bordure du royaume de France.

[16] Douai est une commune française du département du Nord, située dans le sud de la Flandre romane. Le comte Arnoul 1er de Flandre érige vers 950 le premier lieu de culte, la collégiale Saint-Amé. Après la conquête normande de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, la ville de Bridgwater en Angleterre était nommée du prince Walter (Gautier, ou Walscin) Douai. La ville reçut sa première charte avant 1188 et fut dirigée par un conseil d’échevins jusqu’en 1789.

[17] Meaux fut dès le 10ème siècle la possession des comtes de Champagne qui s’appelaient aussi comtes de Meaux ; elle revint à la couronne sous Louis X. En 1235, le capitulaire de Thibaut IV de Champagne (conservé à la médiathèque de Meaux) mentionne l’existence du canal Cornillon, qui sert à la fois de défense du marché de Meaux qui se tient sur la presqu’île formée par la boucle de la Marne, et aussi de passage pour les bateaux, leur évitant de passer sous le pont encombré par des moulins.